Invalides 19/04: youtu.be/5IsGW-0dxjQ« pays réel » « Taubira tête de rat » « nous sommes la jeunesse de France » « on est chez nous » no comment
— Evah5m (@evah5m) 20 avril 2013
et puis… ça :
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Invalides 19/04: youtu.be/5IsGW-0dxjQ« pays réel » « Taubira tête de rat » « nous sommes la jeunesse de France » « on est chez nous » no comment
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et puis… ça :
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« s’avancer courageusement les yeux ouverts ». contrer le déni.
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Mariage pour les couples de même sexe |
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S’unir aimer naître donner la vie désirer
Les débats (à l’Assemblée Nationale et dans l’espace public) qui ont lieu et bien lieu, quoi qu’on en dise, à propos du « mariage pour tous », sont rudes, souvent haineux, injustes, dangereux, surfant sur l’ignorance et la peur parfois. La grande peur « réactionnaire » vient en réponse à ce qui se met en branle dans cette demande pourtant si normative, cette demande entre autres d’avoir le choix. Il n’empêche qu’ils ne clivent pas forcément, sur tous les sujets, aussi radicalement droite et gauche ; réactionnaires et progressistes ne sont pas strictement identifiables comme d’un camp ou de l’autre. On voit et on entend l’Eglise, les Eglises, qui bien évidemment peuvent dire leur point de vue, mais qui ne sont, au fond, pas plus concernées que cela puisqu’il s’agit là d’une Union Civile dans un Etat laïc, sauf à dénier aux Lois Républicaines leur primauté sur la Loi divine.
La question de l’union, qui ne va pas sans les questions des filiations, est une saine et riche occasion de (re)penser toutes ces questions des familles et des procréations, les enjeux, les pratiques, leurs limites, mais aussi leurs avancées (cf. D Bertinotti pour ces initiatives bienvenues et l’accent mis sur « les » familles). Il serait malhonnête de ne pas dire que cela est complexe. Beaucoup a déjà été dit, écrit.
Ici, donc, mon « point de vue », pour épingler quelques-unes des idées fortes que cela met en branle.
Tout d’abord, il est consternant qu’il y ait encore une fois une telle méprise quant à la position de « la » psychanalyse, qui n’existe pas d’ailleurs en tant que telle. Il y a « des » psychanalystes. Ils écoutent et accueillent les symptômes, mode de jouir de chaque parlêtre, un par un. Pour beaucoup, peut-être même la plupart, ils exercent leur pratique avec sérieux sans prétendre pouvoir se substituer au débat de société et aux décisions parlementaires. Certes, ils ont choisi une orientation doctrinale mais celle-ci ne va pas sans une remise sur le métier constante, à chaque fois qu’une rencontre a lieu. Les homosexuel(le)s viennent « aussi » nous consulter, ai-je envie de dire de façon un peu ironique. Ce n’est pas une race à part. La clinique ne saurait s’endormir. Sans se prendre donc pour la Vérité (encore plus quand elle a droit de cour médiatique), cela ne les empêche ni de réfléchir ni de témoigner à partir de leur clinique, dont ils ne peuvent cependant faire Loi générale (sociologique, anthropologique, voire statistique). Mais certains, hélas, oeuvrent parfois à dévoyer cette éthique, parfois « sincèrement », en conscience (cette idée est à la mode), parfois animés de cette passion haineuse contre notre science, (bénéfice secondaire de cette posture), animés du désir de se faire un peu remarquer, voire aimer. C’est dommage. Vous trouverez ici références, textes et pétitions, pour un autre son de cloche.
« Mariage pour tous : contre l’instrumentalisation de la psychanalyse ». Cette initiative refuse l’instrumentalisation de la psychanalyse à des fins moralistes et rétrogrades.
« Rien dans l’expérience freudienne n’est de nature à valider une anthropologie qui s’autoriserait de la Genèse /la structure œdipienne dégagée par Freud n’est pas un invariant anthropologique /au niveau de l’inconscient, les deux sexes ne sont liés par aucune complémentarité originaire, ce qu’exprime l’aphorisme de Lacan : « le rapport sexuel n’existe pas » / il revient à chaque être parlant de trouver les voies de son désir, qui sont singulières, tordues, marquées de contingent et de malencontres ».
(tout le dossier est consultable sur Lacan Quotidien )
Et aussi : « Des psychanalystes face à l’égalité des droits et au « mariage pour tous« ». « Nous, psychanalystes (ou en formation psychanalytique), souhaitons par ce communiqué exprimer que « La psychanalyse » ne peut être invoquée pour s’opposer à un projet de loi visant l’égalité des droits. Au contraire, notre rapport à la psychanalyse nous empêche de nous en servir comme une morale ou une religion. En conséquence, nous tenons à inviter le législateur à la plus extrême prudence concernant toute référence à la psychanalyse afin de justifier l’idéalisation d’un seul modèle familial »
Les (des ?) psychanalystes sont donc à la tâche de prendre acte de ce qui bouge, inexorablement, de là où les « progrès » de la science nous ont menés : possibilité de concevoir et d’engendrer un petit d’homme »hors corps « , à partir de fécondations de laboratoires, d’ « union de gamètes », de donneurs voire de donneuses anonymes, hors rapport sexuel, ce qui n’est pas hors désir. « Grâce » à la science, et ses applications, qui inexorablement veut avoir la main sur la nature pour le meilleur et pour le pire. On évoque même la possibilité de créer un embryon à partir de cellules souches barrant « définitivement » la nécessité d’union HF, voire le « couvage »dans un ventre masculin. Il existe donc une disjonction entre procréation et copulation. Les figures parentales sont diversifiées, la conception d’un enfant n’est point liée automatiquement au rapport sexuel. « De nos jours, les éprouvettes ont désacralisé la conception, et si elles peuvent servir à reproduire des corps, elles ne suffisent pas à concevoir un sujet. Il y faut du désir et de l’amour, ce qui ne se trouve dans aucun vase concepteur ». L. Majhoub LQ 279
Une conception « hors corps » existerait donc via les progrès de la science. « Hors corps » mais pas pour autant sans désir. Il y a toujours construction et nécessité d’un fantasme de la procréation, de l’engendrement, de ce qui fait qu’à un moment donné j’ai été considéré et conçu dans le désir d’un autre, de deux autres (au moins). Une nouvelle façon de faire « scène primitive ». L’acte sexuel H/F n’est bien évidemment pas le tout de ce qui définit être H ou et F puisque la rencontre sperme/ovule par exemple n’est pas superposable à ce qui dans l’amour vient « nouer le désir et la Loi » et la Jouissance de l’Un tout seul. Les rôles sexuels ne sont pas identifiables aux genres. Depuis l’invention de la psychanalyse pas S. Freud, le recueil minutieux des témoignages révèle que les rôles et fonctions ordinaires, communs, et conscients, sont vite mis à l’épreuve des représentations inconscientes. Nos choix inconscients sont bien souvent hétéronomes aux décisions de notre vie consciente. L’anatomie est-elle encore le destin ? Là encore, la technique a ouvert la voie à une « maîtrise » des voies naturelles. L’anatomie qui fait (encore) différence n’est pas le tout des identifications sexuées, sociales, amoureuses. Ainsi en va-t-il, par exemple, du choix d’objet, de l’identification phallique d’une femme, d’une jouissance « féminine » pour un homme, quelques exemples d’une palette complexe, quant aux accroches possibles pour la construction d ‘un sujet. « La différence qu’il y a, parfaitement notable et dès le premier âge, entre une petite fille et un petit garçon…s’impose comme native..bien naturelle… les sexes paraissent se répartir en deux nombres à peu près égaux d’individus..Ils ne se reconnaissent comme êtres parlants qu’à rejeter cette disjonction par toutes sortes d’identifications dont c’est la monnaie courante de la psychanalyse que de s’apercevoir que c’est le ressort majeur des phases de chaque enfance » (Lacan Séminaire livre XIX).
