Archives par mot-clé : justice

#zyedetbouna

                                         # ZyedetBouna  « ce sont des enfants, des écoliers »


Jean-Pierre Mignard : « C’est comme si dix… par franceinter

18 mai 2015 Le Tribunal Correctionnel de  Rennes relaxe des policiers suite à la  mort  en 2005 de Zyed et Bouna, écoliers à Clichy sous Bois . Décision de justice éprouvante…

« Rien à voir circulez » / « le regard parce que c’est les quartiers..le racisme s’asseoit sur de la bonne conscience » / « nous sommes déjà dans les têtes sous la pression du front national et de cette idéologie »..

Ecouter les explications précises  de JP Mignard, son analyse lucide, sa  colère légitime et son alerte éveillée sur notre lente dégradation mentale et morale.

Une France (déjà?) trop (?) sous influence??

© evah5

 

« E la nave va »

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Hermione Association Hermione-La Fayette

L’Hermione La Fayette l’Amérique

Indiens Exodus Orient

Civiliser Fraternité Droits de l’Homme/ Liberté

Migrants  Misère Conflits Guerres aveugles/ Liberté

Responsabilité Violence du  Réel

Fuir Misère Migration Eldorado

L’Enfer dictateurs tyrans la peste /

Le Paradis Fraternité Accueillir l’Autre/

Résistance Lutte Démocratie/

Passeur-Passé-Passant-Passager Business Mafia

Humain trop humain  chair à canon chair à fric  croire à l’Eden

Corps morts engloutis  Corps vivants Corps en lutte

Espoir/Désespoir/ Illusion/ Dérive/

Mer à l’Endroit/ Mer à l’Envers

Europe  trop fermée trop ouverte Europe forte et fragile

L’Etranger encore et toujours

Lutter sur terre/ Lutter sur SA terre

Migrants Reuters  février 2015
Migrants Reuters février 2015

L’Enfer est pavé de « bonnes » intentions & le Paradis n’existe pas

                                                        Utopie/Atopie

Argonautes Toison d’or / Colons Radeau de la Méduse /  Hermione petite fille d’Océan / boat people / migrants de la faim / migrants de la mort / migrants du savoir et de la liberté / L’Europe n’est pas la Terre Promise…

 

L'Hermione remonte la Charente 180415
L’Hermione remonte la Charente 180415

« E la nave va »  Fellini 1983

© evah5

Never Forget #Gaza

Never forget.

« C’était là-bas que le second bombardement [Israélien] a frappé la plage, ces coups de feu visant apparemment les survivants qui fuyaient le site. Au moment de l’explosion, les journalistes présents sur la terrasse ont crié: « Il n’y a que des enfants.' » (The Guardian: 16 juil 2014)

Israeli artist Amir Schiby, created an image of Ahed Atef Bakr, Zakaria Ahed Bakr, Mohamed Ramez Bakr, and Ismael Mohamed Bakr, to honor their tragically short lives.L'artiste israëlien Amir Schiby, a crée une image  de Ahed Atef Bakr, Zakaria Ahed Bakr, Mohamed Ramez Bakr, et Ismael Mohamed Bakr, pour honorer leur tragique et courte vie.

#Gaza. Comment va-t-on guérir ces blessures ? Ces plaies ouvertes, brûlantes, calcinées, odieuses, traces du crime ; les blessures, ici, en Occident, les miennes, les miennes tout d’abord, moi qui voulais tellement croire à cette « voie socialiste », celle-là qui n’a rien fait, qui ferme les yeux et les oreilles, qui ne dit rien ou si peu, qui consent donc, ou qui rappelle 12 jours après qu’elle va donner de l’argent à l’autorité palestinienne, ou encore, plus tard, que non on ne bombarde pas une école de l’ONU. Mais ce ne sont pas les plus graves les miennes, mes douleurs; mon petit égoïsme de témoin impuissant y arrivera sans doute bien, encore une fois, à retourner causes et conséquences de ce drame mondial dont les conséquences sont là pour longtemps. Je n’ai pas été marquée dans ma chair, dans mon être-au-monde oui, dans ma chair, celle de mes proches, de mon peuple, de ma terre détruite, de mon histoire, non.. même si par ricochets cela transforme la nôtre ici.

