le blog d'Evah5

l'air du temps qui passe


les matins – Ségolène Royal par franceculture

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On peut critiquer et regretter le fait que les « people »  aient bien peu conscience de la pauvreté préoccupante de nombre de leurs concitoyens. Leur réaction n’est pas mieux ou pire que celle de banquiers, industriels, publicitaires, sportifs, intellectuels, et politiques qui vivent dans un « autre monde », dit-on souvent. En cela,  ils font corps dans une certaine communauté d’esprit, comme beaucoup d’autres corporations. Mais ce « monde » fait aussi partie de la société française. Qui peut dire qu’il ne ferait pas de même dans la même situation, qui peut se prétendre sans rougir « altruiste »? Qui n’ a pas envie d »avoir » plus, de posséder plus, de garder pour lui, et ses proches éventuellement? Cercle clos, excluant, toujours.

Il est à regretter que l’esprit de solidarité (cf. CNR) ait maintenant disparu; société très individualiste, la France a besoin d’un discours clair et rassembleur. C’est la mission du Politique, qui décide des lois commune à tous, justes et efficaces, comme on nous l’avait promis. Encore faut-il qu’il soit à la hauteur de sa tâche, et d’une certaine façon lui (aussi) exemplaire. Pas si simple.

Depardieu, symbole à son corps défendant, de l’exil fiscal et de l’égoïsme, est pourtant plutôt un des derniers à s’exiler. Sinon, il a crée aussi des emplois, soit dit en passant. Omar Sy, vénéré maintenant par nos compatriotes, vit à Los Angeles me semble-t-il…  de même que Dany Boon et d’autres. Je ne parle même pas des sportifs. Quant à Deneuve, femme plutôt discrète, et qui sait s’engager sur des causes « justes », elle a laissé parler sans doute son coeur de l’amitié. Ses propos sur la Révolution et la méconnaissance générale de l’Histoire de France révèlent une peur imaginaire, celle-ci bien partagée quelle que soit la classe sociale. Utilisée aussi comme un mythe, voire un slogan, par certains leaders politiques. Elle ne porte simplement pas alors sur la même catégorie sociale. En miroir.

Bref, ça ne cesse pas : l’autre est dangereux, contre moi, ennemi…Cela  qui s’est exprimé douloureusement en 2002, et qui est toujours une mine pour toute pensée et discours totalisant,(et donc excluant), fait signe d’une haine souvent silencieuse, mais dont la trace ancienne est hélas constitutive de notre humanité. Elle se faufile notamment dans les réseaux sociaux où les échanges sont parfois ponctués de ces insultes jouisseuses, et de jugements à l’emporte-pièce. Moindre mal, que ça puisse se dire?

Il appartient à chacun de savoir conduire sa vie pour lui et pour/vers les autres.

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« La politique ce n’est pas ma partie, je le rappelle tout au long de ces billets, des éléments plus techniques peuvent bien sûr m’échapper, mais je fais retour ici sur ce que j’en entends au rythme du temps et des échos assourdissants de l’univers médiatique, mais aussi des analyses plus poussées dans tous les domaines, hélas trop rares. « L’inconscient c’est le Réel » (J. Lacan). Je suis moi-même aux prises et au service chaque jour de ce qui parle et fait symptôme, de ce Réel, là où ça rate. Et cela est politique.

« Cela fait déjà pas mal de temps  que je voulais en dire quelque chose de cette « arrivée » de la Gauche au pouvoir, (beaucoup de places de pouvoir, très lourde responsabilité). Ne trouvant ni le temps ni l’envie, parce que ne voulant pas  donner prise à ce « hurler-avec-les loups » médiatique, ni participer à cette curée aveugle (ou intentionnel?), ne voulant pas donner l’impression que je participe à l’abattage déchaîné et systématique, comme toute une part des media, signe s’il en était besoin que la presse est bien aux mains des libéraux, et aussi que le « dire tous pareils » de nombre de journalistes, leur slogans en boucle, leurs exégèses parfois « délirantes »  fonctionne à plein. « les moutons.. » Marianne. Mais ce dont on est  là les témoins, je l’ai bien souvent dénoncé  et depuis longtemps! Avec S. Royal  (2007, Primaires PS), on a déjà depuis longtemps l’entraînement au bashing (les « camarades » ne le dénonçaient guère alors!).

Sans doute suis-je baignée de ce sentiment sourd et confus de ne rien pouvoir attraper, épingler, qui ferait signe, oui, on ne peut le nier, d’un « cap« . Une « marche en crabe » dit  Domenach dans Marianne. Oui, bien vu. Ou bien, j’apprécie cet autre point de vue : « L’art de M. Hollande est à son comble dans cette retenue, ce retrait…Il triomphe à se dérober dans un invincible incognito. On ne saurait être plus habile. Mais qui prendrait comme phare dans la tempête une étoile filante qui clignote sur le bord de sa disparition. ». François Hollande, avion furtif, par Jacques-Alain Miller

« Loin de moi l’envie de critiquer aveuglément ce gouvernement et ce Président avant qu’ils n’aient eu le temps de faire leurs preuves. Ils ont bien sûr mon soutien de coeur et de raison. J’ai élu F. Hollande sans état d’âme, tant j’étais déjà consciente d’une position politique et éthique peu tranchée. Je n’ai cependant aucune sympathie pour la stratégie de  JL Mélenchon qui, même si les arguments sont souvent fondés, entretient un climat permanent de catastrophisme, d’agressivité, et de critique souvent injurieuse à l’égard du pouvoir, tant il vise à le déstabiliser pour s’en emparer (il a eu pour cela une longue formation militante).

