« Cette belle idée du courage », c’est aussi la sienne, et aussi la vérité, l’audace, l’invention, et la liberté de la parole et de l’action.
Ségolène Royal par franceinter
Ségolène Royal – 8h40 par franceinter
Et aussi Le Monde :
« une restructuration du ministère de l’économie et des finances est nécessaire. »
« ..chantier démocratique. mutation écologique. économie sociale et solidaire.. »
« .. insuffler de la confiance. monter en puissance. exprimer une stratégie globale, et des priorités. donner des perspectives.. »
« Regardons l’avenir et réussissons les cent premiers jours de la deuxième année ! » etc…
© evah5
La loi autorisant le « mariage pour tous » a été votée à l’Assemblée Nationale. Enfin ! A quel prix ! Que de dégâts, de remous ! Non pas qu’elle ne soit pas légitime, mais ce que tout cela a déclenché, a révélé, dans notre beau pays mérite que l’on s’y arrête. Mais après tout, cela aura fait réveil et rappelé la réalité d’un certain « fonds » français.
F. Hollande voulait une société apaisée, c’est mal parti. N’a-t-il pas suffisamment tenu compte de l’état avancé de détérioration éthique, culturelle, et identitaire de la société française, de son vieux fonds catholique intégriste (chants religieux des jeunes aux Invalides qui répètent en boucle « nous sommes LA Jeunesse de France » + violence extrémiste + députés de droite évoquant sans fléchir le « pays réel » maurassien, le « Peuple »). Voilà ce qui se révèle : un discours intégriste, excluant, exclusif, surfant sur le déni de démocratie, la négation du vote, l’irrespect de l’AN-sanctuaire (certains députés de droite sont dedans, dehors, attisent tout en condamnant). Le poison, la haine, entretenus par l’ambiguïté, le double discours de la droite qui surfe et s’alimente des profondeurs racistes et nationalistes (comme un continuum enfin avoué au grand jour de la campagne de NS déjà). D’autant que cette « opposition » est déchaînée, menteuse, malhonnête, et manipulatrice. Et d’un archaïsme. Pourtant, à les regarder, on voit vite le ridicule et l’anachronisme de leur mouvement par rapport à l’état du monde et la souffrance mondiale. Mais cela ne semble guère les préoccuper. Ce qu’il faut sauver c’est La France Toute, Une, la Fille aînée de l’Eglise, Radicale et Eternelle, dans son Evangélisme, et donc son union avec tout Nationalisme. Là tout ce qui n’est pas elle, ce qui est autre, n’existe pas, n’a pas voix au chapître, c’est le cas de le dire. M.Mariton le dernier soir à l’AN : « Si la France se mariait avec elle-même, /Si un jour elle se disait enfin je t’aime, / Elle inventerait la ronde qui épouserait le monde,/ Si la France s’embrassait un jour qui sait. » Il faut lire ce discours c’est un régal. Non M. Mariton, la France ne s’embrasse pas elle-même, ne s’aime pas elle-même, elle a besoin de l’Autre, d’un autre pour cela. (« Une bouche ne s’embrasse pas toute seule » SF).
Je ne veux pas leur faire de pub mais il faut lire aussi ça pour bien comprendre la stratégie discursive en action : B. Bourges « Une révolte d’avant-garde » : « le Printemps français revendique un héritage pluriel : le franc-parler des prophètes juifs, la sagesse gréco-romaine, la fraternité évangélique, la liberté des Lumières, les luttes populaires pour la justice sociale » eh oui ! Vous avez bien lu, rien que ça! (elle invoque « le cri des masses, les sans-voix, tiers-Etat « ).
Et puis sans doute n’a-t-on pas tenu assez compte qu’une partie de la jeunesse française voulait elle aussi son « 68 » depuis si longtemps ! Cela est intéressant à noter. Son explosion, sa révolte. Quand on les regarde, ces jeunes qui n’ont pas tous l’air d’être des fachos, on voit bien qu’ils font cela pour certains sans conviction, me semble-t-il, juste ils prennent les insignes de la révolte/ à l’envers/ « une carapace » me dit un jeune patient qui souffre tant de l’oppression catholique familiale, comme d’autres qui n’osent s’affranchir des choix parentaux, ne sachant encore décider de leur propre orientation. Les dégâts psychiques peuvent être féroces. Retournement des pulsions d’un conflit interne non avouable. Croient-ils vraiment ce qu’ils disent, ces jeunes là aux Invalides, certains en tout cas ? N’est-ce pas pour certains d’entre eux un habillage, n’est-ce pas surtout contre leurs propres oppressions qu’ils s’agitent et crient ? Je ne peux concevoir une telle haine froide. (Je ne parle pas là des groupes organisés, toute cette nébuleuse identitaire catholique intégriste : GUD, Bloc Identitaire, Civitas, Alliance Vita, Action Française .. et aussi Opus Dei Fondation Lejeune etc..ici sur Mediapart).
Ils chantent des chants religieux et ils scandent des slogans, dont la forme est copiée, imitée, de ceux des manifs de gauche ; inversion étrange, un peu puérile et envieuse. Ont-ils conscience d’être à l’image d’autres intégristes d’autres religions qu’ils désirent pourtant éjecter ? La France blanche, cette jeunesse blanche formatée, n’a-t-elle aucun jeune homo, aucune jeune lesbienne dans ses rangs? Cela peut créer de sérieuses difficultés pour les jeunes homos dans des familles de droite traditionnelles, voire des conflits destructeurs. Pour eux c’est parfois difficile d’exister. Merci à Ch. Taubira d’avoir pensé à eux : « Je veux dire aux adolescent(e)s qu’ils sont à leur place dans la société.. chacun d’entre nous est singulier. » Je ne sais à quelles études ils se préparent, mais leurs réflexions et compréhensions des choses, et leurs analyses me semblent assez futiles et incomplètes. Cela révèle, et c’est assez effrayant, la formation que reçoivent ces jeunes dans leurs familles et leurs écoles privées. (Je précise : loin de moi l’idée de penser qu’ils sont tous ainsi et que les familles de Gôche, ou d’autres familles d’ailleurs, ni de Droite, ni de Gauche, échapperaient, pour une partie d’entre elles, à l’ignorance, l’étroitesse d’esprit, voire la coercition et l’oppression de leur progéniture.)
On croit que parce que la Gauche arrive au pouvoir, avec ses mythes révolutionnaires et ses bonnes résolutions en étendard, ça n’existerait plus, ça aurait disparu, mais c’est actif, vivant, parce que c’est en nous dans notre société, notre histoire commune, et aussi en nous-mêmes, chacun par chacun. Sauf que là, on va au-delà ; l’hubris grecque, elle, fait couler le sang, rend ivre et fou au théâtre, elle fait le récit de ça, des passions divines et humaines, de la mésentente des dieux et des hommes et de la vengeance terrible des dieux. Mais là, ce Fonds de (F)Rance (et d’Europe, la belle Europe enlevée par Zeus), ressurgit comme une boue poisseuse. L’ère des media, leur rapacité monstrueuse, n’arrange rien. Manipuler les images, envoyer les infos triées sur le volet en boucle, faire la propagande (la campagne NS 2017 est déjà à l’œuvre : conférences, contacts avec les « puissants » partout, s’exprimer partout avec la complicité des media, et même ..rencontre avec Barjot !). Double discours permanent de la Droite Républicaine. N’a-t-on pas suffisamment tenu compte des forces souterraines de la droite extrême, soutenue clandestinement par la droite, qui surfe pour préparer son retour (j’en veux pour preuve les sondages récurrents favorables à NS, BFM TV et ses discours de propagande et de mise en scène)? Vichy ne s’est pas envolé. 2002 ne s’est pas envolé. La campagne haineuse de Sarko-Buisson non plus. La trouvaille néfaste du débat sur l’identité nationale et sa double paternité Guaino-Buisson non plus.
