le blog d'Evah5

l'air du temps qui passe


C’est J-P Mignard qui exhorte ainsi le gouvernement et sans doute aussi le Président à faire une vraie réforme judiciaire (Médiapart). « Promesse de modifier la loi statut des parquets..Allez! courage ! » Cela ne vaut-il pas pour beaucoup  des actions gouvernementales?

Au moment où j’écris, le « retoquage » par le Conseil Constitutionnel de la taxation exceptionnelle à 75%  fait beaucoup causer. Trop sans doute par rapport à la mesure elle-même, équivoque, maladroite et surtout assez inefficace. Certes, elle apparaît presque comme un acte manqué, un désir inavoué que ça ne puisse se faire; même si le Premier ministre annonce d’ores et déjà une nouvelle disposition en 2013.Incompétence disent certains, une « improvisation fiscale consternante » selon Piketty (Libé 31 décembre). C’est bien l’impression que tout cela donne.

Ce gouvernement, constitué pour mettre en oeuvre un projet de justice et de lutte contre la financiarisation, ne cesse de pratiquer la reculade. Les  promesses ne sont pas tenues. Certes, certaines propositions sont formellement réalisées mais beaucoup sont vidées de leur sens, non efficaces, parce que toujours marquées d’un consensus inopérant. La société française a besoin d’actes forts, ce qui ne veut pas dire forcément extrèmes. Est-ce « frileux » comme on le dit? Sont-ce des petits pas  ou bien une idéologie sous « influences »? Plaire à tous, faire des compromis, y perdre des plumes, satisfaire quelques-uns?

D. Cohn-Bendit pense (29 déc Libé) que la France est  dirigée par 60 énarques, qu’il faut redonner son rôle  à  l’Assemblée Nationale. Pour plusieurs des mesures prises, « qui a eu son mot à dire? » se demande-t-il à juste titre. Le 5 décembre Libé titre à propos du Président : « 4 nuances de rose ». Est-ce encore vraiment rose?
Le CICE est un trou d’air, une  » usine à gaz » dit Piketty, encore. Des  députés demandent en vain un minimum de conditionnalité sans laquelle toutes les combines et tous les détournements sont possibles. Est-ce trop?
La réforme fiscale, franchement, est a minima. « Les réformes fiscales n’ont corrigé les inégalités fiscales que de manière infime » ici aussi. C’était prévisible. Prévisible dès la campagne, dans le choix et l’orientation idéologique. « Qu’en 2013, la gauche renonce aux rustines symboliques pour enfin mettre en œuvre une grande réforme fiscale redistributive. En cette année sans élection, c’est le moment ou jamais » dit Sylvain Bourmeau.
Mittal. Montebourg encore une fois renvoyé dans ses cordes. Déjà le désaccord à Bercy par rapport à la  BPI; ah oui, la BPI qui chavire, tant les conseils privés de Lazard semblent mettre des bâtons dans les roues au pouvoir des Régions, un projet « frileux » dit JJ Queyranne. Montebourg, pas critiquable d’avoir voulu essayer  (cf Heuliez/SRoyal). Mais la vision juste et efficace, d’avenir, n’est -elle pas de s’interroger sur la viabilité  de la  sidérurgie, et plutôt de favoriser l’industrie « verte »?   »Favoriser l’éclosion d’entreprises nouvelles, en particulier écologiques » ici et ici. Il faut pour cela du courage politique.  DCB Libé 29 déc. : « On ne protège pas les salariés en maintenant des sites qui n’ont pas d’avenir ».
Réforme bancaire et ici. Un pocco ma non troppo. moins que USA; que GB. Laissons  les banques s’arranger de leurs fonds spéculatifs. Je ne veux pas que mon argent, celui de mon travail, serve à la spéculation…Mais pas de class-action en France! « Privilégier le consensus bancaire sauvera-t-il seulement le compromis social et démocratique? » interroge Cynthia Fleury (Libé jeudi 27 déc.) rappelant les fortes paroles de Roosevelt en 1936 « lutter contre monopole industriel et financier, spéculation, banque véreuse.. » loin  de la position de P. Moscovici « Partout je privilégierai le consensus »..

Ont-ils un tant soit peu notion de la logique des conséquences tous nos gouvernants? Voient-ils que beaucoup sont déçus, ou bien en colère, ou bien désabusés? Certes la société française est une société bloquée, à la fois généreuse parfois, mais aussi tellement réactionnaire, confite dans ses habitudes, clanique, belliqueuse, envieuse du voisin. Chacun se crispe souvent sur ses idéologies, ses certitudes; on voit bien la difficulté structurale à gouverner, à réformer, (pour exemple la tâche quasi impossible de « transformation » pourtant nécessaire de l’Education Nationale). Mais cependant on  note  une incohérence. Un arrangement permanent. Des compromis insupportables, là où il faudrait savoir trancher. JM Ayraut  était pourtant un homme appréciable et apprécié  à Nantes. Est-il empêché? Est-il trop contraint par une stratégie présidentielle sous influence? Vraiment je le crois. Ces calculs élyséens que l’on devine, qui sont sans doute aussi la marque personnelle subjective du Président ne valent rien de bon. Ils pourraient être dangereux, ne donnent pas le cap.

N’oublions pas les amitiés qui durent, Bauer, Valls, Fouchs. Allez ajoutons Moscovici et Cahuzac, et aussi le Directeur du Trésor qui est resté en place après Sarkozy. Cahuzac, je n’en parlerai pas, juste dire qu’on ne gagne rien à ne pas vouloir à toute force dire ou rétablir la vérité. On peut faire le mariage pour tous, (dieu que c’est difficile !), on peut s’occuper des femmes dans tous les registres, avec volontarisme,  et c’est tant mieux, (attention tout de même à ne pas vouloir légiférer sur le tout de la vie privée, de l’éducation, de la différence des sexes; des nécessités parfois de faire sa petite névrose infantile). On peut faire contrats d’avenir, (contrats aidés cependant, quid de l’apprentissage?),de génération, vouloir avec obstination légitime bouger la chose médicale, etc..c’est tant mieux. Mais l’ossature, l’axe, quels sont-il? Les cordons de la Bourse, les Finances…DSKiste, libéral,teinté de  policier? Qui commande?

Le Président veut-il jouer son florentin, lui qui s’est si spectaculairement identifié à F. Mitterrand? Jouer les uns contre les autres, lui qui veut « rassembler »? Certes la différence de points de vue est souvent une bonne chose, mais encore faut-il savoir en user avec talent. F. Hollande ne semble pas à la hauteur de l’art de F.Mitterrand. Trop identifié sans doute… »Faites comme moi, ne m’imitez pas » disait Lacan..L’époque est différente. La crise est là, mondiale. « Crise du capitalisme dérégulé et de l’effondrement organisé des ressources publiques » (Cynthia Fleury voir supra). Cette « crise » qui à force de durer n’a plus grand chose d’une crise, qui est dans sa définition même moment du choix, du changement certes, mais au sens de la décision, de l’Acte. Pas grand chose à voir avec le compromis à outrance, qui ne donne pas l’impression à nombre d’entre nous que l’on prend le bon embranchement.

