Archives pour la catégorie Autisme

discussions autisme, HAS

De la jeunesse. Quel destin?

On a vu avec la ManifPourTous (ré)apparaître le discours de la prévalence de Dieu sur les lois de la République,  sans retenue, sans gêne (cf. billet infra). On avait déjà pu d’entendre cela de la bouche de NS, vous savez le prêtre au-dessus de l’instituteur.. Si la position de foi est respectable dans son intimité et son lien au divin un par un, si l’Eglise, les Eglises sont acceptées voire bienvenues dans l’espace républicain en tant qu’insitutions qui ont  un point de vue, une charge, et une responsabilité morale par rapport à la communauté, on peut à juste titre s’inquiéter, se désoler, voire s’emporter contre un envahissement idéologique manifeste qui ne cache pas sa volonté d’évangélisation ici et là. Ainsi le « bon » pape François, sous couvert d’être du côté des pauvres, exhorte-t-il la jeunesse du monde à ne pas reculer devant la tâche. De même les salafistes optent-ils pour la charité pour mieux exercer la prédication et la conversion. La place qu’occupe ainsi de nos jours la/les religions dans l’espace public des démocraties invite à quelques réflexions plus larges concernant la jeunesse, son devenir, et les perspectives identificatoires offertes en ce début 21ème siècle. Continuer la lecture de De la jeunesse. Quel destin?

Autisme / Réflexions, références (suite)

La Haute Autorité  de Santé a donc « tranché ». Forte de sa légitimité et de son « indépendance », « chargée de  promouvoir les bonnes pratiques et le bon usage des soins auprès des professionnels de santé et des usagers de santé », la HAS , dont la présidence est assurée par  M. Jean-Luc Harousseau depuis janvier 2011. Je rappelle en passant que cette personne a perçu 205 482 euros des laboratoires depuis 2008. Certes dans les Principes fondateurs on peut noter : » l’abandon de leurs autres mandats et l’interdiction des conflits d’intérêt « , tout de même. On y lit aussi « La HAS procède à des comparaisons de produits, de techniques, de pratiques professionnelles, de structures et d’organisation, etc., », on y reviendra. Enfin concernant « la rigueur scientifique »: « Le doute formulé est le reflet du doute des scientifiques. » Diantre ! Nous voilà rassurés! Cependant,  (je me réfère là à un excellent travail d’analyse d’Eric Laurent à ce sujet dans Lacan Quotidien 170) : « Sur la page de garde des dernières « Recommandations de bonne pratique » émises par la HAS en juillet 2011, version « phase de lecture et de consultation publique », figure l’énoncé explicite de sa méthode : « Recommandations par consensus formalisé ». … (Mais) Nous avons vu la semaine dernière (LQ164) , en suivant les critiques de l’équipe canadienne combien l’approche ABA est sujette à discussions du point de vue des critères mêmes de preuve qu’adopte la méthode du « consensus formalisé ». Il suffit de ne pas se laisser fasciner par les résultats des méta-analyses, de s’intéresser à l’histoire des méthodes comportementales, aux problèmes éthiques qu’elles soulèvent, à l’inclusion ou non des études admettant les punitions, et aux types de punitions admises, pour que l’évidence de grade B recule. Rien de ces débats, pourtant cruciaux, n’est mentionné.…  Dès la première recommandation d’importance, on nous dit que l’approche ABA est de grade supérieur à tout autre et qu’en plus, l’ensemble des interventions doit s’effectuer en utilisant le modèle éducatif comportemental « pour ne pas disperser l’enfant/adolescent ». ABA gagne contre la méthode intégrative proposée par la majorité de la psychiatrie française inspirée par la psychanalyse. » A-t-on même consulté les praticiens que nous sommes, qui ont aussi à dire? Pourtant, comme l’avait déjà relevé le même Eric Laurent (lQ 164): « L’adversaire le plus résolu des techniques comportementales ABA n’est pas une/un psychanalyste. C’est une chercheuse autiste qui réside au Canada. Il s’agit de Michelle Dawson née en 1961 Continuer la lecture de Autisme / Réflexions, références (suite)

Autisme et Psychanalyse


« … La HAS – Haute Autorité de Santé — a été sommée de bannir la psychanalyse de la liste des « bonnes pratiques » relatives à l’autisme. Des médias moutonniers ont fait écho de cette tentative de proscription publique d’une discipline que l’on pouvait croire reconnue et honorable. Bref, une atmosphère de « croisade » et de « chasse aux sorcières ».