Nous sommes dans l’ère du faux, du mentir absous, voire légitimé. (Au fond Cahuzac dans sa grande perversité mensongère n’avait pas tort d’essayer de nous berner avec sa part d’ombre, ça pouvait être gagnant.) La démocratie est bien fragilisée, et cela peut faire naître une nouvelle forme de dictature. Saurons-nous nous en protéger ?
Un boulevard pour cette droite dure. « CRS collabo-socialisme fasciste etc »… La tactique récurrente est de retourner la sémantique généralement de gauche, le comportement, le discours, en miroir, à l’envers. En cela, ils ne sont guère inventifs, c’est inquiétant ou bien qu’importe le contenu l’important étant de créer le désordre. Inquiétant aussi ce contre quoi ils se battent et leurs propos nauséabonds : « Taubira tête de rat – on est chez nous –nous sommes la jeunesse de France. » Et puis cette nécessité de s’approprier le peuple (hélas d’autres ailleurs usent des mêmes stratagèmes). Inquiétant, l’irrespect des institutions républicaines.
Cela émerge dans une France post NS, lui-même élu à la suite de Chirac, qui loin d’être un ange, avait semé ségrégation et affaires, (et racisme parfois), cela qui a d’ailleurs permis à NS de surfer sur cette idée du chacun contre chacun. Souvenons-nous : « Ceux que l’on laissera sur le côté du chemin, la France tu l’aimes ou tu la quittes, les travailleurs et les autres, etc.. » Tout cela comme promesse de marcher sur l’autre, le « en-dessous », au fond, promesse à laquelle ont cru tant de petites gens, d’ouvriers… Aujourd’hui la radicalisation de la droite fait apparaître combien cette partition française (aux deux sens du terme) est forte et vivace et radicale. Et ancienne. Mais la gauche a-t-elle suffisamment gardé intact et pur son rêve d’égalité, dans ce maelström ? « La Justice Sociale » est-elle au rendez-vous ?
F.Hollande et les autres, son équipe dskiste-libérale notamment, celle du Budget, était-elle prête pour une politique de gauche, M. Cahuzac en tête? A propos du MPT, laisser entendre une clause de conscience possible pour les maires, laisser supposer ses réticences à la PMA, au mariage, traîner encore et toujours, faire des compromis, n’en paie-t-on pas le prix? « La Gauche devrait dire c’est génial ce qu’on fait. » dit Irène Théry. Cette politique, dont on ne voit pas pour l’instant les effets égalitaires, n’a-t-elle pas contribué à laisser se développer cette mécanique destructrice qui libère les positions les plus rétrogrades, les plus réactionnaires. ? Je sais l’impuissance face aux marchés, aux idéologies, aux media, et leur déferlement tout puissant anti Hollande. Mais sans conviction, pas de message clair et déterminé. Pour toute question d’ailleurs. Difficile d’apaiser tout cela. Cela qui remonte à la surface. D’autant que les résultats socio-économiques sont en berne. Rien n’a été suffisamment annoncé clairement de l’état du pays en mai dernier hélas. Je l’ai déjà dit les réformes sont des réformettes sans courage, sans audace : à propos du CICE par exemple qui est plutôt « une usine à Gaz » (Piketty) permettant tous les détournements et les effets d’aubaine; de même Th. Piketty explique de façon convaincante le « manque de courage et de conviction ». Il aurait fallu frapper un grand coup d’entrée de jeu. Mais encore fallait-il être prêt. ici L. Bouvet
«On peut critiquer mes décisions, penser que je fais fausse route, dire que je n’ai pas pris le bon cap mais s’il y a une chose dont je suis sûr c’est que depuis un an, j’ai fait des choix majeurs pour la France », plaide aussi le Président de la République citant le pacte « de compétitivité, la réforme du marché du travail, le sérieux budgétaire ». « En dix mois bien davantage qu’en dix ans ! », dit-il
Des « choix majeurs » ? Lesquels ? Dominique Sopo (Libé 22 avril membre du CN PS) remarque à juste titre « l’évolution du registre lexical » entre les « mots du socialisme » et les « mots du pouvoir » ; il y a de « lourdes inflexions politiques » concernant par exemple : égalité-étrangers-antiracisme-réforme fiscale etc.. Alors, des choix majeurs, si le Président le dit.. Je ne demande très sincèrement qu’à le croire. Mais je suis pourtant désolée de ne pas les voir, ni même vraiment les apercevoir, ni idéologiques, ni « techniques », au fond, l’un des plus radicaux, sur lequel il n’a pas cédé, ironie, est bien ce MPT (mais attention, hein, pas de PMA, pas de GPA, la France à la pointe éclaireur out.. laissons le commerce proliférer, laissons les lesbiennes prendre le train, ou l’avion, laissons les choses comme elles sont, fermons les yeux et les oreilles comme le singe.. déni). (cf. mon billet infra Unions Conceptions)
« En fait, c’est toujours vers le président que les Français se tournent. C’est au président qu’ils demandent des comptes et c’est légitime ». « Je mesure ce que je dois faire dans ce moment particulier pour le pays. Rester maître de moi, en étant sûr de ce que je pense » dit aussi le Président. (ibid.)
Pourtant il me semble qu’il y a plutôt « défaillance » « défi(ll)ance » du transfert au pouvoir, de la fides dans les Hommes vertueux (la ferveur hélas tant méprisée de SégolèneRoyal est absente, ne reste que son retournement en haine et rejet déjà là depuis longtemps) : « tous pourris » de droite et de gauche, adhésion au « qu’ils s’en aillent tous » d’un JLM.. méfiance, défiance. C’est pourquoi sont nécessaires des règles institutionnelles de «morale publique » et non d’ordre moral versus morale privée. (Le Monde 21_22 avril S. Wahnich.) On ne veut pas de maître, et dans le même temps on remarque une certaine appétence pour un régime fort, un maître suprême, si j’ose, « ni dieu ni maître »/ juste Dieu. Il y a une mise à mal des institutions. De même la reprise de la sémantique à la fois maurassienne et des codes révolutionnaires de mai 68 etc..Tout est tourneboulé, ne plus croire à rien, à la parole et à l’action politique, normalisation de MLP, révoltes infantiles et ado pour d’autres, instrumentalisation de tout ce mal-être généralisé pour d’autres, mouvements structurés, idéologie vivace et efficace. Néocons alors? Tea party? L’ordre religieux supplante l’ordre politique (déjà NS préférait le curé à l’instit) et ce d’autant plus que la Gauche est considérée comme non légitime au pouvoir. JY Camus : « La (leur) volonté d’agir dans le domaine proprement politique est directement liée à une morale, à des principes transcendants qui découlent de l’ordre naturel que le catholicisme considère comme l’objectif de la vie en société et pour la restauration duquel les croyants doivent agir ». (A cet égard rien à envier aux autres intégrismes et à la suprématie de la charria). Eric Fassin parle de « perversion homophobe de la démocratie » : « la nature biologique devient le refuge de la transcendance contre le mariage pour tous ».
Plus de père mais Dieu? Et une autorité de l’Etat qui se délite. Qui croire ? Comment croire ? Pas la science, pas le progrès, mais notre tradition, notre Totalité. Recrudescence de la foi, tradition immuable, loi divine contre loi républicaine, leur charia, « l’inversion réthorique de la démocratie » (E. Fassin). Tel est le message.