De F. Hollande (LCP) une phrase : « ça peut toujours se retourner » dans la vie. Signe d’une angoisse que ça rate, ou d’une angoisse que ça réussisse? Ou les deux? Alors ça peut être l’immobilité, un coup ici un coup là. Et les actes manqués bien sûr.

Le Président vient de présenter ses voeux à la nation. « Concilier » compétitivité/solidarité, performance/protection, réussite/partage; concilier/réconcilier. Encore une fois le Président est un Homme de réconciliation.. L’un et le tous en fait.  Cette construction dualiste aux bords de l’impossible, est-ce sa vision politique ou bien un artifice de communication? Y croire, le croire, croire à sa détermination. Cependant….

P-S Cette rumeur de « retour » de Ségolène Royal au gouvernement comment l’entendre? Un désir plus ou moins conscient de tous pour lui donner sa juste place? Venant de ses « proches » sans nul soute. Mais gare! Ne pas servir de caution pour tout ce qui ne va vraiment pas dans le bon sens. Ou alors   »chef  » de l’orientation. Ce qu’elle fait d’excellent dans sa Région ne pourrait être mis en oeuvre en étant ministre de quoi que ce soit, puisqu’elle devrait être solidaire de la politique gouvernementale (pour le meilleur et le pire). Je crains que sa vertueuse nécessité de servir, alliée à une légitime envie d’ »exister » davantage, ne la conduise à venir se « compromettre » (oui bien sûr le mot est fort j’en conviens) dans un gouvernement qui ne fait pas à mon sens pour l’heure ses « bonnes » preuves.

Tous mes voeux à toutes et tous pour un destin collectif apaisé, généreux, respectueux des libertés de chacun, plus juste dans son partage. Pour tout le reste, à chacun sa vie et son destin.

 

 

 

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On peut critiquer et regretter le fait que les « people »  aient bien peu conscience de la pauvreté préoccupante de nombre de leurs concitoyens. Leur réaction n’est pas mieux ou pire que celle de banquiers, industriels, publicitaires, sportifs, intellectuels, et politiques qui vivent dans un « autre monde », dit-on souvent. En cela,  ils font corps dans une certaine communauté d’esprit, comme beaucoup d’autres corporations. Mais ce « monde » fait aussi partie de la société française. Qui peut dire qu’il ne ferait pas de même dans la même situation, qui peut se prétendre sans rougir « altruiste »? Qui n’ a pas envie d »avoir » plus, de posséder plus, de garder pour lui, et ses proches éventuellement? Cercle clos, excluant, toujours.

Il est à regretter que l’esprit de solidarité (cf. CNR) ait maintenant disparu; société très individualiste, la France a besoin d’un discours clair et rassembleur. C’est la mission du Politique, qui décide des lois commune à tous, justes et efficaces, comme on nous l’avait promis. Encore faut-il qu’il soit à la hauteur de sa tâche, et d’une certaine façon lui (aussi) exemplaire. Pas si simple.

Depardieu, symbole à son corps défendant, de l’exil fiscal et de l’égoïsme, est pourtant plutôt un des derniers à s’exiler. Sinon, il a crée aussi des emplois, soit dit en passant. Omar Sy, vénéré maintenant par nos compatriotes, vit à Los Angeles me semble-t-il…  de même que Dany Boon et d’autres. Je ne parle même pas des sportifs. Quant à Deneuve, femme plutôt discrète, et qui sait s’engager sur des causes « justes », elle a laissé parler sans doute son coeur de l’amitié. Ses propos sur la Révolution et la méconnaissance générale de l’Histoire de France révèlent une peur imaginaire, celle-ci bien partagée quelle que soit la classe sociale. Utilisée aussi comme un mythe, voire un slogan, par certains leaders politiques. Elle ne porte simplement pas alors sur la même catégorie sociale. En miroir.

Bref, ça ne cesse pas : l’autre est dangereux, contre moi, ennemi…Cela  qui s’est exprimé douloureusement en 2002, et qui est toujours une mine pour toute pensée et discours totalisant,(et donc excluant), fait signe d’une haine souvent silencieuse, mais dont la trace ancienne est hélas constitutive de notre humanité. Elle se faufile notamment dans les réseaux sociaux où les échanges sont parfois ponctués de ces insultes jouisseuses, et de jugements à l’emporte-pièce. Moindre mal, que ça puisse se dire?

Il appartient à chacun de savoir conduire sa vie pour lui et pour/vers les autres.

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« La politique ce n’est pas ma partie, je le rappelle tout au long de ces billets, des éléments plus techniques peuvent bien sûr m’échapper, mais je fais retour ici sur ce que j’en entends au rythme du temps et des échos assourdissants de l’univers médiatique, mais aussi des analyses plus poussées dans tous les domaines, hélas trop rares. « L’inconscient c’est le Réel » (J. Lacan). Je suis moi-même aux prises et au service chaque jour de ce qui parle et fait symptôme, de ce Réel, là où ça rate. Et cela est politique.

« Cela fait déjà pas mal de temps  que je voulais en dire quelque chose de cette « arrivée » de la Gauche au pouvoir, (beaucoup de places de pouvoir, très lourde responsabilité). Ne trouvant ni le temps ni l’envie, parce que ne voulant pas  donner prise à ce « hurler-avec-les loups » médiatique, ni participer à cette curée aveugle (ou intentionnel?), ne voulant pas donner l’impression que je participe à l’abattage déchaîné et systématique, comme toute une part des media, signe s’il en était besoin que la presse est bien aux mains des libéraux, et aussi que le « dire tous pareils » de nombre de journalistes, leur slogans en boucle, leurs exégèses parfois « délirantes »  fonctionne à plein. « les moutons.. » Marianne. Mais ce dont on est  là les témoins, je l’ai bien souvent dénoncé  et depuis longtemps! Avec S. Royal  (2007, Primaires PS), on a déjà depuis longtemps l’entraînement au bashing (les « camarades » ne le dénonçaient guère alors!).

Sans doute suis-je baignée de ce sentiment sourd et confus de ne rien pouvoir attraper, épingler, qui ferait signe, oui, on ne peut le nier, d’un « cap« . Une « marche en crabe » dit  Domenach dans Marianne. Oui, bien vu. Ou bien, j’apprécie cet autre point de vue : « L’art de M. Hollande est à son comble dans cette retenue, ce retrait…Il triomphe à se dérober dans un invincible incognito. On ne saurait être plus habile. Mais qui prendrait comme phare dans la tempête une étoile filante qui clignote sur le bord de sa disparition. ». François Hollande, avion furtif, par Jacques-Alain Miller

« Loin de moi l’envie de critiquer aveuglément ce gouvernement et ce Président avant qu’ils n’aient eu le temps de faire leurs preuves. Ils ont bien sûr mon soutien de coeur et de raison. J’ai élu F. Hollande sans état d’âme, tant j’étais déjà consciente d’une position politique et éthique peu tranchée. Je n’ai cependant aucune sympathie pour la stratégie de  JL Mélenchon qui, même si les arguments sont souvent fondés, entretient un climat permanent de catastrophisme, d’agressivité, et de critique souvent injurieuse à l’égard du pouvoir, tant il vise à le déstabiliser pour s’en emparer (il a eu pour cela une longue formation militante).