« Un désir peu décidé, dis-je. Bien sûr, on a quitté un état de « terreur » et de démolition quasi permanent, style du sarkozysme. Bien sûr il faut reconstruire autre chose, autrement. Bien sûr ce n’est pas le même style et le même projet politique, et c’est tant mieux.  Cependant, d’ores et déjà des signes me paraissent préoccupants. Je vais essayer de dire les choses au plus juste. Le bon, le mauvais. Ce qui permet d’espérer, ce qui inquiète. La détermination de FH n’est pas à mettre en doute mais l’orientation reste confuse, divisée, on sent bien qu’il existe des divergences idéologiques majeures, comme elles existent d’ailleurs au PS, là où elles sont rarement tranchées.  La démonstration de FH au débat des primaires avait déjà laissé poindre cela : d’accord sur tout,  n’étant clair au fond que sur les contrats de génération..Le Président doit pourtant envoyer des messages clairs de sa politique. Clairs et engagés à gauche : budget, finance, banques notamment. Où  retrouve-t-on le discours du Bourget? ! Le sens annoncé était celui de plus de justice, sociale, fiscale.. d’un combat contre la finance. Mais déjà il y a des compromissions et des reculades injustes. Je rappelle aussi la promesse du non-cumul; c’est indéfendable M. Rebsamen, sinon pour garder vos pouvoirs, (M. Rebsamen  qui aux dernières nouvelles presse le Président de « fixer le cap » est -il conscient de la « nocivité » de ses propres positions?); la réforme de l’Etat, (lutte anti-corruption, conflits d’intérêts, marchés publics, cumuls de fonctions etc..); et toute mesure énergique qui enverrait aux français un signal de justice, d’ »ordre juste ».

« Dès la composition du gouvernement, il était aisé de s’apercevoir de divergences et de conflits interministériels à venir. (et tout de même ce sont les hommes qui tiennent la bourse!). Mon intuition semble confirmée par un article dans Le Monde du jeudi 1er novembre, notamment sur les divergences à Bercy, et la place singulière et de poids du Directeur du Trésor, resté en poste après la défaite de N. Sarkozy.  Doit-on craindre que la belle annonce du Bourget  sur la Finance  au service de l’Economie ait été remaniée dans les ministères Budget, Economie/Finances, passant par le filtre idéologique d’une gauche au fond assez libérale.  Budget, Economie, Finances, le nerf de la guerre encore plus en ces temps troubles. Il y a, on le voit bien, des tensions idéologiques. Orientation libérale Moscovici-Cahuzac, versus orientation franchement gauche  version Montebourg par exemple? Mais celui-ci diverge sur le nucléaire avec Batho (bon courage!) :   »La France doit prendre le tournant de l’économie verte » dit-elle, oh que oui! Quant au Président PS de la Commission du développement durable de l’AN  voilà ce qu’il en pense : « Aujourd’hui personne au gouvernement, (à part D. Batho) ne parle de transition écologique, d’excellence environnementale, de nouveau modèle développement ». Il semble, selon les mêmes sources (Le Monde  31 octobre) que ce ne soit pas la préoccupation du ministre du budget. Laurence Rossignol, secrétaire nationale du PS chargée de l’environnement pense, elle, qu’ »il va falloir organiser une formation à l’écologie pour les ministres »! Tout est à l’avenant. Mais où a-t-on vu que le Président (et bien d’autres) était éveillé à l’écologie sinon pour s’en servir comme argument politique? (Notre-Dame des Landes si mal engagé, si mal réglé, alors qu’on aurait pu prendre le temps de remettre les choses à plat comme le conseillait Ségolène Royal).

« Et puis, quid de ce conflit d’intérêt  dont on n’a peu parlé concernant la BPI?  Conseillée par  le Directeur d’une banque privée,  important patron de presse qui plus est?  Non, non! pas de mélange des genres! N’a -t-on pas suffisament critiqué les Dassault, Lagardère? Le mélange media/finances/politique? Conflit d’intérêt? Des banquiers d’affaires pour créer une banque chargée de permettre aux entreprises d’échapper aux banquiers?   »ça se fait » aurait dit Moscovici (cf. Canard). Alors si ça se fait pourquoi changer? Les bonnes vieilles pratiques ou un vrai changement de sens et de méthode? Il faut à ce sujet lire ces excellents billets : Ce que l’affaire Pigasse révèle sur le capitalisme. Vers la mort d’une belle idée, la BPI?  »ce petit monde oligarchique est toujours dans la place ». Sarkozy-Hollande, l’anormale continuité.

« Et puis quid de la réforme fiscale?  Quid des bons conseils et du travail sérieux de Th.Piketty (Mediapart) qui a chaque intervention fait des propositions pour une  réforme fiscale claire et courageuse : « Ce gouvernement ne semble pas comprendre que pour défendre le modèle  social français nous avons besoin de moderniser, par exemple en unifiant les régimes de retraite.  Un système fiscal le plus neutre possible, prélèvement à la source unifié dans ses assiettes », « absurdité fiscale : le régime dérogatoire pour certaines plus-values est une usine à gaz » (Le monde 19 oct.). Repris aussi pas R. Rancière Libé 30 oct. « Entre incompétence et incohérence ». Est-ce si compliqué? Ou bien faut-il encore et toujours être dans les atermoiements? J’ai consulté dans Le monde du 2 oct. les conséquences de la réforme fiscale pour les revenus de 2013 et la variation/IR. Si cela est exact, c’est d’une incohérence et d’une injustice assez remarquables : par ex., pour 1 part revenu 28000 5,9% de plus d’augmentation alors que revenus 60000 3,5%! ! Impots Le monde oct. 2012

« Quid de la séparation des activités bancaires qui devait être la première mesure prise? Réforme fiscale, réforme bancaire, séparation banque de dépôt? Un rapport de la CE, le rapport Likanen recommande de  séparer activités de dépôt et activités à risque (Libé 2 oct.). Bien sûr, quand on a vu l’excellent documentaire sur Goldman Sachs sur Arte on peut, sans être trop paranoïaque, se demander jusqu’à quel point les réseaux financiers  spéculateurs ne sont pas déjà dans la place politique pour tirer les ficelles. Mais cela, tout au contraire, devrait inciter à être plus audacieux (ou alors le politique est totalement impuissant, définitivement?).