Il y a aussi toutes les plaies ouvertes de l’Occident, de l’Europe, de l’Europe qui dans son immense culpabilité, n’arrive pas à dépasser, transformer, son histoire contemporaine centrée sur la Shoah ; qui, si elle ne fait pas un pas vers une profonde, sérieuse, respectueuse, analyse du siècle dernier n’empêchera jamais ces crimes odieux, et leur répétition nourrie de haine. L’ Amérique, elle aussi, l’Amérique, qui porte ses crimes, ses exterminations indiennes. Peut-être au fond de lui Obama n’est-il pas fier, est-il douloureux ; certes, il est entravé par le Congrès bien sûr, mais quelle nécessité y a-t-il par exemple à désigner l’« enlèvement » d’un soldat israélien (inventé de toutes pièces de surcroît), comme « une barbarie », après avoir si longtemps fait silence sur tous ces crimes barbares de Tsahal ? Quelle nécessité politique, stratégique, dans ce message partisan ? (idem pour Mister Hollande). Alors un soldat est intouchable et sa vie vaut plus que des milliers de victimes civiles ? On voit là encore une fois combien nous marchons tous cul par-dessus tête, combien nos gouvernants dans nos démocraties n’ont plus de boussoles, ou alors les aiguilles sont désaimantées. Non ce monde n’est pas aimant.

Car si tous ces gens disaient #stop, non seulement disaient stop mais faisaient stop, faisaient stop non pas à Israël, non pas aux juifs d’Israël, non pas aux juifs du monde entier (je passe sur les manips récurrentes amalgamant antisémitisme, antisionisme, et opposition à la guerre menée par le gouvernement de droite-droite extrême), mais #Stop au gouvernement israélien et sa politique colonialiste criminelle et discriminante. Je n’ose même pas espérer que nos « chers » amis intellectuels ici, parnassiens, germanopratins, se décilleraient un instant,  consentiraient quand même à se désaveugler un instant ; c’est terrible, c’est terrible cet objet a, qui nous encombre, cette culpabilité récurrente rémanente (cette tache brune) qui autorise un autre crime. Cet oeil dans la tombe.

Car, ces enfants à Gaza, ils couraient, ils jouaient, ils savaient dans leur corps, dans leur chair, qu’ils étaient dans la guerre. Ils savaient, ils sont nés avec, et pourtant ils jouaient, et pourtant on a tiré une fois deux fois des missiles.

Combien de soldats courageux et braves, effarés (Breaking the silence) ont témoigné des atrocités des commandements, des absurdités, des ordres donnés sans–loi, de la tuerie sans loi. Je tourne et retourne cela dans tous les sens, pour être au plus près du vrai, je ne voulais pas aller jusque là à nommer les choses ainsi, car j’aime aussi Israël, j’aime aussi Gaza et la Cisjordanie, l’Etat palestinien, je les rêve libres, pour que leurs enfants soient libres, libres de jouer, pour que les jeunes gens soient libres, libres aussi de s’embrasser sur les plages, de se prendre par la main, de s’aimer. Mais, c’est, c’est.. ce n’est pas possible, ce n’est pas possible. Pour l’heure, on estime à 200000, voire bien plus, le nombre d’enfants gazaouis qui auraient besoin d’un soutien psychologique… Les plaies, les cicatrices, les larmes, le sang, un peuple entier qu’on assassine.

