le blog d'Evah5

l'air du temps qui passe


« Cette belle idée du courage », c’est aussi la sienne, et aussi la vérité, l’audace, l’invention, et la liberté de la parole et de l’action.


Ségolène Royal par franceinter

 


Ségolène Royal – 8h40 par franceinter

Et aussi Le Monde :

« une restructuration du ministère de l’économie et des finances est nécessaire. »

« ..chantier démocratique. mutation écologique. économie sociale et solidaire.. »

« .. insuffler  de la confiance. monter en puissance. exprimer une stratégie globale, et des priorités. donner des perspectives.. »

« Regardons l’avenir et réussissons les cent premiers jours de la deuxième année ! » etc…

 

 

© evah5


 La loi autorisant le « mariage pour tous » a été votée à l’Assemblée Nationale. Enfin ! A quel prix ! Que de dégâts, de remous ! Non pas qu’elle ne soit pas légitime, mais ce que tout cela a déclenché, a révélé, dans notre beau pays mérite que l’on s’y arrête. Mais après tout, cela aura fait réveil et rappelé la réalité d’un certain  « fonds » français.

F. Hollande voulait une société apaisée, c’est mal parti. N’a-t-il pas suffisamment tenu compte de l’état avancé de détérioration éthique, culturelle, et identitaire de la société française, de son vieux fonds catholique intégriste (chants religieux des jeunes aux Invalides qui répètent en boucle « nous sommes LA Jeunesse de France » + violence extrémiste + députés de droite évoquant sans fléchir le « pays réel » maurassien,   le « Peuple »). Voilà ce qui se révèle : un discours intégriste, excluant, exclusif, surfant sur le déni de  démocratie, la négation du vote, l’irrespect de l’AN-sanctuaire (certains députés de droite sont dedans, dehors, attisent tout en condamnant). Le poison, la haine, entretenus par l’ambiguïté, le double discours de la droite qui surfe et s’alimente des profondeurs racistes et nationalistes (comme un continuum enfin avoué au grand jour de la campagne de NS déjà). D’autant que cette « opposition » est déchaînée, menteuse, malhonnête, et manipulatrice. Et d’un archaïsme. Pourtant, à les regarder, on voit vite le ridicule et l’anachronisme de  leur mouvement par rapport à l’état du monde et la souffrance mondiale. Mais cela ne semble guère les préoccuper. Ce qu’il faut sauver c’est La France Toute, Une, la Fille aînée de l’Eglise, Radicale et Eternelle, dans son Evangélisme, et donc son union avec tout Nationalisme. Là tout ce qui n’est pas elle, ce qui est autre, n’existe pas, n’a pas voix au chapître, c’est le cas de le dire. M.Mariton le dernier soir à l’AN : « Si la France se mariait avec elle-même, /Si un jour elle se disait enfin je t’aime, / Elle inventerait la ronde qui épouserait le monde,/ Si la France s’embrassait un jour qui sait. » Il faut lire ce discours c’est un régal.  Non M. Mariton, la France ne s’embrasse pas elle-même, ne s’aime pas elle-même, elle a besoin de l’Autre, d’un autre pour cela. (« Une bouche ne s’embrasse pas toute seule » SF).

Je ne veux pas leur faire de pub mais il faut lire aussi ça pour bien comprendre la stratégie discursive en action : B. Bourges « Une révolte d’avant-garde » : « le Printemps français revendique un héritage pluriel : le franc-parler des prophètes juifs, la sagesse gréco-romaine, la fraternité évangélique, la liberté des Lumières, les luttes populaires pour la justice sociale » eh oui ! Vous avez bien lu, rien que ça! (elle invoque « le cri des masses, les sans-voix, tiers-Etat « ).

Et puis sans doute n’a-t-on pas tenu assez compte qu’une partie de la jeunesse française voulait elle aussi son « 68 » depuis si longtemps ! Cela est intéressant à noter. Son explosion, sa révolte. Quand on les regarde, ces jeunes qui n’ont pas tous l’air d’être des fachos, on voit bien qu’ils font cela pour certains sans conviction, me semble-t-il, juste ils prennent les insignes de la révolte/ à l’envers/ « une carapace » me dit un jeune patient qui souffre tant de l’oppression catholique familiale, comme d’autres qui n’osent s’affranchir des choix parentaux, ne sachant encore décider de leur propre orientation. Les dégâts psychiques peuvent être féroces. Retournement des pulsions d’un conflit interne non avouable. Croient-ils vraiment ce qu’ils disent, ces jeunes là aux Invalides, certains en tout cas ? N’est-ce pas pour certains d’entre eux un habillage, n’est-ce pas surtout contre leurs propres oppressions qu’ils s’agitent et crient ? Je ne peux concevoir une telle haine froide. (Je ne parle pas là des  groupes  organisés, toute cette nébuleuse identitaire catholique intégriste : GUD, Bloc Identitaire, Civitas, Alliance Vita, Action Française .. et aussi Opus Dei Fondation Lejeune etc..ici sur Mediapart).

Ils chantent des chants religieux et ils scandent des slogans, dont la forme est copiée, imitée, de ceux des manifs de gauche ; inversion étrange, un peu puérile et envieuse. Ont-ils conscience d’être à l’image d’autres intégristes d’autres religions qu’ils désirent pourtant éjecter ? La France blanche, cette jeunesse blanche formatée, n’a-t-elle aucun jeune homo, aucune jeune lesbienne dans ses rangs? Cela peut créer de sérieuses difficultés pour les jeunes homos dans des familles de droite traditionnelles, voire des  conflits destructeurs. Pour eux c’est parfois difficile d’exister. Merci à Ch. Taubira d’avoir pensé à eux :   « Je veux dire aux adolescent(e)s qu’ils sont à leur place dans la société.. chacun d’entre nous est singulier. » Je ne sais à quelles études ils se préparent, mais leurs réflexions et compréhensions des choses, et leurs analyses me semblent assez futiles et incomplètes. Cela révèle, et c’est assez effrayant, la formation que reçoivent ces jeunes  dans leurs familles et leurs écoles privées. (Je précise : loin de moi l’idée de penser qu’ils sont tous ainsi et que les familles de Gôche, ou d’autres familles d’ailleurs, ni de Droite, ni de Gauche, échapperaient, pour une partie d’entre elles, à l’ignorance, l’étroitesse d’esprit, voire la coercition et l’oppression de leur progéniture.) 

