le blog d'Evah5

l'air du temps qui passe

« La politique ce n’est pas ma partie, je le rappelle tout au long de ces billets, des éléments plus techniques peuvent bien sûr m’échapper, mais je fais retour ici sur ce que j’en entends au rythme du temps et des échos assourdissants de l’univers médiatique, mais aussi des analyses plus poussées dans tous les domaines, hélas trop rares. « L’inconscient c’est le Réel » (J. Lacan). Je suis moi-même aux prises et au service chaque jour de ce qui parle et fait symptôme, de ce Réel, là où ça rate. Et cela est politique.

« Cela fait déjà pas mal de temps  que je voulais en dire quelque chose de cette « arrivée » de la Gauche au pouvoir, (beaucoup de places de pouvoir, très lourde responsabilité). Ne trouvant ni le temps ni l’envie, parce que ne voulant pas  donner prise à ce « hurler-avec-les loups » médiatique, ni participer à cette curée aveugle (ou intentionnel?), ne voulant pas donner l’impression que je participe à l’abattage déchaîné et systématique, comme toute une part des media, signe s’il en était besoin que la presse est bien aux mains des libéraux, et aussi que le « dire tous pareils » de nombre de journalistes, leur slogans en boucle, leurs exégèses parfois « délirantes »  fonctionne à plein. « les moutons.. » Marianne. Mais ce dont on est  là les témoins, je l’ai bien souvent dénoncé  et depuis longtemps! Avec S. Royal  (2007, Primaires PS), on a déjà depuis longtemps l’entraînement au bashing (les « camarades » ne le dénonçaient guère alors!).

Sans doute suis-je baignée de ce sentiment sourd et confus de ne rien pouvoir attraper, épingler, qui ferait signe, oui, on ne peut le nier, d’un « cap« . Une « marche en crabe » dit  Domenach dans Marianne. Oui, bien vu. Ou bien, j’apprécie cet autre point de vue : « L’art de M. Hollande est à son comble dans cette retenue, ce retrait…Il triomphe à se dérober dans un invincible incognito. On ne saurait être plus habile. Mais qui prendrait comme phare dans la tempête une étoile filante qui clignote sur le bord de sa disparition. ». François Hollande, avion furtif, par Jacques-Alain Miller

« Loin de moi l’envie de critiquer aveuglément ce gouvernement et ce Président avant qu’ils n’aient eu le temps de faire leurs preuves. Ils ont bien sûr mon soutien de coeur et de raison. J’ai élu F. Hollande sans état d’âme, tant j’étais déjà consciente d’une position politique et éthique peu tranchée. Je n’ai cependant aucune sympathie pour la stratégie de  JL Mélenchon qui, même si les arguments sont souvent fondés, entretient un climat permanent de catastrophisme, d’agressivité, et de critique souvent injurieuse à l’égard du pouvoir, tant il vise à le déstabiliser pour s’en emparer (il a eu pour cela une longue formation militante).

« Un désir peu décidé, dis-je. Bien sûr, on a quitté un état de « terreur » et de démolition quasi permanent, style du sarkozysme. Bien sûr il faut reconstruire autre chose, autrement. Bien sûr ce n’est pas le même style et le même projet politique, et c’est tant mieux.  Cependant, d’ores et déjà des signes me paraissent préoccupants. Je vais essayer de dire les choses au plus juste. Le bon, le mauvais. Ce qui permet d’espérer, ce qui inquiète. La détermination de FH n’est pas à mettre en doute mais l’orientation reste confuse, divisée, on sent bien qu’il existe des divergences idéologiques majeures, comme elles existent d’ailleurs au PS, là où elles sont rarement tranchées.  La démonstration de FH au débat des primaires avait déjà laissé poindre cela : d’accord sur tout,  n’étant clair au fond que sur les contrats de génération..Le Président doit pourtant envoyer des messages clairs de sa politique. Clairs et engagés à gauche : budget, finance, banques notamment. Où  retrouve-t-on le discours du Bourget? ! Le sens annoncé était celui de plus de justice, sociale, fiscale.. d’un combat contre la finance. Mais déjà il y a des compromissions et des reculades injustes. Je rappelle aussi la promesse du non-cumul; c’est indéfendable M. Rebsamen, sinon pour garder vos pouvoirs, (M. Rebsamen  qui aux dernières nouvelles presse le Président de « fixer le cap » est -il conscient de la « nocivité » de ses propres positions?); la réforme de l’Etat, (lutte anti-corruption, conflits d’intérêts, marchés publics, cumuls de fonctions etc..); et toute mesure énergique qui enverrait aux français un signal de justice, d’ »ordre juste ».