« De M. Valls, que nous avions vu si engagé (tardivement) avec SR au congrès de Reims, on ne dira guère. La prise de position avec les Roms est tout simplement pour moi insupportable. Ce que Marcela Iacub appelle la « répression progressiste » (Libé 9 sept 12) ou bien E. Fassin « l’obsession sécuritaire » Le monde 26 sept.. Chr. Deltombe et Chr. Auger, Président  et DG d’Emmaüs, quand à eux, considèrent que c’est une honte  pour un pouvoir de gauche (Le Monde 15/08/12). Le reste suit. C’est tout de même très inquiétant que M. Valls ait une telle cote chez les Français en surfant sur les pires idées de ségrégation et de rejet. « Servir la France, pas se servir » dit SR. Au choix, en ce qui le concerne. Mon opinion est faite. Il vise plus haut. Cela apporte un certain éclairage sur ce « fameux » manque d’autorité du premier Ministre n’est-ce pas? Ce premier Ministre qui devrait bien asseoir  davantage son point de vue, et même s’il a envie que l’on rouvre le débat sur les 35heures. Et pourquoi pas? De l’audace. Et à sa décharge, le comportement individualiste de certains ministres qui jouent leur partie, sans aucune discipline collective. Toujours attirés par le gain de pouvoir. Si « on voulait » l’abattre on ne ferait pas mieux.

« Peut-être, inconsciemment ou pas, toute cette confusion est-elle un peu entretenue par le Président? Jeu dangereux. Par calcul, par « amitié »,  (Moscovici, Valls, les deux piliers de sa campagne, on était déjà averti tout de même!) mais aussi parce qu’il est ainsi, subjectivement. Souvenons-nous, l’homme de la « synthèse » quand il était Premier Secrétaire, ou bien, triste souvenir, son silence et son absence spectaculaires le soir du vote du Congrès de Reims. Ne pas trancher..« Nous en sommes à la troisième année de crise. La reprise va arriver, c’est une question de cycle. » Avant de se reprendre : « Il peut aussi y avoir un scénario noir, celui de la récession. Le rôle du chef de l’Etat c’est de préparer toutes les hypothèses. » Quand il dit cela qu’est-ce qu’il dit? Le Monde du 1er novembre laisse entendre que F. Hollande veut mettre en concurrence deux discours, deux  sensibilités. C’est sacrément risqué pour nous tous. Mais est-ce qu’il n’est pas ainsi au fond, à vouloir « faire la synthèse » sans cesse, et que du coup les choses ne bougent pas? Réunir, rassembler des opposés peut être une noble tâche, mais elle est souvent assez vaine. Elle peut  être opportune en diplomatie, pour l’Europe par exemple, bien sûr qu’il faut des compromis, mais pour l’orientation politique de la France ici, maintenant? Au fond le Président serait-il un grand « affectif » embrouillé dans ses sentiments, ne voulant déplaire ni à l’un, ni à l’autre? Ce qui rend encore plus spectaculaire les moments où il « tranche », comme par exemple son choix de la motion Delanoë au Congrès de Reims, contrevenant à son annonce de voter pour la motion arrivée en tête, c-à-d celle où était Royal. (ah! oui bien sûr on comprend mieux maintenant pourquoi et comment il s’est ainsi « dédit »). Se dédire, sans doute les français n’aiment pas cela. Nous le faisons tous, tous les jours, mais nous voulons aux manettes, quelqu’UN qui tienne parole. Les Français ont dit non au style et à la politique de NS. Qu’ont-ils demandé en « choisissant » FH? Qui peut le dire? (on ne peut nier qu’il fut alors fort « aidé » par media et sondages, ne pas l’oublier). Un  changement de style, une action plus juste, plus à « gauche ». Mais une élection se joue toujours sur une part imaginaire, fantasmée, et sans doute tient-elle aussi d’une demande à un « sauveur » (surtout par les temps qui courent). La demande est-elle celle d’un Homme fort? Toute demande contient une part d’impossible à satisfaire, nous le savons, et les politiques le savent. Elle doit en tout cas être entendue et être respectée. La parole donnée engage. La bonne autorité est la meilleure des vertus… (cf. A. Harendt)

D’ailleurs, par en-dessous, n’y a-t-il pas tout de même une ligne? Ce qui alerte, et peut-être ce qui éclaire sur ce qui nous apparaît peut-être à tort comme immobile, confus, ce sont  les choix des nominations ici et là. Elles indiquent tout de même une certaine orientation, pas toujours très à gauche, une communication marquée du sceau Euro RSCG. etc.. ici Mediapart, ici les réseaux DSK, et ici Marianne. Un élément de la réponse me semble-t-il? Choix décidé ou choix forcé?

Enfin, plus près de certaines de mes activités et expériences auprès de jeunes fragiles, je veux dire un mot de ce qui sans cesse n’est pas traité (cf. billets antérieurs sur la jeunesse) : les  contrats d’avenir c’est très bien, mais quid de mettre le paquet sur l’apprentissage, les contrats de qualifications, de professionnalisation, (qui sont de « vrais » emplois), alors qu’il est si difficile pour un jeune de trouver un employeur même pour un stage (s’il est noir de surcroît et peut-être sans famille à l’ASE, je ne vous dis pas.. de cela je peux témoigner, mais il s’agit là de la classe pauvre!)..N’oublions pas non plus le service civique crée par M. Hirsch qui débouche sur des vrais emplois. 

Quid de la pédopsychiatrie en lambeaux et des contrats d’aide ASE (« Plaidoyer en faveur d’une véritable politique d’aide aux Jeunes Majeurs ») pour les jeunes en situation difficile qui sont drastiquement diminués (notamment dans une grande ville de gauche) ? Quelle logique? Peut-être que ces personnes dans les cabinets n’ont pas une grande conscience de tout cela. Administrons, gérons! Il ne suffit pas non plus de faire encore et toujours des commissions contre la violence, il faut agir! Je n’aborderai même pas ici la question de la psychiatrie, des lois sarkozystes sur l’emprisonnement prédictif et autres torsions idéologiques graves, parce que de tout cela, pas un mot!/

