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Ruines et Lumière

« La lucidité est la blessure la plus proche du soleil » René Char

aout 2015 © evah5

 Dans les rues de Paris, je suis tombée plusieurs fois, récemment, sur une affiche qui disait à peu près ceci : si vous deviez mettre un mot pour dire ce que représente Paris pour vous quel serait-il ? / Chaque fois c’est « tension » qui est venu dans mon esprit.

« Tension » bien sûr joue avec sa polysémie : libido, moment d’avant l’extase, l’acmé de jouissance ; son envers : guerre, conflit, là où ça va péter et… ça pète partout.

Oui ça pète partout. La guerre ? Mais quelle guerre ? Il y a une guerre ? Une guerre ? Des guerres ? Les petits, les opprimés, contre les forts, les riches, les nantis? Au bout de la pique ? Les honnêtes gens contre les fourbes et voyous? Non, pas vraiment, ce n’est pas cela. C’est plutôt une tension palpable à chaque pas, presque à chaque échange, ici là ; une exaspération, une exacerbation, que l’on sent avec les autres, dans la rue, pour la moindre chose ; comme une suspicion paranoïaque, une certitude d’être visé, sans cesse, que ce qui est dit s’adresse à moi, que l’autre m’en veut déjà au fond d’exister. Une sur-interprétation permanente de tout, la jouissance médiatique en boucle aux premières loges…

Une fiction ? Hélas non ? Une « hainimosité » récurrente, montante déclenchée dès l’abord (j’ai déjà dit ça il y a longtemps avant l’avènement du précédent Président qui en a usé et abusé pendant sa campagne, du temps déjà de Chirac déjà) ; l’autre jouit plus que moi, il a plus, c’est sûr, il s’en sort mieux, c’est sûr il…ne l’emportera pas au paradis. Là où devrait venir une curiosité de l’autre.

Le paradis et son double : l’enfer. Les martyrs au premier plan, « sans pitié et sans crainte »[i] les fous allumés, les fous d’un dieu sanguinaire, les herméneutiques délirantes d’une religion qui sait pourtant être humaniste et civilisatrice. Ailleurs, pas si loin, les couteaux et les bébés brûlés vifs, par ceux-là que les « paisibles » acteurs de « Plomb durci » au pouvoir aiment tant qu’ils les ont nourris et ont encouragé leurs cerveaux paranoïaques. En plus soft, on a ici même notre #MPT plus soft, encore que.. dans les bas-fonds de ce que peut-être on ignore…Ailleurs l’Afrique, le faux Islam meurtrier, les femmes, les jeunes filles en première ligne, viol, mort.. L’Amérique et ses racistes partisans, ces tea-timer bibliques…Le Sud et ses faux révolutionnaires, marchands de coke, celle-là que l’on aime tant par ici. Enfin, tout partout un monde de feux et d’explosions, de haine, de ségrégation[ii]. Croyance, religion-illusion (S.Freud), la seule, la vraie, qui ne trompe pas et qui peut envahir l’univers, et réclamer la dette.. le prix pour chaque vie impie.. Mais Le Réel ne fait pas monde, le UN absolu de la religion fondamentaliste est duperie[iii].

 Le sang, les ruines, la haine[iv], la catastrophe. Non ce n’est pas l’apocalypse ; l’urgence, l’attentat à venir, le dérèglement des sens qui n’a de rimbaldien que la formule. La fascination nihiliste pour ce fake islam. Ados paumés, instruits ou non, de banlieues- territoires-zones, vies cassées, enfants perdus, mais aussi bourgeois en panne, dans l’ennui, en manque d’identification, en voyage vers leur mort.. La mauvaise rencontre qui devient tuche, idéal, offre enfin d’existence.. Méfait du capitalisme consommateur et du « dé-lien » social…charge maléfique.

