le blog d'Evah5

l'air du temps qui passe


« Cette belle idée du courage », c’est aussi la sienne, et aussi la vérité, l’audace, l’invention, et la liberté de la parole et de l’action.


Ségolène Royal par franceinter

 


Ségolène Royal – 8h40 par franceinter

Et aussi Le Monde :

« une restructuration du ministère de l’économie et des finances est nécessaire. »

« ..chantier démocratique. mutation écologique. économie sociale et solidaire.. »

« .. insuffler  de la confiance. monter en puissance. exprimer une stratégie globale, et des priorités. donner des perspectives.. »

« Regardons l’avenir et réussissons les cent premiers jours de la deuxième année ! » etc…

 

 

© evah5


 La loi autorisant le « mariage pour tous » a été votée à l’Assemblée Nationale. Enfin ! A quel prix ! Que de dégâts, de remous ! Non pas qu’elle ne soit pas légitime, mais ce que tout cela a déclenché, a révélé, dans notre beau pays mérite que l’on s’y arrête. Mais après tout, cela aura fait réveil et rappelé la réalité d’un certain  « fonds » français.

F. Hollande voulait une société apaisée, c’est mal parti. N’a-t-il pas suffisamment tenu compte de l’état avancé de détérioration éthique, culturelle, et identitaire de la société française, de son vieux fonds catholique intégriste (chants religieux des jeunes aux Invalides qui répètent en boucle « nous sommes LA Jeunesse de France » + violence extrémiste + députés de droite évoquant sans fléchir le « pays réel » maurassien,   le « Peuple »). Voilà ce qui se révèle : un discours intégriste, excluant, exclusif, surfant sur le déni de  démocratie, la négation du vote, l’irrespect de l’AN-sanctuaire (certains députés de droite sont dedans, dehors, attisent tout en condamnant). Le poison, la haine, entretenus par l’ambiguïté, le double discours de la droite qui surfe et s’alimente des profondeurs racistes et nationalistes (comme un continuum enfin avoué au grand jour de la campagne de NS déjà). D’autant que cette « opposition » est déchaînée, menteuse, malhonnête, et manipulatrice. Et d’un archaïsme. Pourtant, à les regarder, on voit vite le ridicule et l’anachronisme de  leur mouvement par rapport à l’état du monde et la souffrance mondiale. Mais cela ne semble guère les préoccuper. Ce qu’il faut sauver c’est La France Toute, Une, la Fille aînée de l’Eglise, Radicale et Eternelle, dans son Evangélisme, et donc son union avec tout Nationalisme. Là tout ce qui n’est pas elle, ce qui est autre, n’existe pas, n’a pas voix au chapître, c’est le cas de le dire. M.Mariton le dernier soir à l’AN : « Si la France se mariait avec elle-même, /Si un jour elle se disait enfin je t’aime, / Elle inventerait la ronde qui épouserait le monde,/ Si la France s’embrassait un jour qui sait. » Il faut lire ce discours c’est un régal.  Non M. Mariton, la France ne s’embrasse pas elle-même, ne s’aime pas elle-même, elle a besoin de l’Autre, d’un autre pour cela. (« Une bouche ne s’embrasse pas toute seule » SF).

Je ne veux pas leur faire de pub mais il faut lire aussi ça pour bien comprendre la stratégie discursive en action : B. Bourges « Une révolte d’avant-garde » : « le Printemps français revendique un héritage pluriel : le franc-parler des prophètes juifs, la sagesse gréco-romaine, la fraternité évangélique, la liberté des Lumières, les luttes populaires pour la justice sociale » eh oui ! Vous avez bien lu, rien que ça! (elle invoque « le cri des masses, les sans-voix, tiers-Etat « ).

Et puis sans doute n’a-t-on pas tenu assez compte qu’une partie de la jeunesse française voulait elle aussi son « 68 » depuis si longtemps ! Cela est intéressant à noter. Son explosion, sa révolte. Quand on les regarde, ces jeunes qui n’ont pas tous l’air d’être des fachos, on voit bien qu’ils font cela pour certains sans conviction, me semble-t-il, juste ils prennent les insignes de la révolte/ à l’envers/ « une carapace » me dit un jeune patient qui souffre tant de l’oppression catholique familiale, comme d’autres qui n’osent s’affranchir des choix parentaux, ne sachant encore décider de leur propre orientation. Les dégâts psychiques peuvent être féroces. Retournement des pulsions d’un conflit interne non avouable. Croient-ils vraiment ce qu’ils disent, ces jeunes là aux Invalides, certains en tout cas ? N’est-ce pas pour certains d’entre eux un habillage, n’est-ce pas surtout contre leurs propres oppressions qu’ils s’agitent et crient ? Je ne peux concevoir une telle haine froide. (Je ne parle pas là des  groupes  organisés, toute cette nébuleuse identitaire catholique intégriste : GUD, Bloc Identitaire, Civitas, Alliance Vita, Action Française .. et aussi Opus Dei Fondation Lejeune etc..ici sur Mediapart).

Ils chantent des chants religieux et ils scandent des slogans, dont la forme est copiée, imitée, de ceux des manifs de gauche ; inversion étrange, un peu puérile et envieuse. Ont-ils conscience d’être à l’image d’autres intégristes d’autres religions qu’ils désirent pourtant éjecter ? La France blanche, cette jeunesse blanche formatée, n’a-t-elle aucun jeune homo, aucune jeune lesbienne dans ses rangs? Cela peut créer de sérieuses difficultés pour les jeunes homos dans des familles de droite traditionnelles, voire des  conflits destructeurs. Pour eux c’est parfois difficile d’exister. Merci à Ch. Taubira d’avoir pensé à eux :   « Je veux dire aux adolescent(e)s qu’ils sont à leur place dans la société.. chacun d’entre nous est singulier. » Je ne sais à quelles études ils se préparent, mais leurs réflexions et compréhensions des choses, et leurs analyses me semblent assez futiles et incomplètes. Cela révèle, et c’est assez effrayant, la formation que reçoivent ces jeunes  dans leurs familles et leurs écoles privées. (Je précise : loin de moi l’idée de penser qu’ils sont tous ainsi et que les familles de Gôche, ou d’autres familles d’ailleurs, ni de Droite, ni de Gauche, échapperaient, pour une partie d’entre elles, à l’ignorance, l’étroitesse d’esprit, voire la coercition et l’oppression de leur progéniture.) 

On croit que parce que la Gauche arrive au pouvoir, avec ses mythes révolutionnaires et ses bonnes résolutions en étendard, ça n’existerait plus, ça aurait disparu, mais c’est actif, vivant, parce que c’est en nous dans notre société, notre histoire commune, et aussi en nous-mêmes, chacun par chacun. Sauf que là, on va au-delà ; l’hubris grecque, elle,  fait couler le sang, rend ivre et fou au théâtre, elle fait le récit de ça, des passions divines et humaines, de la mésentente des dieux et des hommes et de la vengeance terrible des dieux. Mais là, ce Fonds de (F)Rance (et d’Europe, la belle Europe enlevée par Zeus), ressurgit comme une boue poisseuse. L’ère des media, leur rapacité monstrueuse, n’arrange rien. Manipuler les images, envoyer les infos triées sur le volet en boucle, faire la propagande (la campagne NS 2017 est déjà à l’œuvre : conférences, contacts avec les « puissants » partout, s’exprimer partout avec  la complicité des media, et même ..rencontre avec Barjot !). Double discours permanent de la Droite Républicaine. N’a-t-on pas suffisamment  tenu compte des forces souterraines de la droite extrême,  soutenue clandestinement par la droite, qui surfe pour préparer son retour (j’en veux pour preuve les sondages récurrents favorables à NS,  BFM TV et ses discours de propagande et de mise en scène)? Vichy ne s’est pas envolé. 2002 ne s’est pas envolé. La campagne haineuse de Sarko-Buisson non plus. La trouvaille néfaste du débat sur l’identité nationale et sa double paternité Guaino-Buisson  non plus.

Nous sommes dans l’ère du faux, du mentir absous, voire légitimé. (Au fond Cahuzac dans sa grande perversité mensongère n’avait pas tort d’essayer de nous berner avec sa part d’ombre, ça pouvait être gagnant.) La démocratie est bien fragilisée, et cela peut faire naître une nouvelle forme de dictature. Saurons-nous nous en protéger ?

Un boulevard pour cette droite dure. « CRS collabo-socialisme fasciste etc »… La tactique récurrente est de retourner la sémantique généralement de gauche, le comportement, le discours, en miroir, à l’envers. En cela, ils ne sont guère inventifs, c’est inquiétant ou bien qu’importe le contenu l’important étant de créer le désordre. Inquiétant aussi ce contre quoi ils se battent et leurs propos nauséabonds : « Taubira tête de rat – on est chez nous –nous sommes la jeunesse de France. » Et puis cette nécessité de  s’approprier le peuple (hélas d’autres ailleurs usent des mêmes stratagèmes). Inquiétant, l’irrespect des institutions républicaines.

Cela émerge dans une France post NS, lui-même élu à la suite de Chirac, qui loin d’être un ange, avait semé ségrégation et affaires, (et racisme parfois), cela qui a d’ailleurs permis à NS de surfer sur cette idée du chacun contre chacun. Souvenons-nous : « Ceux que l’on laissera sur le côté du chemin, la France tu l’aimes ou tu la quittes, les travailleurs et les autres, etc.. » Tout cela comme promesse de marcher sur l’autre, le « en-dessous », au fond, promesse à laquelle ont cru tant de petites gens, d’ouvriers… Aujourd’hui la radicalisation de la droite  fait apparaître combien cette partition française (aux deux sens du terme) est forte et vivace et  radicale. Et ancienne. Mais la gauche a-t-elle suffisamment gardé intact et pur son rêve d’égalité, dans ce maelström ? « La Justice Sociale » est-elle au rendez-vous ?