La République n’a pas besoin d’un sage, elle a besoin d’un capitaine costaud et déterminé, sans faux-fuyants. Même s’il faut virer de bord assez souvent par les temps qui courent. Peut-être est-il ainsi notre Président, mais sur quoi est-il déterminé, puisqu’à chaque fois, droit dans les yeux, il nous dit que ça va le faire, et ça le fait pas. Que de risques pris à promettre ainsi! « Rester maître de moi en étant sûr de ce que je pense», mais cette assurance doit être vérifiée et vérifiable, s’accommoder des autres, consulter (Eva Joly, T. Piketty, et d’autres, j’insiste, plutôt que les technocrates des cabinets ministériels qui d’ailleurs pour la plupart sont là depuis le précédent pouvoir, ceux pourtant qui écrivent ces lois si mal ficelées), ne pas faire confiance aveugle à ses «amis ». (tout de même, au sujet de Cahuzac, je n’arrive pas à concevoir comment ils ont pu être tous dans un tel aveuglement, alors qu’il suffisait de lire Mediapart -Plenel dit qu’il a alerté les conseillers de FH- ce soutien sans faille là j’ai du mal). Désamorcer les conflits d’intérêt et autres connivences qui sont un ravage pour la République. Être sur le pont
F. Hollande veut faire son FMitterrand, florentin, intrigueur, mais il n’est pas cela. Il ne renvoie quand même beaucoup de flou, de l’indécis, du cabotage, des réformes pas complètement engagées, depuis le début pour créer la dynamique. Son attirance à faire se confronter les contraires (pour être la synthèse ?), ça rate, c’est même un jeu dangereux. Où est-il, sous quelle influence ? Est-ce pour la plus grande part une « alternance sans alternative » ? (E. Fassin). Ne faudrait-il pas faire appel autant à Martine Aubry qu’à Ségolène Royal, deux femmes certes bien différentes mais déterminées et plutôt efficaces? L’une d’elle, Ségolène Royal, oeuvrant courageusement et avec lucidité à la Vice-Présidence de la BPI, contre vents et marées, donne le cap et le sens de ce que doit être cette Banque au statut singulier : » elle n’est pas là pour faire du business ni des profits sur le dos des chefs d’entreprise », « Les mots Publique et Investissement sont plus importants que le mot banque ».. Donnons-lui (leur) un poste-clé, mais peut-être ça dérangerait, c’est mieux de convoler avec Bayrou ou Raffarin…Ce Bayrou qui a fait rater le coche à la France en 2007…
L’heure est grave, les noirceurs profondes se lèvent, trop…S’il n’y a ni Dieu ni maître, il ne doit pas y avoir un Président sans Autre(s).
P-S
Rien ici n’est à entendre comme l’intention d’interdire une pensée différente, refuser la pluralité des points de vue et des opinions, ou ne pas respecter la foi. Ni non plus ne pas être consciente de ce que toutes les questions de sexualité, de genres, de filiation, de morale, sont dérangeantes, perturbantes et souvent causes d’anxiété surtout dans ces temps sombres. Ce qui n’est en revanche guère acceptable, c’est à la fois l’amalgame la désinformation (ou non-information) la manipulation des idées et des discours, et l’inversion rhétorique constante comme stratégie par l’absurde. Sans tenir compte de la dangerosité de la chose. Sortir des clous républicains dans cette ère du fake et du tou-se-vaut et du tous-pourris ne pourra que semer les graines d’un désordre bien plus grand et bien plus grave que le tsunami annoncé par Guaino jour après jour à l’AN (mais pour lequel il a finalement donné sa voie, après avoir tant donné de la voix contre, n’est-ce pas ?). Comme l’on sait qu’il est toujours plus facile de déclencher la violence et la Jouissance mortifère que d’apaiser les passions, on n’a aucun doute sur les intentions claires et lucides des mouvements Printemps Français et autres (et internationaux) pour mettre à bas les forces de progrès. Dans un rêve d’Evangélisation qui ne semble guère porter la parole christique dans sa grande générosité. Tout au contraire.
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Invalides 19/04: youtu.be/5IsGW-0dxjQ« pays réel » « Taubira tête de rat » « nous sommes la jeunesse de France » « on est chez nous » no comment
— Evah5m (@evah5m) 20 avril 2013
et puis… ça :
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« s’avancer courageusement les yeux ouverts ». contrer le déni.
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Mariage pour les couples de même sexe |
PublicSénat
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La « curée »/ Marcela Iacub Un conte cruel
C’est la « curée » contre celle qui se dit nonne..Ça rue de tous les côtés, les juges et avocats, l’épouse, les machos, les féministes, les politiques, les journalistes, les critiques, et même les écrivain(e)s s’en mêlent. Montée au créneau de ma chère C. Angot, que je « suis » et lis depuis belle lurette, la sortie de « L’inceste », l’écouter lire ça, la voir tremblante (et depuis, bien d’autres lectures, d’autres livres). Là aussi ça (se) « ruait ». « Merci de me faire confiance » me disait-elle alors; c’est toujours le cas. J-M Roberts, éditeur, avait osé. Et bien, là encore, il a osé, et c’est tant mieux (il n’est d’ailleurs pas tendre avec « cette gauche qui a choisi le bon côté du flingue » Libé 9/10 mars 2013). V. Despentes s’y met aussi (Le Monde 1er mars 2013). D’ailleurs, à les lire ces deux-là, qui font partie de mon « univers littéraire », on reconnaît pour chacune ses manies préférées. C. Angot est La Vérité de la littérature, elle seule sait l’écriture, c’est sa posture, je ne m’en plains pas, moi qui accorde aux artistes, aux « créants », toute légitimité dans l’illégitimité, toute autorité à subvertir, forcer les lignes et la morale, inventer, fictionner, bref la plus grande des libertés subjectives possibles (ce n’est d’ailleurs pas chose aisée). Alors, cette posture du « non » (« Non non, non, et non », Le Monde 24/25 février 2013) fait-elle entendre ce « non » qui n’aurait pas pu être prononcé? Ce « non » doit s’adresser à l’Autre. Le soutien des réseaux maintenant pour Christine, c’est tant mieux, elle en a pris tellement plein la gueule, mais bon. Elle ne rechigne pas non plus à publier le privé. G. Lefort (« Belle et Bête », les arts de la fable Libé 22 février 2013) en prend aussi pour son grade, supposé ne rien savoir de « La » Psychanalyse (et si c’était un peu vrai que pour certains c’est « une fosse d’aisance »?). V. Despentes fait sa fixette sur le patriarcat, les classes, et s’emmêle dans un contresens absolu sur la position de M. Iacub quant au viol, la place des femmes etc . Quant à son soutien à T. Banon, tant mieux, mais que vient-il faire là? L’une contre l’autre? Rivalité féminine mal placée, Mesdames mes amies écrivantes..(et si en lisant « Une semaine de vacances », on pouvait Jouir aussi du « pourquoi » autant que du « comment »? Quand C. Angot nous « donne à voir », à lire, son amour pour une autre femme, ses ébats avec ses amants, si identifiables dans leur vie privée, pourquoi croit-elle qu’aucun voyeur ne pourrait s’en réjouir?). Pourquoi faudrait-il comparer? Les femmes sont Une par Une.
Car il existe une soeur en littérature, une autre, pour laquelle il semble bien que l’écriture fasse tout autant fonction de bord (je n’ose dire de délivrance, j’entends déjà les cris de CA, bon elle ne va pas me surmoïser plus longtemps, ce serait le comble que ce soit elle le surmoi dans cette affaire, au fond VD est plus drôle, plus j’menfoutiste d’une certaine façon, plus légère- ce n’est pas un vain mot). La question c’est que sans cesse dire, écrire, passe forcément par un rapport entre fiction et Réel; quelle que soit l’expérience traversée (oui c’est une expérience, subjective). Il y a du corps, et la monstration de comment chacune s’y prend avec elle, avec l’autre, pour en tracer quelque chose, les pulsions sont à l’oeuvre : corps froid et Jouissance sans vie chez Angot, découpée comme au microscope, extase, oeil, oreille, chez Iacub (par exemple). Aucune femme ne peut revendiquer être celle qui sait pour toutes (écrire, dire, jouir..).