Certes le Hamas était en train de se calmer, de changer de cap, et sans doute n’avait-il pas d’autre option, cependant il ne représente guère une avancée de civilisation ; évidemment, le gouvernement israélien, en bon allié objectif, comme on dit, ne pouvait pas faire mieux que de le relancer, (car c’est cela qui se passe), pour empêcher la mise en œuvre de l’accord palestinien de réconciliation d’avril 2014 : « Le Hamas et nous-mêmes n’avons pas de conflit sur le fond, Gaza nous ne cherchons pas à y changer la donne politique ni à y établir le pouvoir du Fatah » (sic) dit Giora Eiland ex-chef des opérations de Tsahal.

Combattre le Hamas pour mieux le consolider, empêcher toute tentative de rapprochement avec Abbas, ce qui pourrait mener à un Etat palestinien, compliqué, inconcevable quand on veut assigner les Palestiniens à une place de citoyens de seconde zone. Nétanyahou fait ce qu’il veut, comme il veut quand il veut qui l’arrête? Qui le contrôle ? Car la « victime «éternelle » et sa propagande militaire, son story-telling, ses messages et ses cessez-le-feu unilatéraux, tout cela ce ne sont guère les méthodes d’une dite « grande » démocratie.

Et c’est bien parce que c’est une démocratie que cela nous importe tant! C’est bien parce que c’est chose politique et non une histoire de  Dieu vengeur..

« Nous n’avons rien contre les habitants de Gaza qui ne sont pas impliqués dans le terrorisme ». L’homme qui prononce ces mots est à la tête d’un gouvernement qui vient de tuer des milliers de palestiniens. N’est-ce pas vraiment très inquiétant ? Mais quand à ce point on ne respecte rien, se respecte-t-on soi-même ? Cela n’est-il pas assez inquiétant pour que l’on soutienne les initiatives de l’ONU, messieurs les dirigeants, plutôt que veto et abstention ? Lâcheté ? Real politik ? Ambition ? Mauvais calcul qui n’aide pas à la pacification universelle, qui n’aide pas à dire #Stop à la montée des extrémismes et aux replis identitaires.

Enfin. M. le Président de la République Française, puisque commémorer c’est se souvenir, c’est précisément fait pour que le présent ne répète pas (pas trop) le passé dans l’avenir. Pour cela il faut s’engager. J’attends. Il y a beaucoup de morts inutiles et ces morts vont semer encore plus les graines des haines et des extrémismes. Le gouvernement israélien, votre bien-aimé, paraît-il, ne mérite pas une telle clémence. Elle est contre-productive pour la paix, que vous clamez pourtant. Alors, agissez !

5 août 2014 : Sa mission « achevée », l’armée israélienne se retire de Gaza… et puis? Agir sans relâche pour sortir de cette répétition infinie et cruelle..

1867 Palestiniens tués depuis le 8 juillet..

Tout a été dit, beaucoup de belles et poignantes et courageuses interventions, beaucoup d’analyses lucides et douloureuses. Beaucoup de références et de liens ci-dessous et sur ma TL.

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/07/31/31002-20140731ARTFIG00381-dominique-de-villepin-lever-la-voix-face-au-massacre-perpetre-a-gaza.php D De Villepin « lever la voix face au massacre.. »

http://www.frederichelbert.com/20140728/mads-gilbert-cette-guerre-est-un-crime-contre-lhumanite Mads Gilbert médecin urgentiste « cette guerre est un crime.. »

http://tempsreel.nouvelobs.com/le-conflit-a-gaza/20140724.OBS4641/les-enfants-martyrs-de-gaza-plage.html « les enfants martyrs de Gaza »

http://blogs.mediapart.fr/blog/daniel-salvatore-schiffer/200714/conflit-israelo-palestinien-quand-la-barbarie-repond-la-barbarie DS Schiffer « quand la barbarie.. »

http://blogs.mediapart.fr/blog/arie-alimi/270714/francais-avocat-juif-ne-sarcelles-dans-le-desordre Arie Alimi « français avocat juif.. »

http://www.mediapart.fr/journal/international/310714/palestine-le-revirement-de-manuel-valls  La valse de Valls, pour sourire (si c’est possible..)

