Archives de catégorie : psychanalyse

theories freudienne et lacanienne. concepts-clé. application clinique et réflexion sur le malaise et les symptômes actuels.

Vers 2014


 

vx_eva

N’ai je plus rien à dire? Suis-je comme une poule devant un peigne à rester muette devant l’étrangeté du réel politique, de l’action politique qui est plutôt  l’initiative du non-faire des retournements, donc d’un certain immobilisme, ainsi qu’en est l’issue lorsque l’on fait la même chose et son contraire?  Bref d’une praxis politique qui semble animée d’une idéologie soit londonienne (pour l’idée du brouillard) soit moralisante ? Sociale-démocrate? Est-ce une praxis qui vaut pour maintenant et qu’a-t-elle à porter de neuf devant le déferlement spéculatif?

Ai-je difficulté à trouver l’angle pour dire nos glissements nationaux…à les mettre en mots, à les penser, voire même les concevoir, de même que l’interprétation vient à manquer à l’écoute d’un patient qui ratiocinerait sans cesse, sans qu’une pointe vive de son « âme » vienne à se dire, sans qu’il ne cède rien de sa défense pour « révéler » son désir? Ne pas déranger, ne rien déranger, ne pas mécontenter les « siens » (encore que). Jouir en rond. Continuer la lecture de Vers 2014

Le fond de l’air..(n’)est (pas) rouge


Le fond de l’air..n’est pas rouge.

Non vraiment le fond de l’air n’est pas rouge. (Pour emprunter ce titre à Chris Marker que l’on peut voir à Beaubourg en ce moment). Là, c’est plutôt un brun bizarre qui culmine. Nauséabond et hélas épidémique, contaminant. Agité parfois aussi par un catholicisme sectaire qui n’a pas grand chose à voir avec la parole christique (cf. les injures raciales adressées au Garde des Sceaux encore tout récemment). Et aussi bien sûr entretenu par tous les extrémismes religieux politiques etc.. (Cela n’est pas, dans mon esprit, contradictoire avec la liberté absolue de penser de dire et de créer). Récemment  on a éprouvé presque de  l’effroi devant le comportement des députés de droite à l’Assemblée nationale le 30 octobre, quand, enfin, le PremierMinistre a prononcé ces mots forts, attendus depuis longtemps,  pour dire stop aux injures racistes répétées envers la Garde des Sceaux. Le 30 octobre JMA condamne le racisme envers Taubira, les députés PS debout à l’AN. Enfin une parole solennelle est dite. Merci. Il eut été tellement opportun et honorable pourtant qu’ils emboîtent le pas à leurs collègues. Mais rien… #Honte.

Jacques Lacan, dès les années 50, voyait s’avancer la ségrégation. Continuer la lecture de Le fond de l’air..(n’)est (pas) rouge

La vérité et ses aventures. Fondation Maeght


Saint Paul de Vence octobre 2013
Saint-Paul de Vence octobre 2013

De retour de Saint-Paul de Vence, en visite à la Fondation Maeght : « Les aventures de la vérité. Peinture et philosophie : un récit. Commissariat Bernard-Henri Lévy. 29 juin-11 novembre 2013

Voilà. On retrouve Saint-Paul, sa douceur un peu brumeuse parfois, ses remparts, ses odeurs sucrées et épicées, ses chants d’oiseaux, ses petites rues fraîches et ténébreuses, et son m’as-tu-vu un peu trop envahissant parfois hélas. On retrouve la Fondation Maeght et cette occasion de se réjouir et de se régaler de cette collection « privée » dont il n’est pas le propriétaire, mais qu’il aime à nous faire partager, je le crois. La bocca della verita, la vérité, « moi, la vérité je parle »; (Lacan) mais surtout « la vérité ne peut que se mi-dire », « elle n’est jamais toute ». Des petits bouts de vérité aussi bien que des petits bouts de réel;  c’est ce qu’on a pu apprécier récemment.  BHL ainsi nous expose ses passions, ses questions et ses interprétations, à faire converser la philosophie et l’art, les philosophes et les artistes. Belle question. On est bien sûr sous sa coupe; même si on ne sait pas trop comment le choix est fait par rapport aux œuvres et aux salles, qui aurait pu être autre pour chacun sans doute. Il y a beaucoup d’oeuvres, cela demande de s’adapter à chaque pas, à chaque oeuvre, à chaque artiste. Exercice difficile. Le cheminement logique des salles lui est sans doute connu voire familier mais pour nous… Ombres-caverne, puis Véronique-voiles, puis art-passion, puis art-langage, puis art- philo, puis l’inverse, puis miroir, don contre don, enfin « la grande alliance ».
On n’a pas rendez-vous avec un artiste mais avec lui, BHL, sa froideur passionnée. Une belle aventure en tous les cas, cette passion froide.

Saint-Paul de Vence Nuit octobre 2013
Saint-Paul de Vence Nuit octobre 2013

On peut aisément aussi suivre son propre sillon. On verra ci-dessous quelques clichés pris par mes soins. Continuer la lecture de La vérité et ses aventures. Fondation Maeght

Adieu Patrice Chéreau.

Immense. Lumineux. Simple et curieux. Ouvert. Interrogeant. Inquiet. Créant.

Eveillé.

La France (si étroite d’esprit en ces temps troubles) perd un Poète. L’humanité toute entière.