Prendre acte du réel et en décider les limites et les usages pour tous est le rôle aussi du législateur. La PMA pour les femmes lesbiennes n’est-elle pas mieux encadrée qu’interdite, et revenant par la fenêtre de la Belgique ou des USA avec mère porteuse en prime et enfant sans statut ? Reconsidérer la PMA est légitime. Rappelons combien de femmes hétéro. font parfois usage excessif de ces méthodes, n’ont-elles pas alors cette demande si tenace qui serait refusée aux autres ? Car le désir d’enfant(s) n’est jamais un désir pur ; même si la morale (soutenue par la religion notamment) en fait un acte de don, celui-ci est plus le leurre d’une satisfaction maternelle et paternelle (voir des grands-parents) qui n’entreraient pas en ligne de compte sous l’angle narcissique, et heureusement. Et puis, cette technique, PMA, (aide médicale à la procréation ou procréation médicalement assistée comme on veut,) et son signifiant » médical » est à reconsidérer en entier, sauf à considérer qu’elle n’est là que pour soigner, ce qui n’est déjà pas le cas, puisqu’elle est plutôt là pour assister « techniquement ». Il faudrait aussi, comme beaucoup le demandent, légiférer sur la levée de l’anonymat des donneurs : ainsi G. Delaisi de Perceval (anonymat des tiers donneurs libé 9 janvier) et le Dr R. Frydman qui demande « un plan pour la PMA » et que l’on reprenne la recherche. Il est intéressant d’apprendre que cette pratique d’insémination est pratiquée dans les couples hétéro. depuis belle lurette, créant ici ou là dans les familles un « mensonge » consenti, et découplant déjà père biologique donneur et père tout court. Mais au fond qui est parent ? N’est-ce pas (aussi) celui qui soigne, élève, nourrit, prend soin, aime.. ?
On ne peut nier que ce qui se passe là change profondément les rapports et les représentations psychiques, symboliques, imaginaires, réelles. Ce n’est pas tant l’union de deux que la question de l’engendrement et des nouvelles techniques de procréation d’ailleurs qui viennent bouleverser la donne. La question du désir d’avoir un enfant, de faire un enfant, seul(e), à deux, avec un tiers, avec une assistance laboratoire, « hors-corps » si je puis dire, reste bien évidemment posée. D’ailleurs ce pas juridique qui ne vient au fond qu’entériner « ce qui se fait déjà » et donc permettre surtout un statut légal au partenaire et à l’enfant, repose, et c’est tant mieux, la question fondamentale de l’origine, de la création, et du désir.. La question vaut d’être posée. Il n’est pas rare qu’un désir d’enfant, dans un couple hétérosexuel, chez une femme hétéro., doive être interrogé dans son aspect parfois « pathologique ». Là-dessus, il n’y aucune différence à faire et les homos mettent là le doigt sur ce qui tout de même pour l’éthique et la conception du monde fait bouger de façon irréversible les lignes. Oui, quelque chose, forcément, vient maintenant à être noué autrement. La question en tout cas vaut d’être posée. Quelque chose peut faire trou dans la conception, pour un enfant, quant à la représentation du père, du père-en-corps, d’une consistance charnelle irreprésentable. De la représentation d’une union charnelle, d’un instant de coït, qui n’existe d’ores et déjà que dans une dimension imaginaire, (dans les réimplantations par exemple), cousine d’une scène primitive, affamée de vouloir à tout force jusqu’au délire psychotique (se)représenter une origine dans le Réel. Non seulement risque de pas de père, mais le Réel (science, fécondation cellulaire, souchaire) viendra prendre la place pour partie ou pour tout d’un certain imaginaire de la relation parentale, et tout de même de ce qui fait fonction de père (nouer le désir à la Loi). Mais en 1955 Lacan disait déjà : « Que peut vouloir dire être père ? […] la question est que..-copuler avec une femme, qu’elle porte dans son ventre, que ce produit finisse par être éjecté- n’aboutira jamais à constituer la notion de ce que c’est qu’être père..être père au sens de procréer » (Séminaire Livre III.). Pourrait-on aussi interroger ainsi la question d’être mère ?
Il y a chez les êtres parlants, dans l’appareillage du corps jouissant et du langage, un « autre » séparateur, en tout cas pas moins que chez un couple hétéro, pas plus non plus. La différence des sexes est représentée partout dans le discours, et la différence ne consiste pas seulement à être génitale. Il existe une distinction entre le sexe anatomique et la position sexuée, le choix du sexe dans l’inconscient. De même, les fonctions paternelles et maternelles peuvent-elles être incarnées, par un quelqu’un, qui n’est pas forcément père et mère biologiques. Des nominations séparantes semblent bienvenues, d’une façon ou d’une autre, faire exister des places non-confondues semble opportun. Deux mères nommées comme telles identiquement, est-ce souhaitable ? Je crois que ce n’est guère le cas, toujours s’y ajoute une petite virgule, si j’ose, un petit truc en plus, en moins, un insigne signifiant et identifiant. Si les choses sont dites, expliquées, l’enfant se fera sa propre version, son propre mythe, d’ailleurs il s’arrangera toujours pour distinguer l’une de l’autre, ou alors c’est qu’un nouage inconscient n’opère pas, et cela relève, comme pour d’autres, de soins. De cette « mêmeté » sexuelle, les couples avec enfants, conçus à l’Etranger par force, s’en accommodent déjà, inventent pour leur progéniture. (On évoque le cas de femmes lesbiennes dans le déni radical de l’Homme, oui cela existe, comme existe bel et bien disons pour certaines femmes en position hétérosexuelle la haine de l’Homme par exemple.. et ne parlons pas du machisme exacerbé, du déni de l’autre sexe, du désir d’un enfant toute (tout ?) seul(e), ou bien last but not least) du « refus de la féminité » freudien). Où l’on voit que c’est quand même très complexe.
La construction dans le langage passe par un autre. La conception est là portée par un désir différent d’engendrement, biologie, adoption; la question alors est-elle toujours pour l’enfant qui est mon père/ma mère, mon père biologique? La place du père dans son tryptique Réel/Symbolique/Imaginaire est depuis pas mal de temps démultipliée en fonction(s) paternelle(s), cela qui dit oui/non et qui introduit au langage dans son sens séparateur. Il pourrait alors être incarné par un(e) autre que le père biologique. On ne peut en tout cas laisser dire ici ou là que cela mènera à de la psychose, sauf à imaginer un monde sans différences sexuelles (et encore ?) ; la construction psychotique se révèle féconde quand elle a à faire à un père très présent, un père éducateur (cf. « Le président Schreber » Freud), dans des couples tout à fait hétérosexuels. Ou/et quand elle a à faire avec une mère qui met son enfant en place d’objet de jouissance. « L’altérité sexuelle survivra » comme le développe excellemment Irène Théry (Le Monde 9 novembre 2012). Il se peut que quelque chose du côté de la castration soit forclos, mais n’est-ce-pas imaginaire ? Si l’on suit Lacan, le parlêtre (être de langage et de jouissance, chacun de nous) est définitivement aux prises avec sa jouissance du UN tout seul, ses embrouilles de langage et de vérité pas-toute possible à dire, s’appareillant à l’Autre selon les arrangements qui lui sont propres, c’est ce qui fait d’ailleurs l’actualité de cette doctrine. Les modèles oedipiens ont cédé la place aux modalités multiples des jouissances.