/ Et puis.. les mots de Ségolène Royal:   »Il faut densifier l’impulsion politique » annonce-t-elle dans Le Monde du 20 octobre. Au Congrès du PS à Toulouse le 25 oct. elle parle clair. Florilège : » Un sursaut est impérieux. La sortie de crise est conditionnée par la réalisation de ce que nous avons promis.. Il faut  faire obéir les banques.. redéfinir notre objectif de civilisation. 3% est un objectif financier et comptable pas un objectif de civilisation.. La zone euro doit prendre une dimension politique.. Le système financier continue comme avant le système financier n’est pas rassasié.. Il faut engager la métamorphose de notre économie. BEI, croissance verte mutation écologique, nous avons la capacité de relever le défi… Créer une agence publique de notation… Faisons-le.. il est temps de passer aux actes.. interdire les ventes à terme.. Nous avions dit/ faisons le. La réforme bancaire doit être faite sans tarder.. Ayons le courage de lever les faux-obstacles. Accélérons.. nous avons besoin d’aller vite..  » Enfin, citant F. Mitterrand : »Les occasions gâchées débouchent vite sur des implosions ravageuses ». Elle dit cela si clair, si vrai, qui fait écho en moi, dans mon impatience et  ma déconvenue.

Aurait-elle pu faire mieux si elle avait été Présidente? Personne ne peut le dire. Se serait-elle entourée des mêmes personnes, des mêmes conseils, certains oui sans doute, pour d’autres…Le style n’est pas le même, la personnalité non plus. Je ne suis pas une adoratrice muette et aveugle, et j’ai bien sûr quelques points des désaccords, mais, je l’ai souvent dit, elle a pour moi réenrichi la politique. Elle s’adresse à l’autre (FH, JMA, PM, tous ces hommes un peu « lents » et  hésitants), elle interprète l’autre et la chose politique avec justesse et conviction et audace, bien sûr. A Toulouse, elle crée avec retenue un éveil, même si comme toujours on devine le TSSR (ah l’arrivée inélégante de M. Aubry juste à la fin de son discours, au moment des applaudissements!) « Aller Vite », ce n’est pas l’urgence, l’agitation sarkozyste, c’est le kaïros, le désir décidé, cela n’est pas « on attend, on attend, on verra, on fait des commissions », non! On dit, on fait. Et l’important, c’est que cela n’est pas théorique, idéologique, puisqu’elle prouve chaque jour par son action dans sa Région, que  quelque chose est possible. Cela peut être perçu comme un peu « outrancier », »autoritaire », « trop », mais SR est vraiment dans l’acte, comme nous le nommons en psychanalyse, le temps de l’Acte.. et puis tout de même elle fait sa « passe » sans cesse, sans cesse chutant, « chutée » (?), sans cesse debout, droite dans son désir. Audacieuse, efficace et clairvoyante, cela qui, sans doute, pour l’état collectif fort déprimé de la nation, n’est pas forcément un avantage, et c’est bien regrettable. (voir plus haut la demande d’un « Homme fort » incompatible avec  le fantasme d’une « belle femme » qui tiendrait le manche..). cf. Billets précédents.

« Tout se tient » dit S. Royal Avec elle, tout cela n’est pas une posture. Qu’elle garde son ton singulier, son allure singulière, sa démarche, sa liberté. Qu’elle ne fasse pas trop le bon petit soldat à défendre de l’indéfendable. Son acte et sa vérité. Tout se tient, oui le nouage, elle le trouve, le bon nouage : pme/ croissance verte/ investissement recherche/ jeunes  apprentissage apprendre..

« TouT se tient ». Et bien là ça ne se tient pas.  Il faut des actes, la politique par la preuve. De l’audace, de l’invention. Voilà. La politique par la preuve, dans le bon sens, avec du sens pour l’avenir. Sans tergiversations, sans reculades, sans tactiques politiciennes. Et avec les entreprises. « Tout se tient » Oui, là, c’est mis en actes. Je suis fière de lui rester fidèle. Sans aucune idéalisation.

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Pour en finir avec un certain tweet.

A propos du manque d’élégance  d’une journaliste « politique » salariée de Paris Match (« le poids des mots le choc des photos ») qui vient d’acquérir un statut assez particulier, dont à la fois elle se défend mais en même temps dont elle se sert avec excès (et succès?). Pour dire haut et fort que, à mon sens, cette femme n’a hélas guère le sens de l’Etat, et que sa posture soi-disant  » transgressive » n’a rien d’honorable et n’a rien à voir avec la liberté d’une femme. Bien au contraire, l’aliénation à sa passion, destructrice pour les autres, et sans doute pour elle-même, indique combien elle est en proie sans doute à des pulsions irrépressibles, comme nous le sommes tous à un moment ou un autre. « Si la finalité de la femme libre est de pouvoir crier sur les toits, c’est une vision un peu courte de sa liberté d’expression » comme le dit joliment G. Fraisse (Le Monde 22 juin).

Quant à son engagement auprès des Media Lagardère et Bolloré, n’y a-t-il pas là tout de même un sérieux conflit d’intérêt? « Je ne trouve pas « normal » que Valérie Trierweiler demeure journaliste pendant le mandat de François Hollande, avec la complicité d’un magazine à grand tirage tel que « Paris-Match. » Je trouve même cela inacceptable », peut-on lire dans Le Soir. S’il y a une limite à mettre c’est bien là. Pour ses émotions personnelles cela reste son affaire. La culture Paris Match qui a, bien évidemment, entière liberté d’existence et d’expression, est-elle compatible avec le voisinage immédiat et intime du Président? Il y a, me semble-t-il, nuisance envers la fonction symbolique du Président. Ce n’est pas là être sexiste, si c’était dans l’autre sens cela serait pareil. Une limite claire doit être mise qui délimite les champs et les prises de parole. Ailleurs il semble que l’on sache faire avec cela: M. »Merkel« ,   »le professeur Sauer ne gazouille pas ».

