Archives pour la catégorie adolescence

In memoriam



with milton green

« I’m happy to be back »

© Lawrence Schiller Marylin Monroe Photos
© Lawrence Schiller Marilyn Monroe Photos

 

Seuls quelques fragments de nous
toucheront un jour des  fragments d’autrui –
La vérité de quelqu’un n’est
en réalité que ça – la vérité de quelqu’un.
On peut seulement partager
le fragment acceptable pour le savoir de l’autre
ainsi on est
presque toujours seuls.
Comme c’est aussi le cas
de toute évidence dans la nature – au mieux peut-être
notre entendement pourrait-il découvrir
la solitude d’un autre.  (45)

I© Photo Bert Stern Marylin Monroe
I© Photo Bert Stern Marilyn Monroe

Ô silence
ton calme me fait mal à la tête – et
transperce mes oreilles
cogne ma tête avec le calme
des sons insupportables/ continus –
sur l’écran du noir absolu
se forment/ réapparaissent des ombres de monstres
mes plus loyaux compagnons –
mon sang palpite sans répit
dévie sa route dans une autre direction
et le monde est en train de dormir
ah, paix je te veux – même si tu es
un monstre de paix. (135)

 

For life
It is rather a determination not to be overwhelmed
For work
The truth can only be recalled, never invented (183)

Marilyn Monroe FRAGMENTS (poèmes non datés) Paris, Seuil, octobre 2010

 

« La jeune femme blonde s’est d’abord recroquevillée sous nos regards. Elle s’est accroupie, les bras autour des genoux…. Elle s’est accroupie dans un coin, les yeux fixés sur un horizon invisible. Elle s’est avancée en traînant les pieds, gauchement. elle s’est relevée lentement, comme un rayon de lumière. Elle a tendu les bras et s’est tenue sur la pointe des pieds jusqu’à se mettre à trembler. Puis  elle s’est déplacée peu à peu dans la pièce, le regard fixé sur un horizon invisible. Elle s’est mise à danser, sans un bruit. Comme en transe, elle tournait sur elle-même, des girations lentes, douloureuses. Elle a enlevé sa chemise sans savoir ce qu’elle faisait. Elle a croisé les bras sur ses seins nus oscillants. Envoûtée, elle s’est pelotonnée par terre comme un enfant et s’est immédiatement endormie, ou a fait semblant…. Une minute encore, et le professeur s’est agenouillé à côté d’elle, inquiet, et a prononcé le nom qu’elle nous avait donné : « Norma Jeane? »..

.. Une âme pure. C’était beau et ça n’avait pas de nom. »

J.C. Oates Blonde  Paris, Stock, 2000, pp. 585-586

 

« Infortunately, this is one night that she did’nt come back for the darkness »

Lawrence Schiller

 

http://www.taschen.com/pages/fr/community/video/37363.marilyn_me.htm
http://www.taschen.com/pages/fr/community/video/37363.marilyn_me.htm © Lawrence Schiller Marilyn Monroe

« Let her be who she was; let’s remenber her as she was. » L. Schiller

Un « enfant perdu », criminel.

Montauban/Toulouse.

Au jour d’aujourd’hui beaucoup de questions restent non élucidées. Beaucoup le resteront sans doute, d’autres seront sans doute étouffées, pour un temps en tout cas. Questions sur les erreurs de la DCRI, sa « lenteur », son mode d’intervention, sur la présence permanente du ministre de l’intérieur non conforme à la séparation des pouvoirs (Eva Joly, et Fr. Rebsamen: « En tout état de cause, je m’étonne du fait que le président de la République ait demandé à Claude Guéant de piloter l’enquête. C’est du jamais-vu. On se demande même ce que Guéant faisait sur place pendant trois jours. Son rôle est de mettre à disposition de la justice les moyens pour arrêter la personne poursuivie, mais ce n’est pas à lui de donner les ordres.., le procureur n’étant là qu’à après-coup, pour venir expliquer ce qui s’est passé. Or c’est bien lui qui pilote l’enquête! »). Questions sur le déferlement médiatique couvrant l’immobilité de la scène et créant ainsi une jouissance avide de sang, il faut bien le dire, scène médiatique animée de psys  en tous genres (ah ce mot fourre-tout qui « nous » catégorise maintenant!), criminologues notamment en mal de story-telling, et bien d’autres. Iront-ils jusqu’à diffuser les vidéos, en rajoutant encore dans l’horreur? Sauront-ils faire preuve de sagesse?