On croit que parce que la Gauche arrive au pouvoir, avec ses mythes révolutionnaires et ses bonnes résolutions en étendard, ça n’existerait plus, ça aurait disparu, mais c’est actif, vivant, parce que c’est en nous dans notre société, notre histoire commune, et aussi en nous-mêmes, chacun par chacun. Sauf que là, on va au-delà ; l’hubris grecque, elle,  fait couler le sang, rend ivre et fou au théâtre, elle fait le récit de ça, des passions divines et humaines, de la mésentente des dieux et des hommes et de la vengeance terrible des dieux. Mais là, ce Fonds de (F)Rance (et d’Europe, la belle Europe enlevée par Zeus), ressurgit comme une boue poisseuse. L’ère des media, leur rapacité monstrueuse, n’arrange rien. Manipuler les images, envoyer les infos triées sur le volet en boucle, faire la propagande (la campagne NS 2017 est déjà à l’œuvre : conférences, contacts avec les « puissants » partout, s’exprimer partout avec  la complicité des media, et même ..rencontre avec Barjot !). Double discours permanent de la Droite Républicaine. N’a-t-on pas suffisamment  tenu compte des forces souterraines de la droite extrême,  soutenue clandestinement par la droite, qui surfe pour préparer son retour (j’en veux pour preuve les sondages récurrents favorables à NS,  BFM TV et ses discours de propagande et de mise en scène)? Vichy ne s’est pas envolé. 2002 ne s’est pas envolé. La campagne haineuse de Sarko-Buisson non plus. La trouvaille néfaste du débat sur l’identité nationale et sa double paternité Guaino-Buisson  non plus.

Nous sommes dans l’ère du faux, du mentir absous, voire légitimé. (Au fond Cahuzac dans sa grande perversité mensongère n’avait pas tort d’essayer de nous berner avec sa part d’ombre, ça pouvait être gagnant.) La démocratie est bien fragilisée, et cela peut faire naître une nouvelle forme de dictature. Saurons-nous nous en protéger ?

Un boulevard pour cette droite dure. « CRS collabo-socialisme fasciste etc »… La tactique récurrente est de retourner la sémantique généralement de gauche, le comportement, le discours, en miroir, à l’envers. En cela, ils ne sont guère inventifs, c’est inquiétant ou bien qu’importe le contenu l’important étant de créer le désordre. Inquiétant aussi ce contre quoi ils se battent et leurs propos nauséabonds : « Taubira tête de rat – on est chez nous –nous sommes la jeunesse de France. » Et puis cette nécessité de  s’approprier le peuple (hélas d’autres ailleurs usent des mêmes stratagèmes). Inquiétant, l’irrespect des institutions républicaines.

Cela émerge dans une France post NS, lui-même élu à la suite de Chirac, qui loin d’être un ange, avait semé ségrégation et affaires, (et racisme parfois), cela qui a d’ailleurs permis à NS de surfer sur cette idée du chacun contre chacun. Souvenons-nous : « Ceux que l’on laissera sur le côté du chemin, la France tu l’aimes ou tu la quittes, les travailleurs et les autres, etc.. » Tout cela comme promesse de marcher sur l’autre, le « en-dessous », au fond, promesse à laquelle ont cru tant de petites gens, d’ouvriers… Aujourd’hui la radicalisation de la droite  fait apparaître combien cette partition française (aux deux sens du terme) est forte et vivace et  radicale. Et ancienne. Mais la gauche a-t-elle suffisamment gardé intact et pur son rêve d’égalité, dans ce maelström ? « La Justice Sociale » est-elle au rendez-vous ?

F.Hollande et les autres, son équipe dskiste-libérale notamment, celle du Budget, était-elle prête pour une politique de gauche, M. Cahuzac en tête? A propos du MPT, laisser entendre une clause de conscience possible pour les maires, laisser supposer ses réticences à la PMA, au mariage, traîner encore et toujours, faire des compromis, n’en paie-t-on pas le prix? « La Gauche devrait dire c’est génial ce qu’on fait. » dit Irène Théry. Cette politique, dont on ne voit pas pour l’instant les effets égalitaires, n’a-t-elle pas contribué à laisser se développer cette  mécanique destructrice qui libère les positions les plus rétrogrades, les plus réactionnaires. ? Je sais l’impuissance face aux marchés, aux idéologies, aux media, et leur déferlement tout puissant anti Hollande. Mais sans conviction, pas de message clair et déterminé. Pour toute  question d’ailleurs. Difficile d’apaiser tout cela. Cela qui remonte à la surface. D’autant que les résultats socio-économiques sont en berne. Rien n’a été suffisamment annoncé clairement de l’état du pays en mai dernier hélas. Je l’ai déjà dit les réformes sont des réformettes sans courage, sans audace : à propos du CICE par exemple qui est plutôt « une usine à Gaz » (Piketty) permettant tous les détournements et les effets d’aubaine; de même Th. Piketty  explique de façon convaincante le « manque de courage et de conviction ». Il aurait fallu frapper un grand coup d’entrée de jeu. Mais encore fallait-il être prêt. ici L. Bouvet 

«On peut critiquer mes décisions, penser que je fais fausse route, dire que je n’ai pas pris le bon cap mais s’il y a une chose dont je suis sûr c’est que depuis un an, j’ai fait des choix majeurs pour la France », plaide aussi le Président de la République citant le pacte « de compétitivité, la réforme du marché du travail, le sérieux budgétaire ». « En dix mois bien davantage qu’en dix ans ! », dit-il

Des « choix majeurs » ? Lesquels ? Dominique Sopo (Libé 22 avril membre du CN PS) remarque à juste titre  « l’évolution du registre lexical » entre les « mots du socialisme » et les « mots du pouvoir » ; il y a de « lourdes inflexions politiques » concernant par exemple : égalité-étrangers-antiracisme-réforme fiscale etc.. Alors, des choix majeurs, si le Président le dit.. Je ne demande très sincèrement qu’à le croire. Mais je suis pourtant désolée de ne pas les voir, ni même vraiment les apercevoir, ni idéologiques, ni « techniques », au fond, l’un des plus radicaux, sur lequel il n’a pas cédé, ironie, est bien ce MPT (mais attention, hein, pas de PMA, pas de GPA, la France à la pointe éclaireur out.. laissons le commerce proliférer, laissons les lesbiennes prendre le train, ou l’avion, laissons les choses comme elles sont, fermons les yeux et les oreilles comme le singe.. déni). (cf. mon billet infra Unions Conceptions)

« En fait, c’est toujours vers le président que les Français se tournent. C’est au président qu’ils demandent des comptes et c’est légitime ». « Je mesure ce que je dois faire dans ce moment particulier pour le pays. Rester maître de moi, en étant sûr de ce que je pense » dit aussi le Président. (ibid.)