Marcela Iacub écrit. Elle sait qu’elle l’a cherché, c’est une sainte, elle se prend pour Voltaire, elle se prend à son propre piège sans doute autant, voire plus, qu’au piège de l’autre. Elle le dit et redit. Je l’ai lue dans un souffle, comme un souffle, une rêverie mauvaise, un cauchemard avec des plages « roses », un délire, une métaphore fantastique, une « fable foudroyante » (W. Zarachowicz Télérama 6 mars 2013). Un souffle, comme la lecture de »L’Inceste ». Lire, toucher le fantastique (halluciné?), atteindre la métaphore, payer de soi, de son coeur, de son être… car ce livre en vient à être une fiction, comme chaque essai d’approche de la vérité, d’un bout de la vérité, a « structure de fiction ». Qu’importe au fond quel est l’Homme en question, puisque c’est la partition Homme/cochon qui est en question, l’H. et son cochon partenaire, ou bien plutôt le Cochon et son Humain partenaire. Elle donne sa livre de chair, elle y laisse son oreille, trait de violence signalé (qu’importe la véracité de la Chose?). Marcela Iacub ne manque d’aucune lucidité dans sa tentative folle de mettre en mot sa confusion désirante prise dans l’amour. Il faut sauver le cochon.
Depuis des année elle fouille la question féminine de la Jouissance, des Jouissances, de la pulsion de mort; du consentement, du rapport maître/esclave, de la violence d’Etat, de la dictature; dans ses billets dans Libé, souvent avec un humour froid ou une belle ironie, elle tord les représentations, en prenant beaucoup de risque. (Dernier billet »La plénitude du vide » Libé 9/10 mars 2013). Elle met en acte le jeu des masques, mascara. Elle interroge les « ventres » (très drôle vision futuriste de la reproduction, « La reconnaissance des ventres » Libé 12/13 janvier 2013). C’est une épreuve subjective dont l’alchimie de l’écriture permet la métaphore du cochon (qui mange la merde, et tout est bon). Ne désire-t-elle pas que le cochon écrive, lui qui écrit si bien? Ne veut-elle pas qu’il puisse sublimer sa « cochonnerie »? Ce qui est rendu là est une traversée éblouissante et effrayante à la fois, consentie, jusqu’où, comment?. Ce qui est à l’étude c’est (a contrario des « féministes ortho ») le « elle l’a bien cherché », qu’est-ce que c’est? Jusqu’où la Jouissance, jusqu’où je consens à ma Jouissance, à la Jouissance de l’autre? Bien sûr que tout cela est politique. Marcela Iacub interroge le consentement à la Jouissance, la sienne, celle de l’autre; point de vue juridique; point de vue politique; point de vue inconscient; pas les mêmes plans.
Tous ces « rueurs » l’ont-ils lu? La curée n’est jamais bonne. Je n’aime pas cela, pour qui que ce soit. Faire de l’argent dit quelqu’un, pour l’instant, c’est elle qui paie non, et l’autre qui ramasse? (Ah! oui elle l’a bien cherché!). Ce livre n’est pas à charge, ou alors il l’est surtout contre l’auteure elle-même, dont on perçoit l’immense trouble. Quant au dsk, cela contribue plutôt à l’humaniser…le livre de Iacub n’est ni trash ni porno, on oublie qui est l’H. C’est (seulement) un Homme qui chute (quand il Jouit). Et l’inverse?
Certains de mes lecteurs seront peut-être choqués, agacés, contrariés de mon billet? Je prends mes risques, je les ai toujours pris. Contrairement à ce que l’on laisse entendre, ce livre n’est pas une merde au sens de la souillure trash people Voici. C’est une transformation littéraire et conceptuelle d’une traversée intime, et de la rencontre d’un autre, dont la dualité et une certaine détresse dans la Jouissance vient faire écho à la posture subjective de l’auteure. Il y a, à coup sûr, cette dimension fantastique qui touche du doigt le fantasme, la rêverie, le cauchemar infantile. « Belle et Bête » est pour cela un bon titre et ne désigne pas l’un et l’autre (exclusif) mais l’un et l’autre (inclusif), chacun en prenant sa part. Il faut espérer que la subtilité et la complexité d’une pensée sont encore accessibles aux lecteurs français. Et que les (des) femmes cesseront de se dresser contre cette soi-disant « ennemie ». Bien sûr la notoriété de l’H. en question brouille les pistes, et en même temps est-elle tant que cela nécessaire au récit? Cet H. que l’on pense sans doute blessé lui aussi ne peut se dédouaner de ses responsabilités de sa vie, ni non plus de cette liaison. Ne dit-il pas: « Ma vie a été une terrible erreur »?
La sexualité, la Jouissance, l’amour, le désir, sont agents du lien social. L’écriture, la mise en danger du soi, les traversées sauvages, tout cela participe de notre vie, tout cela est politique. Une société ne se construit pas uniquement sur les rapports marchands du travail, le mieux-être matériel et économique d’un peuple, l’exploitation et le marché est aussi à l’oeuvre là-dedans.
« Comme mon père, un homme mort.. » Marcela Iacub
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S’unir aimer naître donner la vie désirer
Les débats (à l’Assemblée Nationale et dans l’espace public) qui ont lieu et bien lieu, quoi qu’on en dise, à propos du « mariage pour tous », sont rudes, souvent haineux, injustes, dangereux, surfant sur l’ignorance et la peur parfois. La grande peur « réactionnaire » vient en réponse à ce qui se met en branle dans cette demande pourtant si normative, cette demande entre autres d’avoir le choix. Il n’empêche qu’ils ne clivent pas forcément, sur tous les sujets, aussi radicalement droite et gauche ; réactionnaires et progressistes ne sont pas strictement identifiables comme d’un camp ou de l’autre. On voit et on entend l’Eglise, les Eglises, qui bien évidemment peuvent dire leur point de vue, mais qui ne sont, au fond, pas plus concernées que cela puisqu’il s’agit là d’une Union Civile dans un Etat laïc, sauf à dénier aux Lois Républicaines leur primauté sur la Loi divine.
La question de l’union, qui ne va pas sans les questions des filiations, est une saine et riche occasion de (re)penser toutes ces questions des familles et des procréations, les enjeux, les pratiques, leurs limites, mais aussi leurs avancées (cf. D Bertinotti pour ces initiatives bienvenues et l’accent mis sur « les » familles). Il serait malhonnête de ne pas dire que cela est complexe. Beaucoup a déjà été dit, écrit.
Ici, donc, mon « point de vue », pour épingler quelques-unes des idées fortes que cela met en branle.
Tout d’abord, il est consternant qu’il y ait encore une fois une telle méprise quant à la position de « la » psychanalyse, qui n’existe pas d’ailleurs en tant que telle. Il y a « des » psychanalystes. Ils écoutent et accueillent les symptômes, mode de jouir de chaque parlêtre, un par un. Pour beaucoup, peut-être même la plupart, ils exercent leur pratique avec sérieux sans prétendre pouvoir se substituer au débat de société et aux décisions parlementaires. Certes, ils ont choisi une orientation doctrinale mais celle-ci ne va pas sans une remise sur le métier constante, à chaque fois qu’une rencontre a lieu. Les homosexuel(le)s viennent « aussi » nous consulter, ai-je envie de dire de façon un peu ironique. Ce n’est pas une race à part. La clinique ne saurait s’endormir. Sans se prendre donc pour la Vérité (encore plus quand elle a droit de cour médiatique), cela ne les empêche ni de réfléchir ni de témoigner à partir de leur clinique, dont ils ne peuvent cependant faire Loi générale (sociologique, anthropologique, voire statistique). Mais certains, hélas, oeuvrent parfois à dévoyer cette éthique, parfois « sincèrement », en conscience (cette idée est à la mode), parfois animés de cette passion haineuse contre notre science, (bénéfice secondaire de cette posture), animés du désir de se faire un peu remarquer, voire aimer. C’est dommage. Vous trouverez ici références, textes et pétitions, pour un autre son de cloche.
« Mariage pour tous : contre l’instrumentalisation de la psychanalyse ». Cette initiative refuse l’instrumentalisation de la psychanalyse à des fins moralistes et rétrogrades.