« Dès 1936, dans Les Complexes familiaux, Lacan énonce qu’il n’y a pas d’instinct familial naturel. Il n’y a pas de fonction naturelle paternelle, il n’y a pas non plus de lien instinctuel entre la mère et l’enfant dans l’espèce humaine. La famille est une invention symbolique qui, depuis l’orée des temps, a pris des formes très diverses. La famille est une réponse symbolique au réel du sexe, au fait que ne peut s’écrire symboliquement le rapport du sexe entre un homme et une femme. À défaut de pouvoir écrire le rapport homme-femme, la famille écrit le rapport père-mère. C’est le christianisme, et en particulier la religion catholique, qui a institué un mode standard de la famille qui noue, chez le même homme, les fonctions de procréation, d’éducation et de transmission. C’est dans cette société qu’est née la psychanalyse. La famille représentait alors l’instrument de la morale traditionnelle : respect, valeur, idéal. Elle reposait sur l’identification. Les identifications parentales constitutives du surmoi orientent le sujet dans son existence et donnent une direction à la voie d’un désir soumis au renoncement à la jouissance. » JP Deffieux LQ280
Reste bien sûr la question de la GPA pour les gays (gestation « pour autrui » et « par autrui »), qui, déjà, à l’heure ou j’écris prend la forme d’une bombe (C. Taubira voulant donner un statut aux enfants nés de GPA à l’Etranger). L’autorisation de la GPA et de plus pour les couples H. gays, bien sûr, ça ne fait plus rien tenir du tout dans nos représentations. On se passerait du ventre sacré de la mère (ou bien on le sacraliserait encore plus ?). La mater dolorosa intouchable au fond, invoquée bien qu’elles le dénient, par des « féministes de gauche » (hélas très influentes dans la pensée française) avec l’argument récurrent de « la marchandisation du corps des femmes ». Heureusement que pour beaucoup d’autres lois libératrices on ne s’en est pas tenu à cet argument : une mauvaise pratique, commerciale, déviante serait-elle le sacro-saint argument pour dire qu’il ne faut pas légiférer ? Il me semble bien que c’est tout le contraire. Ou alors plutôt trafic d’organes que don d’organes, avortement clandestin qu’IVG, comme le développe avec pertinence E. Badinter ? On voit bien que cet argument de la marchandisation n’est là que pour couvrir une certaine représentation intouchable de la maternité, et de la bonne mère. Cette résistance qui ne cédera pas, dans notre belle France qui n’est plus guère aux avant-gardes de rien, révèle d’ailleurs au fond la main mise idéologique constante de la légitimité hétérosexuelle (et elle seule) pour la maternité, véhiculée par les tenantes de l’ordre établi, quels que soient leurs rangs (bien qu’elles s’en défendent). Ne voyait-on pas pourtant un soir sur FR2 deux gays ayant fait appel à une mère donatrice, je n’y ai décelé aucune monstruosité. Mais il semble bien (hélas ?), au vu des derniers emballements, que cette question ne soit pas mise en acte de sitôt tant les tenants (et tenantes !) farouches de la protection contre la « marchandisation des corps » sont actifs. Pourtant si l’on raisonne « égalité des droits » alors il faut avoir le courage de sa logique : E. Badinter (FInter 14 déc.2012 entre autres) pense qu’il vaut mieux légiférer sur la GPA plutôt que de laisser des pratiques sauvages qui existent de fait. Irène Théry pense à juste titre que cela nécessite une révision de la loi de bioéthique.
Il est d’ailleurs bien venu que l’on se saisisse de cette loi pour re-mettre en chantier les pratiques PMA, leurs limites, leurs contraintes, voire leur fondement. C’est ce qui semble être le cas, ainsi que l’annonce J-C Amsallem, Président du Comité Consultatif National d’Ethique. Comptons sur leur grande « sagesse » pour ne pas nous resservir en boucle l’argument rengaine de la marchandisation des corps. (Mais la position prise jusque là est hélas on ne peut plus assise sur un « modèle hétéroparental binaire et rigide », et la « complémentarité des rôles paternel et maternel », ainsi que l’analyse B. Perreau, Professeur au MIT et chercheur associé aux universités de Cambridge et Harvard). Comme lui j’ai d’ailleurs l’idée (la crainte?) que l’appel du Président au CNE soit une façon détournée de se débarrasser de toutes ces questions dont ils ne veulent pas, au fond, se saisir.
Un enfant pour soi dit-on. Un enfant tout seul. L’enfant d’une autre. Est-ce qu’une conception ne devrait pas être aussi (et surtout) la dette à l’Autre par rapport à la nécessité narcissique du « pour soi »? Un nouage de ça ? Ne sommes-nous pas tous plus ou moins des enfants « adoptés » (Lacan)? La venue d’un enfant est toujours un événement qui sollicite l’accordement de soi et du partenaire à une étrangeté singulière incarnée, dans un désir de transmission de la finitude humaine. Quelque chose d ’inédit est à l’œuvre à chaque fois. Quelles que soient les modalités de la venue au monde. On ne peut camper dans le déni de ce qui est, ce qui bouge, ce qui change. Il est d’ailleurs intéressant de repérer qu’une demande d’égalité qui est aussi une demande de « normalité », un « je suis comme l’autre », sans doute révélateur d’une demande aussi de plus de sécurité, qui va bien avec l’époque actuelle (jusqu’à la subversive Virginie Despentes qui s’y colle, à l’adresse de L. Jospin, dans son style incomparable), que cette demande donc du mariage, vienne se nouer avec ce que la science avance comme pratiques subversives. Pour J-A Miller, la demande d’ordre et de tradition (à laquelle sur certains points s’apparente la demande « mariage pour tous ») révèle la nécessité d’ordre par rapport au réel sans loi (Lacan Le Sinthome) : « le réel n’a pas d’ordre » on ne peut faire qu’avec un « bout de réel ». Intéressante aussi à noter : la position déclarée intangible du « je suis homosexuel(le) », comme si là aussi il y avait cette nécessité de s’assigner sous un signifiant du choix sexuel; comme si au fond rien de la position de Jouissance et du choix d’objet ne pouvait venir à changer.. Une demande d’inscription civile nouée à une fixation identitaire.
Reste l’amour que l’on invoque, que l’on convoque. L’amour, ciment des couples, mais aussi enfant de bohème, volage, capricieux, constructif mais aussi si vite enfui. Ce ne serait pas sérieux d’argumenter uniquement là-dessus. Transmissions et garanties matérielles, reconnaissance du conjoint et statut de l’enfant semblent tout aussi fondés. Comme disait quelqu’un : « le divorce pour tous »..Pas mieux, pas pire, que les hétéros.
Enfin, avant de conclure, ceci : les humains ont toujours inventé leurs mythes, muthos, et leurs récits, logos, devant l’énigme de l’Univers, et des origines. Mythe grec de l’autochtonie qui fait naître les hommes, gegenes, de la Terre, Ge. Athéna, née de la tête de Zeus, Dionysos couvé et né de la cuisse de Zeus, Pandora, première femme, faite de glaise, mieux encore Aphrodite qui naît sur les flots, fécondée par le sang de la castration d’Ouranos. Sans oublier le mythe de la bisexualité d’Aristophane. Dans la Bible, Agar portant un enfant pour Sara etc..La question de l’engendrement forclose dans la conception de l’Enfant Jésus en fait le fils de deux pères, et d’une mère Vierge. Immaculée conception. « Procréation spirituellement assistée » (Ph. Sollers). La religion catholique mettant là en lumière l’inexistence du rapport sexuel comme l’a formulé Lacan. Bref là où le mythe vient dire l’insu du réel, ce qui ne peut se dire, disait Lacan..
Quelque chose s’opère de la forclusion du récit mythique.
La psychanalyse oeuvre avec le pas-tout, le pas-tout de la jouissance, le pas-tout du dire, le fait qu’il y ait un reste, un objet (a) auquel le parlêtre est chevillé. Chacun à sa façon, chacun sur son mode. Un sinthome qui fait sa propre marque. Sur ce point quels que soient les engendrements à venir, il me semble que le sujet aura toujours à s’y coltiner. La loi républicaine pour tous et la « loi » de la jouissance pour chacun. Avec ou sans la loi divine, respectable et revendiquée haut et fort par le courant naturaliste soutenu par la droite comme incontournable.
Plus que jamais, le psychanalyste doit opérer dans la plus grande attention à ce qui se crée, se déploie et s’inscrit dans ce monde passionnant qui nous convoque à soutenir l’existence de l’inconscient, la valeur de chaque un, appelé à inventer sa vie. Faisons confiance aux inventions infantiles portées par des désirs qui s’avèrent bien à ce que j’en entends « non anonymes ». Payer sa livre de chair, donner de soi, céder de sa Jouissance à l’Autre. En céder sur sa Jouissance pour faire Union et Humanité, chaque un par chaque un.