F.Hollande et les autres, son équipe dskiste-libérale notamment, celle du Budget, était-elle prête pour une politique de gauche, M. Cahuzac en tête? A propos du MPT, laisser entendre une clause de conscience possible pour les maires, laisser supposer ses réticences à la PMA, au mariage, traîner encore et toujours, faire des compromis, n’en paie-t-on pas le prix? « La Gauche devrait dire c’est génial ce qu’on fait. » dit Irène Théry. Cette politique, dont on ne voit pas pour l’instant les effets égalitaires, n’a-t-elle pas contribué à laisser se développer cette  mécanique destructrice qui libère les positions les plus rétrogrades, les plus réactionnaires. ? Je sais l’impuissance face aux marchés, aux idéologies, aux media, et leur déferlement tout puissant anti Hollande. Mais sans conviction, pas de message clair et déterminé. Pour toute  question d’ailleurs. Difficile d’apaiser tout cela. Cela qui remonte à la surface. D’autant que les résultats socio-économiques sont en berne. Rien n’a été suffisamment annoncé clairement de l’état du pays en mai dernier hélas. Je l’ai déjà dit les réformes sont des réformettes sans courage, sans audace : à propos du CICE par exemple qui est plutôt « une usine à Gaz » (Piketty) permettant tous les détournements et les effets d’aubaine; de même Th. Piketty  explique de façon convaincante le « manque de courage et de conviction ». Il aurait fallu frapper un grand coup d’entrée de jeu. Mais encore fallait-il être prêt. ici L. Bouvet 

«On peut critiquer mes décisions, penser que je fais fausse route, dire que je n’ai pas pris le bon cap mais s’il y a une chose dont je suis sûr c’est que depuis un an, j’ai fait des choix majeurs pour la France », plaide aussi le Président de la République citant le pacte « de compétitivité, la réforme du marché du travail, le sérieux budgétaire ». « En dix mois bien davantage qu’en dix ans ! », dit-il

Des « choix majeurs » ? Lesquels ? Dominique Sopo (Libé 22 avril membre du CN PS) remarque à juste titre  « l’évolution du registre lexical » entre les « mots du socialisme » et les « mots du pouvoir » ; il y a de « lourdes inflexions politiques » concernant par exemple : égalité-étrangers-antiracisme-réforme fiscale etc.. Alors, des choix majeurs, si le Président le dit.. Je ne demande très sincèrement qu’à le croire. Mais je suis pourtant désolée de ne pas les voir, ni même vraiment les apercevoir, ni idéologiques, ni « techniques », au fond, l’un des plus radicaux, sur lequel il n’a pas cédé, ironie, est bien ce MPT (mais attention, hein, pas de PMA, pas de GPA, la France à la pointe éclaireur out.. laissons le commerce proliférer, laissons les lesbiennes prendre le train, ou l’avion, laissons les choses comme elles sont, fermons les yeux et les oreilles comme le singe.. déni). (cf. mon billet infra Unions Conceptions)

« En fait, c’est toujours vers le président que les Français se tournent. C’est au président qu’ils demandent des comptes et c’est légitime ». « Je mesure ce que je dois faire dans ce moment particulier pour le pays. Rester maître de moi, en étant sûr de ce que je pense » dit aussi le Président. (ibid.)

Pourtant il me semble qu’il y a plutôt « défaillance » « défi(ll)ance » du transfert au pouvoir, de la fides dans les Hommes vertueux (la ferveur hélas tant méprisée  de SégolèneRoyal est absente, ne reste que son retournement en haine et rejet déjà là depuis longtemps) : « tous pourris » de droite et de gauche, adhésion au « qu’ils s’en aillent tous » d’un JLM.. méfiance, défiance. C’est pourquoi sont nécessaires des règles institutionnelles de «morale publique » et non d’ordre moral versus morale privée. (Le Monde 21_22 avril S. Wahnich.) On ne veut pas de maître, et dans le même temps on remarque une certaine appétence pour un régime fort, un maître suprême, si j’ose, « ni dieu ni maître »/ juste Dieu. Il y a une mise à mal des institutions. De même la reprise de la sémantique à la fois maurassienne et des codes révolutionnaires de mai 68 etc..Tout est tourneboulé, ne plus croire à rien, à la parole et à l’action politique, normalisation de  MLP, révoltes infantiles et ado pour d’autres, instrumentalisation de tout ce mal-être généralisé pour d’autres, mouvements structurés, idéologie vivace et efficace. Néocons alors? Tea party? L’ordre religieux supplante l’ordre politique (déjà NS préférait le curé à l’instit) et ce d’autant plus que la Gauche est considérée comme non légitime au pouvoir. JY Camus : « La (leur) volonté d’agir dans le domaine proprement politique est directement liée à une morale, à des principes transcendants qui découlent de l’ordre naturel que le catholicisme considère comme l’objectif de la vie en société et pour la restauration duquel les croyants doivent agir ». (A cet égard rien à envier aux autres intégrismes et à la suprématie de la charria). Eric Fassin parle de « perversion homophobe de la démocratie » : « la nature biologique devient le refuge de la transcendance contre le mariage pour tous ».

Plus de père mais Dieu? Et une autorité de l’Etat qui se délite. Qui croire ? Comment croire ? Pas la science, pas le progrès, mais notre tradition, notre Totalité. Recrudescence de la foi, tradition immuable, loi divine contre loi républicaine, leur charia,  « l’inversion réthorique de la démocratie » (E. Fassin). Tel est le message.

La République n’a pas besoin d’un sage, elle a besoin d’un capitaine costaud et déterminé, sans faux-fuyants. Même s’il faut virer de bord assez souvent par les temps qui courent. Peut-être est-il ainsi notre Président, mais sur quoi est-il déterminé, puisqu’à chaque fois, droit dans les yeux, il nous dit que ça va le faire, et ça le fait pas. Que de risques pris à promettre ainsi! « Rester maître de moi en étant sûr de ce que je pense», mais cette assurance doit être vérifiée et vérifiable, s’accommoder des autres, consulter (Eva Joly, T. Piketty, et d’autres, j’insiste, plutôt que les technocrates des cabinets ministériels qui d’ailleurs pour la plupart sont là depuis le précédent pouvoir, ceux pourtant qui écrivent ces lois si mal ficelées), ne pas faire confiance aveugle à ses «amis ». (tout de même, au sujet de Cahuzac, je n’arrive pas à concevoir comment ils ont pu être tous dans un tel aveuglement, alors qu’il suffisait de lire Mediapart -Plenel dit qu’il a alerté les conseillers de FH- ce soutien sans faille là j’ai du mal). Désamorcer les conflits d’intérêt et autres connivences qui sont un ravage pour la République. Être sur le pont

F. Hollande veut faire son FMitterrand, florentin, intrigueur, mais il n’est pas cela. Il ne renvoie quand même beaucoup de flou, de l’indécis, du cabotage, des réformes pas complètement engagées, depuis le début pour créer la dynamique. Son attirance  à faire se confronter les contraires (pour être la synthèse ?), ça rate, c’est même un  jeu dangereux. Où est-il, sous quelle influence ? Est-ce pour la plus grande part une « alternance sans alternative » ? (E. Fassin). Ne faudrait-il pas faire appel autant à Martine Aubry qu’à Ségolène Royal, deux femmes certes bien différentes mais déterminées et plutôt efficaces? L’une d’elle, Ségolène Royal, oeuvrant courageusement et avec lucidité à la Vice-Présidence de la BPI, contre vents et marées, donne le cap et le sens de ce que doit être cette Banque au statut singulier : » elle n’est pas là pour faire du business ni des profits sur le dos des chefs d’entreprise », « Les mots Publique et Investissement sont plus importants que le mot banque ».. Donnons-lui (leur) un poste-clé, mais peut-être ça dérangerait, c’est mieux de convoler avec Bayrou ou Raffarin…Ce Bayrou qui a fait rater le coche à la France en 2007…

L’heure est grave, les noirceurs profondes se lèvent, trop…S’il n’y a ni Dieu ni maître, il ne doit pas y avoir un Président sans Autre(s).

P-S

Rien ici n’est à entendre comme l’intention d’interdire une pensée différente, refuser la pluralité des points de vue et des opinions, ou ne pas respecter la foi. Ni non plus ne pas être consciente de ce que toutes les questions de sexualité, de genres, de filiation, de morale, sont dérangeantes, perturbantes et souvent causes d’anxiété surtout dans ces temps sombres. Ce qui n’est en revanche guère acceptable, c’est à la fois l’amalgame la désinformation (ou non-information) la manipulation des idées et des discours, et l’inversion rhétorique constante comme stratégie par l’absurde. Sans tenir compte de la dangerosité de la chose. Sortir des clous républicains dans cette ère du fake et du tou-se-vaut et du tous-pourris ne pourra que semer les graines  d’un désordre bien plus grand et bien plus grave que le tsunami annoncé par Guaino jour après jour à l’AN (mais pour lequel il a finalement donné sa voie, après avoir tant donné de la voix contre, n’est-ce pas ?). Comme l’on sait qu’il est toujours plus facile de déclencher la violence et la Jouissance mortifère que d’apaiser les passions, on n’a aucun doute sur les intentions claires et lucides des mouvements Printemps Français et autres (et internationaux) pour mettre à bas les forces de progrès. Dans un rêve d’Evangélisation qui ne semble guère porter la parole christique dans sa grande générosité. Tout au contraire.

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« La Politique : à la fois rester fidèles  et  inventer ».  Face au capitalisme financier « j’espère que le gouvernement ne reculera pas ». Interdiction des licenciements boursiers. Prendre des initiatives parlementaires fortes.  Réforme bancaire. BPI…


Ségolène Royal, intervention à l’AG de Désirs d… par segolene-royal


Jean Louis Bianco, intervention à l’AG de DA par segolene-royal

« La conviction que la Gauche et la France ont besoin de Ségolène Royal ». « La voix de Ségolène Royal est une voix qui porte dans le monde ».

« Nous serons à tes côtés.. »

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C’est J-P Mignard qui exhorte ainsi le gouvernement et sans doute aussi le Président à faire une vraie réforme judiciaire (Médiapart). « Promesse de modifier la loi statut des parquets..Allez! courage ! » Cela ne vaut-il pas pour beaucoup  des actions gouvernementales?