Je pense ici particulièrement à tous ces adolescents en panne, dans leurs remaniements errants, perdus, sans boussole. Je pense aussi ici à tous ces chômeurs désemparés. Je pense ici aussi à tous ces étrangers en quête d’espoir, foulant nos sols idéalisés. N’y a-t-il plus du tout de place pour quelque milliers d’humains ? La menace de la Parricide nous fait-elle peur à ce point ? Et puis, nos villes françaises, Capitale first, ne peuvent-elles davantage prendre en compte ces jeunes migrants, mais aussi tous ces jeunes que je côtoie, et qui doivent garde la tête haute pour ne pas s’engouffrer dans la spirale djihadiste (ou d’autres). Rejetés, mal aimés, chez eux, ou bien par nous aussi. Les quais de la Seine peuvent attendre, ils sont pas mal comme ils sont, quand on peut s’y promener, mieux vaudrait mettre un peu plus de monnaie pour tout ça. Et puis, les collectivités locales comme on dit, ne peuvent-elles faire le choix de ne pas laisser tomber les associations qui jour après jour tissent des liens, nouent et renouent avec les misères sociales, affectives, et mentales, et qui parfois œuvrent d’une façon admirable ? Faut-il juste se soucier de « déradicaliser » ou bien ne vaut-il pas mieux en amont, très en amont, tisser, nouer, parler, échanger, faire existence, faire corps.. là est l’action juste.. Elle manque hélas bien trop partout ; et je me désole que ce gouvernement ne se soucie aucunement de ce délitement social, père et mère de tous les vices et de toutes les dérives. Cela fait symptôme et fait malaise, trop. Cela viendrait avec force occuper ce trou du Réel, et introduire la lumière dans ces êtres en ruine. Cela ne serait pas ruineux, mais fertile. Cela manque trop douloureusement, trop tragiquement…et creuse les sillons de la haine.

Alors est-ce pour cela, entre autre, que l’on invente cette drôle d’idée du partage, qui court partout? Comme en contrepoint, en défense, en idéal ? Que l’on voit fleurir dans ce monde.2 voire .3, dans les nouvelles générations bourgeoises, cet espèce de concept bizarre du « partage » ? Idée ô combien humaniste, généreuse ! Mais ce partage n’en est pas un. Ce n’est plus le « flower power d’avant ». Car que partage-t-on ? Partage t-on les profits, son petit gain de plus, à faire le taxi, son petit gain de plus à louer -assez cher- son appartement, et à garder son petit gain pour soi ? Son plus de jouir, sa plus-value privée, que l’on ne songe pas un instant à remettre dans le pot commun d’une solidarité nationale par exemple en le fiscalisant. (ou alors on engraisse une société qui surfe sur ces belles idées et se décharge des taxes afférentes). Ah le mythe du partage, qui n’est que nouveau gain souvent au black.. (Il paraît que même Mme Varoufakis avec sa belle maison d’été, mais..) Un pour-soi plutôt qu’un pour-tous. Cela a-t-il vraiment à voir avec quelque don, quelque échange ? La duperie semble entière bien que très à la mode.. Nos rezosocio s’activent, certes ils sont belle invention mais ils savent aussi comment nous aliéner avec notre consentement…

Oui esclaves nous le sommes, d’abord de nous-mêmes, de nos passions, haines recuites et non digérées, pourries jusqu’à l’os, de nos ambitions déçues, de nos rivalités vaincues, de nous-mêmes projetant dans l’autre ce que nous ne supportons pas du Réel et dont pourtant il n’est guère responsable. Car quelque chose fait trou dans nos existences. Cela n’a jamais été aussi patent que ce creux, ce vide, ce manque, mais bien plus ce trou du Réel, ce fiat trou[v], (plutôt qu’un fiat lux). Quelle réponse aux ruines du siècle ? Quelle solution ? Quelle issue ? N’y a-t-il que le UN et la lumière de Dieu pour venir combler le trou du réel et son apparat de tromperie ?

Sommes-nous en marche vers la liquidation de la/des démocraties, pourries de corruption, défaites par les pouvoirs financiers, détruites par le mentir, la canaillerie, les haines égoïstes recroquevillées ou bien les idéalismes révolutionnaires, tout aussi bien en impasses ? Allons-nous vers des théocraties perverses, des pseudo-démocraties financières ou populistes, des semblants de pensée libre et de libre entreprise ? Ou bien allons-nous enfin inventer un peu mieux nos liens sociaux, nos gouvernances ? Revisiter le socialisme, faire enfin fructifier nos savoirs ? Eradiquer nos corruptions et nos mainmises médiatiques ?