« Dès la composition du gouvernement, il était aisé de s’apercevoir de divergences et de conflits interministériels à venir. (et tout de même ce sont les hommes qui tiennent la bourse!). Mon intuition semble confirmée par un article dans Le Monde du jeudi 1er novembre, notamment sur les divergences à Bercy, et la place singulière et de poids du Directeur du Trésor, resté en poste après la défaite de N. Sarkozy.  Doit-on craindre que la belle annonce du Bourget  sur la Finance  au service de l’Economie ait été remaniée dans les ministères Budget, Economie/Finances, passant par le filtre idéologique d’une gauche au fond assez libérale.  Budget, Economie, Finances, le nerf de la guerre encore plus en ces temps troubles. Il y a, on le voit bien, des tensions idéologiques. Orientation libérale Moscovici-Cahuzac, versus orientation franchement gauche  version Montebourg par exemple? Mais celui-ci diverge sur le nucléaire avec Batho (bon courage!) :   »La France doit prendre le tournant de l’économie verte » dit-elle, oh que oui! Quant au Président PS de la Commission du développement durable de l’AN  voilà ce qu’il en pense : « Aujourd’hui personne au gouvernement, (à part D. Batho) ne parle de transition écologique, d’excellence environnementale, de nouveau modèle développement ». Il semble, selon les mêmes sources (Le Monde  31 octobre) que ce ne soit pas la préoccupation du ministre du budget. Laurence Rossignol, secrétaire nationale du PS chargée de l’environnement pense, elle, qu’ »il va falloir organiser une formation à l’écologie pour les ministres »! Tout est à l’avenant. Mais où a-t-on vu que le Président (et bien d’autres) était éveillé à l’écologie sinon pour s’en servir comme argument politique? (Notre-Dame des Landes si mal engagé, si mal réglé, alors qu’on aurait pu prendre le temps de remettre les choses à plat comme le conseillait Ségolène Royal).

« Et puis, quid de ce conflit d’intérêt  dont on n’a peu parlé concernant la BPI?  Conseillée par  le Directeur d’une banque privée,  important patron de presse qui plus est?  Non, non! pas de mélange des genres! N’a -t-on pas suffisament critiqué les Dassault, Lagardère? Le mélange media/finances/politique? Conflit d’intérêt? Des banquiers d’affaires pour créer une banque chargée de permettre aux entreprises d’échapper aux banquiers?   »ça se fait » aurait dit Moscovici (cf. Canard). Alors si ça se fait pourquoi changer? Les bonnes vieilles pratiques ou un vrai changement de sens et de méthode? Il faut à ce sujet lire ces excellents billets : Ce que l’affaire Pigasse révèle sur le capitalisme. Vers la mort d’une belle idée, la BPI?  »ce petit monde oligarchique est toujours dans la place ». Sarkozy-Hollande, l’anormale continuité.

« Et puis quid de la réforme fiscale?  Quid des bons conseils et du travail sérieux de Th.Piketty (Mediapart) qui a chaque intervention fait des propositions pour une  réforme fiscale claire et courageuse : « Ce gouvernement ne semble pas comprendre que pour défendre le modèle  social français nous avons besoin de moderniser, par exemple en unifiant les régimes de retraite.  Un système fiscal le plus neutre possible, prélèvement à la source unifié dans ses assiettes », « absurdité fiscale : le régime dérogatoire pour certaines plus-values est une usine à gaz » (Le monde 19 oct.). Repris aussi pas R. Rancière Libé 30 oct. « Entre incompétence et incohérence ». Est-ce si compliqué? Ou bien faut-il encore et toujours être dans les atermoiements? J’ai consulté dans Le monde du 2 oct. les conséquences de la réforme fiscale pour les revenus de 2013 et la variation/IR. Si cela est exact, c’est d’une incohérence et d’une injustice assez remarquables : par ex., pour 1 part revenu 28000 5,9% de plus d’augmentation alors que revenus 60000 3,5%! ! Impots Le monde oct. 2012

« Quid de la séparation des activités bancaires qui devait être la première mesure prise? Réforme fiscale, réforme bancaire, séparation banque de dépôt? Un rapport de la CE, le rapport Likanen recommande de  séparer activités de dépôt et activités à risque (Libé 2 oct.). Bien sûr, quand on a vu l’excellent documentaire sur Goldman Sachs sur Arte on peut, sans être trop paranoïaque, se demander jusqu’à quel point les réseaux financiers  spéculateurs ne sont pas déjà dans la place politique pour tirer les ficelles. Mais cela, tout au contraire, devrait inciter à être plus audacieux (ou alors le politique est totalement impuissant, définitivement?).