Au moment où j’écris, le « retoquage » par le Conseil Constitutionnel de la taxation exceptionnelle à 75%  fait beaucoup causer. Trop sans doute par rapport à la mesure elle-même, équivoque, maladroite et surtout assez inefficace. Certes, elle apparaît presque comme un acte manqué, un désir inavoué que ça ne puisse se faire; même si le Premier ministre annonce d’ores et déjà une nouvelle disposition en 2013.Incompétence disent certains, une « improvisation fiscale consternante » selon Piketty (Libé 31 décembre). C’est bien l’impression que tout cela donne.

Ce gouvernement, constitué pour mettre en oeuvre un projet de justice et de lutte contre la financiarisation, ne cesse de pratiquer la reculade. Les  promesses ne sont pas tenues. Certes, certaines propositions sont formellement réalisées mais beaucoup sont vidées de leur sens, non efficaces, parce que toujours marquées d’un consensus inopérant. La société française a besoin d’actes forts, ce qui ne veut pas dire forcément extrèmes. Est-ce « frileux » comme on le dit? Sont-ce des petits pas  ou bien une idéologie sous « influences »? Plaire à tous, faire des compromis, y perdre des plumes, satisfaire quelques-uns?

D. Cohn-Bendit pense (29 déc Libé) que la France est  dirigée par 60 énarques, qu’il faut redonner son rôle  à  l’Assemblée Nationale. Pour plusieurs des mesures prises, « qui a eu son mot à dire? » se demande-t-il à juste titre. Le 5 décembre Libé titre à propos du Président : « 4 nuances de rose ». Est-ce encore vraiment rose?
Le CICE est un trou d’air, une  » usine à gaz » dit Piketty, encore. Des  députés demandent en vain un minimum de conditionnalité sans laquelle toutes les combines et tous les détournements sont possibles. Est-ce trop?
La réforme fiscale, franchement, est a minima. « Les réformes fiscales n’ont corrigé les inégalités fiscales que de manière infime » ici aussi. C’était prévisible. Prévisible dès la campagne, dans le choix et l’orientation idéologique. « Qu’en 2013, la gauche renonce aux rustines symboliques pour enfin mettre en œuvre une grande réforme fiscale redistributive. En cette année sans élection, c’est le moment ou jamais » dit Sylvain Bourmeau.
Mittal. Montebourg encore une fois renvoyé dans ses cordes. Déjà le désaccord à Bercy par rapport à la  BPI; ah oui, la BPI qui chavire, tant les conseils privés de Lazard semblent mettre des bâtons dans les roues au pouvoir des Régions, un projet « frileux » dit JJ Queyranne. Montebourg, pas critiquable d’avoir voulu essayer  (cf Heuliez/SRoyal). Mais la vision juste et efficace, d’avenir, n’est -elle pas de s’interroger sur la viabilité  de la  sidérurgie, et plutôt de favoriser l’industrie « verte »?   »Favoriser l’éclosion d’entreprises nouvelles, en particulier écologiques » ici et ici. Il faut pour cela du courage politique.  DCB Libé 29 déc. : « On ne protège pas les salariés en maintenant des sites qui n’ont pas d’avenir ».
Réforme bancaire et ici. Un pocco ma non troppo. moins que USA; que GB. Laissons  les banques s’arranger de leurs fonds spéculatifs. Je ne veux pas que mon argent, celui de mon travail, serve à la spéculation…Mais pas de class-action en France! « Privilégier le consensus bancaire sauvera-t-il seulement le compromis social et démocratique? » interroge Cynthia Fleury (Libé jeudi 27 déc.) rappelant les fortes paroles de Roosevelt en 1936 « lutter contre monopole industriel et financier, spéculation, banque véreuse.. » loin  de la position de P. Moscovici « Partout je privilégierai le consensus »..

Ont-ils un tant soit peu notion de la logique des conséquences tous nos gouvernants? Voient-ils que beaucoup sont déçus, ou bien en colère, ou bien désabusés? Certes la société française est une société bloquée, à la fois généreuse parfois, mais aussi tellement réactionnaire, confite dans ses habitudes, clanique, belliqueuse, envieuse du voisin. Chacun se crispe souvent sur ses idéologies, ses certitudes; on voit bien la difficulté structurale à gouverner, à réformer, (pour exemple la tâche quasi impossible de « transformation » pourtant nécessaire de l’Education Nationale). Mais cependant on  note  une incohérence. Un arrangement permanent. Des compromis insupportables, là où il faudrait savoir trancher. JM Ayraut  était pourtant un homme appréciable et apprécié  à Nantes. Est-il empêché? Est-il trop contraint par une stratégie présidentielle sous influence? Vraiment je le crois. Ces calculs élyséens que l’on devine, qui sont sans doute aussi la marque personnelle subjective du Président ne valent rien de bon. Ils pourraient être dangereux, ne donnent pas le cap.

N’oublions pas les amitiés qui durent, Bauer, Valls, Fouchs. Allez ajoutons Moscovici et Cahuzac, et aussi le Directeur du Trésor qui est resté en place après Sarkozy. Cahuzac, je n’en parlerai pas, juste dire qu’on ne gagne rien à ne pas vouloir à toute force dire ou rétablir la vérité. On peut faire le mariage pour tous, (dieu que c’est difficile !), on peut s’occuper des femmes dans tous les registres, avec volontarisme,  et c’est tant mieux, (attention tout de même à ne pas vouloir légiférer sur le tout de la vie privée, de l’éducation, de la différence des sexes; des nécessités parfois de faire sa petite névrose infantile). On peut faire contrats d’avenir, (contrats aidés cependant, quid de l’apprentissage?),de génération, vouloir avec obstination légitime bouger la chose médicale, etc..c’est tant mieux. Mais l’ossature, l’axe, quels sont-il? Les cordons de la Bourse, les Finances…DSKiste, libéral,teinté de  policier? Qui commande?

Le Président veut-il jouer son florentin, lui qui s’est si spectaculairement identifié à F. Mitterrand? Jouer les uns contre les autres, lui qui veut « rassembler »? Certes la différence de points de vue est souvent une bonne chose, mais encore faut-il savoir en user avec talent. F. Hollande ne semble pas à la hauteur de l’art de F.Mitterrand. Trop identifié sans doute… »Faites comme moi, ne m’imitez pas » disait Lacan..L’époque est différente. La crise est là, mondiale. « Crise du capitalisme dérégulé et de l’effondrement organisé des ressources publiques » (Cynthia Fleury voir supra). Cette « crise » qui à force de durer n’a plus grand chose d’une crise, qui est dans sa définition même moment du choix, du changement certes, mais au sens de la décision, de l’Acte. Pas grand chose à voir avec le compromis à outrance, qui ne donne pas l’impression à nombre d’entre nous que l’on prend le bon embranchement.

De F. Hollande (LCP) une phrase : « ça peut toujours se retourner » dans la vie. Signe d’une angoisse que ça rate, ou d’une angoisse que ça réussisse? Ou les deux? Alors ça peut être l’immobilité, un coup ici un coup là. Et les actes manqués bien sûr.

Le Président vient de présenter ses voeux à la nation. « Concilier » compétitivité/solidarité, performance/protection, réussite/partage; concilier/réconcilier. Encore une fois le Président est un Homme de réconciliation.. L’un et le tous en fait.  Cette construction dualiste aux bords de l’impossible, est-ce sa vision politique ou bien un artifice de communication? Y croire, le croire, croire à sa détermination. Cependant….

P-S Cette rumeur de « retour » de Ségolène Royal au gouvernement comment l’entendre? Un désir plus ou moins conscient de tous pour lui donner sa juste place? Venant de ses « proches » sans nul soute. Mais gare! Ne pas servir de caution pour tout ce qui ne va vraiment pas dans le bon sens. Ou alors   »chef  » de l’orientation. Ce qu’elle fait d’excellent dans sa Région ne pourrait être mis en oeuvre en étant ministre de quoi que ce soit, puisqu’elle devrait être solidaire de la politique gouvernementale (pour le meilleur et le pire). Je crains que sa vertueuse nécessité de servir, alliée à une légitime envie d’ »exister » davantage, ne la conduise à venir se « compromettre » (oui bien sûr le mot est fort j’en conviens) dans un gouvernement qui ne fait pas à mon sens pour l’heure ses « bonnes » preuves.

Tous mes voeux à toutes et tous pour un destin collectif apaisé, généreux, respectueux des libertés de chacun, plus juste dans son partage. Pour tout le reste, à chacun sa vie et son destin.

 

 

 

© evah5

« La politique ce n’est pas ma partie, je le rappelle tout au long de ces billets, des éléments plus techniques peuvent bien sûr m’échapper, mais je fais retour ici sur ce que j’en entends au rythme du temps et des échos assourdissants de l’univers médiatique, mais aussi des analyses plus poussées dans tous les domaines, hélas trop rares. « L’inconscient c’est le Réel » (J. Lacan). Je suis moi-même aux prises et au service chaque jour de ce qui parle et fait symptôme, de ce Réel, là où ça rate. Et cela est politique.

« Cela fait déjà pas mal de temps  que je voulais en dire quelque chose de cette « arrivée » de la Gauche au pouvoir, (beaucoup de places de pouvoir, très lourde responsabilité). Ne trouvant ni le temps ni l’envie, parce que ne voulant pas  donner prise à ce « hurler-avec-les loups » médiatique, ni participer à cette curée aveugle (ou intentionnel?), ne voulant pas donner l’impression que je participe à l’abattage déchaîné et systématique, comme toute une part des media, signe s’il en était besoin que la presse est bien aux mains des libéraux, et aussi que le « dire tous pareils » de nombre de journalistes, leur slogans en boucle, leurs exégèses parfois « délirantes »  fonctionne à plein. « les moutons.. » Marianne. Mais ce dont on est  là les témoins, je l’ai bien souvent dénoncé  et depuis longtemps! Avec S. Royal  (2007, Primaires PS), on a déjà depuis longtemps l’entraînement au bashing (les « camarades » ne le dénonçaient guère alors!).