Un pour qui l’enthousiasme et la katarsis grecs sont de la langue. Pour qui les corps de désir ne sont pas pornographie mais danse parfois mortelle. Pour qui donner perdre aimer détruire étreindre est la ronde folle du verbe et du corps.

Merci pour tout.

Ma douleur est grande.

Reposez en paix.

 Patrice Chereau
Patrice Chereau

De la jeunesse. Quel destin?

On a vu avec la ManifPourTous (ré)apparaître le discours de la prévalence de Dieu sur les lois de la République,  sans retenue, sans gêne (cf. billet infra). On avait déjà pu d’entendre cela de la bouche de NS, vous savez le prêtre au-dessus de l’instituteur.. Si la position de foi est respectable dans son intimité et son lien au divin un par un, si l’Eglise, les Eglises sont acceptées voire bienvenues dans l’espace républicain en tant qu’insitutions qui ont  un point de vue, une charge, et une responsabilité morale par rapport à la communauté, on peut à juste titre s’inquiéter, se désoler, voire s’emporter contre un envahissement idéologique manifeste qui ne cache pas sa volonté d’évangélisation ici et là. Ainsi le « bon » pape François, sous couvert d’être du côté des pauvres, exhorte-t-il la jeunesse du monde à ne pas reculer devant la tâche. De même les salafistes optent-ils pour la charité pour mieux exercer la prédication et la conversion. La place qu’occupe ainsi de nos jours la/les religions dans l’espace public des démocraties invite à quelques réflexions plus larges concernant la jeunesse, son devenir, et les perspectives identificatoires offertes en ce début 21ème siècle. Continuer la lecture de De la jeunesse. Quel destin?

le monde est en tumulte


 

Dérives/Ce vieux Fonds de (F)Rance

 La loi autorisant le « mariage pour tous » a été votée à l’Assemblée Nationale. Enfin ! A quel prix ! Que de dégâts, de remous ! Non pas qu’elle ne soit pas légitime, mais ce que tout cela a déclenché, a révélé, dans notre beau pays mérite que l’on s’y arrête. Mais après tout, cela aura fait réveil et rappelé la réalité d’un certain  « fonds » français. Continuer la lecture de Dérives/Ce vieux Fonds de (F)Rance

JA Miller auditionné au Sénat


« s’avancer courageusement les yeux ouverts ». contrer le déni.

La « curée »/ Marcela Iacub Un conte cruel

La « curée »/ Marcela Iacub Un conte cruel

C’est la « curée » contre celle qui se dit nonne..Ça rue de tous les côtés, les juges et avocats, l’épouse, les machos, les féministes, les politiques, les journalistes, les critiques, et  même les écrivain(e)s s’en mêlent.  Montée au créneau de ma chère C. Angot, que je « suis » et lis depuis belle lurette,  la sortie de « L’inceste », l’écouter lire ça, la voir tremblante (et depuis, bien d’autres lectures, d’autres livres). Là aussi ça (se) « ruait ». « Merci de me faire confiance » me disait-elle alors; c’est toujours le cas. J-M Roberts, éditeur, avait osé. Et bien, là encore, il a osé, et c’est tant mieux (il n’est d’ailleurs pas tendre avec « cette gauche qui a choisi le bon côté du flingue » Libé 9/10 mars 2013). V. Despentes s’y met aussi (Le Monde 1er mars 2013). D’ailleurs, à les lire ces deux-là, qui font partie de mon « univers littéraire », on reconnaît pour chacune ses manies préférées. C. Angot est La Vérité de la littérature, elle seule sait l’écriture, c’est sa posture, je ne m’en plains pas, moi qui accorde aux artistes, aux « créants », toute légitimité dans l’illégitimité, toute autorité à subvertir, forcer les lignes et la morale, inventer, fictionner, bref la plus grande des libertés subjectives possibles (ce n’est d’ailleurs pas chose aisée). Alors, cette posture du « non » (« Non non, non, et non », Le Monde 24/25 février 2013) fait-elle entendre ce « non » qui n’aurait pas pu être prononcé? Ce « non » doit s’adresser à l’Autre. Le soutien des réseaux maintenant pour Christine, c’est tant mieux, elle en a pris tellement plein la gueule, mais bon. Elle ne rechigne pas non plus à publier le privé. G. Lefort (« Belle et Bête », les arts de la fable Libé 22 février 2013) en prend aussi pour son grade, supposé ne rien savoir de « La » Psychanalyse (et si c’était un peu vrai que pour certains c’est « une fosse d’aisance »?). V. Despentes fait sa fixette sur le patriarcat, les classes, et s’emmêle dans un contresens absolu sur la position de M. Iacub quant au viol, la place des femmes etc . Quant à son soutien à T. Banon, tant mieux, mais que vient-il faire là? L’une contre l’autre? Rivalité féminine mal placée, Mesdames mes amies écrivantes..(et si en lisant « Une semaine de vacances », on pouvait Jouir aussi du « pourquoi » autant que du « comment »? Quand C. Angot nous « donne à voir », à  lire, son amour pour une autre femme, ses ébats avec ses amants, si identifiables dans leur vie privée, pourquoi croit-elle qu’aucun voyeur ne pourrait s’en réjouir?). Pourquoi faudrait-il comparer? Les femmes sont Une par Une.

Car il existe une soeur en littérature, une autre, pour laquelle il  semble bien que l’écriture fasse tout autant fonction de bord Continuer la lecture de La « curée »/ Marcela Iacub Un conte cruel