« De M. Valls, que nous avions vu si engagé (tardivement) avec SR au congrès de Reims, on ne dira guère. La prise de position avec les Roms est tout simplement pour moi insupportable. Ce que Marcela Iacub appelle la « répression progressiste » (Libé 9 sept 12) ou bien E. Fassin « l’obsession sécuritaire » Le monde 26 sept.. Chr. Deltombe et Chr. Auger, Président  et DG d’Emmaüs, quand à eux, considèrent que c’est une honte  pour un pouvoir de gauche (Le Monde 15/08/12). Le reste suit. C’est tout de même très inquiétant que M. Valls ait une telle cote chez les Français en surfant sur les pires idées de ségrégation et de rejet. « Servir la France, pas se servir » dit SR. Au choix, en ce qui le concerne. Mon opinion est faite. Il vise plus haut. Cela apporte un certain éclairage sur ce « fameux » manque d’autorité du premier Ministre n’est-ce pas? Ce premier Ministre qui devrait bien asseoir  davantage son point de vue, et même s’il a envie que l’on rouvre le débat sur les 35heures. Et pourquoi pas? De l’audace. Et à sa décharge, le comportement individualiste de certains ministres qui jouent leur partie, sans aucune discipline collective. Toujours attirés par le gain de pouvoir. Si « on voulait » l’abattre on ne ferait pas mieux.

« Peut-être, inconsciemment ou pas, toute cette confusion est-elle un peu entretenue par le Président? Jeu dangereux. Par calcul, par « amitié »,  (Moscovici, Valls, les deux piliers de sa campagne, on était déjà averti tout de même!) mais aussi parce qu’il est ainsi, subjectivement. Souvenons-nous, l’homme de la « synthèse » quand il était Premier Secrétaire, ou bien, triste souvenir, son silence et son absence spectaculaires le soir du vote du Congrès de Reims. Ne pas trancher..« Nous en sommes à la troisième année de crise. La reprise va arriver, c’est une question de cycle. » Avant de se reprendre : « Il peut aussi y avoir un scénario noir, celui de la récession. Le rôle du chef de l’Etat c’est de préparer toutes les hypothèses. » Quand il dit cela qu’est-ce qu’il dit? Le Monde du 1er novembre laisse entendre que F. Hollande veut mettre en concurrence deux discours, deux  sensibilités. C’est sacrément risqué pour nous tous. Mais est-ce qu’il n’est pas ainsi au fond, à vouloir « faire la synthèse » sans cesse, et que du coup les choses ne bougent pas? Réunir, rassembler des opposés peut être une noble tâche, mais elle est souvent assez vaine. Elle peut  être opportune en diplomatie, pour l’Europe par exemple, bien sûr qu’il faut des compromis, mais pour l’orientation politique de la France ici, maintenant? Au fond le Président serait-il un grand « affectif » embrouillé dans ses sentiments, ne voulant déplaire ni à l’un, ni à l’autre? Ce qui rend encore plus spectaculaire les moments où il « tranche », comme par exemple son choix de la motion Delanoë au Congrès de Reims, contrevenant à son annonce de voter pour la motion arrivée en tête, c-à-d celle où était Royal. (ah! oui bien sûr on comprend mieux maintenant pourquoi et comment il s’est ainsi « dédit »). Se dédire, sans doute les français n’aiment pas cela. Nous le faisons tous, tous les jours, mais nous voulons aux manettes, quelqu’UN qui tienne parole. Les Français ont dit non au style et à la politique de NS. Qu’ont-ils demandé en « choisissant » FH? Qui peut le dire? (on ne peut nier qu’il fut alors fort « aidé » par media et sondages, ne pas l’oublier). Un  changement de style, une action plus juste, plus à « gauche ». Mais une élection se joue toujours sur une part imaginaire, fantasmée, et sans doute tient-elle aussi d’une demande à un « sauveur » (surtout par les temps qui courent). La demande est-elle celle d’un Homme fort? Toute demande contient une part d’impossible à satisfaire, nous le savons, et les politiques le savent. Elle doit en tout cas être entendue et être respectée. La parole donnée engage. La bonne autorité est la meilleure des vertus… (cf. A. Harendt)

D’ailleurs, par en-dessous, n’y a-t-il pas tout de même une ligne? Ce qui alerte, et peut-être ce qui éclaire sur ce qui nous apparaît peut-être à tort comme immobile, confus, ce sont  les choix des nominations ici et là. Elles indiquent tout de même une certaine orientation, pas toujours très à gauche, une communication marquée du sceau Euro RSCG. etc.. ici Mediapart, ici les réseaux DSK, et ici Marianne. Un élément de la réponse me semble-t-il? Choix décidé ou choix forcé?