http://www.mediapart.fr/journal/international/270714/nous-navons-rien-essaye-d-autre-que-la-force-denonce-une-ong-de-soldats-israeliens?onglet=full Yehuda Shaul Fondateur de l’ONG israélienne Breaking the silence 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/07/22/un-ancien-officier-israelien-notre-but-etait-de-semer-la-peur_4460857_3232.html Yehuda Shaul

http://www.lapaixmaintenant.org/Vous-l-elite-arabe-d-Israel-etes La paix maintenant

http://uavj.free.fr/UAVJtxt88.html Une autre voix juive : « Non, la politique israélienne ne « se bat pas pour les démocrates du monde entier » ; la politique israélienne couvre de honte et de sang le drapeau israélien ; »

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/07/22/israel-choisit-le-hamas-contre-l-etat-palestinien_4461299_3232.html Leila Seurat  Docteure en sciences politiques « une réponse à la tentative de rapprochement.. » cf 1970 développement Frères musulmans contre OLP

http://www.liberation.fr/societe/2014/07/23/ne-pas-tomber-dans-les-stereotypes-communautaires_1069202 Tareq Oubrou recteur de la mosquée de Bordeaux

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/08/01/l-offensive-d-israel-a-gaza-un-crime-moral-loin-de-la-guerre-juste_4465558_3232.html Jean-Cassien Billier (Maître de conférences d’éthique et de philosophie politique à la Sorbonne): « un crime moral, loin de la guerre juste »

http://www.liberation.fr/monde/2014/07/18/ce-que-nous-voulons-c-est-detruire-l-arsenal-du-hamas_1066591 Giora Eiland, ex-chef des opérations de Tsahal  « Le Hamas et nous-même n’avons pas de conflit sur le fond, Gaza nous ne cherchons pas à y changer la donne politique ni à y établir le pouvoir du Fatah »

http://www.liberation.fr/monde/2014/07/31/gaza-est-ecrase-par-un-rouleau-compresseur_1073692 Nicolas Palarus MSF «Ce n’est pas du tout « militaire » ce que l’armée israélienne est en train de faire ici. La Grande Mosquée, la télévision, le port, maintenant la centrale énergétique : tout a été détruit. Il n’y a absolument rien de « chirurgical » là-dedans. Et pourtant les choses peuvent encore empirer, bien que la situation soit déjà catastrophique.

Selon nos chiffres, il y a 200 000 enfants à Gaza qui ont et auront besoin d’un support psychologique. Pour moi, c’est la population entière de Gaza qui en a besoin.»

http://www.liberation.fr/monde/2014/07/22/ce-n-est-pas-tsahal-qui-vaincra_1068398 Etgar Keret écrivain israélien « la voie sanglante que nous empruntons d’opération en opération n’était pas un cercle vicieux, comme nous le croyions. Cette voie est une spirale.

Et la direction, que cette spirale nous désigne, s’enfonce vers le bas, vers de nouveaux abîmes dans lesquels, à mon regret, nous aurons encore l’occasion de sombrer. »

http://www.liberation.fr/monde/2014/07/28/israel-gaza-au-dela-de-la-peur_1071837 Marius Schattner journaliste et écrivain (Jérusalem) « C’est sur le plan politique qu’il s’agit d’agir. Et là, la balle est, par évidence, dans le camp d’Israël. Reconnaître que le projet d’Ariel Sharon de couper la bande de Gaza de la Cisjordanie par un retrait unilatéral en 2005 était une illusion. Son objectif était de casser en deux le mouvement national palestinien. Dégagé du fardeau de Gaza, Israël aurait les mains libres en Cisjordanie pour, sous Sharon, imposer les frontières de son choix ou, sous Nétanyahou, empêcher la création d’un Etat palestinien indépendant, en créant un fait de colonisation irréversible.