 » VT a le droit de refuser le statut de « femme de » en restant journaliste et en conservant sa liberté de parole mais à une condition elle doit renoncer à son statut public de première dame » dit Fr. De Singly (Le Monde  22 juin p. 20). Est-ce suffisant cependant? Je ne le crois pas. La mise en scène publiquement répétée de son amour exclusif, « Embrasse-moi sur la bouche » là, devant toutes les caméras du monde,   »La vie en rose » là, devant les gens à Tulle, pour son plaisir, son bonheur à elle, privé, cela n’est pas digne d’une première dame, que de fait elle est, au moins à ces moments-là, en représentation. Ou alors elle ne doit pas paraître. Car ces comportements ne font qu’indiquer, quoi qu’elle en dise, cette revendication récurrente, cette  monstration de pouvoir : il est à moi! Que dire d’un album de photos dont les légendes nous  convient jusque dans la chambre, jusqu’à la couche. Tout cela qui devrait rester privé, intime!

Et puis, il y a cette autre mise en scène, médiatique, celle-ci, ménage à trois, vaudeville, couvertures de magazines…Lecture inexacte des enjeux, des responsabilités, des implications. Non ce n’est pas « une guerre des miss », même sur le mode de l’humour! Mélange perfidement entretenu par les media, comme toujours quand cela concerne aussi Ségolène Royal, mélange des registres public et privé, acoquinant Royal avec la jouissance excessive de VT, donnant l’image d’une enfant gâtée sans éthique, là où « l’intime doit rester dans l’ombre » (G. Fraisse Le Monde ibid). Postures, places, fonctions, tout cela est  incomparable.  En effet, « le couple Royal-Hollande a incarné l’égalité des sexes  à tous points de vue, de la réussite scolaire à la conjugalité libre jusqu’à la plus haute rivalité politique » (Fraisse ibid). Intolérable de mettre sur le même plan ces deux femmes, l’une politique de haut niveau sert la France, même si, bien sûr elle n’est pas à l’abri d’imperfections, de défauts, de ratages, d’excès. L’autre se sert, pour elle-même point barre. « L’une exerce sur le terrain de la chose publique, guerroie avec les armes virulentes que disputent les hommes aux femmes,.. elle se les arroge sans leur  permission », « l’autre sur le terrain de la chose sentimentale… ne tire sa légitimité que d’avoir ravi un coeur » (Anne-Marie-Garat Le Monde ibid). Si dans l’intime de chacune et de chacun se joue une partie souvent cruelle entre désir et passion, envie et jouissance, amour et haine, cela n’appartient à personne d’en faire une relecture publique. On ne peut hélas que constater quelle est celle qui a mis tout cela sur le devant de la scène, sans réserve.

Car il y a ce tweet et son effet effractif dans tous les registres. Digne d’une Madame Veto. La révélation d’un caprice irraisonné. L’intrusion dans une campagne politique dont elle devait rester éloignée. Aucun  service rendu à une cause collective quelle qu’elle soit, bien au contraire. Pour Eric Fassin par exemple   »la victoire d’O. Falorni est une défaite de la parité. Le Tweet  de VT  a légitimé l’engagement désintéressé d’un homme de gauche au soutien actif de la droite. »( Le Monde ibid). Les effets à plus long terme sur une certaine considération par rapport au Président ne sont pas moindres.

Ségolène Royal elle, est subversive, politiquement subversive. On l’aime (ou bien sûr on la déteste) comme cela, dérangeante, subversive,  autant que constructive. De tout cela, de ses audaces, de ses anticipations,  elle en paie le prix, toujours. Pas victime, non. Visée, blessée, atteinte bien sûr. Mais convaincue, dépassée, élevant le niveau d’un cran. Souvenez-vous « l’Effrontée » en Une du Monde campagne 2007? Qui pourrait se passer d’elle? La révolution idéologique et politique qu’elle met en oeuvre à long terme déjouera les embûches. Ce n’est sans doute pas pour rien que ce mot, « bravitude », lui est venu là-bas sur La Muraille de Chine. Une grande force, une grande obstination. Une détermination.

Au bout de cela, et après toutes ces années de chausse-trappe, il y a enfin une reconnaissance quasi unanime de ses « camarades « , sincère ou pas, elle existe et s’exprime en tous les cas. La nomination de tous ses soutiens fidèles dans les charges de l’Etat. Un « aveu », enfin, de toutes les embûches et les résistances à son existence et à sa réussite politiques: Jean-Claude-Peyrolle parle d’une   »tentative de meurtre politique » advenue pendant ces élections… »Celle qui, lors de la campagne électorale de 2007, avait réussi à faire bouger les lignes entre la droite et la gauche sur un certain nombre de problèmes de société a été également éliminée de la cohorte de députés socialistes qui va entrer au Palais Bourbon ».

« Ma détermination reste intacte« , dit-elle. « Il ne faut jamais se laisser abattre par les trahisons et par les méchancetés. » « Il faut être capable de dépasser ses épreuves et ses itinéraires personnels pour (…) se remettre au service du collectif, au plan national et au plan local, parce que l’un ne va pas sans l’autre », déclare-t-elle. « Il faut que je reprenne un autre chemin ». Cette défaite est « un coup d’arrêt, un amarrage dur à vivre qui ne m’abat absolument pas », confie-t-elle. « Il n’y a pas que la vie du Parti socialiste, il y a d’autres enjeux ». « Je me reconstruis et je fais mon travail en région et à la rentrée de septembre je verrai. Je n’ai rien demandé et ne demande rien. »

D’ores et déjà elle relance le débat sur cette question majeure de notre avenir planétaire, on peut lire ici sa contribution pour Rio (Rio et ses enjeux pour nous tous, conférence bâclée, Rio oubliée!)

« Il faut que je reprenne un autre chemin ».Trouver un chemin oui. Prendre « un autre chemin ». Prendre le temps, prendre du temps, prendre son temps. Pourquoi pas l’Europe, le Monde, la vie? Certes il y a la France et le PS, mais il y a tant à faire partout sur la planète (cf l’invitation des amis africains)? Examiner les offres faites, chercher s’il n’y a pas encore un piège, un « traquenard » en fait comme le dit Gérard Courtois (Le Monde 19 juin) : « Ségolène Royal victime d’un traquenard électoral à La Rochelle ». Piège inconscient parfois, mais résistances toujours actives chez ses « amis » bien sûr, pour que rien, ou si peu, ne bouge. Le vieil appareil. L’encenserait-on plutôt quand elle perd, quand elle n’a plus de pouvoir? Elle représente pourtant tellement, elle a ouvert le socialisme vers l’écologie, vers l’entreprise, vers la réforme bancaire, vers la démocratie qui respire, elle a porté la voix des sans-voix,même si ceux-ci, hélas, ne vont guère voter malgré l’admiration qu’ils lui portent. Malaise profond qu’elle a identifié depuis longtemps, et dont la gauche et le gouvernement ne pourront faire l’économie de traiter au plus juste les causes. Pour preuves les abstentions records qui ne sont pas un bon signe. Pas plus que la place prise par le  FN, dans les esprits surtout.