Enfin, plus près de certaines de mes activités et expériences auprès de jeunes fragiles, je veux dire un mot de ce qui sans cesse n’est pas traité (cf. billets antérieurs sur la jeunesse) : les  contrats d’avenir c’est très bien, mais quid de mettre le paquet sur l’apprentissage, les contrats de qualifications, de professionnalisation, (qui sont de « vrais » emplois), alors qu’il est si difficile pour un jeune de trouver un employeur même pour un stage (s’il est noir de surcroît et peut-être sans famille à l’ASE, je ne vous dis pas.. de cela je peux témoigner, mais il s’agit là de la classe pauvre!)..N’oublions pas non plus le service civique crée par M. Hirsch qui débouche sur des vrais emplois. 

Quid de la pédopsychiatrie en lambeaux et des contrats d’aide ASE (« Plaidoyer en faveur d’une véritable politique d’aide aux Jeunes Majeurs ») pour les jeunes en situation difficile qui sont drastiquement diminués (notamment dans une grande ville de gauche) ? Quelle logique? Peut-être que ces personnes dans les cabinets n’ont pas une grande conscience de tout cela. Administrons, gérons! Il ne suffit pas non plus de faire encore et toujours des commissions contre la violence, il faut agir! Je n’aborderai même pas ici la question de la psychiatrie, des lois sarkozystes sur l’emprisonnement prédictif et autres torsions idéologiques graves, parce que de tout cela, pas un mot!/

/ Et puis.. les mots de Ségolène Royal:   »Il faut densifier l’impulsion politique » annonce-t-elle dans Le Monde du 20 octobre. Au Congrès du PS à Toulouse le 25 oct. elle parle clair. Florilège : » Un sursaut est impérieux. La sortie de crise est conditionnée par la réalisation de ce que nous avons promis.. Il faut  faire obéir les banques.. redéfinir notre objectif de civilisation. 3% est un objectif financier et comptable pas un objectif de civilisation.. La zone euro doit prendre une dimension politique.. Le système financier continue comme avant le système financier n’est pas rassasié.. Il faut engager la métamorphose de notre économie. BEI, croissance verte mutation écologique, nous avons la capacité de relever le défi… Créer une agence publique de notation… Faisons-le.. il est temps de passer aux actes.. interdire les ventes à terme.. Nous avions dit/ faisons le. La réforme bancaire doit être faite sans tarder.. Ayons le courage de lever les faux-obstacles. Accélérons.. nous avons besoin d’aller vite..  » Enfin, citant F. Mitterrand : »Les occasions gâchées débouchent vite sur des implosions ravageuses ». Elle dit cela si clair, si vrai, qui fait écho en moi, dans mon impatience et  ma déconvenue.

Aurait-elle pu faire mieux si elle avait été Présidente? Personne ne peut le dire. Se serait-elle entourée des mêmes personnes, des mêmes conseils, certains oui sans doute, pour d’autres…Le style n’est pas le même, la personnalité non plus. Je ne suis pas une adoratrice muette et aveugle, et j’ai bien sûr quelques points des désaccords, mais, je l’ai souvent dit, elle a pour moi réenrichi la politique. Elle s’adresse à l’autre (FH, JMA, PM, tous ces hommes un peu « lents » et  hésitants), elle interprète l’autre et la chose politique avec justesse et conviction et audace, bien sûr. A Toulouse, elle crée avec retenue un éveil, même si comme toujours on devine le TSSR (ah l’arrivée inélégante de M. Aubry juste à la fin de son discours, au moment des applaudissements!) « Aller Vite », ce n’est pas l’urgence, l’agitation sarkozyste, c’est le kaïros, le désir décidé, cela n’est pas « on attend, on attend, on verra, on fait des commissions », non! On dit, on fait. Et l’important, c’est que cela n’est pas théorique, idéologique, puisqu’elle prouve chaque jour par son action dans sa Région, que  quelque chose est possible. Cela peut être perçu comme un peu « outrancier », »autoritaire », « trop », mais SR est vraiment dans l’acte, comme nous le nommons en psychanalyse, le temps de l’Acte.. et puis tout de même elle fait sa « passe » sans cesse, sans cesse chutant, « chutée » (?), sans cesse debout, droite dans son désir. Audacieuse, efficace et clairvoyante, cela qui, sans doute, pour l’état collectif fort déprimé de la nation, n’est pas forcément un avantage, et c’est bien regrettable. (voir plus haut la demande d’un « Homme fort » incompatible avec  le fantasme d’une « belle femme » qui tiendrait le manche..). cf. Billets précédents.