Pourtant il me semble qu’il y a plutôt « défaillance » « défi(ll)ance » du transfert au pouvoir, de la fides dans les Hommes vertueux (la ferveur hélas tant méprisée  de SégolèneRoyal est absente, ne reste que son retournement en haine et rejet déjà là depuis longtemps) : « tous pourris » de droite et de gauche, adhésion au « qu’ils s’en aillent tous » d’un JLM.. méfiance, défiance. C’est pourquoi sont nécessaires des règles institutionnelles de «morale publique » et non d’ordre moral versus morale privée. (Le Monde 21_22 avril S. Wahnich.) On ne veut pas de maître, et dans le même temps on remarque une certaine appétence pour un régime fort, un maître suprême, si j’ose, « ni dieu ni maître »/ juste Dieu. Il y a une mise à mal des institutions. De même la reprise de la sémantique à la fois maurassienne et des codes révolutionnaires de mai 68 etc..Tout est tourneboulé, ne plus croire à rien, à la parole et à l’action politique, normalisation de  MLP, révoltes infantiles et ado pour d’autres, instrumentalisation de tout ce mal-être généralisé pour d’autres, mouvements structurés, idéologie vivace et efficace. Néocons alors? Tea party? L’ordre religieux supplante l’ordre politique (déjà NS préférait le curé à l’instit) et ce d’autant plus que la Gauche est considérée comme non légitime au pouvoir. JY Camus : « La (leur) volonté d’agir dans le domaine proprement politique est directement liée à une morale, à des principes transcendants qui découlent de l’ordre naturel que le catholicisme considère comme l’objectif de la vie en société et pour la restauration duquel les croyants doivent agir ». (A cet égard rien à envier aux autres intégrismes et à la suprématie de la charria). Eric Fassin parle de « perversion homophobe de la démocratie » : « la nature biologique devient le refuge de la transcendance contre le mariage pour tous ».

Plus de père mais Dieu? Et une autorité de l’Etat qui se délite. Qui croire ? Comment croire ? Pas la science, pas le progrès, mais notre tradition, notre Totalité. Recrudescence de la foi, tradition immuable, loi divine contre loi républicaine, leur charia,  « l’inversion réthorique de la démocratie » (E. Fassin). Tel est le message.

La République n’a pas besoin d’un sage, elle a besoin d’un capitaine costaud et déterminé, sans faux-fuyants. Même s’il faut virer de bord assez souvent par les temps qui courent. Peut-être est-il ainsi notre Président, mais sur quoi est-il déterminé, puisqu’à chaque fois, droit dans les yeux, il nous dit que ça va le faire, et ça le fait pas. Que de risques pris à promettre ainsi! « Rester maître de moi en étant sûr de ce que je pense», mais cette assurance doit être vérifiée et vérifiable, s’accommoder des autres, consulter (Eva Joly, T. Piketty, et d’autres, j’insiste, plutôt que les technocrates des cabinets ministériels qui d’ailleurs pour la plupart sont là depuis le précédent pouvoir, ceux pourtant qui écrivent ces lois si mal ficelées), ne pas faire confiance aveugle à ses «amis ». (tout de même, au sujet de Cahuzac, je n’arrive pas à concevoir comment ils ont pu être tous dans un tel aveuglement, alors qu’il suffisait de lire Mediapart -Plenel dit qu’il a alerté les conseillers de FH- ce soutien sans faille là j’ai du mal). Désamorcer les conflits d’intérêt et autres connivences qui sont un ravage pour la République. Être sur le pont

F. Hollande veut faire son FMitterrand, florentin, intrigueur, mais il n’est pas cela. Il ne renvoie quand même beaucoup de flou, de l’indécis, du cabotage, des réformes pas complètement engagées, depuis le début pour créer la dynamique. Son attirance  à faire se confronter les contraires (pour être la synthèse ?), ça rate, c’est même un  jeu dangereux. Où est-il, sous quelle influence ? Est-ce pour la plus grande part une « alternance sans alternative » ? (E. Fassin). Ne faudrait-il pas faire appel autant à Martine Aubry qu’à Ségolène Royal, deux femmes certes bien différentes mais déterminées et plutôt efficaces? L’une d’elle, Ségolène Royal, oeuvrant courageusement et avec lucidité à la Vice-Présidence de la BPI, contre vents et marées, donne le cap et le sens de ce que doit être cette Banque au statut singulier : » elle n’est pas là pour faire du business ni des profits sur le dos des chefs d’entreprise », « Les mots Publique et Investissement sont plus importants que le mot banque ».. Donnons-lui (leur) un poste-clé, mais peut-être ça dérangerait, c’est mieux de convoler avec Bayrou ou Raffarin…Ce Bayrou qui a fait rater le coche à la France en 2007…

L’heure est grave, les noirceurs profondes se lèvent, trop…S’il n’y a ni Dieu ni maître, il ne doit pas y avoir un Président sans Autre(s).

P-S

Rien ici n’est à entendre comme l’intention d’interdire une pensée différente, refuser la pluralité des points de vue et des opinions, ou ne pas respecter la foi. Ni non plus ne pas être consciente de ce que toutes les questions de sexualité, de genres, de filiation, de morale, sont dérangeantes, perturbantes et souvent causes d’anxiété surtout dans ces temps sombres. Ce qui n’est en revanche guère acceptable, c’est à la fois l’amalgame la désinformation (ou non-information) la manipulation des idées et des discours, et l’inversion rhétorique constante comme stratégie par l’absurde. Sans tenir compte de la dangerosité de la chose. Sortir des clous républicains dans cette ère du fake et du tou-se-vaut et du tous-pourris ne pourra que semer les graines  d’un désordre bien plus grand et bien plus grave que le tsunami annoncé par Guaino jour après jour à l’AN (mais pour lequel il a finalement donné sa voie, après avoir tant donné de la voix contre, n’est-ce pas ?). Comme l’on sait qu’il est toujours plus facile de déclencher la violence et la Jouissance mortifère que d’apaiser les passions, on n’a aucun doute sur les intentions claires et lucides des mouvements Printemps Français et autres (et internationaux) pour mettre à bas les forces de progrès. Dans un rêve d’Evangélisation qui ne semble guère porter la parole christique dans sa grande générosité. Tout au contraire.