« Rien dans l’expérience freudienne n’est de nature à valider une anthropologie qui s’autoriserait de la Genèse /la structure œdipienne dégagée par Freud n’est pas un invariant anthropologique /au niveau de l’inconscient, les deux sexes ne sont liés par aucune complémentarité originaire, ce qu’exprime l’aphorisme de Lacan : « le rapport sexuel n’existe pas » / il revient à chaque être parlant de trouver les voies de son désir, qui sont singulières, tordues, marquées de contingent et de malencontres ».
(tout le dossier est consultable sur Lacan Quotidien )
Et aussi : « Des psychanalystes face à l’égalité des droits et au « mariage pour tous« ». « Nous, psychanalystes (ou en formation psychanalytique), souhaitons par ce communiqué exprimer que « La psychanalyse » ne peut être invoquée pour s’opposer à un projet de loi visant l’égalité des droits. Au contraire, notre rapport à la psychanalyse nous empêche de nous en servir comme une morale ou une religion. En conséquence, nous tenons à inviter le législateur à la plus extrême prudence concernant toute référence à la psychanalyse afin de justifier l’idéalisation d’un seul modèle familial »
Les (des ?) psychanalystes sont donc à la tâche de prendre acte de ce qui bouge, inexorablement, de là où les « progrès » de la science nous ont menés : possibilité de concevoir et d’engendrer un petit d’homme »hors corps « , à partir de fécondations de laboratoires, d’ « union de gamètes », de donneurs voire de donneuses anonymes, hors rapport sexuel, ce qui n’est pas hors désir. « Grâce » à la science, et ses applications, qui inexorablement veut avoir la main sur la nature pour le meilleur et pour le pire. On évoque même la possibilité de créer un embryon à partir de cellules souches barrant « définitivement » la nécessité d’union HF, voire le « couvage »dans un ventre masculin. Il existe donc une disjonction entre procréation et copulation. Les figures parentales sont diversifiées, la conception d’un enfant n’est point liée automatiquement au rapport sexuel. « De nos jours, les éprouvettes ont désacralisé la conception, et si elles peuvent servir à reproduire des corps, elles ne suffisent pas à concevoir un sujet. Il y faut du désir et de l’amour, ce qui ne se trouve dans aucun vase concepteur ». L. Majhoub LQ 279
Une conception « hors corps » existerait donc via les progrès de la science. « Hors corps » mais pas pour autant sans désir. Il y a toujours construction et nécessité d’un fantasme de la procréation, de l’engendrement, de ce qui fait qu’à un moment donné j’ai été considéré et conçu dans le désir d’un autre, de deux autres (au moins). Une nouvelle façon de faire « scène primitive ». L’acte sexuel H/F n’est bien évidemment pas le tout de ce qui définit être H ou et F puisque la rencontre sperme/ovule par exemple n’est pas superposable à ce qui dans l’amour vient « nouer le désir et la Loi » et la Jouissance de l’Un tout seul. Les rôles sexuels ne sont pas identifiables aux genres. Depuis l’invention de la psychanalyse pas S. Freud, le recueil minutieux des témoignages révèle que les rôles et fonctions ordinaires, communs, et conscients, sont vite mis à l’épreuve des représentations inconscientes. Nos choix inconscients sont bien souvent hétéronomes aux décisions de notre vie consciente. L’anatomie est-elle encore le destin ? Là encore, la technique a ouvert la voie à une « maîtrise » des voies naturelles. L’anatomie qui fait (encore) différence n’est pas le tout des identifications sexuées, sociales, amoureuses. Ainsi en va-t-il, par exemple, du choix d’objet, de l’identification phallique d’une femme, d’une jouissance « féminine » pour un homme, quelques exemples d’une palette complexe, quant aux accroches possibles pour la construction d ‘un sujet. « La différence qu’il y a, parfaitement notable et dès le premier âge, entre une petite fille et un petit garçon…s’impose comme native..bien naturelle… les sexes paraissent se répartir en deux nombres à peu près égaux d’individus..Ils ne se reconnaissent comme êtres parlants qu’à rejeter cette disjonction par toutes sortes d’identifications dont c’est la monnaie courante de la psychanalyse que de s’apercevoir que c’est le ressort majeur des phases de chaque enfance » (Lacan Séminaire livre XIX).
Prendre acte du réel et en décider les limites et les usages pour tous est le rôle aussi du législateur. La PMA pour les femmes lesbiennes n’est-elle pas mieux encadrée qu’interdite, et revenant par la fenêtre de la Belgique ou des USA avec mère porteuse en prime et enfant sans statut ? Reconsidérer la PMA est légitime. Rappelons combien de femmes hétéro. font parfois usage excessif de ces méthodes, n’ont-elles pas alors cette demande si tenace qui serait refusée aux autres ? Car le désir d’enfant(s) n’est jamais un désir pur ; même si la morale (soutenue par la religion notamment) en fait un acte de don, celui-ci est plus le leurre d’une satisfaction maternelle et paternelle (voir des grands-parents) qui n’entreraient pas en ligne de compte sous l’angle narcissique, et heureusement. Et puis, cette technique, PMA, (aide médicale à la procréation ou procréation médicalement assistée comme on veut,) et son signifiant » médical » est à reconsidérer en entier, sauf à considérer qu’elle n’est là que pour soigner, ce qui n’est déjà pas le cas, puisqu’elle est plutôt là pour assister « techniquement ». Il faudrait aussi, comme beaucoup le demandent, légiférer sur la levée de l’anonymat des donneurs : ainsi G. Delaisi de Perceval (anonymat des tiers donneurs libé 9 janvier) et le Dr R. Frydman qui demande « un plan pour la PMA » et que l’on reprenne la recherche. Il est intéressant d’apprendre que cette pratique d’insémination est pratiquée dans les couples hétéro. depuis belle lurette, créant ici ou là dans les familles un « mensonge » consenti, et découplant déjà père biologique donneur et père tout court. Mais au fond qui est parent ? N’est-ce pas (aussi) celui qui soigne, élève, nourrit, prend soin, aime.. ?
On ne peut nier que ce qui se passe là change profondément les rapports et les représentations psychiques, symboliques, imaginaires, réelles. Ce n’est pas tant l’union de deux que la question de l’engendrement et des nouvelles techniques de procréation d’ailleurs qui viennent bouleverser la donne. La question du désir d’avoir un enfant, de faire un enfant, seul(e), à deux, avec un tiers, avec une assistance laboratoire, « hors-corps » si je puis dire, reste bien évidemment posée. D’ailleurs ce pas juridique qui ne vient au fond qu’entériner « ce qui se fait déjà » et donc permettre surtout un statut légal au partenaire et à l’enfant, repose, et c’est tant mieux, la question fondamentale de l’origine, de la création, et du désir.. La question vaut d’être posée. Il n’est pas rare qu’un désir d’enfant, dans un couple hétérosexuel, chez une femme hétéro., doive être interrogé dans son aspect parfois « pathologique ». Là-dessus, il n’y aucune différence à faire et les homos mettent là le doigt sur ce qui tout de même pour l’éthique et la conception du monde fait bouger de façon irréversible les lignes. Oui, quelque chose, forcément, vient maintenant à être noué autrement. La question en tout cas vaut d’être posée. Quelque chose peut faire trou dans la conception, pour un enfant, quant à la représentation du père, du père-en-corps, d’une consistance charnelle irreprésentable. De la représentation d’une union charnelle, d’un instant de coït, qui n’existe d’ores et déjà que dans une dimension imaginaire, (dans les réimplantations par exemple), cousine d’une scène primitive, affamée de vouloir à tout force jusqu’au délire psychotique (se)représenter une origine dans le Réel. Non seulement risque de pas de père, mais le Réel (science, fécondation cellulaire, souchaire) viendra prendre la place pour partie ou pour tout d’un certain imaginaire de la relation parentale, et tout de même de ce qui fait fonction de père (nouer le désir à la Loi). Mais en 1955 Lacan disait déjà : « Que peut vouloir dire être père ? […] la question est que..-copuler avec une femme, qu’elle porte dans son ventre, que ce produit finisse par être éjecté- n’aboutira jamais à constituer la notion de ce que c’est qu’être père..être père au sens de procréer » (Séminaire Livre III.). Pourrait-on aussi interroger ainsi la question d’être mère ?