La lumière n’est pas là sans l’ombre, autant que le jour et la nuit qui sont encore pour l’instant notre rythme; l’ombre de nos vies, de nos pensées intimes si cachées, celles qui nous font haïr, un frère un père une mère un cousin un bébé un voisin un professeur un amant une amie. Oh que de sourires et de civilités, mais que de noirceur aussi dans nos cœurs et nos âmes. Sauf que.. de cela si nous sommes comptables, nous ne l’élevons pas au rang d’universel d’absolu.. Nous ne le passons pas (en général) à l’acte. Même si cela est là tapi, surgissant dans nos cauchemars, dans nos angoisses, dans nos tentatives insensées de refoulement et de déni. C’est ce qui nous fait plutôt névrosés. D’autres, fous autrement, peuvent le prendre à la lettre, et en faire pouvoir et loi universelle. Mais ce lien qui nous est nécessaire, le lien d’amour, d’amitié, de référence, et parfois de révérence, nous le cherchons, mais aussi souvent nous le détruisons, car nous sommes à l’ère de consommer, du trop au rien au pas du tout au plus du tout au trop plein, et à l’anéantissement, au meurtre de soi ou de l’autre comme de toute chose. En but à la Jouissance sans fin.. (« ça finit à la flambée à l’essence » Lacan V-83 ou à la décapitation qui sait?).

C’est l’été, le soleil brûle la peau, on pourrait danser tranquille, boire du vin, s’enivrer, goûter la fraicheur du soir.. aimer, juste aimer, mais…l’horreur est là si proche, l’imminence des morts, l’imminence du crime…comme une chape qui nous étouffe.. sans peur.. mais non sans lucidité. La trop grande impuissance des politiques et de leur volonté sans doute souvent sincère…les boots s’activent, produisant encore et encore l’argent fou, qui n’a plus d’existence que ce nom, le profit planétaire, délire lui aussi. Les deux faces,les deux complices d’une même folie. La jouissance qui se veut UNE…qui se veut Loi.

Bon, peut-être, il resterait un idéal, un autre Un, la Nature. La sauver, nous sauver avec elle, la sauver pour nous sauver… pas une Terre-Mère, un monde pas forcément rond, incomplet, entamé, mais où nous danserions au soir couchant ; si cette Cop21 faisait faire un bout du chemin alors tant mieux ; si tous ces pays, ces puissants de partout se rencontraient, s’engageaient, se parlaient alors.. et laissaient tomber les armes, alors.. Si les citoyens ici et là, s’orientaient un peu plus dans cette sublimation collective, cela les éloignerait de leur propre miroir haineux qui nous mène à la perte..

Une issue pour nous tous, lumineuse, ardue et fière. Une fides, une foi confiante qui ne soit pas une croyance aveugle.

baccanal

 Bel été dans vos vies

© evah5

[i] Lacan « Il n’y a que les martyrs pour être sans pitié ni sans crainte. Croyez-moi, le jour du triomphe des martyrs, c’est l’incendie universel. » Ethique 7-311 1960/1986

[ii] Lacan : « Notre avenir de marchés communs trouvera sa balance d’une extension de plus en plus dure des procès de ségrégation. » « Proposition du 9 octobre 1967 sur le psychanalyste de l’École », Autres Ecrits, 2011, p. 257.

[iii] Lacan Quand au réel…le définir comme univers c’est l’imposer comme cyclique comme circulaire,.. c’est le faire monde. Dans le Réel introduire l’Un c’est ça la notion d’univers. Or, je ne suis pas sûr que le réel fasse monde. ..il n’est pas sûr que le réel fasse un tout » « Des religions et du Réel » texte établi par JAM extrait du discours de clôture des Journées d’études des cartels de l’ECF 13 AVRIL 1975 in Cause du désir n°90

[iv] Lacan « Nous sommes déjà très suffisamment une civilisation de la haine. Le chemin de la course à la destruction n’est-il pas vraiment très bien frayé chez nous ? La haine s’habille dans notre discours commun de bien des prétextes, elle rencontre des rationalisations extraordinairement faciles… »1-306 Ecrits techniques de Freud 1954/1975

[v] Lacan urverdrängt freudien : « nommer le trou . C’est dire non pas Fiat lux mais Fiat trou » « Des religions et du Réel »  ibid

 

 

 

Never Forget #Gaza

Never forget.