« Un désir peu décidé, dis-je. Bien sûr, on a quitté un état de « terreur » et de démolition quasi permanent, style du sarkozysme. Bien sûr il faut reconstruire autre chose, autrement. Bien sûr ce n’est pas le même style et le même projet politique, et c’est tant mieux.  Cependant, d’ores et déjà des signes me paraissent préoccupants. Je vais essayer de dire les choses au plus juste. Le bon, le mauvais. Ce qui permet d’espérer, ce qui inquiète. La détermination de FH n’est pas à mettre en doute mais l’orientation reste confuse, divisée, on sent bien qu’il existe des divergences idéologiques majeures, comme elles existent d’ailleurs au PS, là où elles sont rarement tranchées.  La démonstration de FH au débat des primaires avait déjà laissé poindre cela : d’accord sur tout,  n’étant clair au fond que sur les contrats de génération..Le Président doit pourtant envoyer des messages clairs de sa politique. Clairs et engagés à gauche : budget, finance, banques notamment. Où  retrouve-t-on le discours du Bourget? ! Le sens annoncé était celui de plus de justice, sociale, fiscale.. d’un combat contre la finance. Mais déjà il y a des compromissions et des reculades injustes. Je rappelle aussi la promesse du non-cumul; c’est indéfendable M. Rebsamen, sinon pour garder vos pouvoirs, (M. Rebsamen  qui aux dernières nouvelles presse le Président de « fixer le cap » est -il conscient de la « nocivité » de ses propres positions?); la réforme de l’Etat, (lutte anti-corruption, conflits d’intérêts, marchés publics, cumuls de fonctions etc..); et toute mesure énergique qui enverrait aux français un signal de justice, d’ »ordre juste ».

« Dès la composition du gouvernement, il était aisé de s’apercevoir de divergences et de conflits interministériels à venir. (et tout de même ce sont les hommes qui tiennent la bourse!). Mon intuition semble confirmée par un article dans Le Monde du jeudi 1er novembre, notamment sur les divergences à Bercy, et la place singulière et de poids du Directeur du Trésor, resté en poste après la défaite de N. Sarkozy.  Doit-on craindre que la belle annonce du Bourget  sur la Finance  au service de l’Economie ait été remaniée dans les ministères Budget, Economie/Finances, passant par le filtre idéologique d’une gauche au fond assez libérale.  Budget, Economie, Finances, le nerf de la guerre encore plus en ces temps troubles. Il y a, on le voit bien, des tensions idéologiques. Orientation libérale Moscovici-Cahuzac, versus orientation franchement gauche  version Montebourg par exemple? Mais celui-ci diverge sur le nucléaire avec Batho (bon courage!) :   »La France doit prendre le tournant de l’économie verte » dit-elle, oh que oui! Quant au Président PS de la Commission du développement durable de l’AN  voilà ce qu’il en pense : « Aujourd’hui personne au gouvernement, (à part D. Batho) ne parle de transition écologique, d’excellence environnementale, de nouveau modèle développement ». Il semble, selon les mêmes sources (Le Monde  31 octobre) que ce ne soit pas la préoccupation du ministre du budget. Laurence Rossignol, secrétaire nationale du PS chargée de l’environnement pense, elle, qu’ »il va falloir organiser une formation à l’écologie pour les ministres »! Tout est à l’avenant. Mais où a-t-on vu que le Président (et bien d’autres) était éveillé à l’écologie sinon pour s’en servir comme argument politique? (Notre-Dame des Landes si mal engagé, si mal réglé, alors qu’on aurait pu prendre le temps de remettre les choses à plat comme le conseillait Ségolène Royal).

« Et puis, quid de ce conflit d’intérêt  dont on n’a peu parlé concernant la BPI?  Conseillée par  le Directeur d’une banque privée,  important patron de presse qui plus est?  Non, non! pas de mélange des genres! N’a -t-on pas suffisament critiqué les Dassault, Lagardère? Le mélange media/finances/politique? Conflit d’intérêt? Des banquiers d’affaires pour créer une banque chargée de permettre aux entreprises d’échapper aux banquiers?   »ça se fait » aurait dit Moscovici (cf. Canard). Alors si ça se fait pourquoi changer? Les bonnes vieilles pratiques ou un vrai changement de sens et de méthode? Il faut à ce sujet lire ces excellents billets : Ce que l’affaire Pigasse révèle sur le capitalisme. Vers la mort d’une belle idée, la BPI?  »ce petit monde oligarchique est toujours dans la place ». Sarkozy-Hollande, l’anormale continuité.

« Et puis quid de la réforme fiscale?  Quid des bons conseils et du travail sérieux de Th.Piketty (Mediapart) qui a chaque intervention fait des propositions pour une  réforme fiscale claire et courageuse : « Ce gouvernement ne semble pas comprendre que pour défendre le modèle  social français nous avons besoin de moderniser, par exemple en unifiant les régimes de retraite.  Un système fiscal le plus neutre possible, prélèvement à la source unifié dans ses assiettes », « absurdité fiscale : le régime dérogatoire pour certaines plus-values est une usine à gaz » (Le monde 19 oct.). Repris aussi pas R. Rancière Libé 30 oct. « Entre incompétence et incohérence ». Est-ce si compliqué? Ou bien faut-il encore et toujours être dans les atermoiements? J’ai consulté dans Le monde du 2 oct. les conséquences de la réforme fiscale pour les revenus de 2013 et la variation/IR. Si cela est exact, c’est d’une incohérence et d’une injustice assez remarquables : par ex., pour 1 part revenu 28000 5,9% de plus d’augmentation alors que revenus 60000 3,5%! ! Impots Le monde oct. 2012

« Quid de la séparation des activités bancaires qui devait être la première mesure prise? Réforme fiscale, réforme bancaire, séparation banque de dépôt? Un rapport de la CE, le rapport Likanen recommande de  séparer activités de dépôt et activités à risque (Libé 2 oct.). Bien sûr, quand on a vu l’excellent documentaire sur Goldman Sachs sur Arte on peut, sans être trop paranoïaque, se demander jusqu’à quel point les réseaux financiers  spéculateurs ne sont pas déjà dans la place politique pour tirer les ficelles. Mais cela, tout au contraire, devrait inciter à être plus audacieux (ou alors le politique est totalement impuissant, définitivement?).