Sans doute suis-je baignée de ce sentiment sourd et confus de ne rien pouvoir attraper, épingler, qui ferait signe, oui, on ne peut le nier, d’un « cap« . Une « marche en crabe » dit  Domenach dans Marianne. Oui, bien vu. Ou bien, j’apprécie cet autre point de vue : « L’art de M. Hollande est à son comble dans cette retenue, ce retrait…Il triomphe à se dérober dans un invincible incognito. On ne saurait être plus habile. Mais qui prendrait comme phare dans la tempête une étoile filante qui clignote sur le bord de sa disparition. ». François Hollande, avion furtif, par Jacques-Alain Miller

« Loin de moi l’envie de critiquer aveuglément ce gouvernement et ce Président avant qu’ils n’aient eu le temps de faire leurs preuves. Ils ont bien sûr mon soutien de coeur et de raison. J’ai élu F. Hollande sans état d’âme, tant j’étais déjà consciente d’une position politique et éthique peu tranchée. Je n’ai cependant aucune sympathie pour la stratégie de  JL Mélenchon qui, même si les arguments sont souvent fondés, entretient un climat permanent de catastrophisme, d’agressivité, et de critique souvent injurieuse à l’égard du pouvoir, tant il vise à le déstabiliser pour s’en emparer (il a eu pour cela une longue formation militante).

« Un désir peu décidé, dis-je. Bien sûr, on a quitté un état de « terreur » et de démolition quasi permanent, style du sarkozysme. Bien sûr il faut reconstruire autre chose, autrement. Bien sûr ce n’est pas le même style et le même projet politique, et c’est tant mieux.  Cependant, d’ores et déjà des signes me paraissent préoccupants. Je vais essayer de dire les choses au plus juste. Le bon, le mauvais. Ce qui permet d’espérer, ce qui inquiète. La détermination de FH n’est pas à mettre en doute mais l’orientation reste confuse, divisée, on sent bien qu’il existe des divergences idéologiques majeures, comme elles existent d’ailleurs au PS, là où elles sont rarement tranchées.  La démonstration de FH au débat des primaires avait déjà laissé poindre cela : d’accord sur tout,  n’étant clair au fond que sur les contrats de génération..Le Président doit pourtant envoyer des messages clairs de sa politique. Clairs et engagés à gauche : budget, finance, banques notamment. Où  retrouve-t-on le discours du Bourget? ! Le sens annoncé était celui de plus de justice, sociale, fiscale.. d’un combat contre la finance. Mais déjà il y a des compromissions et des reculades injustes. Je rappelle aussi la promesse du non-cumul; c’est indéfendable M. Rebsamen, sinon pour garder vos pouvoirs, (M. Rebsamen  qui aux dernières nouvelles presse le Président de « fixer le cap » est -il conscient de la « nocivité » de ses propres positions?); la réforme de l’Etat, (lutte anti-corruption, conflits d’intérêts, marchés publics, cumuls de fonctions etc..); et toute mesure énergique qui enverrait aux français un signal de justice, d’ »ordre juste ».

« Dès la composition du gouvernement, il était aisé de s’apercevoir de divergences et de conflits interministériels à venir. (et tout de même ce sont les hommes qui tiennent la bourse!). Mon intuition semble confirmée par un article dans Le Monde du jeudi 1er novembre, notamment sur les divergences à Bercy, et la place singulière et de poids du Directeur du Trésor, resté en poste après la défaite de N. Sarkozy.  Doit-on craindre que la belle annonce du Bourget  sur la Finance  au service de l’Economie ait été remaniée dans les ministères Budget, Economie/Finances, passant par le filtre idéologique d’une gauche au fond assez libérale.  Budget, Economie, Finances, le nerf de la guerre encore plus en ces temps troubles. Il y a, on le voit bien, des tensions idéologiques. Orientation libérale Moscovici-Cahuzac, versus orientation franchement gauche  version Montebourg par exemple? Mais celui-ci diverge sur le nucléaire avec Batho (bon courage!) :   »La France doit prendre le tournant de l’économie verte » dit-elle, oh que oui! Quant au Président PS de la Commission du développement durable de l’AN  voilà ce qu’il en pense : « Aujourd’hui personne au gouvernement, (à part D. Batho) ne parle de transition écologique, d’excellence environnementale, de nouveau modèle développement ». Il semble, selon les mêmes sources (Le Monde  31 octobre) que ce ne soit pas la préoccupation du ministre du budget. Laurence Rossignol, secrétaire nationale du PS chargée de l’environnement pense, elle, qu’ »il va falloir organiser une formation à l’écologie pour les ministres »! Tout est à l’avenant. Mais où a-t-on vu que le Président (et bien d’autres) était éveillé à l’écologie sinon pour s’en servir comme argument politique? (Notre-Dame des Landes si mal engagé, si mal réglé, alors qu’on aurait pu prendre le temps de remettre les choses à plat comme le conseillait Ségolène Royal).

« Et puis, quid de ce conflit d’intérêt  dont on n’a peu parlé concernant la BPI?  Conseillée par  le Directeur d’une banque privée,  important patron de presse qui plus est?  Non, non! pas de mélange des genres! N’a -t-on pas suffisament critiqué les Dassault, Lagardère? Le mélange media/finances/politique? Conflit d’intérêt? Des banquiers d’affaires pour créer une banque chargée de permettre aux entreprises d’échapper aux banquiers?   »ça se fait » aurait dit Moscovici (cf. Canard). Alors si ça se fait pourquoi changer? Les bonnes vieilles pratiques ou un vrai changement de sens et de méthode? Il faut à ce sujet lire ces excellents billets : Ce que l’affaire Pigasse révèle sur le capitalisme. Vers la mort d’une belle idée, la BPI?  »ce petit monde oligarchique est toujours dans la place ». Sarkozy-Hollande, l’anormale continuité.

« Et puis quid de la réforme fiscale?  Quid des bons conseils et du travail sérieux de Th.Piketty (Mediapart) qui a chaque intervention fait des propositions pour une  réforme fiscale claire et courageuse : « Ce gouvernement ne semble pas comprendre que pour défendre le modèle  social français nous avons besoin de moderniser, par exemple en unifiant les régimes de retraite.  Un système fiscal le plus neutre possible, prélèvement à la source unifié dans ses assiettes », « absurdité fiscale : le régime dérogatoire pour certaines plus-values est une usine à gaz » (Le monde 19 oct.). Repris aussi pas R. Rancière Libé 30 oct. « Entre incompétence et incohérence ». Est-ce si compliqué? Ou bien faut-il encore et toujours être dans les atermoiements? J’ai consulté dans Le monde du 2 oct. les conséquences de la réforme fiscale pour les revenus de 2013 et la variation/IR. Si cela est exact, c’est d’une incohérence et d’une injustice assez remarquables : par ex., pour 1 part revenu 28000 5,9% de plus d’augmentation alors que revenus 60000 3,5%! ! Impots Le monde oct. 2012

« Quid de la séparation des activités bancaires qui devait être la première mesure prise? Réforme fiscale, réforme bancaire, séparation banque de dépôt? Un rapport de la CE, le rapport Likanen recommande de  séparer activités de dépôt et activités à risque (Libé 2 oct.). Bien sûr, quand on a vu l’excellent documentaire sur Goldman Sachs sur Arte on peut, sans être trop paranoïaque, se demander jusqu’à quel point les réseaux financiers  spéculateurs ne sont pas déjà dans la place politique pour tirer les ficelles. Mais cela, tout au contraire, devrait inciter à être plus audacieux (ou alors le politique est totalement impuissant, définitivement?).

« De M. Valls, que nous avions vu si engagé (tardivement) avec SR au congrès de Reims, on ne dira guère. La prise de position avec les Roms est tout simplement pour moi insupportable. Ce que Marcela Iacub appelle la « répression progressiste » (Libé 9 sept 12) ou bien E. Fassin « l’obsession sécuritaire » Le monde 26 sept.. Chr. Deltombe et Chr. Auger, Président  et DG d’Emmaüs, quand à eux, considèrent que c’est une honte  pour un pouvoir de gauche (Le Monde 15/08/12). Le reste suit. C’est tout de même très inquiétant que M. Valls ait une telle cote chez les Français en surfant sur les pires idées de ségrégation et de rejet. « Servir la France, pas se servir » dit SR. Au choix, en ce qui le concerne. Mon opinion est faite. Il vise plus haut. Cela apporte un certain éclairage sur ce « fameux » manque d’autorité du premier Ministre n’est-ce pas? Ce premier Ministre qui devrait bien asseoir  davantage son point de vue, et même s’il a envie que l’on rouvre le débat sur les 35heures. Et pourquoi pas? De l’audace. Et à sa décharge, le comportement individualiste de certains ministres qui jouent leur partie, sans aucune discipline collective. Toujours attirés par le gain de pouvoir. Si « on voulait » l’abattre on ne ferait pas mieux.