« C’était là-bas que le second bombardement [Israélien] a frappé la plage, ces coups de feu visant apparemment les survivants qui fuyaient le site. Au moment de l’explosion, les journalistes présents sur la terrasse ont crié: « Il n’y a que des enfants.' » (The Guardian: 16 juil 2014)

Israeli artist Amir Schiby, created an image of Ahed Atef Bakr, Zakaria Ahed Bakr, Mohamed Ramez Bakr, and Ismael Mohamed Bakr, to honor their tragically short lives.L'artiste israëlien Amir Schiby, a crée une image  de Ahed Atef Bakr, Zakaria Ahed Bakr, Mohamed Ramez Bakr, et Ismael Mohamed Bakr, pour honorer leur tragique et courte vie.

#Gaza. Comment va-t-on guérir ces blessures ? Ces plaies ouvertes, brûlantes, calcinées, odieuses, traces du crime ; les blessures, ici, en Occident, les miennes, les miennes tout d’abord, moi qui voulais tellement croire à cette « voie socialiste », celle-là qui n’a rien fait, qui ferme les yeux et les oreilles, qui ne dit rien ou si peu, qui consent donc, ou qui rappelle 12 jours après qu’elle va donner de l’argent à l’autorité palestinienne, ou encore, plus tard, que non on ne bombarde pas une école de l’ONU. Mais ce ne sont pas les plus graves les miennes, mes douleurs; mon petit égoïsme de témoin impuissant y arrivera sans doute bien, encore une fois, à retourner causes et conséquences de ce drame mondial dont les conséquences sont là pour longtemps. Je n’ai pas été marquée dans ma chair, dans mon être-au-monde oui, dans ma chair, celle de mes proches, de mon peuple, de ma terre détruite, de mon histoire, non.. même si par ricochets cela transforme la nôtre ici.

Il y a aussi toutes les plaies ouvertes de l’Occident, de l’Europe, de l’Europe qui dans son immense culpabilité, n’arrive pas à dépasser, transformer, son histoire contemporaine centrée sur la Shoah ; qui, si elle ne fait pas un pas vers une profonde, sérieuse, respectueuse, analyse du siècle dernier n’empêchera jamais ces crimes odieux, et leur répétition nourrie de haine. L’ Amérique, elle aussi, l’Amérique, qui porte ses crimes, ses exterminations indiennes. Peut-être au fond de lui Obama n’est-il pas fier, est-il douloureux ; certes, il est entravé par le Congrès bien sûr, mais quelle nécessité y a-t-il par exemple à désigner l’« enlèvement » d’un soldat israélien (inventé de toutes pièces de surcroît), comme « une barbarie », après avoir si longtemps fait silence sur tous ces crimes barbares de Tsahal ? Quelle nécessité politique, stratégique, dans ce message partisan ? (idem pour Mister Hollande). Alors un soldat est intouchable et sa vie vaut plus que des milliers de victimes civiles ? On voit là encore une fois combien nous marchons tous cul par-dessus tête, combien nos gouvernants dans nos démocraties n’ont plus de boussoles, ou alors les aiguilles sont désaimantées. Non ce monde n’est pas aimant.

Car si tous ces gens disaient #stop, non seulement disaient stop mais faisaient stop, faisaient stop non pas à Israël, non pas aux juifs d’Israël, non pas aux juifs du monde entier (je passe sur les manips récurrentes amalgamant antisémitisme, antisionisme, et opposition à la guerre menée par le gouvernement de droite-droite extrême), mais #Stop au gouvernement israélien et sa politique colonialiste criminelle et discriminante. Je n’ose même pas espérer que nos « chers » amis intellectuels ici, parnassiens, germanopratins, se décilleraient un instant,  consentiraient quand même à se désaveugler un instant ; c’est terrible, c’est terrible cet objet a, qui nous encombre, cette culpabilité récurrente rémanente (cette tache brune) qui autorise un autre crime. Cet oeil dans la tombe.

Car, ces enfants à Gaza, ils couraient, ils jouaient, ils savaient dans leur corps, dans leur chair, qu’ils étaient dans la guerre. Ils savaient, ils sont nés avec, et pourtant ils jouaient, et pourtant on a tiré une fois deux fois des missiles.