Il y a chez les êtres parlants, dans l’appareillage du corps jouissant et du langage, un « autre » séparateur, en tout cas pas moins que chez un couple hétéro, pas plus non plus. La différence des sexes est représentée partout dans le discours, et la différence ne consiste pas seulement à être génitale. Il existe une distinction entre le sexe anatomique et la position sexuée, le choix du sexe dans l’inconscient. De même, les fonctions paternelles et maternelles peuvent-elles être incarnées, par un quelqu’un, qui n’est pas forcément père et mère biologiques. Des nominations séparantes semblent bienvenues, d’une façon ou d’une autre, faire exister des places non-confondues semble opportun. Deux mères nommées comme telles identiquement, est-ce souhaitable ? Je crois que ce n’est guère le cas, toujours s’y ajoute une petite virgule, si j’ose, un petit truc en plus, en moins, un insigne signifiant et identifiant. Si les choses sont dites, expliquées, l’enfant se fera sa propre version, son propre mythe, d’ailleurs il s’arrangera toujours pour distinguer l’une de l’autre, ou alors c’est qu’un nouage inconscient n’opère pas, et cela relève, comme pour d’autres, de soins. De cette « mêmeté » sexuelle, les couples avec enfants, conçus à l’Etranger par force, s’en accommodent déjà, inventent pour leur progéniture. (On évoque le cas de femmes lesbiennes dans le déni radical de l’Homme, oui cela existe, comme existe bel et bien disons pour certaines femmes en position hétérosexuelle la haine de l’Homme par exemple.. et ne parlons pas du machisme exacerbé, du déni de l’autre sexe, du désir d’un enfant toute (tout ?) seul(e), ou bien last but not least) du « refus de la féminité » freudien). Où l’on voit que c’est quand même très complexe.
La construction dans le langage passe par un autre. La conception est là portée par un désir différent d’engendrement, biologie, adoption; la question alors est-elle toujours pour l’enfant qui est mon père/ma mère, mon père biologique? La place du père dans son tryptique Réel/Symbolique/Imaginaire est depuis pas mal de temps démultipliée en fonction(s) paternelle(s), cela qui dit oui/non et qui introduit au langage dans son sens séparateur. Il pourrait alors être incarné par un(e) autre que le père biologique. On ne peut en tout cas laisser dire ici ou là que cela mènera à de la psychose, sauf à imaginer un monde sans différences sexuelles (et encore ?) ; la construction psychotique se révèle féconde quand elle a à faire à un père très présent, un père éducateur (cf. « Le président Schreber » Freud), dans des couples tout à fait hétérosexuels. Ou/et quand elle a à faire avec une mère qui met son enfant en place d’objet de jouissance. « L’altérité sexuelle survivra » comme le développe excellemment Irène Théry (Le Monde 9 novembre 2012). Il se peut que quelque chose du côté de la castration soit forclos, mais n’est-ce-pas imaginaire ? Si l’on suit Lacan, le parlêtre (être de langage et de jouissance, chacun de nous) est définitivement aux prises avec sa jouissance du UN tout seul, ses embrouilles de langage et de vérité pas-toute possible à dire, s’appareillant à l’Autre selon les arrangements qui lui sont propres, c’est ce qui fait d’ailleurs l’actualité de cette doctrine. Les modèles oedipiens ont cédé la place aux modalités multiples des jouissances.
« Dès 1936, dans Les Complexes familiaux, Lacan énonce qu’il n’y a pas d’instinct familial naturel. Il n’y a pas de fonction naturelle paternelle, il n’y a pas non plus de lien instinctuel entre la mère et l’enfant dans l’espèce humaine. La famille est une invention symbolique qui, depuis l’orée des temps, a pris des formes très diverses. La famille est une réponse symbolique au réel du sexe, au fait que ne peut s’écrire symboliquement le rapport du sexe entre un homme et une femme. À défaut de pouvoir écrire le rapport homme-femme, la famille écrit le rapport père-mère. C’est le christianisme, et en particulier la religion catholique, qui a institué un mode standard de la famille qui noue, chez le même homme, les fonctions de procréation, d’éducation et de transmission. C’est dans cette société qu’est née la psychanalyse. La famille représentait alors l’instrument de la morale traditionnelle : respect, valeur, idéal. Elle reposait sur l’identification. Les identifications parentales constitutives du surmoi orientent le sujet dans son existence et donnent une direction à la voie d’un désir soumis au renoncement à la jouissance. » JP Deffieux LQ280
Reste bien sûr la question de la GPA pour les gays (gestation « pour autrui » et « par autrui »), qui, déjà, à l’heure ou j’écris prend la forme d’une bombe (C. Taubira voulant donner un statut aux enfants nés de GPA à l’Etranger). L’autorisation de la GPA et de plus pour les couples H. gays, bien sûr, ça ne fait plus rien tenir du tout dans nos représentations. On se passerait du ventre sacré de la mère (ou bien on le sacraliserait encore plus ?). La mater dolorosa intouchable au fond, invoquée bien qu’elles le dénient, par des « féministes de gauche » (hélas très influentes dans la pensée française) avec l’argument récurrent de « la marchandisation du corps des femmes ». Heureusement que pour beaucoup d’autres lois libératrices on ne s’en est pas tenu à cet argument : une mauvaise pratique, commerciale, déviante serait-elle le sacro-saint argument pour dire qu’il ne faut pas légiférer ? Il me semble bien que c’est tout le contraire. Ou alors plutôt trafic d’organes que don d’organes, avortement clandestin qu’IVG, comme le développe avec pertinence E. Badinter ? On voit bien que cet argument de la marchandisation n’est là que pour couvrir une certaine représentation intouchable de la maternité, et de la bonne mère. Cette résistance qui ne cédera pas, dans notre belle France qui n’est plus guère aux avant-gardes de rien, révèle d’ailleurs au fond la main mise idéologique constante de la légitimité hétérosexuelle (et elle seule) pour la maternité, véhiculée par les tenantes de l’ordre établi, quels que soient leurs rangs (bien qu’elles s’en défendent). Ne voyait-on pas pourtant un soir sur FR2 deux gays ayant fait appel à une mère donatrice, je n’y ai décelé aucune monstruosité. Mais il semble bien (hélas ?), au vu des derniers emballements, que cette question ne soit pas mise en acte de sitôt tant les tenants (et tenantes !) farouches de la protection contre la « marchandisation des corps » sont actifs. Pourtant si l’on raisonne « égalité des droits » alors il faut avoir le courage de sa logique : E. Badinter (FInter 14 déc.2012 entre autres) pense qu’il vaut mieux légiférer sur la GPA plutôt que de laisser des pratiques sauvages qui existent de fait. Irène Théry pense à juste titre que cela nécessite une révision de la loi de bioéthique.
Il est d’ailleurs bien venu que l’on se saisisse de cette loi pour re-mettre en chantier les pratiques PMA, leurs limites, leurs contraintes, voire leur fondement. C’est ce qui semble être le cas, ainsi que l’annonce J-C Amsallem, Président du Comité Consultatif National d’Ethique. Comptons sur leur grande « sagesse » pour ne pas nous resservir en boucle l’argument rengaine de la marchandisation des corps. (Mais la position prise jusque là est hélas on ne peut plus assise sur un « modèle hétéroparental binaire et rigide », et la « complémentarité des rôles paternel et maternel », ainsi que l’analyse B. Perreau, Professeur au MIT et chercheur associé aux universités de Cambridge et Harvard). Comme lui j’ai d’ailleurs l’idée (la crainte?) que l’appel du Président au CNE soit une façon détournée de se débarrasser de toutes ces questions dont ils ne veulent pas, au fond, se saisir.