« De M. Valls, que nous avions vu si engagé (tardivement) avec SR au congrès de Reims, on ne dira guère. La prise de position avec les Roms est tout simplement pour moi insupportable. Ce que Marcela Iacub appelle la « répression progressiste » (Libé 9 sept 12) ou bien E. Fassin « l’obsession sécuritaire » Le monde 26 sept.. Chr. Deltombe et Chr. Auger, Président  et DG d’Emmaüs, quand à eux, considèrent que c’est une honte  pour un pouvoir de gauche (Le Monde 15/08/12). Le reste suit. C’est tout de même très inquiétant que M. Valls ait une telle cote chez les Français en surfant sur les pires idées de ségrégation et de rejet. « Servir la France, pas se servir » dit SR. Au choix, en ce qui le concerne. Mon opinion est faite. Il vise plus haut. Cela apporte un certain éclairage sur ce « fameux » manque d’autorité du premier Ministre n’est-ce pas? Ce premier Ministre qui devrait bien asseoir  davantage son point de vue, et même s’il a envie que l’on rouvre le débat sur les 35heures. Et pourquoi pas? De l’audace. Et à sa décharge, le comportement individualiste de certains ministres qui jouent leur partie, sans aucune discipline collective. Toujours attirés par le gain de pouvoir. Si « on voulait » l’abattre on ne ferait pas mieux.

« Peut-être, inconsciemment ou pas, toute cette confusion est-elle un peu entretenue par le Président? Jeu dangereux. Par calcul, par « amitié »,  (Moscovici, Valls, les deux piliers de sa campagne, on était déjà averti tout de même!) mais aussi parce qu’il est ainsi, subjectivement. Souvenons-nous, l’homme de la « synthèse » quand il était Premier Secrétaire, ou bien, triste souvenir, son silence et son absence spectaculaires le soir du vote du Congrès de Reims. Ne pas trancher..« Nous en sommes à la troisième année de crise. La reprise va arriver, c’est une question de cycle. » Avant de se reprendre : « Il peut aussi y avoir un scénario noir, celui de la récession. Le rôle du chef de l’Etat c’est de préparer toutes les hypothèses. » Quand il dit cela qu’est-ce qu’il dit? Le Monde du 1er novembre laisse entendre que F. Hollande veut mettre en concurrence deux discours, deux  sensibilités. C’est sacrément risqué pour nous tous. Mais est-ce qu’il n’est pas ainsi au fond, à vouloir « faire la synthèse » sans cesse, et que du coup les choses ne bougent pas? Réunir, rassembler des opposés peut être une noble tâche, mais elle est souvent assez vaine. Elle peut  être opportune en diplomatie, pour l’Europe par exemple, bien sûr qu’il faut des compromis, mais pour l’orientation politique de la France ici, maintenant? Au fond le Président serait-il un grand « affectif » embrouillé dans ses sentiments, ne voulant déplaire ni à l’un, ni à l’autre? Ce qui rend encore plus spectaculaire les moments où il « tranche », comme par exemple son choix de la motion Delanoë au Congrès de Reims, contrevenant à son annonce de voter pour la motion arrivée en tête, c-à-d celle où était Royal. (ah! oui bien sûr on comprend mieux maintenant pourquoi et comment il s’est ainsi « dédit »). Se dédire, sans doute les français n’aiment pas cela. Nous le faisons tous, tous les jours, mais nous voulons aux manettes, quelqu’UN qui tienne parole. Les Français ont dit non au style et à la politique de NS. Qu’ont-ils demandé en « choisissant » FH? Qui peut le dire? (on ne peut nier qu’il fut alors fort « aidé » par media et sondages, ne pas l’oublier). Un  changement de style, une action plus juste, plus à « gauche ». Mais une élection se joue toujours sur une part imaginaire, fantasmée, et sans doute tient-elle aussi d’une demande à un « sauveur » (surtout par les temps qui courent). La demande est-elle celle d’un Homme fort? Toute demande contient une part d’impossible à satisfaire, nous le savons, et les politiques le savent. Elle doit en tout cas être entendue et être respectée. La parole donnée engage. La bonne autorité est la meilleure des vertus… (cf. A. Harendt)

D’ailleurs, par en-dessous, n’y a-t-il pas tout de même une ligne? Ce qui alerte, et peut-être ce qui éclaire sur ce qui nous apparaît peut-être à tort comme immobile, confus, ce sont  les choix des nominations ici et là. Elles indiquent tout de même une certaine orientation, pas toujours très à gauche, une communication marquée du sceau Euro RSCG. etc.. ici Mediapart, ici les réseaux DSK, et ici Marianne. Un élément de la réponse me semble-t-il? Choix décidé ou choix forcé?

Enfin, plus près de certaines de mes activités et expériences auprès de jeunes fragiles, je veux dire un mot de ce qui sans cesse n’est pas traité (cf. billets antérieurs sur la jeunesse) : les  contrats d’avenir c’est très bien, mais quid de mettre le paquet sur l’apprentissage, les contrats de qualifications, de professionnalisation, (qui sont de « vrais » emplois), alors qu’il est si difficile pour un jeune de trouver un employeur même pour un stage (s’il est noir de surcroît et peut-être sans famille à l’ASE, je ne vous dis pas.. de cela je peux témoigner, mais il s’agit là de la classe pauvre!)..N’oublions pas non plus le service civique crée par M. Hirsch qui débouche sur des vrais emplois. 

Quid de la pédopsychiatrie en lambeaux et des contrats d’aide ASE (« Plaidoyer en faveur d’une véritable politique d’aide aux Jeunes Majeurs ») pour les jeunes en situation difficile qui sont drastiquement diminués (notamment dans une grande ville de gauche) ? Quelle logique? Peut-être que ces personnes dans les cabinets n’ont pas une grande conscience de tout cela. Administrons, gérons! Il ne suffit pas non plus de faire encore et toujours des commissions contre la violence, il faut agir! Je n’aborderai même pas ici la question de la psychiatrie, des lois sarkozystes sur l’emprisonnement prédictif et autres torsions idéologiques graves, parce que de tout cela, pas un mot!/

/ Et puis.. les mots de Ségolène Royal:   »Il faut densifier l’impulsion politique » annonce-t-elle dans Le Monde du 20 octobre. Au Congrès du PS à Toulouse le 25 oct. elle parle clair. Florilège : » Un sursaut est impérieux. La sortie de crise est conditionnée par la réalisation de ce que nous avons promis.. Il faut  faire obéir les banques.. redéfinir notre objectif de civilisation. 3% est un objectif financier et comptable pas un objectif de civilisation.. La zone euro doit prendre une dimension politique.. Le système financier continue comme avant le système financier n’est pas rassasié.. Il faut engager la métamorphose de notre économie. BEI, croissance verte mutation écologique, nous avons la capacité de relever le défi… Créer une agence publique de notation… Faisons-le.. il est temps de passer aux actes.. interdire les ventes à terme.. Nous avions dit/ faisons le. La réforme bancaire doit être faite sans tarder.. Ayons le courage de lever les faux-obstacles. Accélérons.. nous avons besoin d’aller vite..  » Enfin, citant F. Mitterrand : »Les occasions gâchées débouchent vite sur des implosions ravageuses ». Elle dit cela si clair, si vrai, qui fait écho en moi, dans mon impatience et  ma déconvenue.