« Tout se tient » dit S. Royal Avec elle, tout cela n’est pas une posture. Qu’elle garde son ton singulier, son allure singulière, sa démarche, sa liberté. Qu’elle ne fasse pas trop le bon petit soldat à défendre de l’indéfendable. Son acte et sa vérité. Tout se tient, oui le nouage, elle le trouve, le bon nouage : pme/ croissance verte/ investissement recherche/ jeunes  apprentissage apprendre..

« TouT se tient ». Et bien là ça ne se tient pas.  Il faut des actes, la politique par la preuve. De l’audace, de l’invention. Voilà. La politique par la preuve, dans le bon sens, avec du sens pour l’avenir. Sans tergiversations, sans reculades, sans tactiques politiciennes. Et avec les entreprises. « Tout se tient » Oui, là, c’est mis en actes. Je suis fière de lui rester fidèle. Sans aucune idéalisation.

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Voilà, c’est fait, François Hollande est élu président; je m’en réjouis; il sera un bon président. Il aura aussi, de plus, et en tout cas, vengé la défaite de Royal, cette défaite qui n’aurait pas dû être, on le voit bien maintenant; lorsque tout le monde rame dans le même sens avec les forces unies, la victoire est possible. Même si les conditions objectives sont bien différentes.  C’est bien que depuis quelques temps il lui ait clairement envoyé le signe de sa reconnaissance et de sa légitimité pleine et entière. Car elle a sa place au premier rang. Sans doute a-t-il pris la mesure de sa propre passivité antérieure, voire de son absence, et de ses conséquences. Les derniers rapprochements en tout cas sont heureux et riches de promesses. Car c’est elle parmi tant d’autres mais bien plus que d’autres qui a semé. Elle, qui promettait « d’autres victoires », avait vu juste. Celle d’aujourd’hui porte aussi en filigrane sa signature.

FH dit : « Elle laboure, je sème » (FR3 film), métaphore de terre corrézienne qui peut tout aussi bien être terre charentaise. Pourtant il serait plus juste de dire qu’elle a labouré et semé, elle a enlevé les mauvaises herbes, (attention ça repousse!),  elle a essuyé les plâtres, elle est restée debout malgré les vents contraires et les « animosités amicales »,  les « entourages » comme elle dit. 2007 l’a vue courageuse, déterminée, et inventive, relever la Gauche défaite, affronter le Président sortant présenté comme un homme neuf, celui qui avait pour lui sondages, media (de droite bien sûr mais aussi de gauche  hélas, tout le monde était béat devant ce personnage, sa rupture, son style, n’oublions pas! Lui qui se réclamait de Jaurès!). On se demande encore pourquoi et comment tant de gens se sont laissés ainsi bernés en 2007! Cette fascination naïve! 2012 a pu surfer aussi sur ce mécontentement, cette déception lourde. Et récolter sur l’entente, sur le choix incontournable, nécessaire.

Alors, merci Ségolène! Et tant mieux pour ces retrouvailles qui sonnent si bien avec les semailles.

Pour l’heure, en tout cas, il est essentiel de ne rien faire qui vienne obérer les actions politiques de FH. Il a une lourde tâche dans une période fragile, explosive, tendancieuse, crispée sur des certitudes politiques ici et là, des raidissements coupables, alors que nous, simples citoyens, voyons bien comment il faudrait réorienter, un peu, le Réel, un peu, simplement un peu, quelques réformes; que la  Banque Européenne,  que Mme Merkel, veuillent  bien se déplacer un peu…Pour les media, ça paraît bien difficile de s’en remettre à son Acte de Président, ça paraît bien difficile, quand on voit et que l’on entend  tous les commentateurs qui sont là sur le pont pour écrire l’avenir à la place de… celui qui a été élu. Certains bien sûr pour faire gagner la droite aux législatives, d’autres, beaucoup, parce que encore et toujours les journalistes savent, c’est écrit dans le marbre, ils écrivent la vie, l’opinion, l’avenir. Story-telling. Que de  commentaires qui ressemblent parfois à des diktats ! Ils savent… déjà! Ce qu’il va faire, ce qu’il ne doit pas faire, ce qu’il ne va pas réussir! Quel cirque! Peu de journalistes ont la lucidité de dénoncer cet orgueil déplacé. C’est leur symptôme, leur jouissance, ils sont les « sachants »! Signe d’un doute immense pour eux aussi.