L’Université populaire Jacques-Lacan a voulu étudier posément ce phénomène d’opinion, et le contrarier en faisant entendre d’autres voix. Son Institut de l’Enfant a réuni dimanche dernier, 4 mars, une « conférence de presse » à l’hôtel Lutétia. Cette réunion, qui a duré 3 heures, a été intégralement filmée par l’équipe de La Règle du jeu ; elle donnera lieu à une publication »  — Jacques-Alain Miller

La vidéo de la conférence de presse de ce dimanche 4 mars au Lutétia


AUTISME ET PSYCHANALYSE (partie1) par laregledujeu


AUTISME ET PSYCHANALYSE (partie2) par laregledujeu

Autisme/Stop à la confusion!


Stop à la confusion, le déferlement de haine et d’ignorance, la manipulation et la transgression. Ce qui arrive là n’est pas tout à fait nouveau. Les tentatives de destruction et de dénigrement des pratiques psychanalytiques et leur savoir-faire clinique ont depuis longtemps  fait leur sombre propagande. Là, elles en remettent un coup, virulent. Profitant du désarroi légitime des parents et de leur implication très forte auprès de leurs enfants, bien légitime aussi, même si parfois un peu plus de distance permet des effets plus pacificateurs (comme pour toute difficulté les plus proches ne peuvent pas toujours être les mieux placés pour aider.. aïe je sens que là déjà j’en dis trop.. ), bref profitant de ce désarroi, surfant sur évaluation, discours scientiste, rentabilité, efficacité, mirages en tous genres, pour contrevenir au mal-être et dénier toute dimension psychique et singulière pour chacun de nous, humaniste a minima plutôt que mécaniste, voilà donc que ces associations outrepassent allègrement leur pouvoir et leur savoir, si mince! Mieux, voilà que l’Etat, et une Instance Publique, la Haute Autorité de Santé (HAS), projettent de se proclamer légitime pour décider quelle thérapeutique est à autoriser ou à interdire. Sortant là effrontément de leur rôle. Psychanalystes, délinquants peut-être? L’attaque est rude et sévère, exorbitante. C’est un plan très concerté, le même qui tente de faire sortir la psychanalyse des enseignements universitaires, le même qui veut fabriquer des psychothérapeutes au rabais.

../ »- L’enjeu, quel est-il ? C’est de savoir où iront les fonds publics. Extrêmement minoritaires, les techniciens du conditionnement comportementaliste voudraient bénéficier désormais d’un soutien exclusif de l’Etat. À cette fin, ils ont excité des parents d’autistes, et manipulé leur souffrance, sans nul doute authentique, pour la transformer en force de frappe anti-psychanalyse et anti-psychiatrie. Ces associations aux maigres  effectifs se sont coalisées, et se sont livrées à un lobbying prolongé. »/..  (note de synthèse  d’un Haut-Fonctionnaire à l’intention de sa hiérachie)

../ »Si la HAS suit les recommandations extrêmes inspirées par « Vaincre l’autisme » et ses experts, cela revient à créer ex-nihilo une bureaucratie médico-sociale pouvant prendre en charge 800.000 personnes et 8.000 enfants chaque année. Nous retrouvons là le type d’utopie inspirée au gouvernement britannique, par les mêmes secteurs scientistes, d’un vaste réseau de centres de psychothérapie comportementale brèves pour lutter contre la dépression et le chômage. Cette vaste usine à gaz a eu du mal à dépasser les Centres expérimentaux. Le changement de gouvernement a mis un terme à ce déploiement et l’on attend la publication des résultats »/..E. Laurent La fin du règne de la HAS.

Une association notamment se démène « Vaincre l’autisme », tel est son nom. « Vaincre l’autisme », quelle curieuse conception, illusoire, rabattue sur le médical, ou sur la guerre .. Vaincre le cancer, vaincre le sida,  la pauvreté  peut-être même,  mais là ne devrait-on pas d’abord et avant tout  mettre en avant  les autistes eux-mêmes, sujets qui pour être « affectés » d’une certaine pathologie de structure n’en sont pas moins sujets; « vaincre l’autisme », pour faire croire que cela peut disparaître?

Pour ma part, je ne reprendrai pas ici les questions autour de la génétique, ni non plus les insuffisances criantes de lieux d’accueil et de soins pour ces enfants, je  dirai ceci:

J’ai été auprès d’enfants et adolescents autistes en pédopsy pendant plusieurs années Continuer la lecture de Autisme/Stop à la confusion!