Aurait-elle pu faire mieux si elle avait été Présidente? Personne ne peut le dire. Se serait-elle entourée des mêmes personnes, des mêmes conseils, certains oui sans doute, pour d’autres…Le style n’est pas le même, la personnalité non plus. Je ne suis pas une adoratrice muette et aveugle, et j’ai bien sûr quelques points des désaccords, mais, je l’ai souvent dit, elle a pour moi réenrichi la politique. Elle s’adresse à l’autre (FH, JMA, PM, tous ces hommes un peu « lents » et  hésitants), elle interprète l’autre et la chose politique avec justesse et conviction et audace, bien sûr. A Toulouse, elle crée avec retenue un éveil, même si comme toujours on devine le TSSR (ah l’arrivée inélégante de M. Aubry juste à la fin de son discours, au moment des applaudissements!) « Aller Vite », ce n’est pas l’urgence, l’agitation sarkozyste, c’est le kaïros, le désir décidé, cela n’est pas « on attend, on attend, on verra, on fait des commissions », non! On dit, on fait. Et l’important, c’est que cela n’est pas théorique, idéologique, puisqu’elle prouve chaque jour par son action dans sa Région, que  quelque chose est possible. Cela peut être perçu comme un peu « outrancier », »autoritaire », « trop », mais SR est vraiment dans l’acte, comme nous le nommons en psychanalyse, le temps de l’Acte.. et puis tout de même elle fait sa « passe » sans cesse, sans cesse chutant, « chutée » (?), sans cesse debout, droite dans son désir. Audacieuse, efficace et clairvoyante, cela qui, sans doute, pour l’état collectif fort déprimé de la nation, n’est pas forcément un avantage, et c’est bien regrettable. (voir plus haut la demande d’un « Homme fort » incompatible avec  le fantasme d’une « belle femme » qui tiendrait le manche..). cf. Billets précédents.

« Tout se tient » dit S. Royal Avec elle, tout cela n’est pas une posture. Qu’elle garde son ton singulier, son allure singulière, sa démarche, sa liberté. Qu’elle ne fasse pas trop le bon petit soldat à défendre de l’indéfendable. Son acte et sa vérité. Tout se tient, oui le nouage, elle le trouve, le bon nouage : pme/ croissance verte/ investissement recherche/ jeunes  apprentissage apprendre..

« TouT se tient ». Et bien là ça ne se tient pas.  Il faut des actes, la politique par la preuve. De l’audace, de l’invention. Voilà. La politique par la preuve, dans le bon sens, avec du sens pour l’avenir. Sans tergiversations, sans reculades, sans tactiques politiciennes. Et avec les entreprises. « Tout se tient » Oui, là, c’est mis en actes. Je suis fière de lui rester fidèle. Sans aucune idéalisation.

© evah5


Montauban/Toulouse.

Au jour d’aujourd’hui beaucoup de questions restent non élucidées. Beaucoup le resteront sans doute, d’autres seront sans doute étouffées, pour un temps en tout cas. Questions sur les erreurs de la DCRI, sa « lenteur », son mode d’intervention, sur la présence permanente du ministre de l’intérieur non conforme à la séparation des pouvoirs (Eva Joly, et Fr. Rebsamen: « En tout état de cause, je m’étonne du fait que le président de la République ait demandé à Claude Guéant de piloter l’enquête. C’est du jamais-vu. On se demande même ce que Guéant faisait sur place pendant trois jours. Son rôle est de mettre à disposition de la justice les moyens pour arrêter la personne poursuivie, mais ce n’est pas à lui de donner les ordres.., le procureur n’étant là qu’à après-coup, pour venir expliquer ce qui s’est passé. Or c’est bien lui qui pilote l’enquête! »). Questions sur le déferlement médiatique couvrant l’immobilité de la scène et créant ainsi une jouissance avide de sang, il faut bien le dire, scène médiatique animée de psys  en tous genres (ah ce mot fourre-tout qui « nous » catégorise maintenant!), criminologues notamment en mal de story-telling, et bien d’autres. Iront-ils jusqu’à diffuser les vidéos, en rajoutant encore dans l’horreur? Sauront-ils faire preuve de sagesse?

De ce qui fait là évènement, dans le Réel, glaçant, je ne traiterai ici que deux aspects :

*D’abord à partir de ce que j’en sais dans ma pratique clinique. Car des jeunes gens comme Mohamed Merah j’en rencontre parfois dans mon cabinet. J’en ai aussi entendu parler par les éducateurs qui les côtoient. Ils sont certes plus arrimés au symbolique, la parole porte davantage, ils peuvent généralement accepter encore le pacte avec l’autre. Mais pourtant le même sourd désenchantement les habite. La même haine parfois. Haine parfois contre un père abandonnant, contre une famille maltraitante, haine qui se déplace contre l’humanité toute entière, contre tout ce qui bouge. Violence souvent retenue, mais parfois déclenchée, incontrôlable. Echec, l’employeur qui dit non, ou qui promet et qui laisse tomber, l’éducateur qui n’a pas assez de temps au moment où il faudrait, l’ami qui déçoit, le CMPP qui n’a pas de place, la tentation de faire payer à tous sa propre histoire.. Enfin, souvent un cri contre l’injustice, ce sentiment qui n’est pas a priori le seul lot de ces gamins-là, tant l’adolescence est sensible à l’exclusion, dont à la fois elle rêve et qu’elle rejette. Injustice devant les actes des adultes, la discordance entre acte et dire, la « trahison ». Pour la plupart, les appuis identificatoires sont suffisamment étayants. Seulement, là, ça vire à l’extrême.

Certes, ce sont des jeunes gens qui ont eu moins à faire à la justice; ce sont des jeunes gens qui ont eu l’opportunité plus tôt de bénéficier de structures d’accueil à la fois souples et bienveillantes, mais il en faudrait peu parfois pour que ça glisse sur la même pente. Ce sont souvent des jeunes gens qui, en bout de course, rêvent de l’armée, veulent l’armée, pour avoir un cadre, une discipline, pour aider les autres, pour tuer aussi parfois (je reprends là leur propre parole).

Et puis, parfois, en bout de course aussi, il y a la religion, musulmane mais pas seulement, la religion qui comme l’on dit sert de béquille pour le meilleur, mais aussi de métaphore délirante pour le pire. Celle qui vient suturer une question identitaire qui ne trouve pas à se résoudre. C’est bien souvent la question de la construction subjective, mais là, le hic, c’est que ça passe à l’acte, violemment, follement, empruntant pour le coup un discours « terroriste » pour éxécuter plutôt un crime « ordalique », vengeance, mission, épuration.  Julien Dray, à son propos, dit à juste titre :  »emplissant son vide identitaire par des conceptions pseudo-religieuses et une identification à des combats étrangers ».

Trouver une cause -à-être pour mourir. (Bien d’autres passages à l’acte existent, le suicide par exemple, ou le viol, mais ils font moins de bruit, surtout s’ils ne s’adressent pas au religieux).