© evah5


On peut critiquer et regretter le fait que les « people »  aient bien peu conscience de la pauvreté préoccupante de nombre de leurs concitoyens. Leur réaction n’est pas mieux ou pire que celle de banquiers, industriels, publicitaires, sportifs, intellectuels, et politiques qui vivent dans un « autre monde », dit-on souvent. En cela,  ils font corps dans une certaine communauté d’esprit, comme beaucoup d’autres corporations. Mais ce « monde » fait aussi partie de la société française. Qui peut dire qu’il ne ferait pas de même dans la même situation, qui peut se prétendre sans rougir « altruiste »? Qui n’ a pas envie d »avoir » plus, de posséder plus, de garder pour lui, et ses proches éventuellement? Cercle clos, excluant, toujours.

Il est à regretter que l’esprit de solidarité (cf. CNR) ait maintenant disparu; société très individualiste, la France a besoin d’un discours clair et rassembleur. C’est la mission du Politique, qui décide des lois commune à tous, justes et efficaces, comme on nous l’avait promis. Encore faut-il qu’il soit à la hauteur de sa tâche, et d’une certaine façon lui (aussi) exemplaire. Pas si simple.

Depardieu, symbole à son corps défendant, de l’exil fiscal et de l’égoïsme, est pourtant plutôt un des derniers à s’exiler. Sinon, il a crée aussi des emplois, soit dit en passant. Omar Sy, vénéré maintenant par nos compatriotes, vit à Los Angeles me semble-t-il…  de même que Dany Boon et d’autres. Je ne parle même pas des sportifs. Quant à Deneuve, femme plutôt discrète, et qui sait s’engager sur des causes « justes », elle a laissé parler sans doute son coeur de l’amitié. Ses propos sur la Révolution et la méconnaissance générale de l’Histoire de France révèlent une peur imaginaire, celle-ci bien partagée quelle que soit la classe sociale. Utilisée aussi comme un mythe, voire un slogan, par certains leaders politiques. Elle ne porte simplement pas alors sur la même catégorie sociale. En miroir.

Bref, ça ne cesse pas : l’autre est dangereux, contre moi, ennemi…Cela  qui s’est exprimé douloureusement en 2002, et qui est toujours une mine pour toute pensée et discours totalisant,(et donc excluant), fait signe d’une haine souvent silencieuse, mais dont la trace ancienne est hélas constitutive de notre humanité. Elle se faufile notamment dans les réseaux sociaux où les échanges sont parfois ponctués de ces insultes jouisseuses, et de jugements à l’emporte-pièce. Moindre mal, que ça puisse se dire?

Il appartient à chacun de savoir conduire sa vie pour lui et pour/vers les autres.

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In memoriam

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with milton green

« I’m happy to be back »

© Lawrence Schiller Marylin Monroe Photos

© Lawrence Schiller Marilyn Monroe Photos

 

Seuls quelques fragments de nous
toucheront un jour des  fragments d’autrui -
La vérité de quelqu’un n’est
en réalité que ça – la vérité de quelqu’un.
On peut seulement partager
le fragment acceptable pour le savoir de l’autre
ainsi on est
presque toujours seuls.
Comme c’est aussi le cas
de toute évidence dans la nature – au mieux peut-être
notre entendement pourrait-il découvrir
la solitude d’un autre.  (45)

I© Photo Bert Stern Marylin Monroe

I© Photo Bert Stern Marilyn Monroe

Ô silence
ton calme me fait mal à la tête – et
transperce mes oreilles
cogne ma tête avec le calme
des sons insupportables/ continus -
sur l’écran du noir absolu
se forment/ réapparaissent des ombres de monstres
mes plus loyaux compagnons -
mon sang palpite sans répit
dévie sa route dans une autre direction
et le monde est en train de dormir
ah, paix je te veux – même si tu es
un monstre de paix. (135)

 

For life
It is rather a determination not to be overwhelmed
For work
The truth can only be recalled, never invented (183)

Marilyn Monroe FRAGMENTS (poèmes non datés) Paris, Seuil, octobre 2010

 

« La jeune femme blonde s’est d’abord recroquevillée sous nos regards. Elle s’est accroupie, les bras autour des genoux…. Elle s’est accroupie dans un coin, les yeux fixés sur un horizon invisible. Elle s’est avancée en traînant les pieds, gauchement. elle s’est relevée lentement, comme un rayon de lumière. Elle a tendu les bras et s’est tenue sur la pointe des pieds jusqu’à se mettre à trembler. Puis  elle s’est déplacée peu à peu dans la pièce, le regard fixé sur un horizon invisible. Elle s’est mise à danser, sans un bruit. Comme en transe, elle tournait sur elle-même, des girations lentes, douloureuses. Elle a enlevé sa chemise sans savoir ce qu’elle faisait. Elle a croisé les bras sur ses seins nus oscillants. Envoûtée, elle s’est pelotonnée par terre comme un enfant et s’est immédiatement endormie, ou a fait semblant…. Une minute encore, et le professeur s’est agenouillé à côté d’elle, inquiet, et a prononcé le nom qu’elle nous avait donné : « Norma Jeane? »..

.. Une âme pure. C’était beau et ça n’avait pas de nom. »

J.C. Oates Blonde  Paris, Stock, 2000, pp. 585-586

 

« Infortunately, this is one night that she did’nt come back for the darkness »

Lawrence Schiller

 

http://www.taschen.com/pages/fr/community/video/37363.marilyn_me.htm

http://www.taschen.com/pages/fr/community/video/37363.marilyn_me.htm © Lawrence Schiller Marilyn Monroe

« Let her be who she was; let’s remenber her as she was. » L. Schiller

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olivier ferrand juste élu 2012Olivier notre ami si attentif le soir des pleurs de ségolène si inquiet  de l’avenir de la gauche si ouvert à toute pensée et toute opinion qui permettait d’aller plus loin.

La gauche qui avance sans totems et sans tabous est en deuil. qu’il repose en paix.