Combien de soldats courageux et braves, effarés (Breaking the silence) ont témoigné des atrocités des commandements, des absurdités, des ordres donnés sans–loi, de la tuerie sans loi. Je tourne et retourne cela dans tous les sens, pour être au plus près du vrai, je ne voulais pas aller jusque là à nommer les choses ainsi, car j’aime aussi Israël, j’aime aussi Gaza et la Cisjordanie, l’Etat palestinien, je les rêve libres, pour que leurs enfants soient libres, libres de jouer, pour que les jeunes gens soient libres, libres aussi de s’embrasser sur les plages, de se prendre par la main, de s’aimer. Mais, c’est, c’est.. ce n’est pas possible, ce n’est pas possible. Pour l’heure, on estime à 200000, voire bien plus, le nombre d’enfants gazaouis qui auraient besoin d’un soutien psychologique… Les plaies, les cicatrices, les larmes, le sang, un peuple entier qu’on assassine.

Certes le Hamas était en train de se calmer, de changer de cap, et sans doute n’avait-il pas d’autre option, cependant il ne représente guère une avancée de civilisation ; évidemment, le gouvernement israélien, en bon allié objectif, comme on dit, ne pouvait pas faire mieux que de le relancer, (car c’est cela qui se passe), pour empêcher la mise en œuvre de l’accord palestinien de réconciliation d’avril 2014 : « Le Hamas et nous-mêmes n’avons pas de conflit sur le fond, Gaza nous ne cherchons pas à y changer la donne politique ni à y établir le pouvoir du Fatah » (sic) dit Giora Eiland ex-chef des opérations de Tsahal.

Combattre le Hamas pour mieux le consolider, empêcher toute tentative de rapprochement avec Abbas, ce qui pourrait mener à un Etat palestinien, compliqué, inconcevable quand on veut assigner les Palestiniens à une place de citoyens de seconde zone. Nétanyahou fait ce qu’il veut, comme il veut quand il veut qui l’arrête? Qui le contrôle ? Car la « victime «éternelle » et sa propagande militaire, son story-telling, ses messages et ses cessez-le-feu unilatéraux, tout cela ce ne sont guère les méthodes d’une dite « grande » démocratie.

Et c’est bien parce que c’est une démocratie que cela nous importe tant! C’est bien parce que c’est chose politique et non une histoire de  Dieu vengeur..

« Nous n’avons rien contre les habitants de Gaza qui ne sont pas impliqués dans le terrorisme ». L’homme qui prononce ces mots est à la tête d’un gouvernement qui vient de tuer des milliers de palestiniens. N’est-ce pas vraiment très inquiétant ? Mais quand à ce point on ne respecte rien, se respecte-t-on soi-même ? Cela n’est-il pas assez inquiétant pour que l’on soutienne les initiatives de l’ONU, messieurs les dirigeants, plutôt que veto et abstention ? Lâcheté ? Real politik ? Ambition ? Mauvais calcul qui n’aide pas à la pacification universelle, qui n’aide pas à dire #Stop à la montée des extrémismes et aux replis identitaires.

Enfin. M. le Président de la République Française, puisque commémorer c’est se souvenir, c’est précisément fait pour que le présent ne répète pas (pas trop) le passé dans l’avenir. Pour cela il faut s’engager. J’attends. Il y a beaucoup de morts inutiles et ces morts vont semer encore plus les graines des haines et des extrémismes. Le gouvernement israélien, votre bien-aimé, paraît-il, ne mérite pas une telle clémence. Elle est contre-productive pour la paix, que vous clamez pourtant. Alors, agissez !

5 août 2014 : Sa mission « achevée », l’armée israélienne se retire de Gaza… et puis? Agir sans relâche pour sortir de cette répétition infinie et cruelle..

1867 Palestiniens tués depuis le 8 juillet..

Tout a été dit, beaucoup de belles et poignantes et courageuses interventions, beaucoup d’analyses lucides et douloureuses. Beaucoup de références et de liens ci-dessous et sur ma TL.