« Peut-être, inconsciemment ou pas, toute cette confusion est-elle un peu entretenue par le Président? Jeu dangereux. Par calcul, par « amitié »,  (Moscovici, Valls, les deux piliers de sa campagne, on était déjà averti tout de même!) mais aussi parce qu’il est ainsi, subjectivement. Souvenons-nous, l’homme de la « synthèse » quand il était Premier Secrétaire, ou bien, triste souvenir, son silence et son absence spectaculaires le soir du vote du Congrès de Reims. Ne pas trancher..« Nous en sommes à la troisième année de crise. La reprise va arriver, c’est une question de cycle. » Avant de se reprendre : « Il peut aussi y avoir un scénario noir, celui de la récession. Le rôle du chef de l’Etat c’est de préparer toutes les hypothèses. » Quand il dit cela qu’est-ce qu’il dit? Le Monde du 1er novembre laisse entendre que F. Hollande veut mettre en concurrence deux discours, deux  sensibilités. C’est sacrément risqué pour nous tous. Mais est-ce qu’il n’est pas ainsi au fond, à vouloir « faire la synthèse » sans cesse, et que du coup les choses ne bougent pas? Réunir, rassembler des opposés peut être une noble tâche, mais elle est souvent assez vaine. Elle peut  être opportune en diplomatie, pour l’Europe par exemple, bien sûr qu’il faut des compromis, mais pour l’orientation politique de la France ici, maintenant? Au fond le Président serait-il un grand « affectif » embrouillé dans ses sentiments, ne voulant déplaire ni à l’un, ni à l’autre? Ce qui rend encore plus spectaculaire les moments où il « tranche », comme par exemple son choix de la motion Delanoë au Congrès de Reims, contrevenant à son annonce de voter pour la motion arrivée en tête, c-à-d celle où était Royal. (ah! oui bien sûr on comprend mieux maintenant pourquoi et comment il s’est ainsi « dédit »). Se dédire, sans doute les français n’aiment pas cela. Nous le faisons tous, tous les jours, mais nous voulons aux manettes, quelqu’UN qui tienne parole. Les Français ont dit non au style et à la politique de NS. Qu’ont-ils demandé en « choisissant » FH? Qui peut le dire? (on ne peut nier qu’il fut alors fort « aidé » par media et sondages, ne pas l’oublier). Un  changement de style, une action plus juste, plus à « gauche ». Mais une élection se joue toujours sur une part imaginaire, fantasmée, et sans doute tient-elle aussi d’une demande à un « sauveur » (surtout par les temps qui courent). La demande est-elle celle d’un Homme fort? Toute demande contient une part d’impossible à satisfaire, nous le savons, et les politiques le savent. Elle doit en tout cas être entendue et être respectée. La parole donnée engage. La bonne autorité est la meilleure des vertus… (cf. A. Harendt)

D’ailleurs, par en-dessous, n’y a-t-il pas tout de même une ligne? Ce qui alerte, et peut-être ce qui éclaire sur ce qui nous apparaît peut-être à tort comme immobile, confus, ce sont  les choix des nominations ici et là. Elles indiquent tout de même une certaine orientation, pas toujours très à gauche, une communication marquée du sceau Euro RSCG. etc.. ici Mediapart, ici les réseaux DSK, et ici Marianne. Un élément de la réponse me semble-t-il? Choix décidé ou choix forcé?

Enfin, plus près de certaines de mes activités et expériences auprès de jeunes fragiles, je veux dire un mot de ce qui sans cesse n’est pas traité (cf. billets antérieurs sur la jeunesse) : les  contrats d’avenir c’est très bien, mais quid de mettre le paquet sur l’apprentissage, les contrats de qualifications, de professionnalisation, (qui sont de « vrais » emplois), alors qu’il est si difficile pour un jeune de trouver un employeur même pour un stage (s’il est noir de surcroît et peut-être sans famille à l’ASE, je ne vous dis pas.. de cela je peux témoigner, mais il s’agit là de la classe pauvre!)..N’oublions pas non plus le service civique crée par M. Hirsch qui débouche sur des vrais emplois. 

Quid de la pédopsychiatrie en lambeaux et des contrats d’aide ASE (« Plaidoyer en faveur d’une véritable politique d’aide aux Jeunes Majeurs ») pour les jeunes en situation difficile qui sont drastiquement diminués (notamment dans une grande ville de gauche) ? Quelle logique? Peut-être que ces personnes dans les cabinets n’ont pas une grande conscience de tout cela. Administrons, gérons! Il ne suffit pas non plus de faire encore et toujours des commissions contre la violence, il faut agir! Je n’aborderai même pas ici la question de la psychiatrie, des lois sarkozystes sur l’emprisonnement prédictif et autres torsions idéologiques graves, parce que de tout cela, pas un mot!/

/ Et puis.. les mots de Ségolène Royal:   »Il faut densifier l’impulsion politique » annonce-t-elle dans Le Monde du 20 octobre. Au Congrès du PS à Toulouse le 25 oct. elle parle clair. Florilège : » Un sursaut est impérieux. La sortie de crise est conditionnée par la réalisation de ce que nous avons promis.. Il faut  faire obéir les banques.. redéfinir notre objectif de civilisation. 3% est un objectif financier et comptable pas un objectif de civilisation.. La zone euro doit prendre une dimension politique.. Le système financier continue comme avant le système financier n’est pas rassasié.. Il faut engager la métamorphose de notre économie. BEI, croissance verte mutation écologique, nous avons la capacité de relever le défi… Créer une agence publique de notation… Faisons-le.. il est temps de passer aux actes.. interdire les ventes à terme.. Nous avions dit/ faisons le. La réforme bancaire doit être faite sans tarder.. Ayons le courage de lever les faux-obstacles. Accélérons.. nous avons besoin d’aller vite..  » Enfin, citant F. Mitterrand : »Les occasions gâchées débouchent vite sur des implosions ravageuses ». Elle dit cela si clair, si vrai, qui fait écho en moi, dans mon impatience et  ma déconvenue.

Aurait-elle pu faire mieux si elle avait été Présidente? Personne ne peut le dire. Se serait-elle entourée des mêmes personnes, des mêmes conseils, certains oui sans doute, pour d’autres…Le style n’est pas le même, la personnalité non plus. Je ne suis pas une adoratrice muette et aveugle, et j’ai bien sûr quelques points des désaccords, mais, je l’ai souvent dit, elle a pour moi réenrichi la politique. Elle s’adresse à l’autre (FH, JMA, PM, tous ces hommes un peu « lents » et  hésitants), elle interprète l’autre et la chose politique avec justesse et conviction et audace, bien sûr. A Toulouse, elle crée avec retenue un éveil, même si comme toujours on devine le TSSR (ah l’arrivée inélégante de M. Aubry juste à la fin de son discours, au moment des applaudissements!) « Aller Vite », ce n’est pas l’urgence, l’agitation sarkozyste, c’est le kaïros, le désir décidé, cela n’est pas « on attend, on attend, on verra, on fait des commissions », non! On dit, on fait. Et l’important, c’est que cela n’est pas théorique, idéologique, puisqu’elle prouve chaque jour par son action dans sa Région, que  quelque chose est possible. Cela peut être perçu comme un peu « outrancier », »autoritaire », « trop », mais SR est vraiment dans l’acte, comme nous le nommons en psychanalyse, le temps de l’Acte.. et puis tout de même elle fait sa « passe » sans cesse, sans cesse chutant, « chutée » (?), sans cesse debout, droite dans son désir. Audacieuse, efficace et clairvoyante, cela qui, sans doute, pour l’état collectif fort déprimé de la nation, n’est pas forcément un avantage, et c’est bien regrettable. (voir plus haut la demande d’un « Homme fort » incompatible avec  le fantasme d’une « belle femme » qui tiendrait le manche..). cf. Billets précédents.

« Tout se tient » dit S. Royal Avec elle, tout cela n’est pas une posture. Qu’elle garde son ton singulier, son allure singulière, sa démarche, sa liberté. Qu’elle ne fasse pas trop le bon petit soldat à défendre de l’indéfendable. Son acte et sa vérité. Tout se tient, oui le nouage, elle le trouve, le bon nouage : pme/ croissance verte/ investissement recherche/ jeunes  apprentissage apprendre..

« TouT se tient ». Et bien là ça ne se tient pas.  Il faut des actes, la politique par la preuve. De l’audace, de l’invention. Voilà. La politique par la preuve, dans le bon sens, avec du sens pour l’avenir. Sans tergiversations, sans reculades, sans tactiques politiciennes. Et avec les entreprises. « Tout se tient » Oui, là, c’est mis en actes. Je suis fière de lui rester fidèle. Sans aucune idéalisation.

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S. Royal Dakar 2009

S. Royal Dakar 2009


Discours de Dakar par segolene-royal

Ségolène Royal a prononcé un discours, le 6 avril 2009 à Dakar, Sénégal. Ségolène Royal est Présidente de l’Association Internationale des Régions Francophones.

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Serais-je désenchantée, déjà? Encore aurait-il fallu être enchantée. J’ai joué le jeu, fidèlement, je le reconnais, surtout par conviction « derrière » S. Royal, me situant depuis toujours à gauche. J’attends, j’écoute, j’observe. L’investiture m’a semblé pas trop mal.Les 60 propositions me conviennent bien, on y retrouve des visions de Royal. J’ai bien conscience que la politique est toujours un combat un peu compliqué face au  réel (et souvent perdu d’avance), nous savons bien cela en psychanalyse, combien nouer les registres, forger les compromis, est un art difficile. « Gouverner, éduquer, soigner », tâches impossibles disait S. Freud. Donc indulgence, respect. Ne pas hurler avec les critiques permanents de tout, les « y’a qu’à », prendre la mesure du Réel et de cette tâche si ardue au sommet de l’Etat Français, et dans les ministères où beaucoup de personnes s’engagent avec conviction.

Et puis, pourtant, jour après jour quelques « déconvenues » : Nicole Bricq, le mystère du ministère de l’écologie, comprendre; les déclarations de Cahuzac, Moscovici (ça on n’espérait pas trop de surprises), la contribution Aubry-Ayrault, comprendre. Et puis le non-cumul qui semble partir dans l’arrière-cour. Ah ça! La culture socialiste du pouvoir! Et puis, chère Najat, cette déclaration très volontariste  sur la prostitution à éradiquer, un peu à la grosse, là où il faut bien sûr considérer la question dans toute sa complexité. Et puis Montebourg et le gaz de schiste…Bref! C’est bien le moins qu’en simple citoyenne je n’ai pas trop envie de manger mon chapeau. Même si, j’insiste, j’ai grand respect pour  ces élus et ces ministres de la République, je suis bien attentive au respect des engagements pris.