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 Olivier Ferrand, le président du Think Tank Terra Nova, qui venait d’être élu député PS de la huitième circonscription des Bouches-du-Rhône, est décédé samedi matin à Velaux (Bouches-du-Rhône) d’un arrêt cardiaque à 42 ans, a annoncé le premier secrétaire du PS des Bouches-du-Rhône, Jean-David Ciot.


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Pour en finir avec un certain tweet.

A propos du manque d’élégance  d’une journaliste « politique » salariée de Paris Match (« le poids des mots le choc des photos ») qui vient d’acquérir un statut assez particulier, dont à la fois elle se défend mais en même temps dont elle se sert avec excès (et succès?). Pour dire haut et fort que, à mon sens, cette femme n’a hélas guère le sens de l’Etat, et que sa posture soi-disant  » transgressive » n’a rien d’honorable et n’a rien à voir avec la liberté d’une femme. Bien au contraire, l’aliénation à sa passion, destructrice pour les autres, et sans doute pour elle-même, indique combien elle est en proie sans doute à des pulsions irrépressibles, comme nous le sommes tous à un moment ou un autre. « Si la finalité de la femme libre est de pouvoir crier sur les toits, c’est une vision un peu courte de sa liberté d’expression » comme le dit joliment G. Fraisse (Le Monde 22 juin).

Quant à son engagement auprès des Media Lagardère et Bolloré, n’y a-t-il pas là tout de même un sérieux conflit d’intérêt? « Je ne trouve pas « normal » que Valérie Trierweiler demeure journaliste pendant le mandat de François Hollande, avec la complicité d’un magazine à grand tirage tel que « Paris-Match. » Je trouve même cela inacceptable », peut-on lire dans Le Soir. S’il y a une limite à mettre c’est bien là. Pour ses émotions personnelles cela reste son affaire. La culture Paris Match qui a, bien évidemment, entière liberté d’existence et d’expression, est-elle compatible avec le voisinage immédiat et intime du Président? Il y a, me semble-t-il, nuisance envers la fonction symbolique du Président. Ce n’est pas là être sexiste, si c’était dans l’autre sens cela serait pareil. Une limite claire doit être mise qui délimite les champs et les prises de parole. Ailleurs il semble que l’on sache faire avec cela: M. »Merkel« ,   »le professeur Sauer ne gazouille pas ».

 » VT a le droit de refuser le statut de « femme de » en restant journaliste et en conservant sa liberté de parole mais à une condition elle doit renoncer à son statut public de première dame » dit Fr. De Singly (Le Monde  22 juin p. 20). Est-ce suffisant cependant? Je ne le crois pas. La mise en scène publiquement répétée de son amour exclusif, « Embrasse-moi sur la bouche » là, devant toutes les caméras du monde,   »La vie en rose » là, devant les gens à Tulle, pour son plaisir, son bonheur à elle, privé, cela n’est pas digne d’une première dame, que de fait elle est, au moins à ces moments-là, en représentation. Ou alors elle ne doit pas paraître. Car ces comportements ne font qu’indiquer, quoi qu’elle en dise, cette revendication récurrente, cette  monstration de pouvoir : il est à moi! Que dire d’un album de photos dont les légendes nous  convient jusque dans la chambre, jusqu’à la couche. Tout cela qui devrait rester privé, intime!

Et puis, il y a cette autre mise en scène, médiatique, celle-ci, ménage à trois, vaudeville, couvertures de magazines…Lecture inexacte des enjeux, des responsabilités, des implications. Non ce n’est pas « une guerre des miss », même sur le mode de l’humour! Mélange perfidement entretenu par les media, comme toujours quand cela concerne aussi Ségolène Royal, mélange des registres public et privé, acoquinant Royal avec la jouissance excessive de VT, donnant l’image d’une enfant gâtée sans éthique, là où « l’intime doit rester dans l’ombre » (G. Fraisse Le Monde ibid). Postures, places, fonctions, tout cela est  incomparable.  En effet, « le couple Royal-Hollande a incarné l’égalité des sexes  à tous points de vue, de la réussite scolaire à la conjugalité libre jusqu’à la plus haute rivalité politique » (Fraisse ibid). Intolérable de mettre sur le même plan ces deux femmes, l’une politique de haut niveau sert la France, même si, bien sûr elle n’est pas à l’abri d’imperfections, de défauts, de ratages, d’excès. L’autre se sert, pour elle-même point barre. « L’une exerce sur le terrain de la chose publique, guerroie avec les armes virulentes que disputent les hommes aux femmes,.. elle se les arroge sans leur  permission », « l’autre sur le terrain de la chose sentimentale… ne tire sa légitimité que d’avoir ravi un coeur » (Anne-Marie-Garat Le Monde ibid). Si dans l’intime de chacune et de chacun se joue une partie souvent cruelle entre désir et passion, envie et jouissance, amour et haine, cela n’appartient à personne d’en faire une relecture publique. On ne peut hélas que constater quelle est celle qui a mis tout cela sur le devant de la scène, sans réserve.

Car il y a ce tweet et son effet effractif dans tous les registres. Digne d’une Madame Veto. La révélation d’un caprice irraisonné. L’intrusion dans une campagne politique dont elle devait rester éloignée. Aucun  service rendu à une cause collective quelle qu’elle soit, bien au contraire. Pour Eric Fassin par exemple   »la victoire d’O. Falorni est une défaite de la parité. Le Tweet  de VT  a légitimé l’engagement désintéressé d’un homme de gauche au soutien actif de la droite. »( Le Monde ibid). Les effets à plus long terme sur une certaine considération par rapport au Président ne sont pas moindres.

Ségolène Royal elle, est subversive, politiquement subversive. On l’aime (ou bien sûr on la déteste) comme cela, dérangeante, subversive,  autant que constructive. De tout cela, de ses audaces, de ses anticipations,  elle en paie le prix, toujours. Pas victime, non. Visée, blessée, atteinte bien sûr. Mais convaincue, dépassée, élevant le niveau d’un cran. Souvenez-vous « l’Effrontée » en Une du Monde campagne 2007? Qui pourrait se passer d’elle? La révolution idéologique et politique qu’elle met en oeuvre à long terme déjouera les embûches. Ce n’est sans doute pas pour rien que ce mot, « bravitude », lui est venu là-bas sur La Muraille de Chine. Une grande force, une grande obstination. Une détermination.