Contre cela, contre une pathologie singulière, contre un chemin de vie cabossé, (« chien perdu sans collier »), on ne peut parfois pas grand chose. Cependant, et c’est le devoir de « la gauche » de s’en emparer, on devrait de façon plus collective et plus méthodique mettre l’accent sur : manque de structures d’accueil, prévention pédopsy, maison adolescents, structures de soin et d’éducation avec du personnel formé et rémunéré en conséquence, et bien sûr aussi plan d’attaque primordial par rapport aux banlieues. La jeunesse, puisque l’on veut s’en occuper, on doit le faire vraiment, authentiquement, intelligemment. Trouver un travail, développer l’alternance, certes, mais aussi faire essaimer les lieux de rencontre, de débats, d’échange. Du coup, on doit aussi avoir un discours clair contre toute criminalité prédictive, et ce poison mauvais qui germe quant à la maladie mentale.

Ce jeune homme s’est forgé une conviction délirante qui lui a donné stature identitaire « contre ». Son avocat, Christian Ethelin, dit bien comment le refus de l’armée à été un moment de bascule vers la haine (Le Point). La haine, cela qu’il ne faudrait pas que nous endossions maintenant à son égard, malgré la douleur collective légitime ressentie: il était même question de ne pas lui permettre une sépulture… décente. Au nom de quoi? Chaque mort d’homme est un échec pour la République, pour l’humanité. Il est un fils de France. Va-t-on ne plus enterrer les assassins? Merci  à ce père de famille: « Au JT de TF1, le père d’Abel Chennouf, le militaire tué le 15 mars, a présenté ses condoléances à la mère de Mohamed Merah ». Le parisien 22/03)

*Le deuxième volet de ma réflexionc’est la dérive communautariste française, envahissante, déréglée, dans la République Française. Pas sans lien, au fond, avec le premier, car elle fait fonction de discours.

Julien Dray parle des quartiers, des « pratiques religieuses en dehors des règles républicaines de la laïcité ». D’accord avec lui. Mais alors, là aussi le message doit être clair. On est envahi par les questions religieuses, les déclarations religieuses, les fêtes religieuses.. Peut-on encore exister si l’on ne se nomme pas, si l’on ne se détermine pas, si l’on ne s’identifie pas comme inscrit dans du religieux? La religion est partout, là où elle devrait être  dans l’espace privé. (Ironie, « Aux Etats-Unis, les athées sortent du placard« ).

Pourquoi les Elus de la République se déplacent-ils ainsi dans les mosquées, les synagogues, les cathédrales? En endossant les rituels et les contraintes, kippa sur la tête, séparation des hommes et des femmes, etc? Ne doivent-ils pas être les premiers à exiger la séparation franche de  l’Etat et de la sphère privée et/ou communautaire ? Pourquoi, lorsque l’on parle d’une personne dans les media,  doit-on toujours être informé si il/elle est juif, musulman, (chrétien on ne le mentionne pas, ça doit aller de soi que tous les français de souche sont forcément chrétiens), ou alors sinon rien du tout? Pourquoi confond-on régulièrement origine ethnique, géographique, et appartenance religieuse : juif/ israélien, arabe/ musulman/ maghrébin ? Pourquoi ne mentionne-t-on pas si l’on est catholique, protestant, boudhiste, athée? Le comble  bien sûr venant de cette parole du chef de l’Etat (qui ne reprend là qu’une pensée collective) : «  »Les amalgames n’ont aucun sens », a déclaré lundi matin sur France Info Nicolas Sarkozy, interrogé sur les tueries de Toulouse et de Montauban. Mais le chef de l’Etat… a poursuivi son discours par… un amalgame. « Je rappelle que deux de nos soldats étaient, comment dire, musulmans, en tout cas d’apparence, puisque l’un était catholique, mais d’apparence comme l’on dit : de la diversité visible », a expliqué Nicolas Sarkozy. Une manière de lier l’apparence physique d’une personne et son appartenance à une religion. ». On voit bien comment la confusion est réelle, venue là du sommet de l’état! On voit bien sourdement poindre sans cesse une question folle de l’origine, question sans réponse, l’Origine Absolue, Vraie. Qui peut dire?

A contrario merci à M. Barnavi qui dénonce « la confusion identitaire » en Israël.

« Parfois, la confusion identitaire prend un aspect presque irréel. Le soir du drame, l’ambassadeur de France en Israël, Christophe Bigot, est invité au journal télévisé de la deuxième chaîne israélienne. Le diplomate,…  trouve les mots qu’il faut. La présentatrice, visiblement émue, le remercie de sa compassion et de la solidarité qu’il manifeste dans l’épreuve que « nous traversons ». Extraordinaire renversement des situations. Des ressortissants français sont assassinés par un terroriste français sur le sol français, et l’ambassadeur de France offre des paroles de consolation au pays étranger où il sert, lequel les accepte avec gratitude. Il est vrai que les victimes avaient la double nationalité, mais tout de même….Oublieux qu’il n’existe plus de « juifs du silence » et que, dans leur quasi totalité, les juifs sont désormais citoyens d’Etats démocratiques qu’ils peuvent quitter à leur guise.. ».

Ici, en France on voit bien  que le discours entretenu notamment avec ces deux communautés, avec leur consentement me semble-t-il, génère une discrimination parfois positive, un épinglage singulier, comme s’ils ne pouvaient pas exister que comme citoyens. Rappelons-nous le crime de Richard Durn, doit-on  considérer cet acte  comme moins odieux, les victimes moins victimes parce que « seulement » françaises?

Cette enflure identitaire poinçonnée du côté de l’être-religieux est un agent de confusion dangereux, périlleux, qui forge le discours collectif, exaspère les différences, et ne laisse guère place à l’être dans toute autre appartenance . Elle vient à la place de ce qui fait trou pour chacun dans la question de l’origine. L’être, dont on doit savoir que son existence n’est jamais d’une seule identité, ni non plus recouverte pas différentes identités. Laissons de l’air, laissons du champ, laissons-nous être. Rien dans l’être qui ne nous détermine en totalité. Il y a là un discours  qu’on le veuille ou non, qui exaspère les tensions (je ne parle même pas de la période récente) qui nous traversent bien sûr, qui résonnent en chacun de nous, un discours pousse-au-crime, pousse-à-la-haine. Suis-je trop exigente de penser que la responsabilité politique implique d’être vigilant à ne pas mélanger les champs, les registres, les fonctions, les lieux pour tous avec les lieux du un-par-un?

Etre, cela qui est la question difficile pour chacun de nous et plus encore dans la traversée adolescente, la structuration subjective.

« Il y aura, si rien n’est fait, des gestes de désespoir radical, des actes de nihilisme sans pareil qui laisseront les pouvoirs publics sans ressources et sans voix… Il y a urgence, j’ai la ferme volonté d’empoigner ce problème à bras le corps, j’en ai la ferme volonté, je l’ai là, chevillée au corps parce que je sais au fond de moi, en tant que mère, que je veux pour tous les enfants qui naissent et qui grandissent en France ce que j’ai voulu pour mes propres enfants. » Ségolène Royal, discours de Villepinte, le 11 février 2007. Oui, il y a eu là sans doute un « désespoir radical » qui nous apparaît dans sa  froideur « monstrueuse » bien sûr. A charge pour chacun et pour tous, de sa place, de faire exister les frontières et de faire barrage autant que faire se peut à toute jouissance mortifère, voire mortelle.