Surtout tenir bon, ne rien faire, brandir encore et encore l’arme de la peur. Les Palestiniens ne sont pas les seuls enfermés dans le piège de Gaza. »

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/07/17/de-la-cohesion-a-l-arrogance-les-forces-et-faiblesses-du-monde-de-l-ouest_4458782_3232.html Régis Debray « ce serait le moment de remettre en selle de bonnes vieilles idées nées en Occident telle que la citoyenneté, communauté fondée sur une même loi pour tous et non sur l’origine des uns ou des autres, ou encore la laïcité, notion difficilement exportable mais essentielle à la survie. On n’en prend pas le chemin quand on voit par exemple le sionisme laïque des fondateurs se transformer en nationalisme religieux. Même chose en Palestine où ce n’est plus la lutte politique du Fatah qui prime, mais les islamistes du Hamas. »

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combien de milliers de morts gazaouis faudra il pour sécuriser Nathanyaou?

 

L’affaire du siècle disent-ils..

La Garde des Sceaux aurait menti…c’est l’affaire du siècle… tellement plus grave que toutes les affaires et agissements d’un certain M. NS et de sa troupe. Pensez donc.Ça se déchaîne comme rarement à droite mais peut-on encore l’appeler droite républicaine cette meute, quand on voit et entend ce qui se dit, les positions outrancières qui sont prises sans aucun respect des lois et institutions républicaines? C’est un cauchemar de penser qu’ils pourraient de nouveau avoir le pouvoir, ceux-là et celles-là qui d’ailleurs considèrent qu’ils ne l’ont jamais perdu. Les coups d’état ne sont pas forcément en dehors de nos frontières, c’est certain qu’un certain nombre d’esprits (fragiles, très fragiles pour certains, quand ils sont frustrés du pouvoir) en rêvent..
Hélas la caisse de résonance médiatique dans sa presque totalité surfe sur ce courant délaissant toute indépendance de jugement, tout fondement d’enquête, toute information sur les textes et les lois. Jouissant eux aussi d’alimenter la bête avide, le monstre accusatoire. Hélas, trois fois hélas, les Français ont les oreilles pleines des « fautes » (Le Monde) du gouvernement, oui vous avez bien lu, c’est le gouvernement, Mme Taubira first, qui est en faute.
L’art du retournement langagier  et  idéologique est à l’oeuvre encore une fois (déjà en 2007 NS invoquant Jaurès!!). C’est la nouvelle mode, la nouvelle stratégie de la droite (et ses extrémités) de renverser signifiants signifiés significations, semer le trouble dans les esprits, retourner sur l’autre sa propre cause. L’accusatoire aveugle, sans foi, sans loi..
Merci Madame Taubira de vos explications franches et claires.


Indépendance de la justice : Extrait de la… par Najat-Belkacem

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Le fond de l’air..(n’)est (pas) rouge


Le fond de l’air..n’est pas rouge.

Non vraiment le fond de l’air n’est pas rouge. (Pour emprunter ce titre à Chris Marker que l’on peut voir à Beaubourg en ce moment). Là, c’est plutôt un brun bizarre qui culmine. Nauséabond et hélas épidémique, contaminant. Agité parfois aussi par un catholicisme sectaire qui n’a pas grand chose à voir avec la parole christique (cf. les injures raciales adressées au Garde des Sceaux encore tout récemment). Et aussi bien sûr entretenu par tous les extrémismes religieux politiques etc.. (Cela n’est pas, dans mon esprit, contradictoire avec la liberté absolue de penser de dire et de créer). Récemment  on a éprouvé presque de  l’effroi devant le comportement des députés de droite à l’Assemblée nationale le 30 octobre, quand, enfin, le PremierMinistre a prononcé ces mots forts, attendus depuis longtemps,  pour dire stop aux injures racistes répétées envers la Garde des Sceaux. Le 30 octobre JMA condamne le racisme envers Taubira, les députés PS debout à l’AN. Enfin une parole solennelle est dite. Merci. Il eut été tellement opportun et honorable pourtant qu’ils emboîtent le pas à leurs collègues. Mais rien… #Honte.