ON PEUT CONSULTER
http://www.youtube.com/watch?v=1zSqqrSofWA E. Badinter Assemblée Nationale le jeudi 13 décembre 2012.
http://www.youtube.com/watch?v=RMdI_JBt9r8 Irène Théry AN 8 novembre 2012
http://www.lacanquotidien.fr/blog/wp-content/uploads/2013/01/LQ-265.pdf JA Miller Le Point
http://www.mediapart.fr/journal/france/231112/mariage-pour-tous-le-grand-debat
http://www.regards-citoyens.com/article-mariage-pour-tous-le-combat-perdu-de-l-eglise-par-daniele-hervieu-leger-le-monde-114891503.html D. Hervieu-Léger
http://www.homme-moderne.org/societe/anthropo/heritier/MF278-81.html F. Héritier
http://www.avoodware.com/elisabeth-badinter-mariage-hom/ E.Badinter
http://www.rue89.com/2011/02/07/lois-de-bioethique-la-france-choisit-la-famille-ricore-180715
http://www.rue89.com/2013/01/09/interdits-denfants-vous-saurez-tout-sur-les-meres-porteuses-238417
http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-philips/291212/i-gestation-pour-autrui-et-interet-de-lenfant
http://www.ehess.fr/fr/formation-continue/manifestations-publiques/mariage/ I. Théry
http://lemariagepourtous.info/irene-thery I. Théry
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/08/l-alterite-sexuelle-survivra_1787902_3232.html?xtmc=thery&xtcr=1 théry I. Théry
http://www.franceculture.fr/emission-repliques-tous-pour-le-mariage-pour-tous-2013-01-12-0 I. Théry
http://www.dominique-bertinotti.fr/blog/2013/01/ma-réponse-à-henri-guaino-à-lassemblée-nationale-mardi-29-janvier-2013.html D. Bertinotti
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20130131.OBS7386/moi-c-mere-porteuse.html Delaisi de perceval
http://www.homme-moderne.org/societe/anthropo/heritier/MF278-81.html F. Héritier
http://culture-et-debats.over-blog.com/article-534006.html http://www.observatoiredesreligions.fr/spip.php?article278 mères porteuses dans la bible
A. Milon favorable a la PMA et a la GPA libérationA. Milon
http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2010/11/21/gestation-pour-autrui-lethique-du-don/ N. V-Belkacem
http://www.liberation.fr/societe/2013/02/06/comite-national-d-ethique-gardien-de-la-famille_879884 B. Perreau
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« La Politique : à la fois rester fidèles et inventer ». Face au capitalisme financier « j’espère que le gouvernement ne reculera pas ». Interdiction des licenciements boursiers. Prendre des initiatives parlementaires fortes. Réforme bancaire. BPI…
Ségolène Royal, intervention à l’AG de Désirs d… par segolene-royal
Jean Louis Bianco, intervention à l’AG de DA par segolene-royal
« La conviction que la Gauche et la France ont besoin de Ségolène Royal ». « La voix de Ségolène Royal est une voix qui porte dans le monde ».
« Nous serons à tes côtés.. »
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Photo par Xavier Leoty/AFP/Archives Un policier constate une affiche »ici c’est Falorni » sur la porte de Ségolène Royal législatives 15/06/12 La Rochelle
Ah! ce slogan en boucle sur le parachutage et l’ancrage! Ce « ici c’est Falorni » qui remonte du fond des temps, comme ces inscriptions sur les murs, les routes, « fuori », dehors! Dehors l’Autre, ici chez nous!
Cette sourde idéologie de ceux qui sont d’ici et ceux qui sont d’ailleurs, ça ne vous rappelle rien? En Grèce ancienne, le Xenos, celui qui arrivait d’ailleurs, était accueilli, respecté. Il apportait avec lui sa richesse. Il était civilisateur.
Qu’est-ce qui le fait courir ainsi M. Falorni? Qu’est-ce qui le pousse à s’obstiner ainsi, à ne pas appliquer la règle et la discipline partisane, d’autant qu’il n’était de toute façon pas habilité à pouvoir prétendre à cette circonscription, puisque elle était de fait réservée à une femme (il le sait d’autant mieux qu’il avait manigancé pour proposer une candidate fantoche dont il aurait ensuite repris la place). Qu’est-ce qui le pousse à cette connivence publique assumée avec la droite Rétaise et Rochelaise? De quoi se prévaut-il, de secrets d’alcôve, de ses relations? A-t-il une conscience, une éthique, un petit bout de quelque chose qui ressemblerait à ça?
On l’a vu à l’Ile de Ré en réunion avec des responsables locaux UMP. On l’a écouté à FR3 Régions et l’on a entendu en boucle sans cesse le même argument: « la souche » et « la parachutée »; sans autre projet ni vision.
Certes, il a été l’ami et le soutien du Président. Mais le Président ne le soutient pas, ni le Premier Ministre, ni le Parti Socialiste, ni le PRG, ni les Verts, ni lePC, ni le FdG, ni le Modem.
Certes, il est l’ami de la compagne du Président, ça maintenant tout le monde le sait. Et la compagne du Président est amie avec une grande féministe, épouse d’un ancien premier ministre, homme si intègre, d’une telle rigueur morale, qu’il reste dans le plus grand silence! Et son épouse est tellement féministe qu’elle avait publiquement conseillé à Mme Royal, femme politique s’il en est, de faire du théâtre plutôt que de la politique en 2007. Eh oui! Tout s’éclaire!
Alors qui le soutient? Une partie de la gauche des terrasses de café et des commerces sans doute, celle de Fountaine, celle de la vengeance, accoquinée avec la droite Bussereau-Raffarin (tiens un petit-cousin Raffarin vote Royal sur l’Ile de Ré), »le parti des charentais » ils appellent ça, figurez-vous! Le « parti des charentais » contre l’étrangère, celle qui n’a pas rechigné à donner de son temps, de son énergie, et à apporter l’aide financière de la Région au moment de la tempête Xinthia, par exemple. Où était-il? Beaucoup s’accordent à dire que ce cumulard (trois mandats différents) est d’une grande inactivité. On n’a rien entendu de son programme, de son projet, parce que son projet c’est de la « foutre dehors » et et de rester bien au chaud entre amis, de droite, de gauche, qu’importe, mais qu’on ne vienne pas foutre le nez dans nos affaires. Même Maxime Bono n’avait pas vu venir cette déflagration. Il veut être député et puis c’est tout. Un désir vide de sens, de contenu. Un arriviste face à une soi-disant nouvelle arrivée.
Quand on lit les quelques enquêtes journalistiques à propos de l’Ile de Ré et la Droite locale (enfin! et trop tard, hélas!), quand on est attentif aux arguments avancés, aux méthodes employées, bien sûr ça soulève le coeur : ces thèmes sexistes et racistes, ces relents de l’exclusion, souvent complètement imaginaires, résonnent, dans leur mode et leur construction, avec les enquêtes sur le vote FN, rejet de l’autre sans savoir qui il est (on ne la connaît pas mais elle n’est pas d’ici, certains ajoutent même que lui non plus ils ne le connaissent pas, mais..il est d’ici!). Même la jeune candidate UMP qui a servi de leurre n’en revient pas de ces magouilles.
M. Falorni, porte-voix de cette idéologie rance, au nom de quoi? De ses engagements dans l’ombre, d’amitiés malsaines et intéressées? Pour l’heure, c’est lui qui est exclus de sa famille politique, c’est lui qui n’est pas à sa place en se faisant ainsi l’agent trouble de la mauvaise politique, et en prenant la place d’une femme. Il sera un non-inscrit, quel beau programme pour les Rochelais et les Rétais!
On comprend que la xena, l’étrangère, qui arrive du ciel avec son parachute, a dû mettre le pied dans une drôle de fourmilière! Ne faut-il qu’être de souche là-bas, ou bien ne faut-il arriver que par la mer? Triste mythologie, triste idéologie, que certaines personnes de gauche hélas approuvent sans même réfléchir au sens et aux conséquences de leur vote. Seul un geste républicain peut éviter les conséquences à plus long terme, empêcher tout ce fiel. M. Falorni sera comptable ultérieurement de la prise du pouvoir par la droite.
On veut mettre à terre Mme Royal. Elle n’en sortira que grandie quoi qu’il arrive.
Il y a en effet des belles étrangères civilisatrices, et des vieilles souches pourries.
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Voilà, c’est fait, François Hollande est élu président; je m’en réjouis; il sera un bon président. Il aura aussi, de plus, et en tout cas, vengé la défaite de Royal, cette défaite qui n’aurait pas dû être, on le voit bien maintenant; lorsque tout le monde rame dans le même sens avec les forces unies, la victoire est possible. Même si les conditions objectives sont bien différentes. C’est bien que depuis quelques temps il lui ait clairement envoyé le signe de sa reconnaissance et de sa légitimité pleine et entière. Car elle a sa place au premier rang. Sans doute a-t-il pris la mesure de sa propre passivité antérieure, voire de son absence, et de ses conséquences. Les derniers rapprochements en tout cas sont heureux et riches de promesses. Car c’est elle parmi tant d’autres mais bien plus que d’autres qui a semé. Elle, qui promettait « d’autres victoires », avait vu juste. Celle d’aujourd’hui porte aussi en filigrane sa signature.