Et puis vient le 14 juillet, l’interview du Président, beaucoup de temps sur PSA, bien sûr la gravité de l’évènement le mérite, et vaut d’affirmer avec force l’intervention de l’Etat, mais cependant des chiffres sans trop de vision, quelques formules parfois à résonance ségoléniste, « l’effort juste », mais sans l’âme. Je tends l’oreille, espérant entendre croissance verte, écologie, comme perspectives d’avenir, voiture électrique, comme relance de l’industrie, mais non je n’aurai que « innovation » (ah les mots imprononçables! parce que trop identifiables?). N’aurait-on pas dû en entendre davantage sur beaucoup d’autre sujets passés à la trappe, la finance par exemple, (Libor, BNP), afin que ce premier 14 marque un grand coup du côté d’un désir habité? Suis-je trop exigeante?

 Et puis vient le coup, terrible je dois dire, encore mes oreilles qui n’en peuvent mais. Oui une Commission de Moralisation (les Soviets?) conduite par un ex-lambertiste caché, M. Jospin. Il faut bien ça pour les résistants au non-cumul, les profiteurs de sièges et de fonction, il faut bien un homme aussi « intègre ». Est-ce que j’exagère? Il me paraît indispensable de rappeler ici quelques faits et dits, pour encore une fois, ne pas oublier, et… mieux comprendre.

« Sur la moralisation, le profil idéal de Lionel Jospin est incontestable. « L’austère qui se marre », comme ce protestant se dénommait en 2002, est l’intégrité faite homme » écrit Stéphane Alliès. Mais M. Alliès où avez-vous été inventé un tel mythe, répété à l’envi, l’intègre, le protestant, l’irréprochable, et tout cela? « L’austère qui se marre » comme vous le dites est une « auto-nomination », donc cela ne vaut que ce que cela vaut. C’est aussi, cependant, le point de vue du Président, lié comme il l’est, semble-t-il, par la propre amitié portée à son mentor (qui pourtant l’a souvent assez mal traité). Lié sans doute aussi, (c’est une hypothèse),  à deux femmes :
-la philosophe « féministe », celle qui méprisait la candidate de toute la gauche en 2007 : « Elle est très jolie, elle est très photogénique. Si M. Besnehard, qui s’occupe d’elle, s’occupait de lui faire une carrière dans le show-biz, je crois que ça serait bien pour tout le monde » dit-elle en plateau, (Bravo la « sororité »! Revoir, réentendre cela me reste insupportable Ruquier octobre 2008), celle qui s’auto-investit comme la grande défenseuse des ventres des femmes, aveuglée par son moralisme (qui se ressemble s’assemble?), endossant le manteau de la vertu pour défendre le corps de toutes les femmes, elle la « sachante »,
-et l’autre, la compagne twitteuse qui ne veut rien lâcher, donc qui veut tout, pouvoir ici et pouvoir là, et dont les interventions et comportements ne révèlent pas un grand sens de l’Etat, c’est le moins que l’on puisse dire.

Cet intègre-là n’était pourtant même pas capable d’assumer devant l’Assemblée Nationale son passé de lambertiste, diantre. Cet intègre-là n’était pas non plus capable de soutenir Montebourg dans son action  contre Chirac (une sorte d’impeachment). Plus près de nous, en silence (malgré plusieurs demandes d’interventions à lui adressées), lui, le grand respectueux des règles, il cautionne le rapt rochelais contre sa camarade de parti en tête au premier tour, avec les voix de droite et d’extrème droite. Ah j’oubliais les « mots tendres » à l’adresse de la candidate de gauche en 2007 (L. Jospin L’Impasse 2007) : « Il ne faut pas que cette illusion se prolonge. Ni qu’on présente comme moderne et novatrice une démarche archaïsante et régressive. Elle nous maintiendrait dans l’impasse… » , plus loin « Car cette personnalité n’a pas les capacités humaines ni les capacités politiques qui seront nécessaires pour relancer le Parti socialiste et espérer gagner la prochaine élection présidentielle ». ici et ici.Ne parlons même pas de son lâchage un soir de 2002, qu’y a-t-il de vénérable là-dedans?
Alors, franchement, voilà une belle intégrité qui nous promet une commission fertile en diktats, sentences, voire en manigances. Je souhaite me tromper.

Les moralistes et moralisateurs sont les pires ennemis de la morale parce qu’ils sont eux-mêmes soumis à une force sombre rigide et obsédante, bien loin de la liberté de l’éthique. C’est une des faces du surmoi, terrible. Ne pas confondre moraliste/moralisateur et éthique qui nécessite une haute discipline personnelle de vertu, virtus. Qui au PS? Qui parle de République irréprochable? Ne pourrait-on parler de modernisation plutôt que de moralisation?

Que le Président soit pris ainsi dans des dettes (affectives?) a pour conséquence qu’il envoie là un mauvais message. Il confie une mission ou bien fantoche ou bien trop haute à quelqu’un qui à mon sens ne la mérite pas et ne l’incarne pas. En outre il porte outrage à une Dame politique de grande valeur, inventive, respectueuse, et respectable. La nomination d’un ex-premier ministre dont la conduite a été parfois douteuse, drapé lui aussi  (voir supra) dans son « faux » manteau de vertu masquant son orgueil, c’est hélas un acte qui pour moi (et beaucoup d’autres) ne prend pas forcément le bon chemin, c’est un signe de reconnaissance déplacé. Cela  ne donne pas à toute cette affaire de moralité politique l’ampleur, la qualité et le sérieux (pas au sens de « l’austère qui se marre »!) qu’elle mérite, question mise sur la table depuis longtemps par S. Royal, (souvent à contre-courant de beaucoup de ses « camarades »).

Quant à sa non-réponse le 14 sur la place de sa compagne, elle est du même ordre que son silence, son « absence », au congrès de Reims, la nuit des « fraudes », exemplaire d’évitement.  Le silence, on le sait, peut tout aussi bien être interprétable comme un oubli, un acte manqué, une stratégie d’évitement, un déni. Pourtant cette question reste pendante.

Enfin, M. le Président, puis-je me permettre? La popularité, c’est un talent d’abord avant d’être un mérite, contrairement à ce que vous dites. Il y faut bien sûr une éthique de responsabilité mais il y faut aussi, au plus près, incarnée, une éthique de conviction, qui noue l’Acte et son concept. Politique par la preuve.

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Interview de Ségolène Royal à la Conférence Sociale, des idées à foison, claires, concrètes décidées.


Interview de Ségolène Royal à la Conférence… par segolene-royal

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Pour en finir avec un certain tweet.

A propos du manque d’élégance  d’une journaliste « politique » salariée de Paris Match (« le poids des mots le choc des photos ») qui vient d’acquérir un statut assez particulier, dont à la fois elle se défend mais en même temps dont elle se sert avec excès (et succès?). Pour dire haut et fort que, à mon sens, cette femme n’a hélas guère le sens de l’Etat, et que sa posture soi-disant  » transgressive » n’a rien d’honorable et n’a rien à voir avec la liberté d’une femme. Bien au contraire, l’aliénation à sa passion, destructrice pour les autres, et sans doute pour elle-même, indique combien elle est en proie sans doute à des pulsions irrépressibles, comme nous le sommes tous à un moment ou un autre. « Si la finalité de la femme libre est de pouvoir crier sur les toits, c’est une vision un peu courte de sa liberté d’expression » comme le dit joliment G. Fraisse (Le Monde 22 juin).

Quant à son engagement auprès des Media Lagardère et Bolloré, n’y a-t-il pas là tout de même un sérieux conflit d’intérêt? « Je ne trouve pas « normal » que Valérie Trierweiler demeure journaliste pendant le mandat de François Hollande, avec la complicité d’un magazine à grand tirage tel que « Paris-Match. » Je trouve même cela inacceptable », peut-on lire dans Le Soir. S’il y a une limite à mettre c’est bien là. Pour ses émotions personnelles cela reste son affaire. La culture Paris Match qui a, bien évidemment, entière liberté d’existence et d’expression, est-elle compatible avec le voisinage immédiat et intime du Président? Il y a, me semble-t-il, nuisance envers la fonction symbolique du Président. Ce n’est pas là être sexiste, si c’était dans l’autre sens cela serait pareil. Une limite claire doit être mise qui délimite les champs et les prises de parole. Ailleurs il semble que l’on sache faire avec cela: M. »Merkel« ,   »le professeur Sauer ne gazouille pas ».

 » VT a le droit de refuser le statut de « femme de » en restant journaliste et en conservant sa liberté de parole mais à une condition elle doit renoncer à son statut public de première dame » dit Fr. De Singly (Le Monde  22 juin p. 20). Est-ce suffisant cependant? Je ne le crois pas. La mise en scène publiquement répétée de son amour exclusif, « Embrasse-moi sur la bouche » là, devant toutes les caméras du monde,   »La vie en rose » là, devant les gens à Tulle, pour son plaisir, son bonheur à elle, privé, cela n’est pas digne d’une première dame, que de fait elle est, au moins à ces moments-là, en représentation. Ou alors elle ne doit pas paraître. Car ces comportements ne font qu’indiquer, quoi qu’elle en dise, cette revendication récurrente, cette  monstration de pouvoir : il est à moi! Que dire d’un album de photos dont les légendes nous  convient jusque dans la chambre, jusqu’à la couche. Tout cela qui devrait rester privé, intime!

Et puis, il y a cette autre mise en scène, médiatique, celle-ci, ménage à trois, vaudeville, couvertures de magazines…Lecture inexacte des enjeux, des responsabilités, des implications. Non ce n’est pas « une guerre des miss », même sur le mode de l’humour! Mélange perfidement entretenu par les media, comme toujours quand cela concerne aussi Ségolène Royal, mélange des registres public et privé, acoquinant Royal avec la jouissance excessive de VT, donnant l’image d’une enfant gâtée sans éthique, là où « l’intime doit rester dans l’ombre » (G. Fraisse Le Monde ibid). Postures, places, fonctions, tout cela est  incomparable.  En effet, « le couple Royal-Hollande a incarné l’égalité des sexes  à tous points de vue, de la réussite scolaire à la conjugalité libre jusqu’à la plus haute rivalité politique » (Fraisse ibid). Intolérable de mettre sur le même plan ces deux femmes, l’une politique de haut niveau sert la France, même si, bien sûr elle n’est pas à l’abri d’imperfections, de défauts, de ratages, d’excès. L’autre se sert, pour elle-même point barre. « L’une exerce sur le terrain de la chose publique, guerroie avec les armes virulentes que disputent les hommes aux femmes,.. elle se les arroge sans leur  permission », « l’autre sur le terrain de la chose sentimentale… ne tire sa légitimité que d’avoir ravi un coeur » (Anne-Marie-Garat Le Monde ibid). Si dans l’intime de chacune et de chacun se joue une partie souvent cruelle entre désir et passion, envie et jouissance, amour et haine, cela n’appartient à personne d’en faire une relecture publique. On ne peut hélas que constater quelle est celle qui a mis tout cela sur le devant de la scène, sans réserve.