Au bout de cela, et après toutes ces années de chausse-trappe, il y a enfin une reconnaissance quasi unanime de ses « camarades « , sincère ou pas, elle existe et s’exprime en tous les cas. La nomination de tous ses soutiens fidèles dans les charges de l’Etat. Un « aveu », enfin, de toutes les embûches et les résistances à son existence et à sa réussite politiques: Jean-Claude-Peyrolle parle d’une   »tentative de meurtre politique » advenue pendant ces élections… »Celle qui, lors de la campagne électorale de 2007, avait réussi à faire bouger les lignes entre la droite et la gauche sur un certain nombre de problèmes de société a été également éliminée de la cohorte de députés socialistes qui va entrer au Palais Bourbon ».

« Ma détermination reste intacte« , dit-elle. « Il ne faut jamais se laisser abattre par les trahisons et par les méchancetés. » « Il faut être capable de dépasser ses épreuves et ses itinéraires personnels pour (…) se remettre au service du collectif, au plan national et au plan local, parce que l’un ne va pas sans l’autre », déclare-t-elle. « Il faut que je reprenne un autre chemin ». Cette défaite est « un coup d’arrêt, un amarrage dur à vivre qui ne m’abat absolument pas », confie-t-elle. « Il n’y a pas que la vie du Parti socialiste, il y a d’autres enjeux ». « Je me reconstruis et je fais mon travail en région et à la rentrée de septembre je verrai. Je n’ai rien demandé et ne demande rien. »

D’ores et déjà elle relance le débat sur cette question majeure de notre avenir planétaire, on peut lire ici sa contribution pour Rio (Rio et ses enjeux pour nous tous, conférence bâclée, Rio oubliée!)

« Il faut que je reprenne un autre chemin ».Trouver un chemin oui. Prendre « un autre chemin ». Prendre le temps, prendre du temps, prendre son temps. Pourquoi pas l’Europe, le Monde, la vie? Certes il y a la France et le PS, mais il y a tant à faire partout sur la planète (cf l’invitation des amis africains)? Examiner les offres faites, chercher s’il n’y a pas encore un piège, un « traquenard » en fait comme le dit Gérard Courtois (Le Monde 19 juin) : « Ségolène Royal victime d’un traquenard électoral à La Rochelle ». Piège inconscient parfois, mais résistances toujours actives chez ses « amis » bien sûr, pour que rien, ou si peu, ne bouge. Le vieil appareil. L’encenserait-on plutôt quand elle perd, quand elle n’a plus de pouvoir? Elle représente pourtant tellement, elle a ouvert le socialisme vers l’écologie, vers l’entreprise, vers la réforme bancaire, vers la démocratie qui respire, elle a porté la voix des sans-voix,même si ceux-ci, hélas, ne vont guère voter malgré l’admiration qu’ils lui portent. Malaise profond qu’elle a identifié depuis longtemps, et dont la gauche et le gouvernement ne pourront faire l’économie de traiter au plus juste les causes. Pour preuves les abstentions records qui ne sont pas un bon signe. Pas plus que la place prise par le  FN, dans les esprits surtout.

« On ne vous donnera rien « , » Il va falloir une fois de plus vous battre, faire entendre une autre voix;  le Ségolénisme est un plus pour la Gauche, un plus différent, un plus parfois gênant, mais un plus ». (Christophe Barbier )

Prenez le temps Madame Royal, personne ne vous oubliera. Veillez à ce que les engagements pris soient tenus. Poursuivez votre élaboration conceptuelle, votre élaboration politique, faites-nous savoir vos pensées, vos points de vue, vos critiques constructives, qui ne vont pas tarder à être nécessaires. Soyez dans votre libre pensée, assurez-vous de votre entourage, qu’il soit porteur, éclairé, et de bon conseil. Voyez loin comme vous savez si bien le faire.

Le temps de la juste action viendra.

 

message d'ariane mnouchkine à ségolène royal

Mnouchkine Royal juin 2012

 

Dansons la Carmagnole Madame Royal!


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Un policier constate une affiche "ici c'est Falorni" sur la porte de Ségolène Royal

Photo par Xavier Leoty/AFP/Archives Un policier constate une affiche »ici c’est Falorni » sur la porte de Ségolène Royal législatives 15/06/12 La Rochelle

Ah! ce slogan en boucle sur le parachutage et l’ancrage! Ce « ici c’est Falorni » qui remonte  du fond des temps, comme ces inscriptions sur les murs, les routes, « fuori », dehors! Dehors l’Autre, ici chez nous!

Cette sourde idéologie de ceux qui sont d’ici et ceux qui sont d’ailleurs, ça ne vous rappelle rien? En Grèce ancienne, le Xenos, celui qui arrivait d’ailleurs, était accueilli, respecté. Il apportait avec lui sa richesse. Il était civilisateur.

Qu’est-ce qui le fait courir ainsi M. Falorni? Qu’est-ce qui le pousse à s’obstiner ainsi, à ne pas appliquer la règle et la discipline partisane, d’autant qu’il n’était de toute façon pas habilité à pouvoir prétendre à cette circonscription, puisque elle était de fait réservée à une femme (il le sait d’autant mieux qu’il avait manigancé pour proposer une candidate fantoche dont il aurait ensuite repris la place). Qu’est-ce qui le pousse à cette connivence publique assumée avec la droite Rétaise et Rochelaise? De quoi se prévaut-il, de secrets d’alcôve, de ses relations? A-t-il une conscience, une éthique, un petit bout de quelque chose qui ressemblerait à ça?

On l’a vu à l’Ile de Ré en réunion avec des responsables locaux UMP. On l’a écouté à FR3 Régions et l’on a entendu en boucle sans cesse le même argument: « la souche » et « la parachutée »; sans autre projet ni vision.
Certes, il a été l’ami et le soutien du Président. Mais le Président ne le soutient pas, ni le Premier Ministre, ni le Parti Socialiste, ni le PRG, ni les Verts, ni lePC, ni le FdG, ni le Modem.

Certes, il est l’ami de la compagne du Président, ça maintenant tout le monde le sait. Et la compagne du Président est amie avec une grande féministe, épouse d’un ancien premier ministre, homme si intègre, d’une telle rigueur morale, qu’il reste dans le plus grand silence! Et son épouse est tellement féministe qu’elle avait publiquement conseillé à Mme Royal, femme politique  s’il en est, de faire du théâtre plutôt que de la politique en 2007. Eh oui! Tout s’éclaire!