Surtout, ne maltraitons pas nos enfants, tous nos enfants.

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le 21 février 2012 alors que NS est dans le coin….Ségolène Royal revisite les « promesses » non tenues du candidat.

Conférence de presse à La Rochelle le 21 février… par segolene-royal

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Il a fallu accuser le coup, prendre le « grincement du réel » dans toute sa violence. Saluer Madame Royal est la moindre des choses, lui témoigner  fidélité aussi, émue et douloureuse que l’on était de la voir ainsi en larmes; larmes  amères sans doute, larmes bienfaisantes peut-être aussi après tant de combats, et d’espoir donné sans compter.

Madame Royal est une pionnière. Première  femme et première candidate de gauche à être au second tour  d’une élection présidentielle dans la République Française, première à plaider pour l’écologie intelligente depuis plusieurs dizaines d’années, la seule à s’inquiéter ainsi authentiquement de ce qui se passe dans les quartiers et les campagnes et les entreprises…

Elle a payé là pour un rapport à la fois sécuritaire et consumériste à la politique. Même si ces primaires, qu’elles avaient souhaitées, sont évidemment un succès (encore que l’on puisse discuter sur l’aspect médiatique et peu présidentiel des débats, ressemblant souvent à des discussions de ministre des finances, et sur la mainmise du monde médiatique sur la politique encore une fois, et aussi s’interroger sur l’appartenance socio-professionnelle des votants, à voir, j’ai quand même ma petite idée). *Sécuritaire, parce qu’il fallait un vote utile, d’appareil, sans doute plus rassurant, et qui promet, pour beaucoup, des postes. Donc deux premiers secrétaires du PS, pour des primaires citoyennes, c’est rien moins qu’audacieux! Tout de même si l’on regarde de près les alliances, c’est panier de crabe. *Consumériste parce que le nouveau, jeune, beau, et talentueux Arnaud, dont je ne critique pas les idées, est tombé pile-poil comme il fallait pour le pouvoir médiatique qui n’eut de cesse d’en faire son poulain, tout nouveau tout beau. Aurélie Filipetti ne disait  pas autre chose ce matin à France-Inter: après avoir épanché son « émotion » à propos de Royal,( oui je l’ai vue pleurer la « nuit de Reims », à ses côtés; j’ai vu aussi cette nuit-là M. Valls rouge de colère dire qu’ »on ne se laisserait pas voler notre victoire »…), donc, elle dit:   »les gens veulent du changement », commentant la percée de Montebourg. Et bien comme changement elle a vraiment trouvé à qui se rallier, elle!

Ségolène Royal aurait donc payer pour le besoin de changement des électeurs. Noble motif! Il est vrai que tout a été fait, je le dis et le répète, pour la mettre hors-jeu, depuis longtemps. poursuivre la lecture…

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Tout le monde s’en mêle, et s’emmêle dans ses mensonges, ses falsifications, ses emprunts, sa « course à l’échalote ». Candidats, journalistes, embrassons-nous Folleville! Pourvu qu’il y en ait une qui  soit foreclose, occultée, dépossédée. Je sais, ces mots sont forts, excessifs dirons-certains, mais tout de même, hélas, c’est vraiment trop! Royal n’est pas nommée, elle est dépossédée, dépouillée, critiquée sans cesse; si elle l’ouvre alors elle critique, « égratigne » (Le Parisien); vite on va trouver la faille. Ses concurrents? RAS! Une construction de récit connivente, une alliance discursive, story-telling à l’oeuvre, propagande, ce que l’on met en avant, et ce que l’on tait, ce que l’on déforme, ce que l’on « omet », tout ce qui fait discours conscient ou inconscient, voilà ce qui est à l’oeuvre jour après jour.

* Pour Caroline Fourest (FRInter débat dimanche 2 octobre) elle n’existe pas, elle est  la seule à ne pas être nommée;  les propositions sur les banques, auxquelles cette dame  semble adhérer, c’est Montebourg et puis c’est tout! Royal en point aveugle! 

*Mediapart,  30 septembre, 9 présidents de Région (excusez du peu!), en soutien à Martine Aubry déclarent : « Nouvel outil financier proposé par Martine Aubry, la future Banque publique d’investissements offrira un soutien immédiat aux PME-PMI, grandes oubliées de la politique de l’UMP. Adossé à des fonds régionaux d’investissements pour les PME, cet établissement financera les entreprises fragilisées par la raréfaction des crédits. Conditionnées à des impératifs de protection de l’environnement et de développement de l’emploi.. », (et plus loin on parle de la … »croissance verte » parce qu’on en connaît un bout là-dessus au PS!). Quand je lis ça, ces méthodes d’appropriation des idées, ces « mensonges » permanents! Reprendre à son compte le donnant-donnant déjà logifié par Royal en 2007, la BPI et tout le reste! J’en suis avertie bien sûr, je sais la loi terrible de la politique, et ses pratiques, parfois en cousinage avec ce qu’il faut bien appeler de la « voyouterie mentale », (je n’aime pas du tout ce mot qui fait tant saliver N. Sarkozy), sauf que j’aime aussi beaucoup la politique dans sa noblesse, son anticipation, son sérieux, et… eh oui! sa poésie! Celle-là  que nous annonce  Madame Royal précisément. La Vertu  en somme.

*Bertrand Delanoe, chez Apathie a trouvé comment nommer Martine Aubry: « la présidente des solutions », eh oui! (voir post précédent), c’est Apathie, bien peu taxable de ségolénisme, qui doit le reprendre (et même le signaler à coucourama!). Il faudrait en rire: est-ce naïveté, est-ce de bonne foi, si c’est mensonge conscient c’est insoutenable, si c’est inconscient je me demande si ça ne l’est  pas encore plus, car cela dit une force de déni assez impressionnante! Une censure à tout épreuve, plutôt du côté de l’effacement, et de la main-mise pour le coup sur les signifiants de l’autre. Cela aussi que reproduisent sans cesse les journalistes.

Merci à ceux qui ces temps-ci font très correctement leur travail, merci Jean Daniel par exemple, pour votre respect;  merci JC Guillebaud de bien vouloir dire que le  PS reprend 18 propositions de Ségolène Royal.

Pour Rafraîchir la mémoire: Pacte présidentiel 2007 

3. Soutenir les PME avec la création de fonds publics régionaux de participation et en leur réservant une part dans les marchés publics. (tiens! tiens!)

14. Conditionner les aides publiques aux entreprises à l’engagement de ne pas licencier quand l’entreprise dégage des profits substantiels et obtenir le remboursement en cas de délocalisation.

15. Moduler les aides aux entreprises et les exonérations de cotisations sociales, en fonction de la nature des contrats de travail, et supprimer le CNE pour faire du CDI la règle.