« On ne vous donnera rien « , » Il va falloir une fois de plus vous battre, faire entendre une autre voix;  le Ségolénisme est un plus pour la Gauche, un plus différent, un plus parfois gênant, mais un plus ». (Christophe Barbier )

Prenez le temps Madame Royal, personne ne vous oubliera. Veillez à ce que les engagements pris soient tenus. Poursuivez votre élaboration conceptuelle, votre élaboration politique, faites-nous savoir vos pensées, vos points de vue, vos critiques constructives, qui ne vont pas tarder à être nécessaires. Soyez dans votre libre pensée, assurez-vous de votre entourage, qu’il soit porteur, éclairé, et de bon conseil. Voyez loin comme vous savez si bien le faire.

Le temps de la juste action viendra.

 

message d'ariane mnouchkine à ségolène royal

Mnouchkine Royal juin 2012

 

Dansons la Carmagnole Madame Royal!


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Voilà, c’est fait, François Hollande est élu président; je m’en réjouis; il sera un bon président. Il aura aussi, de plus, et en tout cas, vengé la défaite de Royal, cette défaite qui n’aurait pas dû être, on le voit bien maintenant; lorsque tout le monde rame dans le même sens avec les forces unies, la victoire est possible. Même si les conditions objectives sont bien différentes.  C’est bien que depuis quelques temps il lui ait clairement envoyé le signe de sa reconnaissance et de sa légitimité pleine et entière. Car elle a sa place au premier rang. Sans doute a-t-il pris la mesure de sa propre passivité antérieure, voire de son absence, et de ses conséquences. Les derniers rapprochements en tout cas sont heureux et riches de promesses. Car c’est elle parmi tant d’autres mais bien plus que d’autres qui a semé. Elle, qui promettait « d’autres victoires », avait vu juste. Celle d’aujourd’hui porte aussi en filigrane sa signature.

FH dit : « Elle laboure, je sème » (FR3 film), métaphore de terre corrézienne qui peut tout aussi bien être terre charentaise. Pourtant il serait plus juste de dire qu’elle a labouré et semé, elle a enlevé les mauvaises herbes, (attention ça repousse!),  elle a essuyé les plâtres, elle est restée debout malgré les vents contraires et les « animosités amicales »,  les « entourages » comme elle dit. 2007 l’a vue courageuse, déterminée, et inventive, relever la Gauche défaite, affronter le Président sortant présenté comme un homme neuf, celui qui avait pour lui sondages, media (de droite bien sûr mais aussi de gauche  hélas, tout le monde était béat devant ce personnage, sa rupture, son style, n’oublions pas! Lui qui se réclamait de Jaurès!). On se demande encore pourquoi et comment tant de gens se sont laissés ainsi bernés en 2007! Cette fascination naïve! 2012 a pu surfer aussi sur ce mécontentement, cette déception lourde. Et récolter sur l’entente, sur le choix incontournable, nécessaire.

Alors, merci Ségolène! Et tant mieux pour ces retrouvailles qui sonnent si bien avec les semailles.

Pour l’heure, en tout cas, il est essentiel de ne rien faire qui vienne obérer les actions politiques de FH. Il a une lourde tâche dans une période fragile, explosive, tendancieuse, crispée sur des certitudes politiques ici et là, des raidissements coupables, alors que nous, simples citoyens, voyons bien comment il faudrait réorienter, un peu, le Réel, un peu, simplement un peu, quelques réformes; que la  Banque Européenne,  que Mme Merkel, veuillent  bien se déplacer un peu…Pour les media, ça paraît bien difficile de s’en remettre à son Acte de Président, ça paraît bien difficile, quand on voit et que l’on entend  tous les commentateurs qui sont là sur le pont pour écrire l’avenir à la place de… celui qui a été élu. Certains bien sûr pour faire gagner la droite aux législatives, d’autres, beaucoup, parce que encore et toujours les journalistes savent, c’est écrit dans le marbre, ils écrivent la vie, l’opinion, l’avenir. Story-telling. Que de  commentaires qui ressemblent parfois à des diktats ! Ils savent… déjà! Ce qu’il va faire, ce qu’il ne doit pas faire, ce qu’il ne va pas réussir! Quel cirque! Peu de journalistes ont la lucidité de dénoncer cet orgueil déplacé. C’est leur symptôme, leur jouissance, ils sont les « sachants »! Signe d’un doute immense pour eux aussi.

Là, pour l’heure, ils vont pouvoir se régaler, les mediomanes avec l’arrivée de Zorro/JLM dans le Nord! Est-ce une bonne idée? Attention FdG, spectacle du Front contre Front. Que je sache, ça n’a pas donné grand chose aux Présidentielles. N’est-ce pas seulement au fond la mise en scène d’un homme qui veut exister, « un ego trop loin« ? Lui aussi serait-il un « sachant »?  C’est sans doute pas la meilleure idée de vouloir ainsi aller faire « front contre front ». Ca ressemble plus à un spectacle qui, à mon avis, va avoir pour seul effet de gonfler encore le FN, ce qui n’est pas, mais alors pas du tout souhaitable. Ah! le « duel », comme s’il était le Sauveur! Le Justicier face au Monstre, la « semi-démente ». Non non et non! Pas comme ça! Pas ainsi en miroir! Même si beaucoup de ces mécontents voteraient bien d’un côté ou de l’autre (toutes les voix perdues du PC), c’est d’ailleurs, si j’ai bien  compris, ces voix-là qu’il veut aller chercher. Noble intention bien sûr. Mais l’action au Parlement Européen n’a-t-elle plus d’intérêt?  Rien n’a démontré que la stratégie FdG et JLM surtout a permis d’affaiblir le FN et ses thèmes nauséabonds pendant les présidentielles.Et puis il semble qu’il y ait déjà des candidats à cet endroit, et la sagesse politique serait plutôt d’apaiser les haines et les dissensions souvent, trop souvent, dangereusement exploitées! Car sinon c’est à un renforcement des pulsions dévastatrices que l’on va assister, cela qu’a si bien su faire exister le Président d’avant; ce jeu mortifère qui consiste à se prendre pour la Vérité, le Seul, l’Unique, insultes et mépris en poche, au lieu du débat d’idées. Plus facile de déclencher la violence que de l’apaiser, toujours.