Un enfant pour soi dit-on. Un enfant tout seul. L’enfant d’une autre. Est-ce qu’une conception ne devrait pas être aussi (et surtout) la dette à l’Autre par rapport à la nécessité narcissique du « pour soi »? Un nouage de ça ? Ne sommes-nous pas tous plus ou moins des enfants « adoptés » (Lacan)? La venue d’un enfant est toujours un événement qui sollicite l’accordement de soi et du partenaire à une étrangeté singulière incarnée, dans un désir de transmission de la finitude humaine. Quelque chose d ’inédit est à l’œuvre à chaque fois. Quelles que soient les modalités de la venue au monde. On ne peut camper dans le déni de ce qui est, ce qui bouge, ce qui change. Il est d’ailleurs intéressant de repérer qu’une demande d’égalité qui est aussi une demande de « normalité », un « je suis comme l’autre », sans doute révélateur d’une demande aussi de plus de sécurité, qui va bien avec l’époque actuelle (jusqu’à la subversive Virginie Despentes qui s’y colle, à l’adresse de L. Jospin, dans son style incomparable), que cette demande donc du mariage, vienne se nouer avec ce que la science avance comme pratiques subversives. Pour J-A Miller, la demande d’ordre et de tradition (à laquelle sur certains points s’apparente la demande « mariage pour tous ») révèle la nécessité d’ordre par rapport au réel sans loi (Lacan Le Sinthome) : « le réel n’a pas d’ordre » on ne peut faire qu’avec un « bout de réel ». Intéressante aussi à noter : la position déclarée intangible du « je suis homosexuel(le) », comme si là aussi il y avait cette nécessité de s’assigner sous un signifiant du choix sexuel; comme si au fond rien de la position de Jouissance et du choix d’objet ne pouvait venir à changer.. Une demande d’inscription civile nouée à une fixation identitaire.
Reste l’amour que l’on invoque, que l’on convoque. L’amour, ciment des couples, mais aussi enfant de bohème, volage, capricieux, constructif mais aussi si vite enfui. Ce ne serait pas sérieux d’argumenter uniquement là-dessus. Transmissions et garanties matérielles, reconnaissance du conjoint et statut de l’enfant semblent tout aussi fondés. Comme disait quelqu’un : « le divorce pour tous »..Pas mieux, pas pire, que les hétéros.
Enfin, avant de conclure, ceci : les humains ont toujours inventé leurs mythes, muthos, et leurs récits, logos, devant l’énigme de l’Univers, et des origines. Mythe grec de l’autochtonie qui fait naître les hommes, gegenes, de la Terre, Ge. Athéna, née de la tête de Zeus, Dionysos couvé et né de la cuisse de Zeus, Pandora, première femme, faite de glaise, mieux encore Aphrodite qui naît sur les flots, fécondée par le sang de la castration d’Ouranos. Sans oublier le mythe de la bisexualité d’Aristophane. Dans la Bible, Agar portant un enfant pour Sara etc..La question de l’engendrement forclose dans la conception de l’Enfant Jésus en fait le fils de deux pères, et d’une mère Vierge. Immaculée conception. « Procréation spirituellement assistée » (Ph. Sollers). La religion catholique mettant là en lumière l’inexistence du rapport sexuel comme l’a formulé Lacan. Bref là où le mythe vient dire l’insu du réel, ce qui ne peut se dire, disait Lacan..
Quelque chose s’opère de la forclusion du récit mythique.
La psychanalyse oeuvre avec le pas-tout, le pas-tout de la jouissance, le pas-tout du dire, le fait qu’il y ait un reste, un objet (a) auquel le parlêtre est chevillé. Chacun à sa façon, chacun sur son mode. Un sinthome qui fait sa propre marque. Sur ce point quels que soient les engendrements à venir, il me semble que le sujet aura toujours à s’y coltiner. La loi républicaine pour tous et la « loi » de la jouissance pour chacun. Avec ou sans la loi divine, respectable et revendiquée haut et fort par le courant naturaliste soutenu par la droite comme incontournable.
Plus que jamais, le psychanalyste doit opérer dans la plus grande attention à ce qui se crée, se déploie et s’inscrit dans ce monde passionnant qui nous convoque à soutenir l’existence de l’inconscient, la valeur de chaque un, appelé à inventer sa vie. Faisons confiance aux inventions infantiles portées par des désirs qui s’avèrent bien à ce que j’en entends « non anonymes ». Payer sa livre de chair, donner de soi, céder de sa Jouissance à l’Autre. En céder sur sa Jouissance pour faire Union et Humanité, chaque un par chaque un.
ON PEUT CONSULTER
http://www.youtube.com/watch?v=1zSqqrSofWA E. Badinter Assemblée Nationale le jeudi 13 décembre 2012.
http://www.youtube.com/watch?v=RMdI_JBt9r8 Irène Théry AN 8 novembre 2012
http://www.lacanquotidien.fr/blog/wp-content/uploads/2013/01/LQ-265.pdf JA Miller Le Point
http://www.mediapart.fr/journal/france/231112/mariage-pour-tous-le-grand-debat
http://www.regards-citoyens.com/article-mariage-pour-tous-le-combat-perdu-de-l-eglise-par-daniele-hervieu-leger-le-monde-114891503.html D. Hervieu-Léger
http://www.homme-moderne.org/societe/anthropo/heritier/MF278-81.html F. Héritier
http://www.avoodware.com/elisabeth-badinter-mariage-hom/ E.Badinter
http://www.rue89.com/2011/02/07/lois-de-bioethique-la-france-choisit-la-famille-ricore-180715
http://www.rue89.com/2013/01/09/interdits-denfants-vous-saurez-tout-sur-les-meres-porteuses-238417
http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-philips/291212/i-gestation-pour-autrui-et-interet-de-lenfant
http://www.ehess.fr/fr/formation-continue/manifestations-publiques/mariage/ I. Théry
http://lemariagepourtous.info/irene-thery I. Théry
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/08/l-alterite-sexuelle-survivra_1787902_3232.html?xtmc=thery&xtcr=1 théry I. Théry
http://www.franceculture.fr/emission-repliques-tous-pour-le-mariage-pour-tous-2013-01-12-0 I. Théry
http://www.dominique-bertinotti.fr/blog/2013/01/ma-réponse-à-henri-guaino-à-lassemblée-nationale-mardi-29-janvier-2013.html D. Bertinotti
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20130131.OBS7386/moi-c-mere-porteuse.html Delaisi de perceval
http://www.homme-moderne.org/societe/anthropo/heritier/MF278-81.html F. Héritier
http://culture-et-debats.over-blog.com/article-534006.html http://www.observatoiredesreligions.fr/spip.php?article278 mères porteuses dans la bible
A. Milon favorable a la PMA et a la GPA libérationA. Milon
http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2010/11/21/gestation-pour-autrui-lethique-du-don/ N. V-Belkacem
http://www.liberation.fr/societe/2013/02/06/comite-national-d-ethique-gardien-de-la-famille_879884 B. Perreau
© evah5
« La Politique : à la fois rester fidèles et inventer ». Face au capitalisme financier « j’espère que le gouvernement ne reculera pas ». Interdiction des licenciements boursiers. Prendre des initiatives parlementaires fortes. Réforme bancaire. BPI…
Ségolène Royal, intervention à l’AG de Désirs d… par segolene-royal
Jean Louis Bianco, intervention à l’AG de DA par segolene-royal
« La conviction que la Gauche et la France ont besoin de Ségolène Royal ». « La voix de Ségolène Royal est une voix qui porte dans le monde ».
« Nous serons à tes côtés.. »
© evah5
C’est J-P Mignard qui exhorte ainsi le gouvernement et sans doute aussi le Président à faire une vraie réforme judiciaire (Médiapart). « Promesse de modifier la loi statut des parquets..Allez! courage ! » Cela ne vaut-il pas pour beaucoup des actions gouvernementales?