69. Instaurer le non-cumul des mandats pour les parlementaires.(tiens tiens!)

On pourrait illustrer ce pillage encore et encore, le beau programme de Montebourg, l’état stratège, le non-cumul des mandats, la « croissance verte », etc..coucourama encore. Si la raison en était  qu’elle inspire la pensée commune, c’est bien légitime qu’elle mette au pot du débat public, mais là elle est  toujours « incorporée » sans qu’elle soit nommée. Pourtant son corpus politique est riche, fourni et bien plus progressiste que celui de ses camarades. Ce que la gauche lui devra et lui doit déjà est sans doute incommensurable.(De quoi Ségolène Royal est-elle le nom? p. 261. et tout l’ouvrage, excellent travail).

Ce dimanche, Canal+ Segolène Royal, une fois encore: « Changer les règles du jeu pour que les valeurs humaines/gagnent / sur les valeurs financières », remettre à plat le système fiscal pour qu’il soit plus juste, réforme bancaire, contrôle des banques. Loin « d’aménager le système » il faut « changer les règles du jeu », cela est dit depuis longtemps, et expérimenté. Alors, Point aveugle? 

Je laisse, pour ce soir, la parole à Annie Cohen, écrivaine, après l’amie Ariane (Mnouchkine) :

« En février 2007 déjà, j’avais publié une tribune dans le journal Le Monde, « Pourquoi je vote Ségolène Royal« . Je reste en tous points fidèle à cet engagement, j’entends les quolibets, les méchancetés, les moqueries, pauvrette qui n’a pas renoncé !« Femme imprévisible »« un brin fofolle ». Eh bien non ! Malgré tout cela, elle n’a pas renoncé, elle est encore là telle une lame d’acier, avec une pêche d’enfer, une foi intérieure, solide, vraie ! Pas de reniement chez elle, elle trace, elle ne s’est pas retirée, elle fait émerger ses lignes de forces. Elle a le sens du temps. Elle continue à mettre son talent dans le grand combat politique, social, économique, financier. »… »Cela est dit clairement, on lui reproche de « surjouer » sa féminité, les valeurs féminines, ou de se « poser en mère de la nation ». Voilà ce que disent les femmes qui, hier, la soutenaient. Quant à moi, j’affirme ma fidélité à Ségolène Royal. La sûreté de son projet lié à sa rigueur morale, son exemplaire courage, son énergie à rassembler, me commandent de la soutenir. »  LEMONDE.FR | 29.09.11

Que beaucoup d’autres viennent, libres de leur choix, et de leur décision, parce que voter pour elle c’est déjà voter pour la liberté, la désaliénation des marchés sondagiers, des appareils « verrouillés », la promesse d’une vraie « métamorphose » (Edgar Morin), le respect de tous ceux-là qui vivent dans ces quartiers et dans ces campagnes, et qui feront avec elle « partie de la solution ». Mais peut-être la France peureuse et conservatrice, de gauche et/ou de droite sera-t-elle gagnante encore cette fois-ci.  Je n’ose l’imaginer, tant nous ne serions alors dans aucun pas de progrès. Dans aucune Vertu.

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So you can’t Mister President! Tant d’espoir reposait sur vous après votre enthousiasmante élection. Après votre discours ce jour à l’ONU, vous avez raté l’occasion unique d’être réellement un Grand Homme au nom de l’Histoire de notre Monde. UN qui ne craint pas de forcer le destin!

Le courage nécessaire, vous ne l’avez pas eu, vous avez choisi la Real Politik, la poursuite de la politique américaine qui doit endosser une lourde responsabilité dans la situation dégradée de la Palestine, et bien sûr d’Israël. Comment pourraient-ils se penser gagnants là-dedans?

En mai 2011,  vous vous êtes  prononcé pour la première fois en faveur d’un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967, pourquoi ce revirement? A cause des élections à venir? Que vaut cela face à une dégradation permanente de la situation des palestiniens, et la domination « trompeuse » d’Israël, et son glorieux gouvernement droite/ extrème droite? poursuivre la lecture…

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A voir  absolument le documentaire  sur l’Unité des Crimes Sexuels (France 3 21 septembre 2011). A voir et écouter attentivement, à la fin du documentaire, Lisa Friel, qui a exercé 28 ans au bureau du procureur, et qui a dirigé cette unité pendant 10 ans (et travaillé là pendant 25 ans). Comment on voit qu’une prostituée peut avoir gain de cause dans une affaire de viol.

Comment on apprend les raisons d’une présentation si rapide de N. Diallo devant le grand jury (notorioté du suspect, nationalité française etc..). Comment on peut remettre les pendules à l’heure par rapport aux versions strauss-kahniennes. Comment confirmation est donnée des différentes versions de N. Diallo (big lies) mais jamais concernant l’acte lui-même. poursuivre la lecture…

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« Rafah Nached, a été arrêtée le samedi 10 Septembre à 1 heure 30 du matin (heure de Damas) à l’aéroport de Damas. Elle devait embarquer sur le vol d’Air France en direction de Paris afin d’être présente à l’accouchement de sa fille. Une fois passée la sécurité Rafah a été arrêtée par les services de renseignements. Elle a tout juste pu appeler ses proches pour prévenir de son arrestation, depuis aucune nouvelle n a été donnée d’elle. Malgré les demandes incessantes, les services de l’aéroport refusent de communiquer la moindre information. Elle souffre de problèmes cardiaques et doit prendre ses médicaments régulièrement.

Rafah Nached, âgée de 66 ans, a fait son cursus de psychologie clinique à l’UFR de Sciences Humaines cliniques, elle est diplômée en Psychologie clinique de l’Université Paris Diderot.

Première femme psychanalyste à exercer en Syrie, Rafah a publié une étude historique de la psychanalyse en Syrie dans le numéro de la revue Topique consacré à la psychanalyse au Maghreb et au Machrek. Elle a récemment fondé l’Ecole de Psychanalyse à Damas en collaboration avec des psychanalystes français.

Le choc est d’autant plus violent que nul ne comprend les raisons de cette interpellation. Son engagement professionnel a toujours été de nature scientifique et humanitaire. Elle avait pris l’initiative avec la communauté jésuite de Damas d’organiser des réunions entre citoyens syriens de toutes obédiences afin de leur offrir un espace ouvert et multiconfessionnel au sein duquel verbaliser leurs angoisses et leurs peurs dans le climat de violence qui ravage actuellement le pays.

Rafah compte de nombreux amis dans la communauté psychanalytique en France avec lesquels elle entretient des liens de travail importants et réguliers.

Nous demandons que tout soit fait en vue de sa libération immédiate. » communiqué de l’AIHP

Pour signer les pétitions  et  contact: rafah.navarin@gmail.com

Madame, je pense à vous. Et à toutes celles et ceux qui souffrent, et meurent,  de l’imbécilité des dictatures, politiques et religieuses. De tous les pouvoirs qui ne tiennent qu’à leur pouvoir et leurs certitudes inébranlables.

© evah5