Jacques Lacan, dès les années 50, voyait s’avancer la ségrégation. Continuer la lecture de Le fond de l’air..(n’)est (pas) rouge

« Allez courage! »

C’est J-P Mignard qui exhorte ainsi le gouvernement et sans doute aussi le Président à faire une vraie réforme judiciaire (Médiapart). « Promesse de modifier la loi statut des parquets..Allez! courage ! » Cela ne vaut-il pas pour beaucoup  des actions gouvernementales?

Au moment où j’écris, le « retoquage » par le Conseil Constitutionnel de la taxation exceptionnelle à 75%  fait beaucoup causer. Trop sans doute par rapport à la mesure elle-même, équivoque, maladroite et surtout assez inefficace. Certes, elle apparaît presque comme un acte manqué, un désir inavoué que ça ne puisse se faire; même si le Premier ministre annonce d’ores et déjà une nouvelle disposition en 2013.Incompétence disent certains, une « improvisation fiscale consternante » selon Piketty (Libé 31 décembre). C’est bien l’impression que tout cela donne.

Ce gouvernement, constitué pour mettre en oeuvre un projet de justice et de lutte contre la financiarisation, ne cesse de pratiquer la reculade. Les  promesses ne sont pas tenues. Continuer la lecture de « Allez courage! »

« Tous » contre « tous »?


On peut critiquer et regretter le fait que les « people »  aient bien peu conscience de la pauvreté préoccupante de nombre de leurs concitoyens. Leur réaction n’est pas mieux ou pire que celle de banquiers, industriels, publicitaires, sportifs, intellectuels, et politiques qui vivent dans un « autre monde », dit-on souvent. En cela,  ils font corps dans une certaine communauté d’esprit, comme beaucoup d’autres corporations. Mais ce « monde » fait aussi partie de la société française. Qui peut dire qu’il ne ferait pas de même dans la même situation, qui peut se prétendre sans rougir « altruiste »? Qui n’ a pas envie d »avoir » plus, de posséder plus, de garder pour lui, et ses proches éventuellement? Cercle clos, excluant, toujours.

Il est à regretter que l’esprit de solidarité (cf. CNR) ait maintenant disparu; société très individualiste, la France a besoin d’un discours clair et rassembleur. C’est la mission du Politique, qui décide des lois commune à tous, justes et efficaces, comme on nous l’avait promis. Encore faut-il qu’il soit à la hauteur de sa tâche, et d’une certaine façon lui (aussi) exemplaire. Pas si simple.

Depardieu, symbole à son corps défendant, de l’exil fiscal et de l’égoïsme, est pourtant plutôt un des derniers à s’exiler. Sinon, il a crée aussi des emplois, soit dit en passant. Omar Sy, vénéré maintenant par nos compatriotes, vit à Los Angeles me semble-t-il…  de même que Dany Boon et d’autres. Je ne parle même pas des sportifs. Quant à Deneuve, femme plutôt discrète, et qui sait s’engager sur des causes « justes », elle a laissé parler sans doute son coeur de l’amitié. Ses propos sur la Révolution et la méconnaissance générale de l’Histoire de France révèlent une peur imaginaire, celle-ci bien partagée quelle que soit la classe sociale. Utilisée aussi comme un mythe, voire un slogan, par certains leaders politiques. Elle ne porte simplement pas alors sur la même catégorie sociale. En miroir.

Bref, ça ne cesse pas : l’autre est dangereux, contre moi, ennemi…Cela  qui s’est exprimé douloureusement en 2002, et qui est toujours une mine pour toute pensée et discours totalisant,(et donc excluant), fait signe d’une haine souvent silencieuse, mais dont la trace ancienne est hélas constitutive de notre humanité. Elle se faufile notamment dans les réseaux sociaux où les échanges sont parfois ponctués de ces insultes jouisseuses, et de jugements à l’emporte-pièce. Moindre mal, que ça puisse se dire?