Ce gouvernement, constitué pour mettre en oeuvre un projet de justice et de lutte contre la financiarisation, ne cesse de pratiquer la reculade. Les promesses ne sont pas tenues. Certes, certaines propositions sont formellement réalisées mais beaucoup sont vidées de leur sens, non efficaces, parce que toujours marquées d’un consensus inopérant. La société française a besoin d’actes forts, ce qui ne veut pas dire forcément extrèmes. Est-ce « frileux » comme on le dit? Sont-ce des petits pas ou bien une idéologie sous « influences »? Plaire à tous, faire des compromis, y perdre des plumes, satisfaire quelques-uns?
Ont-ils un tant soit peu notion de la logique des conséquences tous nos gouvernants? Voient-ils que beaucoup sont déçus, ou bien en colère, ou bien désabusés? Certes la société française est une société bloquée, à la fois généreuse parfois, mais aussi tellement réactionnaire, confite dans ses habitudes, clanique, belliqueuse, envieuse du voisin. Chacun se crispe souvent sur ses idéologies, ses certitudes; on voit bien la difficulté structurale à gouverner, à réformer, (pour exemple la tâche quasi impossible de « transformation » pourtant nécessaire de l’Education Nationale). Mais cependant on note une incohérence. Un arrangement permanent. Des compromis insupportables, là où il faudrait savoir trancher. JM Ayraut était pourtant un homme appréciable et apprécié à Nantes. Est-il empêché? Est-il trop contraint par une stratégie présidentielle sous influence? Vraiment je le crois. Ces calculs élyséens que l’on devine, qui sont sans doute aussi la marque personnelle subjective du Président ne valent rien de bon. Ils pourraient être dangereux, ne donnent pas le cap.
N’oublions pas les amitiés qui durent, Bauer, Valls, Fouchs. Allez ajoutons Moscovici et Cahuzac, et aussi le Directeur du Trésor qui est resté en place après Sarkozy. Cahuzac, je n’en parlerai pas, juste dire qu’on ne gagne rien à ne pas vouloir à toute force dire ou rétablir la vérité. On peut faire le mariage pour tous, (dieu que c’est difficile !), on peut s’occuper des femmes dans tous les registres, avec volontarisme, et c’est tant mieux, (attention tout de même à ne pas vouloir légiférer sur le tout de la vie privée, de l’éducation, de la différence des sexes; des nécessités parfois de faire sa petite névrose infantile). On peut faire contrats d’avenir, (contrats aidés cependant, quid de l’apprentissage?),de génération, vouloir avec obstination légitime bouger la chose médicale, etc..c’est tant mieux. Mais l’ossature, l’axe, quels sont-il? Les cordons de la Bourse, les Finances…DSKiste, libéral,teinté de policier? Qui commande?
Le Président veut-il jouer son florentin, lui qui s’est si spectaculairement identifié à F. Mitterrand? Jouer les uns contre les autres, lui qui veut « rassembler »? Certes la différence de points de vue est souvent une bonne chose, mais encore faut-il savoir en user avec talent. F. Hollande ne semble pas à la hauteur de l’art de F.Mitterrand. Trop identifié sans doute… »Faites comme moi, ne m’imitez pas » disait Lacan..L’époque est différente. La crise est là, mondiale. « Crise du capitalisme dérégulé et de l’effondrement organisé des ressources publiques » (Cynthia Fleury voir supra). Cette « crise » qui à force de durer n’a plus grand chose d’une crise, qui est dans sa définition même moment du choix, du changement certes, mais au sens de la décision, de l’Acte. Pas grand chose à voir avec le compromis à outrance, qui ne donne pas l’impression à nombre d’entre nous que l’on prend le bon embranchement.
De F. Hollande (LCP) une phrase : « ça peut toujours se retourner » dans la vie. Signe d’une angoisse que ça rate, ou d’une angoisse que ça réussisse? Ou les deux? Alors ça peut être l’immobilité, un coup ici un coup là. Et les actes manqués bien sûr.
Le Président vient de présenter ses voeux à la nation. « Concilier » compétitivité/solidarité, performance/protection, réussite/partage; concilier/réconcilier. Encore une fois le Président est un Homme de réconciliation.. L’un et le tous en fait. Cette construction dualiste aux bords de l’impossible, est-ce sa vision politique ou bien un artifice de communication? Y croire, le croire, croire à sa détermination. Cependant….
P-S Cette rumeur de « retour » de Ségolène Royal au gouvernement comment l’entendre? Un désir plus ou moins conscient de tous pour lui donner sa juste place? Venant de ses « proches » sans nul soute. Mais gare! Ne pas servir de caution pour tout ce qui ne va vraiment pas dans le bon sens. Ou alors »chef » de l’orientation. Ce qu’elle fait d’excellent dans sa Région ne pourrait être mis en oeuvre en étant ministre de quoi que ce soit, puisqu’elle devrait être solidaire de la politique gouvernementale (pour le meilleur et le pire). Je crains que sa vertueuse nécessité de servir, alliée à une légitime envie d’ »exister » davantage, ne la conduise à venir se « compromettre » (oui bien sûr le mot est fort j’en conviens) dans un gouvernement qui ne fait pas à mon sens pour l’heure ses « bonnes » preuves.
Tous mes voeux à toutes et tous pour un destin collectif apaisé, généreux, respectueux des libertés de chacun, plus juste dans son partage. Pour tout le reste, à chacun sa vie et son destin.
© evah5
On peut critiquer et regretter le fait que les « people » aient bien peu conscience de la pauvreté préoccupante de nombre de leurs concitoyens. Leur réaction n’est pas mieux ou pire que celle de banquiers, industriels, publicitaires, sportifs, intellectuels, et politiques qui vivent dans un « autre monde », dit-on souvent. En cela, ils font corps dans une certaine communauté d’esprit, comme beaucoup d’autres corporations. Mais ce « monde » fait aussi partie de la société française. Qui peut dire qu’il ne ferait pas de même dans la même situation, qui peut se prétendre sans rougir « altruiste »? Qui n’ a pas envie d »avoir » plus, de posséder plus, de garder pour lui, et ses proches éventuellement? Cercle clos, excluant, toujours.
Il est à regretter que l’esprit de solidarité (cf. CNR) ait maintenant disparu; société très individualiste, la France a besoin d’un discours clair et rassembleur. C’est la mission du Politique, qui décide des lois commune à tous, justes et efficaces, comme on nous l’avait promis. Encore faut-il qu’il soit à la hauteur de sa tâche, et d’une certaine façon lui (aussi) exemplaire. Pas si simple.
Depardieu, symbole à son corps défendant, de l’exil fiscal et de l’égoïsme, est pourtant plutôt un des derniers à s’exiler. Sinon, il a crée aussi des emplois, soit dit en passant. Omar Sy, vénéré maintenant par nos compatriotes, vit à Los Angeles me semble-t-il… de même que Dany Boon et d’autres. Je ne parle même pas des sportifs. Quant à Deneuve, femme plutôt discrète, et qui sait s’engager sur des causes « justes », elle a laissé parler sans doute son coeur de l’amitié. Ses propos sur la Révolution et la méconnaissance générale de l’Histoire de France révèlent une peur imaginaire, celle-ci bien partagée quelle que soit la classe sociale. Utilisée aussi comme un mythe, voire un slogan, par certains leaders politiques. Elle ne porte simplement pas alors sur la même catégorie sociale. En miroir.
Bref, ça ne cesse pas : l’autre est dangereux, contre moi, ennemi…Cela qui s’est exprimé douloureusement en 2002, et qui est toujours une mine pour toute pensée et discours totalisant,(et donc excluant), fait signe d’une haine souvent silencieuse, mais dont la trace ancienne est hélas constitutive de notre humanité. Elle se faufile notamment dans les réseaux sociaux où les échanges sont parfois ponctués de ces insultes jouisseuses, et de jugements à l’emporte-pièce. Moindre mal, que ça puisse se dire?
Il appartient à chacun de savoir conduire sa vie pour lui et pour/vers les autres.
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