FH dit : « Elle laboure, je sème » (FR3 film), métaphore de terre corrézienne qui peut tout aussi bien être terre charentaise. Pourtant il serait plus juste de dire qu’elle a labouré et semé, elle a enlevé les mauvaises herbes, (attention ça repousse!), elle a essuyé les plâtres, elle est restée debout malgré les vents contraires et les « animosités amicales », les « entourages » comme elle dit. 2007 l’a vue courageuse, déterminée, et inventive, relever la Gauche défaite, affronter le Président sortant présenté comme un homme neuf, celui qui avait pour lui sondages, media (de droite bien sûr mais aussi de gauche hélas, tout le monde était béat devant ce personnage, sa rupture, son style, n’oublions pas! Lui qui se réclamait de Jaurès!). On se demande encore pourquoi et comment tant de gens se sont laissés ainsi bernés en 2007! Cette fascination naïve! 2012 a pu surfer aussi sur ce mécontentement, cette déception lourde. Et récolter sur l’entente, sur le choix incontournable, nécessaire.
Alors, merci Ségolène! Et tant mieux pour ces retrouvailles qui sonnent si bien avec les semailles.
Pour l’heure, en tout cas, il est essentiel de ne rien faire qui vienne obérer les actions politiques de FH. Il a une lourde tâche dans une période fragile, explosive, tendancieuse, crispée sur des certitudes politiques ici et là, des raidissements coupables, alors que nous, simples citoyens, voyons bien comment il faudrait réorienter, un peu, le Réel, un peu, simplement un peu, quelques réformes; que la Banque Européenne, que Mme Merkel, veuillent bien se déplacer un peu…Pour les media, ça paraît bien difficile de s’en remettre à son Acte de Président, ça paraît bien difficile, quand on voit et que l’on entend tous les commentateurs qui sont là sur le pont pour écrire l’avenir à la place de… celui qui a été élu. Certains bien sûr pour faire gagner la droite aux législatives, d’autres, beaucoup, parce que encore et toujours les journalistes savent, c’est écrit dans le marbre, ils écrivent la vie, l’opinion, l’avenir. Story-telling. Que de commentaires qui ressemblent parfois à des diktats ! Ils savent… déjà! Ce qu’il va faire, ce qu’il ne doit pas faire, ce qu’il ne va pas réussir! Quel cirque! Peu de journalistes ont la lucidité de dénoncer cet orgueil déplacé. C’est leur symptôme, leur jouissance, ils sont les « sachants »! Signe d’un doute immense pour eux aussi.
Là, pour l’heure, ils vont pouvoir se régaler, les mediomanes avec l’arrivée de Zorro/JLM dans le Nord! Est-ce une bonne idée? Attention FdG, spectacle du Front contre Front. Que je sache, ça n’a pas donné grand chose aux Présidentielles. N’est-ce pas seulement au fond la mise en scène d’un homme qui veut exister, « un ego trop loin« ? Lui aussi serait-il un « sachant »? C’est sans doute pas la meilleure idée de vouloir ainsi aller faire « front contre front ». Ca ressemble plus à un spectacle qui, à mon avis, va avoir pour seul effet de gonfler encore le FN, ce qui n’est pas, mais alors pas du tout souhaitable. Ah! le « duel », comme s’il était le Sauveur! Le Justicier face au Monstre, la « semi-démente ». Non non et non! Pas comme ça! Pas ainsi en miroir! Même si beaucoup de ces mécontents voteraient bien d’un côté ou de l’autre (toutes les voix perdues du PC), c’est d’ailleurs, si j’ai bien compris, ces voix-là qu’il veut aller chercher. Noble intention bien sûr. Mais l’action au Parlement Européen n’a-t-elle plus d’intérêt? Rien n’a démontré que la stratégie FdG et JLM surtout a permis d’affaiblir le FN et ses thèmes nauséabonds pendant les présidentielles.Et puis il semble qu’il y ait déjà des candidats à cet endroit, et la sagesse politique serait plutôt d’apaiser les haines et les dissensions souvent, trop souvent, dangereusement exploitées! Car sinon c’est à un renforcement des pulsions dévastatrices que l’on va assister, cela qu’a si bien su faire exister le Président d’avant; ce jeu mortifère qui consiste à se prendre pour la Vérité, le Seul, l’Unique, insultes et mépris en poche, au lieu du débat d’idées. Plus facile de déclencher la violence que de l’apaiser, toujours.
Car c’est cela le point d’ombre! La tache,sur notre vie commune, notre destin partagé.Tous ces temps, impossible d’écrire face à ce déchaînement haineux et mensonger permanent; ce réel paranoïaque dans le calcul le plus froid, qui impute à l’autre sa propre jouissance, son propre défaut. D’autres, beaucoup d’autres ont écrit, relayé jour après jour. Prendre acte de l’état maladif de la France, depuis longtemps, si longtemps. Peur imaginaire de l’autre, exclusion, rejet, supposition que l’autre jouirait plus et mieux que soi, fondée sur sa propre ignorance, cette ignorance exploitée par la militance FN, relayée par NS; cette croyance à la différence, où l’on voit même des immigrés voter NS, de même qu’en 2007. -On donne aux immigrés, pas à nous, nous, on a réussi – ceux qui arrivent pour nous envahir vont nous prendre ce qu’on a, le petit peu que l’on a- la France métissée des banlieues, c’est là où le vote FN décroit disent les études/ la France rurale et périurbaine pas mélangée avec les immigrés vote elle par contre plus FN. Le Limousin rouge, mon cher Limousin résistant, et la montée du FN là-bas chez les paysans. Insupportable. Tous ces gens révoltés certes, souffrants certes, mais pourtant »rétrécis », crispés sur leur trognon identitaire comme seule solution à leur haine de l’autre, qui bien sûr est alimentée par des faits réels, mais qui dit ce qui va au-delà dans l’excitation fantasmatique. Il faut prendre cela en considération sérieusement, cette haine. Cette réalité socio-politique qu’il faut sans cesse garder à l’esprit : l’état sérieusement anti-étranger, anti-islam notamment, d’une grande partie de l’électorat. L’idéologie permanente et bien réelle du rejet de l’autre, souvent construite imaginairement et entretenue pendant toute la campagne.
La victoire de FH est nette. Elle est cependant à mettre en perspective avec le score hélas inquiétant de NS sur une ligne en permanence « Buisson », soit le pire de ce qui pourrait identifier le « peuple français » (lire à ce sujet « Buisson : une défaite à la Pyrrhus NOTE Par Olivier Ferrand« ). Que NS ait pu obtenir un tel score est très inquiétant, quand on sait sur quels thèmes il a pu réunir ses suffrages!! »Le « buissonisme » est une mèche longue autant qu’un poison auquel la gauche sera sans doute confrontée longtemps« , dit François Kalfon. Oui, ne l’oublions jamais.
Voilà c’est fait, François Hollande est élu Président de la République Française. J’ai l’espoir que quelque chose d’autre advienne qui rétablisse a minima l’esprit républicain. Je ne souhaite pas la révolution comme d’autres, je souhaite que s’établissent plus d’ordre républicain, moral, éthique, et une justice fiscale sociale, écologique. Cela ne fait pas le tout d’un peuple et d’une communauté nationale. Il faut laisser la diversité pour tous et pour chacun la liberté de « respirer », c’est cela la difficulté de la responsabilité politique. Un « ordre juste » disait Mme Royal, merci à elle d’avoir inspiré le socialisme à venir.
« Quelque chose s’est levé… » ! Ne l’affaiblissons pas! Ne le parasitons pas! Ne l’entravons pas!
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La Haute Autorité de Santé a donc « tranché ». Forte de sa légitimité et de son « indépendance », « chargée de promouvoir les bonnes pratiques et le bon usage des soins auprès des professionnels de santé et des usagers de santé », la HAS , dont la présidence est assurée par M. Jean-Luc Harousseau depuis janvier 2011. Je rappelle en passant que cette personne a perçu 205 482 euros des laboratoires depuis 2008. Certes dans les Principes fondateurs on peut noter : » l’abandon de leurs autres mandats et l’interdiction des conflits d’intérêt « , tout de même. On y lit aussi « La HAS procède à des comparaisons de produits, de techniques, de pratiques professionnelles, de structures et d’organisation, etc., », on y reviendra. Enfin concernant « la rigueur scientifique »: « Le doute formulé est le reflet du doute des scientifiques. » Diantre ! Nous voilà rassurés!