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/07/31/31002-20140731ARTFIG00381-dominique-de-villepin-lever-la-voix-face-au-massacre-perpetre-a-gaza.php D De Villepin « lever la voix face au massacre.. »

http://www.frederichelbert.com/20140728/mads-gilbert-cette-guerre-est-un-crime-contre-lhumanite Mads Gilbert médecin urgentiste « cette guerre est un crime.. »

http://tempsreel.nouvelobs.com/le-conflit-a-gaza/20140724.OBS4641/les-enfants-martyrs-de-gaza-plage.html « les enfants martyrs de Gaza »

http://blogs.mediapart.fr/blog/daniel-salvatore-schiffer/200714/conflit-israelo-palestinien-quand-la-barbarie-repond-la-barbarie DS Schiffer « quand la barbarie.. »

http://blogs.mediapart.fr/blog/arie-alimi/270714/francais-avocat-juif-ne-sarcelles-dans-le-desordre Arie Alimi « français avocat juif.. »

http://www.mediapart.fr/journal/international/310714/palestine-le-revirement-de-manuel-valls  La valse de Valls, pour sourire (si c’est possible..)

http://www.mediapart.fr/journal/international/270714/nous-navons-rien-essaye-d-autre-que-la-force-denonce-une-ong-de-soldats-israeliens?onglet=full Yehuda Shaul Fondateur de l’ONG israélienne Breaking the silence 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/07/22/un-ancien-officier-israelien-notre-but-etait-de-semer-la-peur_4460857_3232.html Yehuda Shaul

http://www.lapaixmaintenant.org/Vous-l-elite-arabe-d-Israel-etes La paix maintenant

http://uavj.free.fr/UAVJtxt88.html Une autre voix juive : « Non, la politique israélienne ne « se bat pas pour les démocrates du monde entier » ; la politique israélienne couvre de honte et de sang le drapeau israélien ; »

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/07/22/israel-choisit-le-hamas-contre-l-etat-palestinien_4461299_3232.html Leila Seurat  Docteure en sciences politiques « une réponse à la tentative de rapprochement.. » cf 1970 développement Frères musulmans contre OLP

http://www.liberation.fr/societe/2014/07/23/ne-pas-tomber-dans-les-stereotypes-communautaires_1069202 Tareq Oubrou recteur de la mosquée de Bordeaux

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/08/01/l-offensive-d-israel-a-gaza-un-crime-moral-loin-de-la-guerre-juste_4465558_3232.html Jean-Cassien Billier (Maître de conférences d’éthique et de philosophie politique à la Sorbonne): « un crime moral, loin de la guerre juste »

http://www.liberation.fr/monde/2014/07/18/ce-que-nous-voulons-c-est-detruire-l-arsenal-du-hamas_1066591 Giora Eiland, ex-chef des opérations de Tsahal  « Le Hamas et nous-même n’avons pas de conflit sur le fond, Gaza nous ne cherchons pas à y changer la donne politique ni à y établir le pouvoir du Fatah »

http://www.liberation.fr/monde/2014/07/31/gaza-est-ecrase-par-un-rouleau-compresseur_1073692 Nicolas Palarus MSF «Ce n’est pas du tout « militaire » ce que l’armée israélienne est en train de faire ici. La Grande Mosquée, la télévision, le port, maintenant la centrale énergétique : tout a été détruit. Il n’y a absolument rien de « chirurgical » là-dedans. Et pourtant les choses peuvent encore empirer, bien que la situation soit déjà catastrophique.

Selon nos chiffres, il y a 200 000 enfants à Gaza qui ont et auront besoin d’un support psychologique. Pour moi, c’est la population entière de Gaza qui en a besoin.»

http://www.liberation.fr/monde/2014/07/22/ce-n-est-pas-tsahal-qui-vaincra_1068398 Etgar Keret écrivain israélien « la voie sanglante que nous empruntons d’opération en opération n’était pas un cercle vicieux, comme nous le croyions. Cette voie est une spirale.

Et la direction, que cette spirale nous désigne, s’enfonce vers le bas, vers de nouveaux abîmes dans lesquels, à mon regret, nous aurons encore l’occasion de sombrer. »

http://www.liberation.fr/monde/2014/07/28/israel-gaza-au-dela-de-la-peur_1071837 Marius Schattner journaliste et écrivain (Jérusalem) « C’est sur le plan politique qu’il s’agit d’agir. Et là, la balle est, par évidence, dans le camp d’Israël. Reconnaître que le projet d’Ariel Sharon de couper la bande de Gaza de la Cisjordanie par un retrait unilatéral en 2005 était une illusion. Son objectif était de casser en deux le mouvement national palestinien. Dégagé du fardeau de Gaza, Israël aurait les mains libres en Cisjordanie pour, sous Sharon, imposer les frontières de son choix ou, sous Nétanyahou, empêcher la création d’un Etat palestinien indépendant, en créant un fait de colonisation irréversible.