Là, pour l’heure, ils vont pouvoir se régaler, les mediomanes avec l’arrivée de Zorro/JLM dans le Nord! Est-ce une bonne idée? Attention FdG, spectacle du Front contre Front. Que je sache, ça n’a pas donné grand chose aux Présidentielles. N’est-ce pas seulement au fond la mise en scène d’un homme qui veut exister, « un ego trop loin« ? Lui aussi serait-il un « sachant »?  C’est sans doute pas la meilleure idée de vouloir ainsi aller faire « front contre front ». Ca ressemble plus à un spectacle qui, à mon avis, va avoir pour seul effet de gonfler encore le FN, ce qui n’est pas, mais alors pas du tout souhaitable. Ah! le « duel », comme s’il était le Sauveur! Le Justicier face au Monstre, la « semi-démente ». Non non et non! Pas comme ça! Pas ainsi en miroir! Même si beaucoup de ces mécontents voteraient bien d’un côté ou de l’autre (toutes les voix perdues du PC), c’est d’ailleurs, si j’ai bien  compris, ces voix-là qu’il veut aller chercher. Noble intention bien sûr. Mais l’action au Parlement Européen n’a-t-elle plus d’intérêt?  Rien n’a démontré que la stratégie FdG et JLM surtout a permis d’affaiblir le FN et ses thèmes nauséabonds pendant les présidentielles.Et puis il semble qu’il y ait déjà des candidats à cet endroit, et la sagesse politique serait plutôt d’apaiser les haines et les dissensions souvent, trop souvent, dangereusement exploitées! Car sinon c’est à un renforcement des pulsions dévastatrices que l’on va assister, cela qu’a si bien su faire exister le Président d’avant; ce jeu mortifère qui consiste à se prendre pour la Vérité, le Seul, l’Unique, insultes et mépris en poche, au lieu du débat d’idées. Plus facile de déclencher la violence que de l’apaiser, toujours.

Car c’est cela le point d’ombre! La tache,sur notre vie commune, notre destin partagé.Tous ces temps, impossible d’écrire face à ce déchaînement haineux et mensonger permanent; ce réel paranoïaque dans le calcul le plus froid, qui impute à l’autre sa propre jouissance, son propre défaut. D’autres, beaucoup d’autres ont  écrit, relayé jour après jour. Prendre acte de l’état maladif de la France, depuis longtemps, si longtemps. Peur imaginaire de l’autre, exclusion, rejet, supposition que l’autre jouirait plus et mieux que soi, fondée sur sa propre ignorance, cette ignorance  exploitée par la militance FN, relayée par NS; cette croyance à la différence, où l’on voit même des immigrés voter NS, de même qu’en 2007. -On donne aux immigrés, pas à nous, nous, on a réussi – ceux qui arrivent pour nous envahir  vont nous prendre ce qu’on a, le petit peu que l’on a- la France métissée  des banlieues, c’est là où le vote FN décroit disent les études/ la France rurale et périurbaine pas mélangée avec les immigrés  vote elle par contre plus FN. Le Limousin rouge, mon cher Limousin résistant, et la montée du FN là-bas chez les paysans. Insupportable. Tous ces gens révoltés certes, souffrants certes, mais pourtant   »rétrécis », crispés sur leur trognon identitaire comme seule solution à leur haine de l’autre, qui bien sûr est alimentée par des faits réels, mais qui dit ce qui va au-delà dans l’excitation fantasmatique. Il faut prendre cela en considération sérieusement, cette haine. Cette réalité socio-politique qu’il faut sans cesse garder à l’esprit : l’état sérieusement anti-étranger, anti-islam notamment, d’une grande partie de l’électorat. L’idéologie permanente et bien réelle du rejet de l’autre, souvent construite imaginairement et entretenue pendant toute la campagne.

La victoire de FH est nette.  Elle est cependant à mettre en perspective avec le score hélas inquiétant de NS sur une ligne en permanence « Buisson », soit le pire de ce qui pourrait identifier le « peuple français » (lire à ce sujet « Buisson : une défaite à la Pyrrhus NOTE Par Olivier Ferrand« ). Que NS ait pu obtenir un tel score est  très inquiétant, quand on sait sur quels thèmes il a pu réunir ses suffrages!!  »Le « buissonisme » est une mèche longue autant qu’un poison auquel la gauche sera sans doute confrontée longtemps« , dit François Kalfon. Oui, ne l’oublions jamais.

Voilà c’est fait, François Hollande est élu Président de la République Française. J’ai  l’espoir que quelque chose d’autre advienne qui rétablisse a minima l’esprit républicain. Je ne souhaite pas la révolution comme d’autres, je souhaite que s’établissent plus d’ordre républicain, moral, éthique, et une justice fiscale sociale, écologique. Cela ne fait pas le tout d’un peuple et d’une communauté nationale. Il faut laisser la diversité pour tous et pour chacun la liberté de « respirer », c’est cela la difficulté de la responsabilité politique. Un « ordre juste » disait Mme Royal, merci à elle d’avoir inspiré le socialisme à venir.