Cependant, (je me réfère là à un excellent travail d’analyse d’Eric Laurent à ce sujet dans Lacan Quotidien 170) : « Sur la page de garde des dernières « Recommandations de bonne pratique » émises par la HAS en juillet 2011, version « phase de lecture et de consultation publique », figure l’énoncé explicite de sa méthode : « Recommandations par consensus formalisé ». … (Mais) Nous avons vu la semaine dernière (LQ164) , en suivant les critiques de l’équipe canadienne combien l’approche ABA est sujette à discussions du point de vue des critères mêmes de preuve qu’adopte la méthode du « consensus formalisé ». Il suffit de ne pas se laisser fasciner par les résultats des méta-analyses, de s’intéresser à l’histoire des méthodes comportementales, aux problèmes éthiques qu’elles soulèvent, à l’inclusion ou non des études admettant les punitions, et aux types de punitions admises, pour que l’évidence de grade B recule. Rien de ces débats, pourtant cruciaux, n’est mentionné.… Dès la première recommandation d’importance, on nous dit que l’approche ABA est de grade supérieur à tout autre et qu’en plus, l’ensemble des interventions doit s’effectuer en utilisant le modèle éducatif comportemental « pour ne pas disperser l’enfant/adolescent ». ABA gagne contre la méthode intégrative proposée par la majorité de la psychiatrie française inspirée par la psychanalyse. » A-t-on même consulté les praticiens que nous sommes, qui ont aussi à dire?
Pourtant, comme l’avait déjà relevé le même Eric Laurent (lQ 164): »L’adversaire le plus résolu des techniques comportementales ABA n’est pas une/un psychanalyste. C’est une chercheuse autiste qui réside au Canada. Il s’agit de Michelle Dawson née en 1961, qui a rejoint il y a un peu moins de dix ans l’équipe de recherche de Laurent Mottron à Montréal. Devant le tribunal canadien des droits de la personne elle a déclaré avoir été diagnostiquée autiste au début des années quatre vingt dix, donc assez tard. En 2004, elle signe un article retentissant « La mauvaise conduite des behavioristes ou les problèmes éthiques de l’industrie Aba-autisme. » Dans cet article, elle lit et commente très précisément les publications de Ivar Lovaas, fondateur de la méthode ABA, pour mettre au point ce qu’elle appelle des objections « éthiques »/… »
La HAS a donc dit la « vérité », sa vérité » : « 8. Quelle est la position de la HAS et de l’Anesm sur les interventions fondées sur les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle ? L’absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle. »
On voit de quelles précautions scientifiques elle s’entoure, et son souci des « bonnes pratiques ». On a hélas plutôt l’idée que, forte du slogan « culpabilisation des mères », il s’agit bien sûr d’éloigner toute pratique orientée par la psychanalyse du champ de la santé, voire du champ social tout entier. D’ailleurs il suffit de voir la reprise en choeur des journalistes et media ces derniers jours. (J’ai déjà suffisamment souvent analysé ici les mécanismes grégaires d’un journalisme mal informé à propos d’une certaine personnalité politique pour que l’on me soupçonne de ne parler que pour ma « chapelle » psychanalytique). Ainsi, on s’en donne à coeur joie dans la désinformation, ne soupesant même pas les termes de la HAS, qui indique seulement que cela ne « permet pas de conclure à la pertinence ».. On y va, à la grosse! En vrac, Laurent Joffrin Nouvelobs : « Nouvelle défaite pour la psychanalyse. Pour faire court, les disciples de Freud considèrent que les troubles qui affectent ces enfants – défaut de communication avec l’extérieur et comportements répétitifs – sont en grande partie imputables aux mauvaises relations qui se sont établies dès la naissance entre la mère et l’enfant. » Ca c’est certain il « fait court »! Eric Faverau, Libé, que l’on a connu plus objectif, tribune d’une page pour un chercheur en neurobiologie qui « dénonce la psychanalyse appliquée à l’autisme quand elle n’est pas évaluée ». Catherine Vincent sans surprise Le Monde 9 mars « la psychanalyse a perdu le combat ». Le nouvelobs encore: » Autisme et psychanalyse le scandale enfin mis au jour » !!!
Last but not least : « Vaincre l’autisme », Le monde 23 février, page Débats: « L’autisme est une maladie précoce qui prend naissance le plus souvent pendant la grossesse. On trouve plus de neurones dans certaines régions cérébrales des enfants autistes. La prolifération cellulaire ayant lieu exclusivement in utero chez l’homme, cette preuve ne peut être contestée ». On développe ensuite les causalités de ces «réseaux neuronaux aberrants », « une malformation cérébrale est un phénomène « biologique » qui ne se guérit pas avec des mots. » Bon! Fin de l’article: « C’est en bloquant ces activités aberrantes (neuronales) avec des outils pharmacologiques (mais aussi de la rééducation nous dit-on plus haut) que les promesses les plus sérieuses.. » E. Laurent encore LQ 170 : « L’ennuyeux est que, comme le soulignait pour les lecteurs de LQ le neuroscientifique et chercheur Javier Peteiro, le dernier numéro de Nature consacré à cette question, en novembre 2011, concluait que rien n’est pour l’instant confirmé dans les nombreuses hypothèses émises sur la nature de l’autisme. » De plus on a élargi considérablement le spectre autistique, y incluant entre autres le Syndrome Asperger, panier de crabes sans rigueur nosographique, permettant ainsi un marché plus juteux.Concernant les rapports autisme et labo : HuffingtonPost Martin Quenehen »Rapport sur l’autisme : exclure les psys pour mieux engraisser les labos? » et Agnès Aflalo conférence du 4 mars).
Voilà où nous en sommes. J’ai déjà voulu témoigner dans un billet précédent, à ma mesure, de ce qui m’apparaît comme lourdement inexact dans les critiques faites à nos pratiques d’analystes, ici avec des enfants autistes. Il y a un emballement épidémique dont le fondement rationnel et scientifique précisément n’apparaît guère. Emballement médiatique aussi bien, auquel rien n’échappe plus de nos jours. Pourtant inexactitude sur nos pratiques en cabinet ou en institution, (cf. billet précédent et mon propre témoignage dans sa simplicité), inexactitude sur l’efficacité des TCC, inexactitude sur l’approbation qui serait générale des associations de parents ainsi que des autistes. Où sont les informations sur les nombreux livres d’autistes adultes et leur point de vue par rapport à leur « éducation »? ( Berger, Temple, Grandin, chercheuse Dawson etc..).
Comment en est-on arrivés là, ici, en France, maintenant? Nous n’avons sans doute pas vu venir l’attaque; pas aussi forte. Nous ne nous soucions sans doute pas suffisamment de diffuser dans une langue plus simple nos travaux, leurs résultats, pour les rendre plus accessibles à l’opinion. Nous ne faisons pas de battage médiatique, mais aussi, je le crois, nous n’avons pas de tribune, parce que la pensée psychanalytique est une pensée et une pratique complexe qui demande une certaine éthique, un savoir-faire particulier, sans certitude, un autre rapport au temps, une clinique au singulier, au un par un et donc peu rentable, différente des protocoles randomisés et collectifs des TCC . Cela nécessite un savoir qui n’est pas seulement un acquis technique applicable dans des cases d’évaluation, un savoir qui s’élabore pas à pas à partir de ce que dit et demande le sujet (npc avec passivité ou neutralité bienveillante qui n’a rien à faire ici avec les autistes), un savoir adossé à son propre savoir intime analysé, qui part du sujet accueilli, une clinique. (cf. conférence. ECF l’exemple du garçon au bâton EL billet précédent).
Et puis la psychanalyse dérange. Ce n’est pas nouveau. Sans doute ce qui est nouveau, c’est le tour nouveau du discours du maître, l’importance prépondérante donnée au corps dans sa dimension organique, au cerveau comme lieu de toutes les vérités, au marché et à ses productions pharmaceutiques, au pas pris par la jouissance sur le désir, à la nécessité voire l’exigence d’une vérité toute prête devant les désordres du monde (cf nationalismes, exclusions, ségrégations). Alors là où la pratique psychanalytique s’étaye sur de l’insu, du refoulé, de l’inconscient, du un par un, de la parole singulière, du parlêtre comme nous disons, et, je le répète de la complexité non-prédicitive, on voit venir le handicap, le corps, la cause génétique, la machine à réparer, la rééducation, le protocole. Protocoles, faire série, stéréotypes/ versus désir, kairos, intersubjectivité, trouver sa voie. Choix de vie, choix de civilisation.