Surtout tenir bon, ne rien faire, brandir encore et encore l’arme de la peur. Les Palestiniens ne sont pas les seuls enfermés dans le piège de Gaza. »

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/07/17/de-la-cohesion-a-l-arrogance-les-forces-et-faiblesses-du-monde-de-l-ouest_4458782_3232.html Régis Debray « ce serait le moment de remettre en selle de bonnes vieilles idées nées en Occident telle que la citoyenneté, communauté fondée sur une même loi pour tous et non sur l’origine des uns ou des autres, ou encore la laïcité, notion difficilement exportable mais essentielle à la survie. On n’en prend pas le chemin quand on voit par exemple le sionisme laïque des fondateurs se transformer en nationalisme religieux. Même chose en Palestine où ce n’est plus la lutte politique du Fatah qui prime, mais les islamistes du Hamas. »

© evah5

combien de milliers de morts gazaouis faudra il pour sécuriser Nathanyaou?

 

Unions et Conceptions. Etre et désir.

                                                                    S’unir aimer naître donner la vie désirer

Les débats (à l’Assemblée Nationale et dans l’espace public) qui ont lieu et bien lieu, quoi qu’on en dise, à propos du « mariage pour tous », sont rudes, souvent haineux, injustes, dangereux, surfant sur l’ignorance et la peur parfois. La grande peur « réactionnaire » vient en réponse à ce qui se met en branle dans cette demande pourtant si normative, cette demande entre autres d’avoir le choix. Il n’empêche qu’ils ne clivent pas forcément, sur tous les sujets, aussi radicalement droite et gauche ; réactionnaires et progressistes ne sont pas strictement identifiables comme d’un camp ou de l’autre. On voit et on entend l’Eglise, les Eglises, qui bien évidemment peuvent dire leur point de vue, mais qui ne sont, au fond, pas plus concernées que cela puisqu’il s’agit là d’une Union Civile dans un Etat laïc, sauf à dénier aux Lois Républicaines leur primauté sur la Loi divine.

La question de l’union, qui ne va pas sans les questions des filiations, est une saine et riche occasion de (re)penser toutes ces questions des familles et des procréations, les enjeux, les pratiques, leurs limites, mais aussi leurs avancées (cf. D Bertinotti pour ces initiatives bienvenues et l’accent mis sur « les » familles). Il serait malhonnête de ne pas dire que cela est complexe. Beaucoup a déjà été dit, écrit.

Ici, donc, mon « point de vue », pour épingler quelques-unes des idées fortes que cela met en branle.

Tout d’abord, il est consternant qu’il y ait encore une fois une telle méprise quant à la position de « la » psychanalyse, qui n’existe pas d’ailleurs en tant que telle. Il y a « des » psychanalystes. Ils écoutent et accueillent les symptômes, mode de jouir de chaque parlêtre, un par un. Pour beaucoup, peut-être même la plupart, ils exercent leur pratique avec sérieux sans prétendre pouvoir se substituer au débat de société et aux décisions parlementaires. Certes, ils ont choisi une orientation doctrinale mais celle-ci ne va pas sans une remise sur le métier constante, à chaque fois qu’une rencontre a lieu. Les homosexuel(le)s viennent « aussi » nous consulter, ai-je envie de dire de façon un peu ironique. Ce n’est pas une race à part. La clinique ne saurait s’endormir.  Sans se prendre donc pour la Vérité (encore plus quand elle a droit de cour médiatique), cela ne les empêche ni de réfléchir ni de témoigner à partir de leur clinique, dont ils ne peuvent cependant faire Loi générale (sociologique, anthropologique, voire statistique). Mais certains, hélas, oeuvrent parfois à dévoyer cette éthique, parfois « sincèrement », en conscience (cette idée est à la mode), parfois animés de cette passion haineuse contre notre science, (bénéfice secondaire de cette posture), animés du désir de se faire un peu remarquer, voire aimer. C’est dommage. Vous trouverez ici références, textes et pétitions, pour un autre son de cloche. Continuer la lecture de Unions et Conceptions. Etre et désir.