Car c’est cela le point d’ombre! La tache,sur notre vie commune, notre destin partagé.Tous ces temps, impossible d’écrire face à ce déchaînement haineux et mensonger permanent; ce réel paranoïaque dans le calcul le plus froid, qui impute à l’autre sa propre jouissance, son propre défaut. D’autres, beaucoup d’autres ont  écrit, relayé jour après jour. Prendre acte de l’état maladif de la France, depuis longtemps, si longtemps. Peur imaginaire de l’autre, exclusion, rejet, supposition que l’autre jouirait plus et mieux que soi, fondée sur sa propre ignorance, cette ignorance  exploitée par la militance FN, relayée par NS; cette croyance à la différence, où l’on voit même des immigrés voter NS, de même qu’en 2007. -On donne aux immigrés, pas à nous, nous, on a réussi – ceux qui arrivent pour nous envahir  vont nous prendre ce qu’on a, le petit peu que l’on a- la France métissée  des banlieues, c’est là où le vote FN décroit disent les études/ la France rurale et périurbaine pas mélangée avec les immigrés  vote elle par contre plus FN. Le Limousin rouge, mon cher Limousin résistant, et la montée du FN là-bas chez les paysans. Insupportable. Tous ces gens révoltés certes, souffrants certes, mais pourtant   »rétrécis », crispés sur leur trognon identitaire comme seule solution à leur haine de l’autre, qui bien sûr est alimentée par des faits réels, mais qui dit ce qui va au-delà dans l’excitation fantasmatique. Il faut prendre cela en considération sérieusement, cette haine. Cette réalité socio-politique qu’il faut sans cesse garder à l’esprit : l’état sérieusement anti-étranger, anti-islam notamment, d’une grande partie de l’électorat. L’idéologie permanente et bien réelle du rejet de l’autre, souvent construite imaginairement et entretenue pendant toute la campagne.

La victoire de FH est nette.  Elle est cependant à mettre en perspective avec le score hélas inquiétant de NS sur une ligne en permanence « Buisson », soit le pire de ce qui pourrait identifier le « peuple français » (lire à ce sujet « Buisson : une défaite à la Pyrrhus NOTE Par Olivier Ferrand« ). Que NS ait pu obtenir un tel score est  très inquiétant, quand on sait sur quels thèmes il a pu réunir ses suffrages!!  »Le « buissonisme » est une mèche longue autant qu’un poison auquel la gauche sera sans doute confrontée longtemps« , dit François Kalfon. Oui, ne l’oublions jamais.

Voilà c’est fait, François Hollande est élu Président de la République Française. J’ai  l’espoir que quelque chose d’autre advienne qui rétablisse a minima l’esprit républicain. Je ne souhaite pas la révolution comme d’autres, je souhaite que s’établissent plus d’ordre républicain, moral, éthique, et une justice fiscale sociale, écologique. Cela ne fait pas le tout d’un peuple et d’une communauté nationale. Il faut laisser la diversité pour tous et pour chacun la liberté de « respirer », c’est cela la difficulté de la responsabilité politique. Un « ordre juste » disait Mme Royal, merci à elle d’avoir inspiré le socialisme à venir.

« Quelque chose s’est levé… » ! Ne l’affaiblissons pas! Ne le parasitons pas! Ne l’entravons pas!

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Ségolène Royal. Une semaine médiatique. Claire, nette, efficace. Constante dans sa détermination et sa vision.


Ségolène Royal invitée de « Bourdin 2012″ par segolene-royal


Ségolène Royal, présidente de la région… par rtl-fr
Ségolène Royal invitée de Elysée 2012 sur I>Télé par segolene-royal

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Ségolène Royal doit-elle porter plainte contre ce « magazine » qui l’annonce comme « la première tête à claques de l’année »? Ou bien ne devrait-elle pas plutôt en rire, s’en moquer ? Je ne sais.

Certes ce classement, qui a déjà eu lieu l’année dernière, est d’une violence assez notoire; violence ou bien stupidité? Sondage idiot aussi bien. Madame Royal est donc la  personnalité que les français « désignent » comme « la plus agaçante ». Comme première place on pourrait rêver mieux bien sûr. Nous sommes d’ailleurs un certain nombre à avoir rêvé mieux, et à l’avoir dit. (17 millions tout de même!).

Agaçante, dérangeante, elle-même disait qu’elle n’était pas formatée comme les autres; l’indomptable;l’affranchie, la femme debout. Impudente, effrontée; tout cela a été dit d’elle. Toujours à l’excès, dans l’amour mais aussi dans la haine, c’est aussi cela qu’elle récolte. Est-ce productif de monter au créneau comme elle le fait?  Je le comprends, je ne suis pas certaine cependant qu’une fois encore le message ne demeure plutôt incompris. Elle doit prendre acte de ce qui là surgit. Trouver une autre image est sans aucun doute  incontournable, puisque la politique, définitivement, ne peut se passer d’image (comme nous tous, pris aux rêts du virtuel, qui, loin d’enrichir comme support imaginaire, frôle plutôt dangereusement avec les zones de folie, d’obscénité, et de violence). Car c’est bien encore une fois de la  violence qui surgit là, et non du verbe! Un signifiant tout seul, « agacer », « tête à claques », méticuleusement choisi par des officines faiseuses d’opinion qui surfent sur un désarroi collectif, habilement entretenu/fabriqué dans le discours politique, désarroi collectif dont la défense et la parade est le penser-pour -soi, contre l’autre, ne nous y trompons pas. poursuivre la lecture…