Alors qui le soutient? Une partie de la gauche des terrasses de café et des commerces sans doute, celle de Fountaine, celle de la vengeance, accoquinée avec la droite Bussereau-Raffarin (tiens un petit-cousin Raffarin vote Royal sur l’Ile de Ré), »le parti des charentais » ils appellent ça, figurez-vous! Le « parti des charentais » contre l’étrangère, celle qui n’a pas rechigné à donner de son temps, de son énergie, et à apporter l’aide financière de la Région au moment de la tempête Xinthia, par exemple. Où était-il? Beaucoup s’accordent à dire que ce cumulard (trois mandats différents) est d’une grande inactivité. On n’a rien entendu de son programme, de son projet, parce que son projet c’est de la « foutre dehors » et et de rester bien au chaud entre amis, de droite, de gauche, qu’importe, mais qu’on ne vienne pas foutre le nez dans nos affaires. Même Maxime Bono n’avait pas vu venir cette déflagration. Il veut être député et puis c’est tout. Un désir vide de sens, de contenu. Un arriviste face à une soi-disant nouvelle arrivée.

Quand on lit les quelques enquêtes journalistiques à propos de  l’Ile de Ré et la Droite locale (enfin! et trop tard, hélas!), quand on est attentif aux arguments avancés, aux méthodes employées, bien sûr ça soulève le coeur : ces thèmes sexistes et racistes, ces relents de l’exclusion, souvent complètement imaginaires, résonnent, dans leur mode et leur construction, avec les enquêtes sur le vote FN, rejet de l’autre sans savoir qui il est (on ne la connaît pas mais elle n’est pas d’ici, certains ajoutent même que lui non plus ils ne le connaissent pas, mais..il est d’ici!). Même la jeune candidate UMP qui a servi de leurre n’en revient pas de ces magouilles.

M. Falorni, porte-voix de cette idéologie rance, au nom de quoi? De ses engagements dans l’ombre, d’amitiés malsaines et intéressées? Pour l’heure, c’est lui qui est exclus de sa famille politique, c’est lui qui n’est pas à sa place en se faisant ainsi l’agent trouble de la mauvaise politique, et en prenant la place d’une femme. Il sera un non-inscrit, quel beau programme pour les Rochelais et les Rétais!

On comprend  que la xena, l’étrangère, qui arrive du ciel avec son parachute, a dû mettre le pied dans une drôle de fourmilière! Ne faut-il qu’être de souche là-bas, ou bien ne faut-il arriver que par la mer? Triste mythologie, triste idéologie, que certaines personnes de gauche hélas approuvent sans même réfléchir au sens  et aux conséquences de leur vote. Seul un geste  républicain peut éviter les conséquences à plus long terme, empêcher tout ce fiel. M. Falorni sera comptable ultérieurement de la prise du pouvoir par la droite.

On veut mettre à terre Mme Royal. Elle n’en sortira que grandie quoi qu’il arrive.

Il y a en effet des belles étrangères civilisatrices, et des vieilles souches pourries.

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Voilà, c’est fait, François Hollande est élu président; je m’en réjouis; il sera un bon président. Il aura aussi, de plus, et en tout cas, vengé la défaite de Royal, cette défaite qui n’aurait pas dû être, on le voit bien maintenant; lorsque tout le monde rame dans le même sens avec les forces unies, la victoire est possible. Même si les conditions objectives sont bien différentes.  C’est bien que depuis quelques temps il lui ait clairement envoyé le signe de sa reconnaissance et de sa légitimité pleine et entière. Car elle a sa place au premier rang. Sans doute a-t-il pris la mesure de sa propre passivité antérieure, voire de son absence, et de ses conséquences. Les derniers rapprochements en tout cas sont heureux et riches de promesses. Car c’est elle parmi tant d’autres mais bien plus que d’autres qui a semé. Elle, qui promettait « d’autres victoires », avait vu juste. Celle d’aujourd’hui porte aussi en filigrane sa signature.

FH dit : « Elle laboure, je sème » (FR3 film), métaphore de terre corrézienne qui peut tout aussi bien être terre charentaise. Pourtant il serait plus juste de dire qu’elle a labouré et semé, elle a enlevé les mauvaises herbes, (attention ça repousse!),  elle a essuyé les plâtres, elle est restée debout malgré les vents contraires et les « animosités amicales »,  les « entourages » comme elle dit. 2007 l’a vue courageuse, déterminée, et inventive, relever la Gauche défaite, affronter le Président sortant présenté comme un homme neuf, celui qui avait pour lui sondages, media (de droite bien sûr mais aussi de gauche  hélas, tout le monde était béat devant ce personnage, sa rupture, son style, n’oublions pas! Lui qui se réclamait de Jaurès!). On se demande encore pourquoi et comment tant de gens se sont laissés ainsi bernés en 2007! Cette fascination naïve! 2012 a pu surfer aussi sur ce mécontentement, cette déception lourde. Et récolter sur l’entente, sur le choix incontournable, nécessaire.

Alors, merci Ségolène! Et tant mieux pour ces retrouvailles qui sonnent si bien avec les semailles.

Pour l’heure, en tout cas, il est essentiel de ne rien faire qui vienne obérer les actions politiques de FH. Il a une lourde tâche dans une période fragile, explosive, tendancieuse, crispée sur des certitudes politiques ici et là, des raidissements coupables, alors que nous, simples citoyens, voyons bien comment il faudrait réorienter, un peu, le Réel, un peu, simplement un peu, quelques réformes; que la  Banque Européenne,  que Mme Merkel, veuillent  bien se déplacer un peu…Pour les media, ça paraît bien difficile de s’en remettre à son Acte de Président, ça paraît bien difficile, quand on voit et que l’on entend  tous les commentateurs qui sont là sur le pont pour écrire l’avenir à la place de… celui qui a été élu. Certains bien sûr pour faire gagner la droite aux législatives, d’autres, beaucoup, parce que encore et toujours les journalistes savent, c’est écrit dans le marbre, ils écrivent la vie, l’opinion, l’avenir. Story-telling. Que de  commentaires qui ressemblent parfois à des diktats ! Ils savent… déjà! Ce qu’il va faire, ce qu’il ne doit pas faire, ce qu’il ne va pas réussir! Quel cirque! Peu de journalistes ont la lucidité de dénoncer cet orgueil déplacé. C’est leur symptôme, leur jouissance, ils sont les « sachants »! Signe d’un doute immense pour eux aussi.