« Quelque chose s’est levé… » ! Ne l’affaiblissons pas! Ne le parasitons pas! Ne l’entravons pas!

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J’ai le sum. Pour ceux qui ne sauraient pas, c’est un peu avoir la rage au fond. La rage, teintée d’une sorte de constat un peu mélancolique face au réel, « dégoûtée » comme disent les jeunes (mes excuses si c’est déjà un peu daté, tout va si vite!, mais c’est cette phrase qui court dans ma tête).

Florilège 

ICI

*L’équipe de campagne de F. Hollande est constituée.

« Pour des raisons que chacun peut comprendre, ils (Royal et Montebourg) n’intégreront pas l’équipe de campagne. Ségolène Royal, qui a été candidate à l’élection présidentielle, ne pouvait y figurer. Chacun doit avoir sa liberté », (ajoute) M. Hollande. (lemonde.fr 16/11)
Bon! tout cela est sans doute décidé en bon accord. Tout de même je ne comprends pas bien: Valls n’était-il pas candidat aux primaires?

Les 2 amies sont là, Najat Valaud-Belkacem et Delphine Batho. Bonne chance à elles deux, qu’elles trouvent leur chemin sans se désavouer. Et Guillaume Garot aussi. Najat vite en selle pour donner le meilleur pour la victoire de FH.; un peu court tout de même l’analyse et la critique des « erreurs » de 2007. (BFMTV) (mais je ne suis pas « formatée » partisane, alors certains comportements, alliances etc.. tout cela doit échapper à ma « comprenette ». Ah! le monde et les moeurs de  la politique!).

Et puis la parité? Dans l’équipe de campagne, et pour les législatives? Réelle, pas juste pour faire comme si?  Je vous renvoie à ce point de vue de Olga Trotsansky, Secrétaire générale du Laboratoire de l’égalité et élue PS, qui « dénonce les renoncements de son parti pour les législatives ».

Les petites phrases qui traînent:  D. Cohn-Bendit: « FH se ségolénise »,  Moscovici:   »ne pas faire les mêmes erreurs que SR en 2007″; ben voyons, c’est elle qui a fait les erreurs, et pas l’ami DSK par exemple et ses siffleurs de meeting et lanceurs de cassettes d’Euro RSCG et alii.; Mosco. qui disait qu’elle était out. Drôle tout de même l’impact de cette femme dans le discours, on se « ségolénise » maintenant. Evidemment c’est négatif, ça aurait pourtant été bienvenu qu’on se « ségolénise » un peu plus de partout quand on voit le spectacle peu opportun des négociations avec EELV; ah! l’appareil EELV, les postes! Mme Joly au moins est plus authentique, plus rigoureuse (trop?). Que n’a-t-elle cessé d’ignorer Royal, que n’ont-ils soutenu la plus écolo de tous, quand on voit les  incertitudes de toutes parts, le projet peu précis par rapport au  nucléaire! Conseil politique, Aubry; shadow cabinet, où est l’écologie? Ca y est chacun se place pour la suite..on y voit un manque de travail, d’élaboration et de recherche, on y voit les moeurs politiques dans toute leur face de comédie (si cela n’engageait pas le pays!), un certain amateurisme par rapport à des sujets si cruciaux. Valls/ami sincère de Dsk/ bénéficiant des services d’EuroRSCG pendant les primaires (de même que Montebourg) ( R. Bacquée Le Monde 6/7 nov.), s’occupe de la com. FH! Quel message! Tous ces hommes cravatés 5Oans!

* Moi, je verrais bien pour Royal un grand ministère « écologie industrie transport »  car « tout se tient » comme elle le  dit.. (on peut rêver…) Car, pour ce qui est de la clarté et du travail, suivez mon regard :
- Flamanville, Ségolène Royal : « Je fermerai la centrale nucléaire de Flamanville si je suis élue » Le Point 24/09/2011 poursuivre la lecture…

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« Il faut faire la guerre aux spéculateurs ». Ce n’est pas moi qui le dit mais Christophe Barbier, c’est dire!

« Après avoir sauvé les marchés, les Etats n’ont imposé aucune contrepartie au système bancaire et  financier. » Pas moi non plus mais Jean-Paul Fitoussi (président de l’OFCE Libé samedi 6 dimanche 7 août). Il ajoute: « Aujourd’hui les Etats sont tenus en laisse par les marchés« . Pour l’économiste américain Joseph White « les hommes politiques sont perdants s’ils fondent leurs actions sur ce qu’ils pensent bons pour les marchés » (ibid.)