De ce qui fait là évènement, dans le Réel, glaçant, je ne traiterai ici que deux aspects :

*D’abord à partir de ce que j’en sais dans ma pratique clinique. Car des jeunes gens comme Mohamed Merah j’en rencontre parfois dans mon cabinet. J’en ai aussi entendu parler par les éducateurs qui les côtoient. Ils sont certes plus arrimés au symbolique, la parole porte davantage, ils peuvent généralement accepter encore le pacte avec l’autre. Mais pourtant le même sourd désenchantement les habite. La même haine parfois. Haine parfois contre un père abandonnant, contre une famille maltraitante, haine qui se déplace contre l’humanité toute entière, contre tout ce qui bouge. Violence souvent retenue, mais parfois déclenchée, incontrôlable. Echec, l’employeur qui dit non, ou qui promet et qui laisse tomber, l’éducateur qui n’a pas assez de temps au moment où il faudrait, l’ami qui déçoit, le CMPP qui n’a pas de place, la tentation de faire payer à tous sa propre histoire.. Enfin, souvent un cri contre l’injustice, ce sentiment qui n’est pas a priori le seul lot de ces gamins-là, tant l’adolescence est sensible à l’exclusion, dont à la fois elle rêve et qu’elle rejette. Injustice devant les actes des adultes, la discordance entre acte et dire, la « trahison ». Pour la plupart, les appuis identificatoires sont suffisamment étayants. Seulement, là, ça vire à l’extrême.

Certes, ce sont des jeunes gens qui ont eu moins à faire à la justice; ce sont des jeunes gens qui ont eu l’opportunité plus tôt de bénéficier de structures d’accueil à la fois souples et bienveillantes, mais il en faudrait peu parfois pour que ça glisse sur la même pente. Ce sont souvent des jeunes gens qui, en bout de course, rêvent de l’armée, veulent l’armée, pour avoir un cadre, une discipline, pour aider les autres, pour tuer aussi parfois (je reprends là leur propre parole).

Et puis, parfois, en bout de course aussi, il y a la religion, musulmane mais pas seulement, la religion qui comme l’on dit sert de béquille pour le meilleur, mais aussi de métaphore délirante pour le pire. Celle qui vient suturer une question identitaire qui ne trouve pas à se résoudre. C’est bien souvent la question de la construction subjective, mais là, le hic, c’est que ça passe à l’acte, violemment, follement, empruntant pour le coup un discours « terroriste » pour éxécuter plutôt un crime « ordalique », vengeance, mission, épuration.  Julien Dray, à son propos, dit à juste titre : « emplissant son vide identitaire par des conceptions pseudo-religieuses et une identification à des combats étrangers ».

Trouver une cause -à-être pour mourir.  Continuer la lecture de Un « enfant perdu », criminel.

So you can’t!


So you can’t Mister President! Tant d’espoir reposait sur vous après votre enthousiasmante élection. Après votre discours ce jour à l’ONU, vous avez raté l’occasion unique d’être réellement un Grand Homme au nom de l’Histoire de notre Monde. UN qui ne craint pas de forcer le destin!

Le courage nécessaire, vous ne l’avez pas eu, vous avez choisi la Real Politik, la poursuite de la politique américaine qui doit endosser une lourde responsabilité dans la situation dégradée de la Palestine, et bien sûr d’Israël. Comment pourraient-ils se penser gagnants là-dedans?

En mai 2011,  vous vous êtes  prononcé pour la première fois en faveur d’un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967, pourquoi ce revirement? A cause des élections à venir? Que vaut cela face à une dégradation permanente de la situation des palestiniens, et la domination « trompeuse » d’Israël, et son glorieux gouvernement droite/ extrème droite? Continuer la lecture de So you can’t!

Sex Crimes Unit


A voir  absolument le documentaire  sur l’Unité des Crimes Sexuels (France 3 21 septembre 2011). A voir et écouter attentivement, à la fin du documentaire, Lisa Friel, qui a exercé 28 ans au bureau du procureur, et qui a dirigé cette unité pendant 10 ans (et travaillé là pendant 25 ans). Comment on voit qu’une prostituée peut avoir gain de cause dans une affaire de viol.