Car il y a ce tweet et son effet effractif dans tous les registres. Digne d’une Madame Veto. La révélation d’un caprice irraisonné. L’intrusion dans une campagne politique dont elle devait rester éloignée. Aucun  service rendu à une cause collective quelle qu’elle soit, bien au contraire. Pour Eric Fassin par exemple   »la victoire d’O. Falorni est une défaite de la parité. Le Tweet  de VT  a légitimé l’engagement désintéressé d’un homme de gauche au soutien actif de la droite. »( Le Monde ibid). Les effets à plus long terme sur une certaine considération par rapport au Président ne sont pas moindres.

Ségolène Royal elle, est subversive, politiquement subversive. On l’aime (ou bien sûr on la déteste) comme cela, dérangeante, subversive,  autant que constructive. De tout cela, de ses audaces, de ses anticipations,  elle en paie le prix, toujours. Pas victime, non. Visée, blessée, atteinte bien sûr. Mais convaincue, dépassée, élevant le niveau d’un cran. Souvenez-vous « l’Effrontée » en Une du Monde campagne 2007? Qui pourrait se passer d’elle? La révolution idéologique et politique qu’elle met en oeuvre à long terme déjouera les embûches. Ce n’est sans doute pas pour rien que ce mot, « bravitude », lui est venu là-bas sur La Muraille de Chine. Une grande force, une grande obstination. Une détermination.

Au bout de cela, et après toutes ces années de chausse-trappe, il y a enfin une reconnaissance quasi unanime de ses « camarades « , sincère ou pas, elle existe et s’exprime en tous les cas. La nomination de tous ses soutiens fidèles dans les charges de l’Etat. Un « aveu », enfin, de toutes les embûches et les résistances à son existence et à sa réussite politiques: Jean-Claude-Peyrolle parle d’une   »tentative de meurtre politique » advenue pendant ces élections… »Celle qui, lors de la campagne électorale de 2007, avait réussi à faire bouger les lignes entre la droite et la gauche sur un certain nombre de problèmes de société a été également éliminée de la cohorte de députés socialistes qui va entrer au Palais Bourbon ».

« Ma détermination reste intacte« , dit-elle. « Il ne faut jamais se laisser abattre par les trahisons et par les méchancetés. » « Il faut être capable de dépasser ses épreuves et ses itinéraires personnels pour (…) se remettre au service du collectif, au plan national et au plan local, parce que l’un ne va pas sans l’autre », déclare-t-elle. « Il faut que je reprenne un autre chemin ». Cette défaite est « un coup d’arrêt, un amarrage dur à vivre qui ne m’abat absolument pas », confie-t-elle. « Il n’y a pas que la vie du Parti socialiste, il y a d’autres enjeux ». « Je me reconstruis et je fais mon travail en région et à la rentrée de septembre je verrai. Je n’ai rien demandé et ne demande rien. »

D’ores et déjà elle relance le débat sur cette question majeure de notre avenir planétaire, on peut lire ici sa contribution pour Rio (Rio et ses enjeux pour nous tous, conférence bâclée, Rio oubliée!)

« Il faut que je reprenne un autre chemin ».Trouver un chemin oui. Prendre « un autre chemin ». Prendre le temps, prendre du temps, prendre son temps. Pourquoi pas l’Europe, le Monde, la vie? Certes il y a la France et le PS, mais il y a tant à faire partout sur la planète (cf l’invitation des amis africains)? Examiner les offres faites, chercher s’il n’y a pas encore un piège, un « traquenard » en fait comme le dit Gérard Courtois (Le Monde 19 juin) : « Ségolène Royal victime d’un traquenard électoral à La Rochelle ». Piège inconscient parfois, mais résistances toujours actives chez ses « amis » bien sûr, pour que rien, ou si peu, ne bouge. Le vieil appareil. L’encenserait-on plutôt quand elle perd, quand elle n’a plus de pouvoir? Elle représente pourtant tellement, elle a ouvert le socialisme vers l’écologie, vers l’entreprise, vers la réforme bancaire, vers la démocratie qui respire, elle a porté la voix des sans-voix,même si ceux-ci, hélas, ne vont guère voter malgré l’admiration qu’ils lui portent. Malaise profond qu’elle a identifié depuis longtemps, et dont la gauche et le gouvernement ne pourront faire l’économie de traiter au plus juste les causes. Pour preuves les abstentions records qui ne sont pas un bon signe. Pas plus que la place prise par le  FN, dans les esprits surtout.

« On ne vous donnera rien « , » Il va falloir une fois de plus vous battre, faire entendre une autre voix;  le Ségolénisme est un plus pour la Gauche, un plus différent, un plus parfois gênant, mais un plus ». (Christophe Barbier )

Prenez le temps Madame Royal, personne ne vous oubliera. Veillez à ce que les engagements pris soient tenus. Poursuivez votre élaboration conceptuelle, votre élaboration politique, faites-nous savoir vos pensées, vos points de vue, vos critiques constructives, qui ne vont pas tarder à être nécessaires. Soyez dans votre libre pensée, assurez-vous de votre entourage, qu’il soit porteur, éclairé, et de bon conseil. Voyez loin comme vous savez si bien le faire.

Le temps de la juste action viendra.

 

message d'ariane mnouchkine à ségolène royal

Mnouchkine Royal juin 2012

 

Dansons la Carmagnole Madame Royal!


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Un policier constate une affiche "ici c'est Falorni" sur la porte de Ségolène Royal

Photo par Xavier Leoty/AFP/Archives Un policier constate une affiche »ici c’est Falorni » sur la porte de Ségolène Royal législatives 15/06/12 La Rochelle

Ah! ce slogan en boucle sur le parachutage et l’ancrage! Ce « ici c’est Falorni » qui remonte  du fond des temps, comme ces inscriptions sur les murs, les routes, « fuori », dehors! Dehors l’Autre, ici chez nous!

Cette sourde idéologie de ceux qui sont d’ici et ceux qui sont d’ailleurs, ça ne vous rappelle rien? En Grèce ancienne, le Xenos, celui qui arrivait d’ailleurs, était accueilli, respecté. Il apportait avec lui sa richesse. Il était civilisateur.

Qu’est-ce qui le fait courir ainsi M. Falorni? Qu’est-ce qui le pousse à s’obstiner ainsi, à ne pas appliquer la règle et la discipline partisane, d’autant qu’il n’était de toute façon pas habilité à pouvoir prétendre à cette circonscription, puisque elle était de fait réservée à une femme (il le sait d’autant mieux qu’il avait manigancé pour proposer une candidate fantoche dont il aurait ensuite repris la place). Qu’est-ce qui le pousse à cette connivence publique assumée avec la droite Rétaise et Rochelaise? De quoi se prévaut-il, de secrets d’alcôve, de ses relations? A-t-il une conscience, une éthique, un petit bout de quelque chose qui ressemblerait à ça?

On l’a vu à l’Ile de Ré en réunion avec des responsables locaux UMP. On l’a écouté à FR3 Régions et l’on a entendu en boucle sans cesse le même argument: « la souche » et « la parachutée »; sans autre projet ni vision.
Certes, il a été l’ami et le soutien du Président. Mais le Président ne le soutient pas, ni le Premier Ministre, ni le Parti Socialiste, ni le PRG, ni les Verts, ni lePC, ni le FdG, ni le Modem.

Certes, il est l’ami de la compagne du Président, ça maintenant tout le monde le sait. Et la compagne du Président est amie avec une grande féministe, épouse d’un ancien premier ministre, homme si intègre, d’une telle rigueur morale, qu’il reste dans le plus grand silence! Et son épouse est tellement féministe qu’elle avait publiquement conseillé à Mme Royal, femme politique  s’il en est, de faire du théâtre plutôt que de la politique en 2007. Eh oui! Tout s’éclaire!

Alors qui le soutient? Une partie de la gauche des terrasses de café et des commerces sans doute, celle de Fountaine, celle de la vengeance, accoquinée avec la droite Bussereau-Raffarin (tiens un petit-cousin Raffarin vote Royal sur l’Ile de Ré), »le parti des charentais » ils appellent ça, figurez-vous! Le « parti des charentais » contre l’étrangère, celle qui n’a pas rechigné à donner de son temps, de son énergie, et à apporter l’aide financière de la Région au moment de la tempête Xinthia, par exemple. Où était-il? Beaucoup s’accordent à dire que ce cumulard (trois mandats différents) est d’une grande inactivité. On n’a rien entendu de son programme, de son projet, parce que son projet c’est de la « foutre dehors » et et de rester bien au chaud entre amis, de droite, de gauche, qu’importe, mais qu’on ne vienne pas foutre le nez dans nos affaires. Même Maxime Bono n’avait pas vu venir cette déflagration. Il veut être député et puis c’est tout. Un désir vide de sens, de contenu. Un arriviste face à une soi-disant nouvelle arrivée.

Quand on lit les quelques enquêtes journalistiques à propos de  l’Ile de Ré et la Droite locale (enfin! et trop tard, hélas!), quand on est attentif aux arguments avancés, aux méthodes employées, bien sûr ça soulève le coeur : ces thèmes sexistes et racistes, ces relents de l’exclusion, souvent complètement imaginaires, résonnent, dans leur mode et leur construction, avec les enquêtes sur le vote FN, rejet de l’autre sans savoir qui il est (on ne la connaît pas mais elle n’est pas d’ici, certains ajoutent même que lui non plus ils ne le connaissent pas, mais..il est d’ici!). Même la jeune candidate UMP qui a servi de leurre n’en revient pas de ces magouilles.