Alors, si je comprends bien, nos gouvernants devraient se réveiller, s’unir, s’entendre, pour enfin mettre en place les processus de désaliénation du politique face aux marchés, à la finance, à la spéculation financière. Demander des comptes aux banques aussi.

« Il faut bouleverser l’organisation politique en Europe pour pouvoir opposer aux marchés, aux spéculateurs et aux agences de notation un arsenal de mesures politiques. » Une « révolution », voilà ce qu’envisage M. Barbier.

Quand on est simple citoyenne comme je le suis, un peu spectatrice de tout ce déferlement spéculatif trash, on ne peut pas ne pas penser que la spéculation, l’argent pour l’argent, pour quelques-uns, ce système fou qui tourne sur lui-même est en l’état actuel des choses effectivement ce qui nous gouverne (cf. la riche élaboration de Lacan sur le Discours Capitaliste, discours sans perte, discours qui ne fait pas lien social, autiste au fond, pas étonnant qu’il puisse être actionné par des robots. cf.  Conférence de Milan juin 1972, « « [...] la crise, non pas du discours du maître, mais du discours capitaliste, qui en est le substitut est ouverte. poursuivre la lecture…

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Ségolène Royal, candidate à la primaire PS pour la présidentielle, le 3 juillet à

Ségolène Royal, candidate à la primaire PS pour la présidentielle, le 3 juillet à Aubervilliers (© AFP Thomas Samson)

La Chose Politique me concerne et ce depuis longtemps. Je suis parfois assez peinée, peinée et impuissante,  de voir des proches, amis, famille, collègues, pourtant de bonne éducation, pourtant « de gauche » depuis toujours, s’être comme un peu retirés des préoccupations collectives, et de l’avenir commun. Pas tous; certains. Certains autres, militants, ou bien « anarchistes » de 68 version « bobos », ou intellectuels sans trop de conviction, ou bien, plus anciens, résistants et habités par de belles idées et valeurs, pour lesquelles ils se battent encore, n’envisagent guère de venir participer aux primaires. L’argument toujours avancé est que ce n’est pas leur choix, le PS, même s’ils concèdent que sans doute le candidat du deuxième tour sera PS. Mais au fond le souhaitent-ils? Quant à Ségolène Royal pour laquelle ils ont voté en 2007 au second tour, ça c’est certain, ils n’ont de cesse pour beaucoup de se méfier d’elle, de la penser pas assez compétente, ou trop à droite, ça c’est le comble! ou peut-être pas assez conforme, pas assez « formatée » comme elle a pu le dire elle-même. Bref, quelque chose les dérange, toujours, il y a toujours un  » mais », ou un détournement du regard : madame Royal habillée de tous les fantasmes, attirante et dangereuse à la fois (voir infra « quoi qu’a dit »), cela qui est entretenu si violemment par les media, ironie permanente, dénigrement, inexactitude de ses actions, c’est le traitement qui lui est réservé. J’ajoute qu’hélas, ses petits camarades de gauche  ne lui font pas de cadeau; cela me paraît bien injuste, autant du côté des écolos, (quelle mauvaise foi!) que de la « gauche-gauche ».

Je n’ai guère l’art de convaincre mais je voudrais encore une fois dire à ma façon pourquoi depuis 2006, malgré parfois certains désaccords,  (il en faut) ou le regret  que certains domaines, plus proches de mes activités, ne soient guère abordés (santé, psychiatrie, accompagnement des adolescents pas seulement considéré sous l’angle ré-éducatif mais dans sa dimension de soin, notamment, voir ici un point de vue), sur le fond, pourquoi, pour moi, Madame Royal est une chance inespérée pour la France, un cadeau/agalma, ça y est je m’y mets aussi au fantasme de Pandora. Et que l’on ferait bien de ne pas passer à côté, cette fois-ci! poursuivre la lecture…

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réflexion sur l’état idéologique et éthique de la gauche française face à la dérive idéologique de droite

il y a bien sûr des causes économiques et sociales à l’abstention et au vote FN. Mais pas seulement me semble-t-il: il y a la carence éducative, le brouillage des messages, la transgression permanente des champs de pouvoir, tricheries, irrespect des institutions républicaines entre autre.

On peut vivre dans une famille pauvre et ne pas être raciste par exemple; on peut être de la classe moyenne et ne pas supporte l’altérité, j’en connais qui hélas se referment sur leur petit cercle familial et ne se soucient plus guère de la Chose Politique. poursuivre la lecture…

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