La psychanalyse dérange parce qu’elle veut conserver une part à l’intime. On ne sait pas ce qui s’y passe, dans le cabinet. On va jusqu’à imaginer peut-être que l’on va allonger un enfant autiste criant et sans parole sur un divan! Rien n’est moins vrai; chaque patient, quelle que soit sa pathologie, son symptôme comme nous disons, est accueilli comme un être singulier. Mais voilà, on ne peut pas voir ce qui se passe là, on ne peut pas y être, sauf à s’y engager soi-même. Ce respect fondamental de la personne se transforme, en ces temps lourds de fantasmes complotistes, en secret mauvais, malsain, attribuant au praticien des méthodes et des intentions diaboliques, hors du regard, et.. des cases. Nous connaissons ce trait du transfert dans une cure, mais quand il devient à ce point collecitf, politisé, il est plutôt le signe de lendemains qui ne vont guère chanter pour personne. C’est en ce sens que toute cette affaire, grave dans son accusation, infondée et outrepassant ses droits, est signe d’une dérive civilisationnelle qui, hélas, nous concerne tous. Renoncement à l’esprit des Lumières, renoncement aux idéaux républicains, à la liberté de choisir? Renoncement tout simplement à ce qui fait Humanité et lien intersubjectif. Ouvrir les bras à la technicité sans fin et à son alliance avec le marché sans sujet, signe d’une désespérance, française tout particulièrement, hélas.
De plus : La HAS s’appuie sur « l’absence de données ». Comment peut-on rayer ainsi d’un coup de plume les congrès, les publications, les notes cliniques? Sinon que tout ce qui ne serait pas mesurable et inscriptible dans des cases n’existerait pas? Sinon que la seule méthode qui vaille soit celle déjà choisie arbitrairement de ABA, et je suis désolée de le dire son conditionnement et son dressage. Sinon que la France serait donc le seul pays au monde à décider de ce que l’on peut exclure, et qu’une seule méthode vaille?
« En situation d’incertitude, il est crucial de préserver l’espace du débat démocratique. La question est globale. On sait le goût en Europe, des bureaucraties de tous ordres se pensant comme les guides sûrs de l’administration des choses, guidant les peuples, s’il le faut à leur insu, vers des solutions parfaitement calculées. On voit dans quel état est la zone Euro, résultat de l’action des bureaucraties financières après le crach des marchés de 2008. Les bureaucraties sanitaires européennes, devant le crach des certitudes scientifiques, ou leur prolifération « aberrante », sont tentées par des artifices divers pour imposer des solutions autoritaires inspirées par les lobbys scientistes.
Nous souffrons clairement d’un déficit démocratique qui ne cesse de se manifester dans les différents scandales qui traversent le milieu psy depuis la régulation abusive des psychothérapies en passant par le plan de la prévention précoce de la délinquance, objet de la pétition « Pas de zéro de conduite à 3 ans ». Nous nous sommes souvent gaussés, de ce côté-ci de l’Atlantique, du choix américain de soumettre le remaniement du champ psy à des votes au sein de l’American Psychiatric Association, qui vote sur les propositions de modification du DSM. Le système européen des agences « indépendantes », élaborant la loi qui sera ensuite opposable à tous, est sans doute, sous nos yeux, en train de trouver ses limites. Nous pourrions nous inspirer – sans pour autant copier – de l’exemple américain et de ses multiples centres de décision, aussi bien au sein de la bureaucratie fédérale du NIMH (National Institute of Mental Health) qu’en dehors, dans le milieu psy structuré par l’American Psychiatric Association ou son équivalent pour les psychologues. Il ne s’agit pas d’idéaliser le système mis en place. Les difficultés d’élaboration du DSM V, les oppositions violentes qu’il soulève, les lettres de protestation des responsables du DSM IV et III R, tout cela témoigne d’une vitalité démocratique qui nous manque . Nous ne pouvons plus continuer à coup de « méthode de consensus formalisé » et d’assertion du type « Il convient de rappeler quelques faits qui ne sont pas contestables ». Nous sommes dans un champ qui ne nous permet pas ces facilités. Commençons par réformer ces Hautes Autorités proliférantes, faites pour éteindre les débats. » Éric LAURENT. LQ 170. cf. aussi LQ 176.
Un enfant, c’est-à-dire chacun de nous, naît au lieu de l’Autre, d’un désir, généralement d’une rencontre entre deux personnes, quelle qu’elle soit, tenant compte des évolutions de la science. « Un désir non anonyme » disait J. Lacan (« Deux notes sur l’enfant »). La naissance d’un enfant nécessite l’invention d’un savoir-faire pour les parents, toujours, quelle que soit ou pas sa pathologie. Avoir un enfant déclenche forcément en chaque parent des désirs, des doutes des projections, des fantasmes, et oserai-je le mot, de la culpabilité bien sûr. Qui peut honnêtement prétendre le contraire? La culpabilité est la chose au monde la mieux partagée, combien de fois ce mot est-il prononcé dans une journée? Accuser les praticiens analystes de culpabilisation est quand même une arme fallacieuse, sauf à ne pas vouloir tenir compte des liens incontournables entre un bébé et sa mère et son père. Certains parents s’appliquent plutôt à vouloir en savoir un bout là-dessus, et ça produit toujours des effets.
Comment une méthode rééducative, ABA pour ne pas la nommer, pourrait-elle ainsi promettre l’impossible, comment pourrait-elle à elle seule régler la question de l’autisme et être la seule légitime à traiter cette pathologie? Sinon pour barrer l’accès à psychanalyse? Peut-on accepter ainsi que l’offre multiples de soins et de prises en charge soit refusée maintenant aux parents, qui pour beaucoup, même s’ils restent plus discrets, savent que cette offre multiple est la condition nécessaire à leur mieux-vivre et à celui de leurs enfants? On sait par notre pratique combien et comment des parents qui ne seraient qu’éducateurs cela pourrait mener à la pire des choses. Certains traits humains ne se comptabilisent pas ne se chiffrent pas, ne se « casent » pas. L’amour, les sentiments, la tendresse d’un corps, les affects, tout cela ne peut se comptabiliser, sans reste. Or les cases sont remplies, oui/ non/ nsp/… sans reste. C’est parce qu’il y a du reste, du en-trop, de l’insu, qu’il y a de l’humain, de la question de la demande, et de l’échange entre les humains. Du vivant singulier, qui rate, échoue, pleure, crie, et dérange, et jouit.
Loin de moi l’idée que les parents et les enfants qui souffrent ne pourraient pas bénéficier de techniques qui amélioreraient la vie au quotidien et leur permettraient des apprentissages; quel enfant, quel adulte ne passe pas par des apprentissages? Personne ne les refuse dans les institutions ou ailleurs. Mais, de grâce, que l’on n’en fasse pas la voie unique autorisée pour guérir; qu’elles soient à leur juste place, et que la nôtre qui a aussi fait ses preuves nous soit conservée. Laissons le choix aux parents et aux autistes de là où leur pas les mène. Quelles que soient les causes, si on les isole un jour, il y a pour enfants et adultes un réel dont personne n’est le coupable mais dont chacun peut explorer les complexités et les effets souvent si délicats à apaiser, à mener vers plus de pacification et d’élaboration symbolique, pour le mieux-être de tous. Ne faisons pas croire à des guérisons miraculeuses!
Enfin, je vous conseille vivement de prendre le temps de visionner la conférence du 4 mars à l’Hôtel Lutétia. Je ne peux ici en faire le compte-rendu; vous y entendrez des collègues psychanalystes respectueux, attentifs, troublés aussi il faut bien le dire par ce déferlement. Vous y entendrez des témoignages d’accompagnement clinique au quotidien et leurs effets. Je suis en plein accord avec ce qui a pu être échangé dans ce riche débat. Puisque les media ne nous prêtent guère oreille pour l’heure…
(communiqué du collectif des 39/ la nuit sécuritaire)
Peut-on croire qu’une alternance politique irait vers plus de sagesse et de respect?
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« … La HAS – Haute Autorité de Santé — a été sommée de bannir la psychanalyse de la liste des « bonnes pratiques » relatives à l’autisme. Des médias moutonniers ont fait écho de cette tentative de proscription publique d’une discipline que l’on pouvait croire reconnue et honorable. Bref, une atmosphère de « croisade » et de « chasse aux sorcières ».