Il appartient à chacun de savoir conduire sa vie pour lui et pour/vers les autres.

« Un sursaut est impérieux » S. Royal Toulouse

« La politique ce n’est pas ma partie, je le rappelle tout au long de ces billets, des éléments plus techniques peuvent bien sûr m’échapper, mais je fais retour ici sur ce que j’en entends au rythme du temps et des échos assourdissants de l’univers médiatique, mais aussi des analyses plus poussées dans tous les domaines, hélas trop rares. « L’inconscient c’est le Réel » (J. Lacan). Je suis moi-même aux prises et au service chaque jour de ce qui parle et fait symptôme, de ce Réel, là où ça rate. Et cela est politique.

« Cela fait déjà pas mal de temps  que je voulais en dire quelque chose de cette « arrivée » de la Gauche au pouvoir, (beaucoup de places de pouvoir, très lourde responsabilité). Ne trouvant ni le temps ni l’envie, parce que ne voulant pas  donner prise à ce « hurler-avec-les loups » médiatique, ni participer à cette curée aveugle (ou intentionnel?), ne voulant pas donner l’impression que je participe à l’abattage déchaîné et systématique, comme toute une part des media, signe s’il en était besoin que la presse est bien aux mains des libéraux, et aussi que le « dire tous pareils » de nombre de journalistes, leur slogans en boucle, leurs exégèses parfois « délirantes »  fonctionne à plein. « les moutons.. » Marianne. Mais ce dont on est  là les témoins, je l’ai bien souvent dénoncé  et depuis longtemps! Avec S. Royal  (2007, Primaires PS), on a déjà depuis longtemps l’entraînement au bashing (les « camarades » ne le dénonçaient guère alors!).

Sans doute suis-je baignée de ce sentiment sourd et confus de ne rien pouvoir attraper, épingler, qui ferait signe, oui, on ne peut le nier, d’un « cap« . Une « marche en crabe » dit  Domenach dans Marianne. Oui, bien vu. Ou bien, j’apprécie cet autre point de vue : « L’art de M. Hollande est à son comble dans cette retenue, ce retrait…Il triomphe à se dérober dans un invincible incognito. On ne saurait être plus habile. Mais qui prendrait comme phare dans la tempête une étoile filante qui clignote sur le bord de sa disparition. ». François Hollande, avion furtif, par Jacques-Alain Miller

« Loin de moi l’envie de critiquer aveuglément ce gouvernement et ce Président avant qu’ils n’aient eu le temps de faire leurs preuves. Ils ont bien sûr mon soutien de coeur et de raison. J’ai élu F. Hollande sans état d’âme, tant j’étais déjà consciente d’une position politique et éthique peu tranchée. Je n’ai cependant aucune sympathie pour la stratégie de  JL Mélenchon qui, même si les arguments sont souvent fondés, entretient un climat permanent de catastrophisme, d’agressivité, et de critique souvent injurieuse à l’égard du pouvoir, tant il vise à le déstabiliser pour s’en emparer (il a eu pour cela une longue formation militante).

« Un désir peu décidé, dis-je. Bien sûr, on a quitté un état de « terreur » et de démolition quasi permanent, style du sarkozysme. Bien sûr il faut reconstruire autre chose, autrement. Bien sûr ce n’est pas le même style et le même projet politique, et c’est tant mieux.  Cependant, d’ores et déjà des signes me paraissent préoccupants. Continuer la lecture de « Un sursaut est impérieux » S. Royal Toulouse

Un « enfant perdu », criminel.

Montauban/Toulouse.