Comment on apprend les raisons d’une présentation si rapide de N. Diallo devant le grand jury (notorioté du suspect, nationalité française etc..). Comment on peut remettre les pendules à l’heure par rapport aux versions strauss-kahniennes. Comment confirmation est donnée des différentes versions de N. Diallo (big lies) mais jamais concernant l’acte lui-même. Continuer la lecture de Sex Crimes Unit

Pour Rafah Nached

« Rafah Nached, a été arrêtée le samedi 10 Septembre à 1 heure 30 du matin (heure de Damas) à l’aéroport de Damas. Elle devait embarquer sur le vol d’Air France en direction de Paris afin d’être présente à l’accouchement de sa fille. Une fois passée la sécurité Rafah a été arrêtée par les services de renseignements. Elle a tout juste pu appeler ses proches pour prévenir de son arrestation, depuis aucune nouvelle n a été donnée d’elle. Malgré les demandes incessantes, les services de l’aéroport refusent de communiquer la moindre information. Elle souffre de problèmes cardiaques et doit prendre ses médicaments régulièrement.

Rafah Nached, âgée de 66 ans, a fait son cursus de psychologie clinique à l’UFR de Sciences Humaines cliniques, elle est diplômée en Psychologie clinique de l’Université Paris Diderot.

Première femme psychanalyste à exercer en Syrie, Rafah a publié une étude historique de la psychanalyse en Syrie dans le numéro de la revue Topique consacré à la psychanalyse au Maghreb et au Machrek. Elle a récemment fondé l’Ecole de Psychanalyse à Damas en collaboration avec des psychanalystes français.

Le choc est d’autant plus violent que nul ne comprend les raisons de cette interpellation. Son engagement professionnel a toujours été de nature scientifique et humanitaire. Elle avait pris l’initiative avec la communauté jésuite de Damas d’organiser des réunions entre citoyens syriens de toutes obédiences afin de leur offrir un espace ouvert et multiconfessionnel au sein duquel verbaliser leurs angoisses et leurs peurs dans le climat de violence qui ravage actuellement le pays.

Rafah compte de nombreux amis dans la communauté psychanalytique en France avec lesquels elle entretient des liens de travail importants et réguliers.

Nous demandons que tout soit fait en vue de sa libération immédiate. » communiqué de l’AIHP

Pour signer les pétitions  et  contact: rafah.navarin@gmail.com

Madame, je pense à vous. Et à toutes celles et ceux qui souffrent, et meurent,  de l’imbécilité des dictatures, politiques et religieuses. De tous les pouvoirs qui ne tiennent qu’à leur pouvoir et leurs certitudes inébranlables.

Le corps meurtri d’une femme..

Quand une femme est victime de viol ou d’agression sexuelle elle peut réagir de bien des façons différentes. Je voudrais apporter ici quelques éclairages à propos de ce dont  j’ai pu quelques fois être le témoin dans mon cabinet, tant les commentaires ici et là, notamment en ce qui concerne Nafissatou Diallo et Tristane Banon, (et à cette occasion sans préjuger de la véracité de leur agression et sans gommer leurs différences), me semblent souvent inconvenants et ignorants. Les femmes dont j’ai témoignage sont souvent jeunes, soumises à la jouissance répétée d’un proche, père, frère, beau-père, père adoptif, mais aussi parfois, comme dit le droit, personne ayant autorité. D’autres ont eu à vivre ce traumatisme au cours de leur vie, dans une mauvaise rencontre. Bien sûr ce n’est pas tout à fait la même problématique, mais nous abordons ici la question de l’éprouvé et du dommage subi. Comment face au réel traumatique, se tenir debout. Continuer la lecture de Le corps meurtri d’une femme..

Cette jeunesse, notre symptôme


Le débat autour de la violence des jeunes est toujours d’actualité. Les violences sont une mise en tension hélas souvent  spectaculaire de ce qui pourtant mérite plus de sérieux.

Il ne semble pas par exemple qu’aborder la  prévention de la délinquance sur un versant strictement sécuritaire et répressif soit à même hélas d’éclairer la question, sinon de la régler.  Les analyses et les solutions du côté des questions économiques et éducatives ne suffisent pas non plus devant des actes graves. Les solutions et explications politiques elles non plus ne me semblent pas suffisantes.Certes, elles ont toute leurs importance. Cependant, même si l’on peut savoir gré à tous les politiques qui essaient bien sincèrement de trouver des issues, il me semble que l’on ne trouve plus, chez aucun, trace d’une analyse de ce malaise qui prenne appui sur un savoir éclairé par nos pratiques de cliniciens et de psychanalystes Continuer la lecture de Cette jeunesse, notre symptôme

Violence, Jouissance, Adolescence

On rêverait que les politiques et notamment « à gauche » veuillent bien enfin s’intéresser à ce que nous appelons la causalité psychique, conception sans laquelle tout débat concernant la violence adolescence ne trouvera guère d’issue. A toutes fins utiles:

*Quand les mots manquent / ETRE LÀ  (Essais de construction) / *Le jeu de Loi

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