L’Université populaire Jacques-Lacan a voulu étudier posément ce phénomène d’opinion, et le contrarier en faisant entendre d’autres voix. Son Institut de l’Enfant a réuni dimanche dernier, 4 mars, une « conférence de presse » à l’hôtel Lutétia. Cette réunion, qui a duré 3 heures, a été intégralement filmée par l’équipe de La Règle du jeu ; elle donnera lieu à une publication » — Jacques-Alain Miller
AUTISME ET PSYCHANALYSE (partie1) par laregledujeu
AUTISME ET PSYCHANALYSE (partie2) par laregledujeu
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Stop à la confusion, le déferlement de haine et d’ignorance, la manipulation et la transgression. Ce qui arrive là n’est pas tout à fait nouveau. Les tentatives de destruction et de dénigrement des pratiques psychanalytiques et leur savoir-faire clinique ont depuis longtemps fait leur sombre propagande. Là, elles en remettent un coup, virulent. Profitant du désarroi légitime des parents et de leur implication très forte auprès de leurs enfants, bien légitime aussi, même si parfois un peu plus de distance permet des effets plus pacificateurs (comme pour toute difficulté les plus proches ne peuvent pas toujours être les mieux placés pour aider.. aïe je sens que là déjà j’en dis trop.. ), bref profitant de ce désarroi, surfant sur évaluation, discours scientiste, rentabilité, efficacité, mirages en tous genres, pour contrevenir au mal-être et dénier toute dimension psychique et singulière pour chacun de nous, humaniste a minima plutôt que mécaniste, voilà donc que ces associations outrepassent allègrement leur pouvoir et leur savoir, si mince! Mieux, voilà que l’Etat, et une Instance Publique, la Haute Autorité de Santé (HAS), projettent de se proclamer légitime pour décider quelle thérapeutique est à autoriser ou à interdire. Sortant là effrontément de leur rôle. Psychanalystes, délinquants peut-être? L’attaque est rude et sévère, exorbitante. C’est un plan très concerté, le même qui tente de faire sortir la psychanalyse des enseignements universitaires, le même qui veut fabriquer des psychothérapeutes au rabais.
../ »- L’enjeu, quel est-il ? C’est de savoir où iront les fonds publics. Extrêmement minoritaires, les techniciens du conditionnement comportementaliste voudraient bénéficier désormais d’un soutien exclusif de l’Etat. À cette fin, ils ont excité des parents d’autistes, et manipulé leur souffrance, sans nul doute authentique, pour la transformer en force de frappe anti-psychanalyse et anti-psychiatrie. Ces associations aux maigres effectifs se sont coalisées, et se sont livrées à un lobbying prolongé. »/.. (note de synthèse d’un Haut-Fonctionnaire à l’intention de sa hiérachie)
../ »Si la HAS suit les recommandations extrêmes inspirées par « Vaincre l’autisme » et ses experts, cela revient à créer ex-nihilo une bureaucratie médico-sociale pouvant prendre en charge 800.000 personnes et 8.000 enfants chaque année. Nous retrouvons là le type d’utopie inspirée au gouvernement britannique, par les mêmes secteurs scientistes, d’un vaste réseau de centres de psychothérapie comportementale brèves pour lutter contre la dépression et le chômage. Cette vaste usine à gaz a eu du mal à dépasser les Centres expérimentaux. Le changement de gouvernement a mis un terme à ce déploiement et l’on attend la publication des résultats »/..E. Laurent La fin du règne de la HAS.
Une association notamment se démène « Vaincre l’autisme », tel est son nom. « Vaincre l’autisme », quelle curieuse conception, illusoire, rabattue sur le médical, ou sur la guerre .. Vaincre le cancer, vaincre le sida, la pauvreté peut-être même, mais là ne devrait-on pas d’abord et avant tout mettre en avant les autistes eux-mêmes, sujets qui pour être « affectés » d’une certaine pathologie de structure n’en sont pas moins sujets; « vaincre l’autisme », pour faire croire que cela peut disparaître?
Pour ma part, je ne reprendrai pas ici les questions autour de la génétique, ni non plus les insuffisances criantes de lieux d’accueil et de soins pour ces enfants, je dirai ceci:
J’ai été auprès d’enfants et adolescents autistes en pédopsy pendant plusieurs années. Je n’ai pas hésité à y proposer ateliers peinture, journal, comptines, promenades, pour créer un espace de rencontre, et ne me suis pas contentée d’être dans un bureau à « pratiquer des cures ». Qui peut croire cela, qui peut honnêtement faire croire cela, que les psychanalystes qui s’occupent d’autistes pratiquent ainsi la psychanalyse ? Notre équipe était, comme beaucoup d’équipes, dans l’humilité de savoir la plus sérieuse qui soit, attentive à leur souffrance, leur « inadaptation » dit-on maintenant, mais aussi, quand cela était le cas, à leur demande, leur éveil, leur joie. J’ai reçu les parents, seuls ou en couples, en consultations suivies. J’ai donc su combien parfois l’angoisse parentale et l’histoire de la naissance n’étaient pas, bien sûr, sans lien avec l’état de l’enfant. Disant cela je n’accuse personne et bien sûr pas les mères. Ceci étant d’ailleurs plutôt un mythe qu’autre chose. J’ai vu des parents hostiles, avides de vouloir tout savoir de ce que leur enfant « faisait » dans la journée (ceux qui ne parlent pas); méfiants, habités par une certaine détestation de l’autre, sous couvert d’une posture sacrificielle et souffrante. Mécanisme de défense subjective qui ne leur est pas propre, même s’il peut là être exacerbé. J’ai aussi rencontré des parents qui, à mes côtés, essayaient une élaboration, un point de vue, une question, un pas vers l’acceptation de cet enfant issu d’eux, différent, énigmatique, et il faut bien le dire souvent très, très, perturbant. Le pacte thérapeutique alors scellé dans le non-savoir partagé permettait parfois un bougé, un mot, un éveil, un déplacement, par rapport à l’envahissement souffrant que vivent ces enfants. (Le non-savoir n’est pas l’ignorance, il est plutôt une position subjective singulière issue et déchiffrée au cours d’une analyse, nous mettant à l’épreuve de nos positions imaginaires, et de nos certitudes moïques, il n’est pas l’ignorance et ne peut faire l’impasse sur une solide élaboration théorique).
On mélange des pathologies complexes; ces derniers temps, tout le monde était schizophrène, maintenant tout le monde est autiste; et demain? Absence de rigueur du diagnostic, absence d’humilité, absence de consentement au non-savoir, le matraquage idéologique qui met en avant les méthodes comportementales est hélas très productif. Quand on lit les commentaires sur les sites en ligne, on ne peut que constater majoritairement un aveuglement et une haine contre la psychanalyse, révélant là ce qui ne va pas dans le dire et dans le fantasme: un Autre méchant, trompeur, dangereux, responsable de tous les maux, un Autre qui ne promet pas le bonheur, qui ne berce pas d’illusions, mais qui dit que nous sommes tous et chacun soumis à l’arbitraire de la castration. Qu’il existe de l’Autre, infranchissable, parfois « irréparable », un arbitraire, un impossible, et que nous devons faire à notre mesure.
Sans doute insoutenable face aux « promesses » comportementalistes. Les méthodes comportementalistes ne sont pas, loin de là, le sauveur suprême; celles-ci sont des méthodes éducatives; elles sont parfois adéquates, parfois trop violentes, pour un sujet en défaut spéculaire, sans accès symbolique (précisons qu’il y a plusieurs autismes et que c’est maintenant la nouvelle lubie d’en voir partout, ce qui était le cas avant de la schizophrénie).Elles sont en tout cas des techniques d’éducation, et comme toutes méthodes éducatives, elles comportent une part de dressage; parfois il est soft et adapté au cas par cas et pas sans la parole, parfois il est mécanique et s’applique aveuglément de façon objectale. Il ne peut exclure la dimension thérapeutique, cure par la parole quand c’est possible, inventive, et toujours comptant l’autre comme sujet. Là où on invente, on bricole, on apprivoise, on suscite un peu de vie, un par un, à chaque fois.
De façon plus large mais étroitement liée : « La folie n’est concevable qu’irréductiblement liée à la condition humaine. » (collectif des 39 contre la nuit sécuritaire) + Guy Baillon Le pouvoir, la psychanalyse, la psychiatrie, et le désir « d’interdire » + E. Laurent »Critique de la HAS : une politique anti-ABA pour l’autisme ». Lire aussi ce convaincant témoignage d’une mère d’enfants autistes : J. Berger Sortir de l’autisme Buchet-Chastel 2007 et B. Jordan biologiste moléculaire, Autisme, le gène introuvable, de la science au business Seuil 2012.
Alors prenons garde, aujourd’hui l’autisme et demain tout le reste..
©evah5
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