M. Falorni, porte-voix de cette idéologie rance, au nom de quoi? De ses engagements dans l’ombre, d’amitiés malsaines et intéressées? Pour l’heure, c’est lui qui est exclus de sa famille politique, c’est lui qui n’est pas à sa place en se faisant ainsi l’agent trouble de la mauvaise politique, et en prenant la place d’une femme. Il sera un non-inscrit, quel beau programme pour les Rochelais et les Rétais!

On comprend  que la xena, l’étrangère, qui arrive du ciel avec son parachute, a dû mettre le pied dans une drôle de fourmilière! Ne faut-il qu’être de souche là-bas, ou bien ne faut-il arriver que par la mer? Triste mythologie, triste idéologie, que certaines personnes de gauche hélas approuvent sans même réfléchir au sens  et aux conséquences de leur vote. Seul un geste  républicain peut éviter les conséquences à plus long terme, empêcher tout ce fiel. M. Falorni sera comptable ultérieurement de la prise du pouvoir par la droite.

On veut mettre à terre Mme Royal. Elle n’en sortira que grandie quoi qu’il arrive.

Il y a en effet des belles étrangères civilisatrices, et des vieilles souches pourries.

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Voilà, c’est fait, François Hollande est élu président; je m’en réjouis; il sera un bon président. Il aura aussi, de plus, et en tout cas, vengé la défaite de Royal, cette défaite qui n’aurait pas dû être, on le voit bien maintenant; lorsque tout le monde rame dans le même sens avec les forces unies, la victoire est possible. Même si les conditions objectives sont bien différentes.  C’est bien que depuis quelques temps il lui ait clairement envoyé le signe de sa reconnaissance et de sa légitimité pleine et entière. Car elle a sa place au premier rang. Sans doute a-t-il pris la mesure de sa propre passivité antérieure, voire de son absence, et de ses conséquences. Les derniers rapprochements en tout cas sont heureux et riches de promesses. Car c’est elle parmi tant d’autres mais bien plus que d’autres qui a semé. Elle, qui promettait « d’autres victoires », avait vu juste. Celle d’aujourd’hui porte aussi en filigrane sa signature.

FH dit : « Elle laboure, je sème » (FR3 film), métaphore de terre corrézienne qui peut tout aussi bien être terre charentaise. Pourtant il serait plus juste de dire qu’elle a labouré et semé, elle a enlevé les mauvaises herbes, (attention ça repousse!),  elle a essuyé les plâtres, elle est restée debout malgré les vents contraires et les « animosités amicales »,  les « entourages » comme elle dit. 2007 l’a vue courageuse, déterminée, et inventive, relever la Gauche défaite, affronter le Président sortant présenté comme un homme neuf, celui qui avait pour lui sondages, media (de droite bien sûr mais aussi de gauche  hélas, tout le monde était béat devant ce personnage, sa rupture, son style, n’oublions pas! Lui qui se réclamait de Jaurès!). On se demande encore pourquoi et comment tant de gens se sont laissés ainsi bernés en 2007! Cette fascination naïve! 2012 a pu surfer aussi sur ce mécontentement, cette déception lourde. Et récolter sur l’entente, sur le choix incontournable, nécessaire.

Alors, merci Ségolène! Et tant mieux pour ces retrouvailles qui sonnent si bien avec les semailles.

Pour l’heure, en tout cas, il est essentiel de ne rien faire qui vienne obérer les actions politiques de FH. Il a une lourde tâche dans une période fragile, explosive, tendancieuse, crispée sur des certitudes politiques ici et là, des raidissements coupables, alors que nous, simples citoyens, voyons bien comment il faudrait réorienter, un peu, le Réel, un peu, simplement un peu, quelques réformes; que la  Banque Européenne,  que Mme Merkel, veuillent  bien se déplacer un peu…Pour les media, ça paraît bien difficile de s’en remettre à son Acte de Président, ça paraît bien difficile, quand on voit et que l’on entend  tous les commentateurs qui sont là sur le pont pour écrire l’avenir à la place de… celui qui a été élu. Certains bien sûr pour faire gagner la droite aux législatives, d’autres, beaucoup, parce que encore et toujours les journalistes savent, c’est écrit dans le marbre, ils écrivent la vie, l’opinion, l’avenir. Story-telling. Que de  commentaires qui ressemblent parfois à des diktats ! Ils savent… déjà! Ce qu’il va faire, ce qu’il ne doit pas faire, ce qu’il ne va pas réussir! Quel cirque! Peu de journalistes ont la lucidité de dénoncer cet orgueil déplacé. C’est leur symptôme, leur jouissance, ils sont les « sachants »! Signe d’un doute immense pour eux aussi.

Là, pour l’heure, ils vont pouvoir se régaler, les mediomanes avec l’arrivée de Zorro/JLM dans le Nord! Est-ce une bonne idée? Attention FdG, spectacle du Front contre Front. Que je sache, ça n’a pas donné grand chose aux Présidentielles. N’est-ce pas seulement au fond la mise en scène d’un homme qui veut exister, « un ego trop loin« ? Lui aussi serait-il un « sachant »?  C’est sans doute pas la meilleure idée de vouloir ainsi aller faire « front contre front ». Ca ressemble plus à un spectacle qui, à mon avis, va avoir pour seul effet de gonfler encore le FN, ce qui n’est pas, mais alors pas du tout souhaitable. Ah! le « duel », comme s’il était le Sauveur! Le Justicier face au Monstre, la « semi-démente ». Non non et non! Pas comme ça! Pas ainsi en miroir! Même si beaucoup de ces mécontents voteraient bien d’un côté ou de l’autre (toutes les voix perdues du PC), c’est d’ailleurs, si j’ai bien  compris, ces voix-là qu’il veut aller chercher. Noble intention bien sûr. Mais l’action au Parlement Européen n’a-t-elle plus d’intérêt?  Rien n’a démontré que la stratégie FdG et JLM surtout a permis d’affaiblir le FN et ses thèmes nauséabonds pendant les présidentielles.Et puis il semble qu’il y ait déjà des candidats à cet endroit, et la sagesse politique serait plutôt d’apaiser les haines et les dissensions souvent, trop souvent, dangereusement exploitées! Car sinon c’est à un renforcement des pulsions dévastatrices que l’on va assister, cela qu’a si bien su faire exister le Président d’avant; ce jeu mortifère qui consiste à se prendre pour la Vérité, le Seul, l’Unique, insultes et mépris en poche, au lieu du débat d’idées. Plus facile de déclencher la violence que de l’apaiser, toujours.

Car c’est cela le point d’ombre! La tache,sur notre vie commune, notre destin partagé.Tous ces temps, impossible d’écrire face à ce déchaînement haineux et mensonger permanent; ce réel paranoïaque dans le calcul le plus froid, qui impute à l’autre sa propre jouissance, son propre défaut. D’autres, beaucoup d’autres ont  écrit, relayé jour après jour. Prendre acte de l’état maladif de la France, depuis longtemps, si longtemps. Peur imaginaire de l’autre, exclusion, rejet, supposition que l’autre jouirait plus et mieux que soi, fondée sur sa propre ignorance, cette ignorance  exploitée par la militance FN, relayée par NS; cette croyance à la différence, où l’on voit même des immigrés voter NS, de même qu’en 2007. -On donne aux immigrés, pas à nous, nous, on a réussi – ceux qui arrivent pour nous envahir  vont nous prendre ce qu’on a, le petit peu que l’on a- la France métissée  des banlieues, c’est là où le vote FN décroit disent les études/ la France rurale et périurbaine pas mélangée avec les immigrés  vote elle par contre plus FN. Le Limousin rouge, mon cher Limousin résistant, et la montée du FN là-bas chez les paysans. Insupportable. Tous ces gens révoltés certes, souffrants certes, mais pourtant   »rétrécis », crispés sur leur trognon identitaire comme seule solution à leur haine de l’autre, qui bien sûr est alimentée par des faits réels, mais qui dit ce qui va au-delà dans l’excitation fantasmatique. Il faut prendre cela en considération sérieusement, cette haine. Cette réalité socio-politique qu’il faut sans cesse garder à l’esprit : l’état sérieusement anti-étranger, anti-islam notamment, d’une grande partie de l’électorat. L’idéologie permanente et bien réelle du rejet de l’autre, souvent construite imaginairement et entretenue pendant toute la campagne.

La victoire de FH est nette.  Elle est cependant à mettre en perspective avec le score hélas inquiétant de NS sur une ligne en permanence « Buisson », soit le pire de ce qui pourrait identifier le « peuple français » (lire à ce sujet « Buisson : une défaite à la Pyrrhus NOTE Par Olivier Ferrand« ). Que NS ait pu obtenir un tel score est  très inquiétant, quand on sait sur quels thèmes il a pu réunir ses suffrages!!  »Le « buissonisme » est une mèche longue autant qu’un poison auquel la gauche sera sans doute confrontée longtemps« , dit François Kalfon. Oui, ne l’oublions jamais.

Voilà c’est fait, François Hollande est élu Président de la République Française. J’ai  l’espoir que quelque chose d’autre advienne qui rétablisse a minima l’esprit républicain. Je ne souhaite pas la révolution comme d’autres, je souhaite que s’établissent plus d’ordre républicain, moral, éthique, et une justice fiscale sociale, écologique. Cela ne fait pas le tout d’un peuple et d’une communauté nationale. Il faut laisser la diversité pour tous et pour chacun la liberté de « respirer », c’est cela la difficulté de la responsabilité politique. Un « ordre juste » disait Mme Royal, merci à elle d’avoir inspiré le socialisme à venir.

« Quelque chose s’est levé… » ! Ne l’affaiblissons pas! Ne le parasitons pas! Ne l’entravons pas!

© evah5