Là, pour l’heure, ils vont pouvoir se régaler, les mediomanes avec l’arrivée de Zorro/JLM dans le Nord! Est-ce une bonne idée? Attention FdG, spectacle du Front contre Front. Que je sache, ça n’a pas donné grand chose aux Présidentielles. N’est-ce pas seulement au fond la mise en scène d’un homme qui veut exister, « un ego trop loin« ? Lui aussi serait-il un « sachant »?  C’est sans doute pas la meilleure idée de vouloir ainsi aller faire « front contre front ». Ca ressemble plus à un spectacle qui, à mon avis, va avoir pour seul effet de gonfler encore le FN, ce qui n’est pas, mais alors pas du tout souhaitable. Ah! le « duel », comme s’il était le Sauveur! Le Justicier face au Monstre, la « semi-démente ». Non non et non! Pas comme ça! Pas ainsi en miroir! Même si beaucoup de ces mécontents voteraient bien d’un côté ou de l’autre (toutes les voix perdues du PC), c’est d’ailleurs, si j’ai bien  compris, ces voix-là qu’il veut aller chercher. Noble intention bien sûr. Mais l’action au Parlement Européen n’a-t-elle plus d’intérêt?  Rien n’a démontré que la stratégie FdG et JLM surtout a permis d’affaiblir le FN et ses thèmes nauséabonds pendant les présidentielles.Et puis il semble qu’il y ait déjà des candidats à cet endroit, et la sagesse politique serait plutôt d’apaiser les haines et les dissensions souvent, trop souvent, dangereusement exploitées! Car sinon c’est à un renforcement des pulsions dévastatrices que l’on va assister, cela qu’a si bien su faire exister le Président d’avant; ce jeu mortifère qui consiste à se prendre pour la Vérité, le Seul, l’Unique, insultes et mépris en poche, au lieu du débat d’idées. Plus facile de déclencher la violence que de l’apaiser, toujours.

Car c’est cela le point d’ombre! La tache,sur notre vie commune, notre destin partagé.Tous ces temps, impossible d’écrire face à ce déchaînement haineux et mensonger permanent; ce réel paranoïaque dans le calcul le plus froid, qui impute à l’autre sa propre jouissance, son propre défaut. D’autres, beaucoup d’autres ont  écrit, relayé jour après jour. Prendre acte de l’état maladif de la France, depuis longtemps, si longtemps. Peur imaginaire de l’autre, exclusion, rejet, supposition que l’autre jouirait plus et mieux que soi, fondée sur sa propre ignorance, cette ignorance  exploitée par la militance FN, relayée par NS; cette croyance à la différence, où l’on voit même des immigrés voter NS, de même qu’en 2007. -On donne aux immigrés, pas à nous, nous, on a réussi – ceux qui arrivent pour nous envahir  vont nous prendre ce qu’on a, le petit peu que l’on a- la France métissée  des banlieues, c’est là où le vote FN décroit disent les études/ la France rurale et périurbaine pas mélangée avec les immigrés  vote elle par contre plus FN. Le Limousin rouge, mon cher Limousin résistant, et la montée du FN là-bas chez les paysans. Insupportable. Tous ces gens révoltés certes, souffrants certes, mais pourtant   »rétrécis », crispés sur leur trognon identitaire comme seule solution à leur haine de l’autre, qui bien sûr est alimentée par des faits réels, mais qui dit ce qui va au-delà dans l’excitation fantasmatique. Il faut prendre cela en considération sérieusement, cette haine. Cette réalité socio-politique qu’il faut sans cesse garder à l’esprit : l’état sérieusement anti-étranger, anti-islam notamment, d’une grande partie de l’électorat. L’idéologie permanente et bien réelle du rejet de l’autre, souvent construite imaginairement et entretenue pendant toute la campagne.

La victoire de FH est nette.  Elle est cependant à mettre en perspective avec le score hélas inquiétant de NS sur une ligne en permanence « Buisson », soit le pire de ce qui pourrait identifier le « peuple français » (lire à ce sujet « Buisson : une défaite à la Pyrrhus NOTE Par Olivier Ferrand« ). Que NS ait pu obtenir un tel score est  très inquiétant, quand on sait sur quels thèmes il a pu réunir ses suffrages!!  »Le « buissonisme » est une mèche longue autant qu’un poison auquel la gauche sera sans doute confrontée longtemps« , dit François Kalfon. Oui, ne l’oublions jamais.

Voilà c’est fait, François Hollande est élu Président de la République Française. J’ai  l’espoir que quelque chose d’autre advienne qui rétablisse a minima l’esprit républicain. Je ne souhaite pas la révolution comme d’autres, je souhaite que s’établissent plus d’ordre républicain, moral, éthique, et une justice fiscale sociale, écologique. Cela ne fait pas le tout d’un peuple et d’une communauté nationale. Il faut laisser la diversité pour tous et pour chacun la liberté de « respirer », c’est cela la difficulté de la responsabilité politique. Un « ordre juste » disait Mme Royal, merci à elle d’avoir inspiré le socialisme à venir.

« Quelque chose s’est levé… » ! Ne l’affaiblissons pas! Ne le parasitons pas! Ne l’entravons pas!

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Hollande/Royal

capture d’écran France2 Des paroles et des actes 15 mars 2012

Cet homme regarde-t-il avec ferveur, avec froideur, cette femme?  Est-ce un instant de ferveur, la ferveur d’un instant?

Vers la 5ème minute de l’émission DPDA sur France2, Pujadas compare les sondages intentions de vote Royal-Hollande  concernant les votants (votes pour le candidat et votes contre l’autre candidat). 45/45 pour la première, 63/36 pour le second. A la question posée par Pujadas, qui lui demande si ce qui lui manque n’est pas d’ »avoir su ou de pouvoir créer un lien  avec les français », voilà-t-il pas que la réponse arrive, sèche, cassante : « Rappelez-moi ce qui s’est passé  en 2007? » Puis silence. Puis, « Ce qui compte c’est de gagner l’élection. Je ne veux pas créer je ne sais quelle ferveur d’un instant (temps de silence)…nécessaire« , puis « J’ai conscience de ce que me disent les français etc.. la vie chère…prix de l’essence, denrées alimentaires.. » Donc, si l’on suit bien, en 2007 c’était juste une « ferveur d’un instant…nécessaire ». poursuivre la lecture…

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« Mais qu’ils se taisent »

 

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