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C’est affligeant d’entendre les commentaires à propos des primaires dans les media! Dès le soir même, et le lendemain matin (Itélé, France Inter!, mon dieu France Inter!..) Avant et après l’exercice d’ailleurs puisque C dans l’air faisait déjà  sa mise en scène avant même le « débat » ! Oui ils voulaient du sang, du spectacle, de l’embrouille; que Royal s’agite par exemple, »fasse la folle » peut-être, et sans doute pour mieux la critiquer ensuite. Alors ils sont déçus, la dame de leur fantasme n’était pas au Rendez-vous. L’Icône tant critiquée a les deux pieds dans la glèbe. Peu leur importe les propositions, claires, précises, concrètes, dont elle était l’auteur, contrairement aux interventions souvent énervées et agitées de Martine Aubry par exemple qui paraît-il selon les mêmes commentateurs, aurait montré une telle force!  Ou bien le « pinaillage » entre deux ministres éventuels: « 2013 ou 2017?, le nucléaire tu en sors quand? etc.. »L’intention n’est-elle pas d’attirer les lumières sur des questions sans fond. Ou alors je le crains c’est leur conception de la politique. poursuivre la lecture…

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Ségolène Royal, candidate à la primaire PS pour la présidentielle, le 3 juillet à

Ségolène Royal, candidate à la primaire PS pour la présidentielle, le 3 juillet à Aubervilliers (© AFP Thomas Samson)

La Chose Politique me concerne et ce depuis longtemps. Je suis parfois assez peinée, peinée et impuissante,  de voir des proches, amis, famille, collègues, pourtant de bonne éducation, pourtant « de gauche » depuis toujours, s’être comme un peu retirés des préoccupations collectives, et de l’avenir commun. Pas tous; certains. Certains autres, militants, ou bien « anarchistes » de 68 version « bobos », ou intellectuels sans trop de conviction, ou bien, plus anciens, résistants et habités par de belles idées et valeurs, pour lesquelles ils se battent encore, n’envisagent guère de venir participer aux primaires. L’argument toujours avancé est que ce n’est pas leur choix, le PS, même s’ils concèdent que sans doute le candidat du deuxième tour sera PS. Mais au fond le souhaitent-ils? Quant à Ségolène Royal pour laquelle ils ont voté en 2007 au second tour, ça c’est certain, ils n’ont de cesse pour beaucoup de se méfier d’elle, de la penser pas assez compétente, ou trop à droite, ça c’est le comble! ou peut-être pas assez conforme, pas assez « formatée » comme elle a pu le dire elle-même. Bref, quelque chose les dérange, toujours, il y a toujours un  » mais », ou un détournement du regard : madame Royal habillée de tous les fantasmes, attirante et dangereuse à la fois (voir infra « quoi qu’a dit »), cela qui est entretenu si violemment par les media, ironie permanente, dénigrement, inexactitude de ses actions, c’est le traitement qui lui est réservé. J’ajoute qu’hélas, ses petits camarades de gauche  ne lui font pas de cadeau; cela me paraît bien injuste, autant du côté des écolos, (quelle mauvaise foi!) que de la « gauche-gauche ».

Je n’ai guère l’art de convaincre mais je voudrais encore une fois dire à ma façon pourquoi depuis 2006, malgré parfois certains désaccords,  (il en faut) ou le regret  que certains domaines, plus proches de mes activités, ne soient guère abordés (santé, psychiatrie, accompagnement des adolescents pas seulement considéré sous l’angle ré-éducatif mais dans sa dimension de soin, notamment, voir ici un point de vue), sur le fond, pourquoi, pour moi, Madame Royal est une chance inespérée pour la France, un cadeau/agalma, ça y est je m’y mets aussi au fantasme de Pandora. Et que l’on ferait bien de ne pas passer à côté, cette fois-ci! poursuivre la lecture…

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« Quoi qu’a dit ? a dit rin/quoi qu’a fait? a fait rin/a existe pas » (Jean Tardieu La môme néant)

Ségolène Royal pourrait bien être parfois La Femme (qui) n’existe pas. (J. Lacan)

Même si récemment elle a bénéficié de plus de couvertures médiatiques, on ne peut que constater tout au long du temps combien elle est occultée par l’industrie médiatique. Est-ce volontaire ? Sans doute pour une part, il y a une volonté politique de ne pas parler d’elle, de ne pas l’inclure par exemple parmi les candidats possibles voire les vainqueurs possibles de la présidentielle de 2012. On est là  à mon avis devant un phénomène de déni assez remarquable, voire de forclusion. Stéphane Rozes  le 26 mars à France-Inter ne sait pas ce que pense Royal du nucléaire, Yvan  Levai à France-Inter le 3 avril ne la nomme même pas comme candidate possible. De même Ruquier posant la question à Peillon. Idem Thomas Legrand, Sophie Landrin, même  Charlie Hebdo !  Le premier juin dans Le  Monde un papier de Sophie Landrin sur le nucléaire, pas de Royal, Eric  Woerth France 2, trois candidats au PS, Aubry, Royal, Montebourg! ; mieux encore, le 12 juin, Canal+, Anne-Sophie Lapix face à Ségolène Royal présente un sondage Hollande ou Aubry face à Sarkozy, devant elle, sans même la mentionner , « on ne peut pas mettre tout le monde » dit-elle.

« Coups médiatiques »   »Jusqu’au boutiste »(Le Monde 15 juin), « Coup d’éclat » (Libération 14 juin), toujours la même sémantique, la comédienne, la com’, rien d’authentique, de sérieux ne peut venir d’elle. ( ou alors « l’icône », le glissement vers la métaphore religieuse, voir infra).
Ne pas être invitée par le Président? C’est forcément elle qui force les choses; témoigner au procès de Bové et d’autres faucheurs à Poitiers? C’est forcément elle qui s’invite poursuivre la lecture…

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