Au jour d’aujourd’hui beaucoup de questions restent non élucidées. Beaucoup le resteront sans doute, d’autres seront sans doute étouffées, pour un temps en tout cas. Questions sur les erreurs de la DCRI, sa « lenteur », son mode d’intervention, sur la présence permanente du ministre de l’intérieur non conforme à la séparation des pouvoirs (Eva Joly, et Fr. Rebsamen: « En tout état de cause, je m’étonne du fait que le président de la République ait demandé à Claude Guéant de piloter l’enquête. C’est du jamais-vu. On se demande même ce que Guéant faisait sur place pendant trois jours. Son rôle est de mettre à disposition de la justice les moyens pour arrêter la personne poursuivie, mais ce n’est pas à lui de donner les ordres.., le procureur n’étant là qu’à après-coup, pour venir expliquer ce qui s’est passé. Or c’est bien lui qui pilote l’enquête! »). Questions sur le déferlement médiatique couvrant l’immobilité de la scène et créant ainsi une jouissance avide de sang, il faut bien le dire, scène médiatique animée de psys  en tous genres (ah ce mot fourre-tout qui « nous » catégorise maintenant!), criminologues notamment en mal de story-telling, et bien d’autres. Iront-ils jusqu’à diffuser les vidéos, en rajoutant encore dans l’horreur? Sauront-ils faire preuve de sagesse?

De ce qui fait là évènement, dans le Réel, glaçant, je ne traiterai ici que deux aspects :

*D’abord à partir de ce que j’en sais dans ma pratique clinique. Car des jeunes gens comme Mohamed Merah j’en rencontre parfois dans mon cabinet. J’en ai aussi entendu parler par les éducateurs qui les côtoient. Ils sont certes plus arrimés au symbolique, la parole porte davantage, ils peuvent généralement accepter encore le pacte avec l’autre. Mais pourtant le même sourd désenchantement les habite. La même haine parfois. Haine parfois contre un père abandonnant, contre une famille maltraitante, haine qui se déplace contre l’humanité toute entière, contre tout ce qui bouge. Violence souvent retenue, mais parfois déclenchée, incontrôlable. Echec, l’employeur qui dit non, ou qui promet et qui laisse tomber, l’éducateur qui n’a pas assez de temps au moment où il faudrait, l’ami qui déçoit, le CMPP qui n’a pas de place, la tentation de faire payer à tous sa propre histoire.. Enfin, souvent un cri contre l’injustice, ce sentiment qui n’est pas a priori le seul lot de ces gamins-là, tant l’adolescence est sensible à l’exclusion, dont à la fois elle rêve et qu’elle rejette. Injustice devant les actes des adultes, la discordance entre acte et dire, la « trahison ». Pour la plupart, les appuis identificatoires sont suffisamment étayants. Seulement, là, ça vire à l’extrême.

Certes, ce sont des jeunes gens qui ont eu moins à faire à la justice; ce sont des jeunes gens qui ont eu l’opportunité plus tôt de bénéficier de structures d’accueil à la fois souples et bienveillantes, mais il en faudrait peu parfois pour que ça glisse sur la même pente. Ce sont souvent des jeunes gens qui, en bout de course, rêvent de l’armée, veulent l’armée, pour avoir un cadre, une discipline, pour aider les autres, pour tuer aussi parfois (je reprends là leur propre parole).

Et puis, parfois, en bout de course aussi, il y a la religion, musulmane mais pas seulement, la religion qui comme l’on dit sert de béquille pour le meilleur, mais aussi de métaphore délirante pour le pire. Celle qui vient suturer une question identitaire qui ne trouve pas à se résoudre. C’est bien souvent la question de la construction subjective, mais là, le hic, c’est que ça passe à l’acte, violemment, follement, empruntant pour le coup un discours « terroriste » pour éxécuter plutôt un crime « ordalique », vengeance, mission, épuration.  Julien Dray, à son propos, dit à juste titre : « emplissant son vide identitaire par des conceptions pseudo-religieuses et une identification à des combats étrangers ».

Trouver une cause -à-être pour mourir.  Continuer la lecture de Un « enfant perdu », criminel.